Troublant, le regard que jette votre voyant préféré sur les lignes de votre main. Des scientifiques britanniques de la Royal Infimary de Bristol ont voulu démontrer que la lecture de ces "lignes de vie" était ridicule. Mais à leur grand étonnement, une première expérience, portant sur des cadavres, montre effectivement l'existence d'une relation entre la longueur de la fameuse "ligne de vie", mesurée par une machine, et l'âge du décès.
Sceptiques, les chercheurs estiment toutefois que leur expérience supporte difficilement les critiques sérieuses, et qu'il faudrait mener à une grande échelle statistique ce genre de travail pour établir s'il existe vraiment une relation. A moins que l'on aille lire les cartes pour en savoir davantage ?
Pour obtenir du froid mettez donc un peu de son dans votre réfrigérateur. C'est l'idée de Steven Garett, de l'Ecole Navale de Monterrey, en Californie, qui propose ce genre de système pour éviter l'emploi dans les tubulures réfrigérantes de gaz agressifs à l'encontre de la couche d'ozone de l'atmosphère.
Le principe est élémentaire. Il s'agit d'agiter très fortement un gaz inerte, en lui infligeant des vibrations sonores de très haute intensité. Bien entendu, tout cela se passe dans une chambre acoustique en miniature, totalement rigide, ce qui évitera d'assourdir toute la maisonnée lorsque ce genre de produits sera commercialisé.
Le volume sonore nécéssaire est environ celui d'une fusée au décollage, à quelques centaines de mètres du pas de tir (160 décibels). De qui compresser les molécules de gaz (échauffement), puis de les détendre (refroidissement) à un rythme élevé. Avec un échangeur de chaleur bien conçu, le premier réfrigérateur sonore, puis des climatiseurs ne devraient pas tarder à voir le jour.
Les tortues de mer naviguent sur des milliers de kms entre leurs lieux de villégiature et ceux de la reproduction. Quel système utilisent-elles pour s'orienter ?
Pour Michael Salmon, de l'université de Floride à Boca Raton, qui a étudié plusieurs espèces de tortues, c'est la direction des vagues qui pourrait aider les tortues à s'orienter, en fonction des vents dominants.
En travaillant sur des jeunes tortues à peines écloses, les chercheurs ont constaté qu'elles fuyaient la plage et nageaient toujours perpendiculairement aux vagues. Une course initiale vers leur large qui leur permet de fuir les prédateurs terrestres et les oiseaux, mais aussi de mettre en mémoire cette orientation...
Si on place les jeunes nageuses dans un bassin dont la surface est strictement plate, les petites tortues tournent en rond.
Salmon a encore montré que certaines tortues (espèce : loggerheads) utilisent aussi un système de navigation magnétique, basé sur le champ terrestre. En plaçant des tortues dans un champ inversé par rapport à celui de la Terre, il a constaté que les tortues filaient vers l'ouest, au lieu de l'est qu'elles visaient auparavant.
Michael Salmon pense que cette "imprégnation" de cet autre système de navigation se fait quand par la lumière du jour : les tortues préfèrent aller vers l'endroit dont elles ont vu venir la lumière.
Les diamants n'ont pas fini de nous surprendre. Les joyaux que crée artificiellement William Banholzer, de la General Electric à New York ont un avantage énorme : ils conduisent remarquablement bien la chaleur.
Très purs, et parfaitement homogènes ces diamants de synthèse sont obtenus en déposant de la vapeur de méthane dans une chambre sous pression. On met encore une fois sous pression, et l'on obtient des pierres de près d'un carat (0,2 grammes). Pas de quoi casser le marché de la joaillerie, puisque ces diamants là sont impropres à l'art des bijoux. Mais ils sont de remarquables futurs composants électroniques. Ces cailloux de synthèse résistent remarquablement bien aux rayons laser (1000 fois mieux que les pierres naturelles) et pourraient servir demain à évacuer la chaleur dans des systèmes utilisant de tels faisceaux ou encore soulager des composants surchauffés dans les circuits électroniques.
Mais qu'est-e qui peut bien déterminer la forme d'une fleur et de son bouton ? Une loi mathématique, estime Norbert Lacroix, de l'Université Laval de Québec, qui a présenté une communication très pointue sur le sujet à un colloque international.
Ce chercheur pense qu'il existe une loi qui pourrait rendre compte des mystères des formes et la croissance des plantes, et notamment des boutons de leurs fleurs.
Mais la chose est complexe : la croissance des boutons, en forme de courbes évolutives est un phénomène dynamique, et les équations qui restituent ce genre de phénomènes, avec des courbes complexes, sont plutôt délicates à manier, à la pointe des mathématiques actuelles. Pour le moment, le bouton de rose garde donc son mystère.
mardi 3 juin 2008
Alerte aux abeilles tueuses
Ces insectes venus d'ailleurs
Septembre 1990
Aux Etats-Unis, cela fait plusieurs années que tout le monde se prépare à la grande confrontation. Celle contre les "abeilles tueuses". Pistées depuis leur débarquement en Amérique du sud et les débuts de leur progression vers le nord, les redoutables immigrantes africaines font trembler les populations. Leur nom, à vrai dire, suffit. Pour des millions d'Américains, ce serait là l'immersion brutale dans un scénario de film d'horreur, du style "Les abeilles attaquent".
Qualifiée volontiers de "très agressive", Apis Mellifica scutella sévit depuis une trentaine d'années en Amérique du Sud et en Amérique centrale, depuis l'évasion en 1957 de 26 reines en observation dans une enceinte d'aclimatation brésilienne. Destinée à être simplement testée en laboratoire, pour renforcer les espèces européennes un peu paresseuses et peu productrices de miel sous les tropiques, cette africaine s'est répandue comme une trainée de poudre. Progressant de 300 à 500 km par an, elle a envahit tout le Brésil, colonisé la majeure partie de l'Amérique du Sud et de l'Amérique Centrale. Et aujourd'hui, elle n'est plus qu'à quelques 250 kms de la frontière du Texas.
Aux Etats-Unis, un véritable plan de lutte a été mis en place. Dès 1972, l'Académie des Sciences s'était intéressée au sujet et avait alarmé le public, qui doit se méfier de cette abeille très susceptible, mais aussi les apiculteurs, dont les ruches sont purement et simplement menacées de colonisation. Sur le front de la lutte, pour reconnaître une "tueuse" à plusieurs centaines de mètres de distance, les ingénieurs ont mis au point des systèmes informatiques de reconnaissance de battements des ailes, mais ils ont aussi demandé à l'armée de leur donner accès à des radars extrêmement précis développés dans le cadre de l'initiative de défense stratégique, la fameuse "Guerre des Etoiles", pour suivre l'évolution des essaims et pouvoir reconnaître ceux qui sont des "tueurs".
Mais au fait, ces abeilles sont-elles vraiment des tueuses ?
"Non, simplement, elles possèdent un comportement défensif très développé et réagissent plus vite, avec davantage d'énergie à tout ce qu'elles interprètent comme une agression", explique Bernard Vaissière, chargé de recherche à l'Institut National de la Recherche Agronomique. Pour ce spécialiste qui a passé huit années à étudier ces hyménoptères au Texas, elles ne méritent pas vraiment leur très médiatique qualificatif de "tueuses".
"Effectivement il y a un problème. Il y a eu un congrès en 1988 qui a réunit des scientifiques du monde entier sur le sujet, et chaque mois un bulletin donne aux Etats-Unis l'état de l'avancée géographique des abeilles", poursuit le chercheur.
Même si "scientifiquement " elle sont simplement considérées comme plus susceptibles et difficiles que les autres, les abeilles d'origine africaine provoquent une véritable panique aux Etats-Unis. Les diplômés qui sortent des universités ne sont pas très chauds pour aller s'établir au Texas, près du "front" de leur avancée. Et dès qu'un essaim de tueuses est découvert , après un transport de reine par avion ou par bateau en provenance du sud, l'alerte générale est déclenchée. En 1985, la découverte de la petite abeille au nord de Los Angeles a démarré une véritable guerre : une force spéciale a été crée, 1.2000 km carrés de terrain placés en quarantaine, toutes les ruches du district détruite, ainsi que la plupart des essaims sauvages dans un rayon de 80 km.
Pourquoi une telle panique ? Il faut dire que les histoires dramatiques, comme celle qui relate l'attaque de Robora, en Bolivie, où deux personnes sont mortes après des piqûres d'abeilles, précédent les essaims et énervent les foules.
Mais le véritable danger, pour le sud des Etats-Unis est surtout économique. Pour les apiculteurs, bien sûr, dont les ruches colonisées (par mariage génétique ou pure invasion) sont beaucoup plus difficiles à exploiter en raison de l'agressivité ambiante : on estime que les africaines réagissent trois plus vite à l'intervention humaine, et piquent dix fois plus, tout en se calmant très difficilement (elles peuvent rester excitées trente minutes, contre trois en moyenne pour une abeille tranquille).
Mais le véritable drame est celui qui guette l'agriculture. La plus grande part de la productions fruitière est au Texas pollenisée par l'abeille domestique. Une baisse de rendement de 1 % seulement, due à la prépondérance d'une abeille plus récalcitrante à ce genre de coopération , signifierait une perte sèche de 50 millions de dollars par an pour l'agriculture.
Autre fléau, ayant cette fois voyagé en sens contraire, la lucilie bouchère. Et le mot de "tueuse" parait cette fois plus approprié. Affamée de chair fraîche pour assurer sa reproduction la bouchère est une mouche répandue en Amérique, qui vient d'être détectée pour la première fois en Afrique. L'ennemie publique de tous les animaux à sang chaud des zones tropicales américaines, de l'Argentine au Texas, vient en effet de franchir l'Atlantique et de mettre le pied en Lybie. Une découverte faite par hasard, au début de 1988, et qui s'explique probablement par un passage clandestin, à la faveur d'une cargaison de viande ou de bétail sur pied entre les deux continents.
Placardé sur les murs de Tripoli, le portrait robot de " Cochliomyia hominivorax" est facile à reconstituer : un corps bleu-vert, des yeux rouges, un thorax barré de trois bandes sombres et une taille imposante de 1 à 2 cm en moyenne.
Son mode de reproduction est particulièrement efficace et meurtrier : la femelle fécondée, qui se nourrissait jusque-là de nectar de fleurs, part soudainement à la recherche d'un animal écorché, d'un nombril mal refermé, d'une plaie pour y pondre et déposer quelque milliers d'oeufs. Une fois ceux-ci éclos quelques heures plus tard, des armées de larves affamées dévorent l'animal sur pied, s'enfoncent dans ses chairs agrandissant les plaies. Un festin macabre qui attire d'autres pondeuses. Pour le boeuf, le chameau, le mouton, c'est l'horreur qui commence. Suivra l'infection, et à terme, la mort.
Atteinte la première, la Lybie a accusé cet été les Etats-Unis de lui avoir expédié l'horrible bestiole à dessein, afin que les hardes de parasites anéantissent son cheptel. Cette attaque de Kadhafi ne fait pas état de l'aide qu'avait déjà décidé Washington en expédiant à Tripoli ses meilleurs experts sur le sujet, rompant l'embargo décrété depuis 1984 à l'égard de la Lybie.
Il faut dire qu'il y a urgence pour le cheptel. Ce pays pourrait très vite devenir la tête de pont de la bouchère en Afrique. Elle pourrait ensuite s'attaquer à tout le bassin méditerranéen, y compris au sud de la France.
Déjà plusieurs milliers de têtes de bétail ont fait les frais de l'invasion. Le remède ? Le seul vraiment efficace passe par le largage dans le milieu naturel de myriades de mâles stérilisés par traitement radioactif. Largués d'avion, aidés par des insecticides, ces mouches "inutiles" peuvent très vite limiter les dégâts en saturant les femelles. A condition d'agir massivement, reconnait la FAO (organisation des Nations-Unies pour l'alimentation et l'agriculture). Tout le problème, c'est que cette solution est coûteuse, et que le monde a en ce moment d'autres préoccupations qu'une mouche carnivore.
Sur le front des invasions sahéliennes, tout ne va pourtant pas si mal. Par exemple les criquets, l'un des fléaux les plus redoutables d'Afrique et dont les ravages avaient été considérables ces dernières années, entre 1987 et 1989, ont été stoppés.
La prolifération a été enrayée cette année au prix d'une lutte internationale acharnée sur toute la zone, depuis le Golfe persique jusqu'aux rivages de l'Atlantique et de la Méditerranée. Mais les Africains connaissent bien les criquets. Il savent que dans quelques années, les nuages riches de quelques dizaines de millions d'insectes réapparaîtront. Des essaims fabuleux, qui se forment quand la densité des criquets présents sur un même territoire dépasse un certain seuil. Des nuées de solitaires se transforment alors en redoutables bandes de "pèlerins" pouvant atteindre trois mille mètres d'altitude en vol et, à la faveur de vents favorables, aller se poser aux Caraïbes
Coup de chance pour les îles : elles sont trop humides pour ces gloutons, capables de dévorer chaque jour l'équivalent de leur poids de végétaux. Quand on sait qu'un essaim peut "peser" 100 tonnes !
Plus près de nous, en France, l'hiver clément et l'été chaud ont été particulièrement propices à quelques spectaculaires pullulations. Une marée de milliards de punaises a ainsi déferlé sur Mernel, en Ile et Vilaine le 13 septembre dernier. "Il y en avait partout, cela grouillait dans toute la maison, ils s'infiltrent sous les portes, et j'en ai trouvé jusque dans mon lit", rapporte Mme Amélie Coudrais. Les légions d'insectes gris-marron, avec des taches blanches sur les ailes ont cependant disparues au bout de quelques jours : pas assez de nourriture disponible pour toutes ces bouches.
Les scientifiques connaissent bien ce genre de pullulation, qui se produit quand les éclosions des oeufs et quand les larves sont remarquablement synchronisées par une météorologie très particulière, ou par une conjonction de facteurs favorables. Ceci dit, on ne sait pas pourquoi ce genre de manifestation ne se produit pas plus abondamment...
Le premier août dernier, un phénomène analogue s'était produit à Gy les Nonanis, près de Montargis (Loiret), mais cette fois c'étaient des petites araignées d'un centimètre qui recouvraient le sol et les murs d'un moelleux tapis. Leur cycle de vie très court en a débarrassé les habitants en quelques jours.
De ce point de vue, vivre à Venise n'a pas que des avantages. Dans la célèbre lagune particulièrement polluée et saturée de nitrates et de déchets organiques, des algues pullulent tous les étés. des végétaux qui nourrissent à leur tour des nuées de mouches capables de transformer la polychromie des palais vénitiens en une sombre tapisserie noire. Le fléau atteint de telles proportions que le train qui dessert la Cité des Doges, sur le continent ne peut parfois plus progresser : ses roues patinent sur une épaisse couche de moucherons écrasés.
Si l'homme est forcé de se battre contre de tels phénomènes ou l'irruption d'espèces dangereuses hors des régions ou elles connaissent des limitations naturelles, par la présence de prédateurs, il est aussi possible de lutter en en opposant un insecte à un autre.
C'est le principe de l'utilisation de coccinelles pour combattre le pucerons, ou la solution que propose la société Bio-Assistance-Forêt de Bugeat, en Corrèze, qui oppose au coléoptère agresseur des épicéas un autre coléoptère, qui s'en prend vigoureusement au premier.
"Le meilleur ennemi de l'insecte, c'est encore l'insecte", note à ce propos Claude Caussanel, directeur du laboratoire d'entomologie au Muséum d'Histoire Naturelle de Paris.
La nature nous livre de superbes exemple de telles rivalités parmi les 750.000 espèces répertoriées. Des insectes qui ne manquent d'ailleurs pas d'astuces pour s'en prendre à leurs ennemis intimes.
Parmi les plus énigmatiques, le biologiste Rémy Chauvin cite le hyménoptères paralysants. De toutes petites et bien étranges guêpes solitaires, qui pratiquent la chasse pour nourrir des petits qu'elles dissimulent dans des terriers. Pour leur fournir une proie en bon état, une sorte de garde-manger sur pattes, elles paralysent d'autres insectes et les enfouissent dans les terriers. Quand la larve éclôt au fond de son trou, elle se précipite sur la proie, et y pénètre par le trou de la piqûre paralysante infligée par une mère qu'elle ne connaîtra jamais.
C'est la localisation de cette pénétration qui permettra à la guêpe, devenue adulte, de trouver à son tour avec précision les ganglions nerveux de l'insecte qu'elle doit parasiter. Au millimètre près, c'est là qu'elle inoculera son venin. Mais le plus étrange, note Chauvin, c'est que cette précision chirurgicale, apprise dans une geste d'enfance, la guêpe devrait normalement l'oublier. Au moment de la métamorphose de la larve en insecte adulte, tout le corps se liquéfie, y compris le cerveau. Ou va donc se cacher le savoir faire acquis au fond du terrier par une larve dévorant sa première proie ? Terrifiants ou fascinants, les insectes ont décidément bien des secrets à nous livrer encore...
Septembre 1990
Aux Etats-Unis, cela fait plusieurs années que tout le monde se prépare à la grande confrontation. Celle contre les "abeilles tueuses". Pistées depuis leur débarquement en Amérique du sud et les débuts de leur progression vers le nord, les redoutables immigrantes africaines font trembler les populations. Leur nom, à vrai dire, suffit. Pour des millions d'Américains, ce serait là l'immersion brutale dans un scénario de film d'horreur, du style "Les abeilles attaquent".
Qualifiée volontiers de "très agressive", Apis Mellifica scutella sévit depuis une trentaine d'années en Amérique du Sud et en Amérique centrale, depuis l'évasion en 1957 de 26 reines en observation dans une enceinte d'aclimatation brésilienne. Destinée à être simplement testée en laboratoire, pour renforcer les espèces européennes un peu paresseuses et peu productrices de miel sous les tropiques, cette africaine s'est répandue comme une trainée de poudre. Progressant de 300 à 500 km par an, elle a envahit tout le Brésil, colonisé la majeure partie de l'Amérique du Sud et de l'Amérique Centrale. Et aujourd'hui, elle n'est plus qu'à quelques 250 kms de la frontière du Texas.
Aux Etats-Unis, un véritable plan de lutte a été mis en place. Dès 1972, l'Académie des Sciences s'était intéressée au sujet et avait alarmé le public, qui doit se méfier de cette abeille très susceptible, mais aussi les apiculteurs, dont les ruches sont purement et simplement menacées de colonisation. Sur le front de la lutte, pour reconnaître une "tueuse" à plusieurs centaines de mètres de distance, les ingénieurs ont mis au point des systèmes informatiques de reconnaissance de battements des ailes, mais ils ont aussi demandé à l'armée de leur donner accès à des radars extrêmement précis développés dans le cadre de l'initiative de défense stratégique, la fameuse "Guerre des Etoiles", pour suivre l'évolution des essaims et pouvoir reconnaître ceux qui sont des "tueurs".
Mais au fait, ces abeilles sont-elles vraiment des tueuses ?
"Non, simplement, elles possèdent un comportement défensif très développé et réagissent plus vite, avec davantage d'énergie à tout ce qu'elles interprètent comme une agression", explique Bernard Vaissière, chargé de recherche à l'Institut National de la Recherche Agronomique. Pour ce spécialiste qui a passé huit années à étudier ces hyménoptères au Texas, elles ne méritent pas vraiment leur très médiatique qualificatif de "tueuses".
"Effectivement il y a un problème. Il y a eu un congrès en 1988 qui a réunit des scientifiques du monde entier sur le sujet, et chaque mois un bulletin donne aux Etats-Unis l'état de l'avancée géographique des abeilles", poursuit le chercheur.
Même si "scientifiquement " elle sont simplement considérées comme plus susceptibles et difficiles que les autres, les abeilles d'origine africaine provoquent une véritable panique aux Etats-Unis. Les diplômés qui sortent des universités ne sont pas très chauds pour aller s'établir au Texas, près du "front" de leur avancée. Et dès qu'un essaim de tueuses est découvert , après un transport de reine par avion ou par bateau en provenance du sud, l'alerte générale est déclenchée. En 1985, la découverte de la petite abeille au nord de Los Angeles a démarré une véritable guerre : une force spéciale a été crée, 1.2000 km carrés de terrain placés en quarantaine, toutes les ruches du district détruite, ainsi que la plupart des essaims sauvages dans un rayon de 80 km.
Pourquoi une telle panique ? Il faut dire que les histoires dramatiques, comme celle qui relate l'attaque de Robora, en Bolivie, où deux personnes sont mortes après des piqûres d'abeilles, précédent les essaims et énervent les foules.
Mais le véritable danger, pour le sud des Etats-Unis est surtout économique. Pour les apiculteurs, bien sûr, dont les ruches colonisées (par mariage génétique ou pure invasion) sont beaucoup plus difficiles à exploiter en raison de l'agressivité ambiante : on estime que les africaines réagissent trois plus vite à l'intervention humaine, et piquent dix fois plus, tout en se calmant très difficilement (elles peuvent rester excitées trente minutes, contre trois en moyenne pour une abeille tranquille).
Mais le véritable drame est celui qui guette l'agriculture. La plus grande part de la productions fruitière est au Texas pollenisée par l'abeille domestique. Une baisse de rendement de 1 % seulement, due à la prépondérance d'une abeille plus récalcitrante à ce genre de coopération , signifierait une perte sèche de 50 millions de dollars par an pour l'agriculture.
Autre fléau, ayant cette fois voyagé en sens contraire, la lucilie bouchère. Et le mot de "tueuse" parait cette fois plus approprié. Affamée de chair fraîche pour assurer sa reproduction la bouchère est une mouche répandue en Amérique, qui vient d'être détectée pour la première fois en Afrique. L'ennemie publique de tous les animaux à sang chaud des zones tropicales américaines, de l'Argentine au Texas, vient en effet de franchir l'Atlantique et de mettre le pied en Lybie. Une découverte faite par hasard, au début de 1988, et qui s'explique probablement par un passage clandestin, à la faveur d'une cargaison de viande ou de bétail sur pied entre les deux continents.
Placardé sur les murs de Tripoli, le portrait robot de " Cochliomyia hominivorax" est facile à reconstituer : un corps bleu-vert, des yeux rouges, un thorax barré de trois bandes sombres et une taille imposante de 1 à 2 cm en moyenne.
Son mode de reproduction est particulièrement efficace et meurtrier : la femelle fécondée, qui se nourrissait jusque-là de nectar de fleurs, part soudainement à la recherche d'un animal écorché, d'un nombril mal refermé, d'une plaie pour y pondre et déposer quelque milliers d'oeufs. Une fois ceux-ci éclos quelques heures plus tard, des armées de larves affamées dévorent l'animal sur pied, s'enfoncent dans ses chairs agrandissant les plaies. Un festin macabre qui attire d'autres pondeuses. Pour le boeuf, le chameau, le mouton, c'est l'horreur qui commence. Suivra l'infection, et à terme, la mort.
Atteinte la première, la Lybie a accusé cet été les Etats-Unis de lui avoir expédié l'horrible bestiole à dessein, afin que les hardes de parasites anéantissent son cheptel. Cette attaque de Kadhafi ne fait pas état de l'aide qu'avait déjà décidé Washington en expédiant à Tripoli ses meilleurs experts sur le sujet, rompant l'embargo décrété depuis 1984 à l'égard de la Lybie.
Il faut dire qu'il y a urgence pour le cheptel. Ce pays pourrait très vite devenir la tête de pont de la bouchère en Afrique. Elle pourrait ensuite s'attaquer à tout le bassin méditerranéen, y compris au sud de la France.
Déjà plusieurs milliers de têtes de bétail ont fait les frais de l'invasion. Le remède ? Le seul vraiment efficace passe par le largage dans le milieu naturel de myriades de mâles stérilisés par traitement radioactif. Largués d'avion, aidés par des insecticides, ces mouches "inutiles" peuvent très vite limiter les dégâts en saturant les femelles. A condition d'agir massivement, reconnait la FAO (organisation des Nations-Unies pour l'alimentation et l'agriculture). Tout le problème, c'est que cette solution est coûteuse, et que le monde a en ce moment d'autres préoccupations qu'une mouche carnivore.
Sur le front des invasions sahéliennes, tout ne va pourtant pas si mal. Par exemple les criquets, l'un des fléaux les plus redoutables d'Afrique et dont les ravages avaient été considérables ces dernières années, entre 1987 et 1989, ont été stoppés.
La prolifération a été enrayée cette année au prix d'une lutte internationale acharnée sur toute la zone, depuis le Golfe persique jusqu'aux rivages de l'Atlantique et de la Méditerranée. Mais les Africains connaissent bien les criquets. Il savent que dans quelques années, les nuages riches de quelques dizaines de millions d'insectes réapparaîtront. Des essaims fabuleux, qui se forment quand la densité des criquets présents sur un même territoire dépasse un certain seuil. Des nuées de solitaires se transforment alors en redoutables bandes de "pèlerins" pouvant atteindre trois mille mètres d'altitude en vol et, à la faveur de vents favorables, aller se poser aux Caraïbes
Coup de chance pour les îles : elles sont trop humides pour ces gloutons, capables de dévorer chaque jour l'équivalent de leur poids de végétaux. Quand on sait qu'un essaim peut "peser" 100 tonnes !
Plus près de nous, en France, l'hiver clément et l'été chaud ont été particulièrement propices à quelques spectaculaires pullulations. Une marée de milliards de punaises a ainsi déferlé sur Mernel, en Ile et Vilaine le 13 septembre dernier. "Il y en avait partout, cela grouillait dans toute la maison, ils s'infiltrent sous les portes, et j'en ai trouvé jusque dans mon lit", rapporte Mme Amélie Coudrais. Les légions d'insectes gris-marron, avec des taches blanches sur les ailes ont cependant disparues au bout de quelques jours : pas assez de nourriture disponible pour toutes ces bouches.
Les scientifiques connaissent bien ce genre de pullulation, qui se produit quand les éclosions des oeufs et quand les larves sont remarquablement synchronisées par une météorologie très particulière, ou par une conjonction de facteurs favorables. Ceci dit, on ne sait pas pourquoi ce genre de manifestation ne se produit pas plus abondamment...
Le premier août dernier, un phénomène analogue s'était produit à Gy les Nonanis, près de Montargis (Loiret), mais cette fois c'étaient des petites araignées d'un centimètre qui recouvraient le sol et les murs d'un moelleux tapis. Leur cycle de vie très court en a débarrassé les habitants en quelques jours.
De ce point de vue, vivre à Venise n'a pas que des avantages. Dans la célèbre lagune particulièrement polluée et saturée de nitrates et de déchets organiques, des algues pullulent tous les étés. des végétaux qui nourrissent à leur tour des nuées de mouches capables de transformer la polychromie des palais vénitiens en une sombre tapisserie noire. Le fléau atteint de telles proportions que le train qui dessert la Cité des Doges, sur le continent ne peut parfois plus progresser : ses roues patinent sur une épaisse couche de moucherons écrasés.
Si l'homme est forcé de se battre contre de tels phénomènes ou l'irruption d'espèces dangereuses hors des régions ou elles connaissent des limitations naturelles, par la présence de prédateurs, il est aussi possible de lutter en en opposant un insecte à un autre.
C'est le principe de l'utilisation de coccinelles pour combattre le pucerons, ou la solution que propose la société Bio-Assistance-Forêt de Bugeat, en Corrèze, qui oppose au coléoptère agresseur des épicéas un autre coléoptère, qui s'en prend vigoureusement au premier.
"Le meilleur ennemi de l'insecte, c'est encore l'insecte", note à ce propos Claude Caussanel, directeur du laboratoire d'entomologie au Muséum d'Histoire Naturelle de Paris.
La nature nous livre de superbes exemple de telles rivalités parmi les 750.000 espèces répertoriées. Des insectes qui ne manquent d'ailleurs pas d'astuces pour s'en prendre à leurs ennemis intimes.
Parmi les plus énigmatiques, le biologiste Rémy Chauvin cite le hyménoptères paralysants. De toutes petites et bien étranges guêpes solitaires, qui pratiquent la chasse pour nourrir des petits qu'elles dissimulent dans des terriers. Pour leur fournir une proie en bon état, une sorte de garde-manger sur pattes, elles paralysent d'autres insectes et les enfouissent dans les terriers. Quand la larve éclôt au fond de son trou, elle se précipite sur la proie, et y pénètre par le trou de la piqûre paralysante infligée par une mère qu'elle ne connaîtra jamais.
C'est la localisation de cette pénétration qui permettra à la guêpe, devenue adulte, de trouver à son tour avec précision les ganglions nerveux de l'insecte qu'elle doit parasiter. Au millimètre près, c'est là qu'elle inoculera son venin. Mais le plus étrange, note Chauvin, c'est que cette précision chirurgicale, apprise dans une geste d'enfance, la guêpe devrait normalement l'oublier. Au moment de la métamorphose de la larve en insecte adulte, tout le corps se liquéfie, y compris le cerveau. Ou va donc se cacher le savoir faire acquis au fond du terrier par une larve dévorant sa première proie ? Terrifiants ou fascinants, les insectes ont décidément bien des secrets à nous livrer encore...
Libellés :
biologie,
environnement,
génétique,
réchauffement,
science
Brèves octobre 1990
Les insectes sont sur table d'écoute : deux chercheurs de l'Institut National de la Recherche Agronomique (INRA) ont présenté lors d'un congrès qui s'est tenu à Bordeaux des enregistrements venus d'ailleurs. Ceux des bruits que font les insectes, les vers et autre grignoteurs de graines et de fruits.
Francis Fleurat-Lessard, directeur du labo des insectes des denrées à la station Inra de Bordeaux a travaillé avec l'acousticien André-Jacques Andrieu, de l'établissement de Jouy-en- Josas. Tous deux sont partis à l'assaut des vibrations émises par les mandibules, des craquements des pattes, afin d'identifier les principales "signatures" acoustiques des charançons et autres croqueurs de récoltes.
Pour y parvenir, ils ont mis au point un micro spécial, que l'on plonge dans les silos, afin de capter les vibrations transmises aux graines, plutôt que les sons transmis par l'air.
L'analyse de ces signaux permet de différencier les espèces au travail dans les silos, mais aussi les fruits ou le bois de construction. En tout, plus d'une vingtaine d'espèces sont aujourd'hui repérées de la sorte, du capucin des grains à la teigne des fruits, au ténébrion des poulaillers, voire la huche.
Les termites, actuellement en plein essor, sont parfaitement reconnus. On commence même à travailler sur leurs codes de transmission d'information, notamment leurs signaux d'alerte semblables au tapotements des pic-verts.
On sait aussi reconnaître une larve d'un adulte. Sa "voix" n'est pas la même, ni quand il mange ou quand il se déplace simplement.
Dans les céréales, on peut détecter un insecte au kilo de grains. Une technique qui paradoxalement, permettra de diminuer l'utilisation des insecticides dans les stockages : plus besoin de vaporiser là où il n'y a aucun bruit sur la ligne...
Les plantes aux feuilles bigarrées ou marbrées sont moins efficaces pour générer de l'énergie par photosynthèse, par rapport à celles qui sont plus abondamment recouvertes des pigments verts de la chlorophylle.
Elles ont en fait un autre avantage : leur meilleure "technique" de camouflage leur permet de compenser leur moins bonne performances énergétiques.
Selon Thomas Givnish, de l'Université de Wisconsin, ce genre de camouflage permet aux plantes de se faire moins souvent "brouter" que les autres par les herbivores. Pour ce chercheur la plupart des grands herbivores, dotés d'une vision monochromatique, les taches et les décolorations des feuilles leur permettent d'échapper à la "reconnaissance de formes" du cerveau de l'animal. A la condition que ces feuillage camouflés se trouvent sur un fond sombre, comme le sol...
Des oasis dans le désert. C'est possible, grâce à des limaces mangeuses de cailloux, comme Euchondrus albulus, E. desertorum ou E. ramonenis, qui fertilisent les déserts avec de l'azote, selon Clives Jones et Moshe Shachak, deux chercheurs américains qui ont travaillé dans le désert du Néguev.
Ce sont les rejets de ces petites limaces (à peine 1 cm de long) qui contiennent de l'azote. Elles se nourrissent la nuit de lichen, contenu dans les roches sédimentaires de la région. Les limaces utilisent leur langue particulièrement abrasive pour accéder au lichen, souvent protégé par un écran de 7 mm de roche. Pendant la journée, les limaces s'abritent sous les pierres et y déposent leurs excréments.
Selon les calculs des chercheurs, cette livraison d'azote représente 11 % de l'apport annuel au sol, ce qui est loin d'être négligeable dans un désert. Mais surtout, les limaces livrent l'engrais exactement au bon endroit pour les plantes, sous les pierres, là où le racines peuvent prendre. Un emplacement ou les petites doses d'azote sont également protégées de l'action de l'érosion...
Le Q Sound envahira demain nos salons. Il s'agit d'un nouveau dispositif qui sépare les fréquences et les amplitudes sonores de façon subtile lors de la préparation de la matrice du disque, avant sa production. Capable de restituer un effet tridimensionnel particulièrement puissant et efficace, selon les inventeurs, ce procédé baptisé QSound intéresse Polygram, une filiale de Philips, qui vient de passer un accord pour l'utiliser. Principal avantage, en "fixant" certains instruments dans l'espace, lors de la reproduction sur une chaîne haute-fidélité classique, ce système pourrait libérer l'auditeur de la contrainte d'être assis bien au centre, entre ses haut-parleurs. Surtout ce procédé ne nécessitera aucun éléments complémentaire pour en profiter : tout le secret est dans l'enregistrement, pas dans l'électronique.
Un neurobiologiste de l'Université du Texas a réussi un tour de force : fusionner des cellules nerveuses de ver de terre. Une première sur des faisceaux nerveux très simples, qui risque d'ouvrir à terme de fantastiques possibilités aux neurobiologistes, en leur offrant de réparer les nerfs détruits chez l'homme.
George Bittner a trouvé une substance chimique qui oblige les cellules nerveuses sectionnées à se ressouder, en reconstituant l'enveloppe de myéline, une substance grasse nécessaire à leur fonctionnement. Il teste actuellement le produit sur les rats, et si ces bons résultats se confirment, il envisage d'ici deux annèes de passer à des expériences sur l'homme.
Francis Fleurat-Lessard, directeur du labo des insectes des denrées à la station Inra de Bordeaux a travaillé avec l'acousticien André-Jacques Andrieu, de l'établissement de Jouy-en- Josas. Tous deux sont partis à l'assaut des vibrations émises par les mandibules, des craquements des pattes, afin d'identifier les principales "signatures" acoustiques des charançons et autres croqueurs de récoltes.
Pour y parvenir, ils ont mis au point un micro spécial, que l'on plonge dans les silos, afin de capter les vibrations transmises aux graines, plutôt que les sons transmis par l'air.
L'analyse de ces signaux permet de différencier les espèces au travail dans les silos, mais aussi les fruits ou le bois de construction. En tout, plus d'une vingtaine d'espèces sont aujourd'hui repérées de la sorte, du capucin des grains à la teigne des fruits, au ténébrion des poulaillers, voire la huche.
Les termites, actuellement en plein essor, sont parfaitement reconnus. On commence même à travailler sur leurs codes de transmission d'information, notamment leurs signaux d'alerte semblables au tapotements des pic-verts.
On sait aussi reconnaître une larve d'un adulte. Sa "voix" n'est pas la même, ni quand il mange ou quand il se déplace simplement.
Dans les céréales, on peut détecter un insecte au kilo de grains. Une technique qui paradoxalement, permettra de diminuer l'utilisation des insecticides dans les stockages : plus besoin de vaporiser là où il n'y a aucun bruit sur la ligne...
Les plantes aux feuilles bigarrées ou marbrées sont moins efficaces pour générer de l'énergie par photosynthèse, par rapport à celles qui sont plus abondamment recouvertes des pigments verts de la chlorophylle.
Elles ont en fait un autre avantage : leur meilleure "technique" de camouflage leur permet de compenser leur moins bonne performances énergétiques.
Selon Thomas Givnish, de l'Université de Wisconsin, ce genre de camouflage permet aux plantes de se faire moins souvent "brouter" que les autres par les herbivores. Pour ce chercheur la plupart des grands herbivores, dotés d'une vision monochromatique, les taches et les décolorations des feuilles leur permettent d'échapper à la "reconnaissance de formes" du cerveau de l'animal. A la condition que ces feuillage camouflés se trouvent sur un fond sombre, comme le sol...
Des oasis dans le désert. C'est possible, grâce à des limaces mangeuses de cailloux, comme Euchondrus albulus, E. desertorum ou E. ramonenis, qui fertilisent les déserts avec de l'azote, selon Clives Jones et Moshe Shachak, deux chercheurs américains qui ont travaillé dans le désert du Néguev.
Ce sont les rejets de ces petites limaces (à peine 1 cm de long) qui contiennent de l'azote. Elles se nourrissent la nuit de lichen, contenu dans les roches sédimentaires de la région. Les limaces utilisent leur langue particulièrement abrasive pour accéder au lichen, souvent protégé par un écran de 7 mm de roche. Pendant la journée, les limaces s'abritent sous les pierres et y déposent leurs excréments.
Selon les calculs des chercheurs, cette livraison d'azote représente 11 % de l'apport annuel au sol, ce qui est loin d'être négligeable dans un désert. Mais surtout, les limaces livrent l'engrais exactement au bon endroit pour les plantes, sous les pierres, là où le racines peuvent prendre. Un emplacement ou les petites doses d'azote sont également protégées de l'action de l'érosion...
Le Q Sound envahira demain nos salons. Il s'agit d'un nouveau dispositif qui sépare les fréquences et les amplitudes sonores de façon subtile lors de la préparation de la matrice du disque, avant sa production. Capable de restituer un effet tridimensionnel particulièrement puissant et efficace, selon les inventeurs, ce procédé baptisé QSound intéresse Polygram, une filiale de Philips, qui vient de passer un accord pour l'utiliser. Principal avantage, en "fixant" certains instruments dans l'espace, lors de la reproduction sur une chaîne haute-fidélité classique, ce système pourrait libérer l'auditeur de la contrainte d'être assis bien au centre, entre ses haut-parleurs. Surtout ce procédé ne nécessitera aucun éléments complémentaire pour en profiter : tout le secret est dans l'enregistrement, pas dans l'électronique.
Un neurobiologiste de l'Université du Texas a réussi un tour de force : fusionner des cellules nerveuses de ver de terre. Une première sur des faisceaux nerveux très simples, qui risque d'ouvrir à terme de fantastiques possibilités aux neurobiologistes, en leur offrant de réparer les nerfs détruits chez l'homme.
George Bittner a trouvé une substance chimique qui oblige les cellules nerveuses sectionnées à se ressouder, en reconstituant l'enveloppe de myéline, une substance grasse nécessaire à leur fonctionnement. Il teste actuellement le produit sur les rats, et si ces bons résultats se confirment, il envisage d'ici deux annèes de passer à des expériences sur l'homme.
Brèves novembre 1990
Les lignes à haute tension ne sont pas si innocentes que cela. Les champs électromagnétiques qu'elles produisent seraient cancérigènes. C'est du moins la conclusion de deux années d'études menées par l'agence américaine de la protection de l'environnement, sur la base de données épidémiologiques. Dans son rapport, l'agence propose de classer provisoirement, en attendant des résultats de confirmation, les champs électromagnétiques associés aux lignes à haute tension comme cancérigènes, de la même manière que le sont des substances chimiques comme le DDT (insecticide) ou les PCB (liquide de refroidissement).
Certains insectes ont l'habitude de voir éclore des mâles quand les oeufs ne sont pas fécondés et des femelles quand ils le sont.. Chez les trichogrammes, petits hyménoptères parasites, les oeufs nons fécondés se transforment en femelles, sauf si les mères se nourissent d'antibiotiques.
Pourquoi ?
Des biologistes de l'université de Rochester (USA) pensent que c'est grâce à la complicité de bactéries hébergées dans le cytoplasme des cellules sexuelles que les femelles isolées pondent des femelles. Quand les antibiotiques sont là, ou quand la température dépasse trente degrés, les bactéries meurent, et les oeufs deviennent des mâles.
Dans un autre cas, entre deux espèces de guèpes Nasonia (vitripennis et giraulti), des chercheurs ont montré que ce sont encore des bactéries qui séparent les deux espèces et ne laissent apparaitre que des enfants mâles en cas de croisements. En présence d'antibiotiques, cette barrière disparait. Une piste nouvelle pour expliquer les règles parfois étranges de la différenciation des espèces au cours de l'évolution : des bactéries interviendraient directement sur les gènes des espèces vivantes pour les diversifier et les maintenir séparées.
Pourquoi la population d'albatros diminue-t-elle dramatiquement à travers le monde ? Nigel Brothers, un biologiste australien de Tasmanie pense avoir trouvé la clef du mystère. Pour lui, ce sont les hameçons des lignes de fond qui sont en cause, puisque les albatros qui suivent les navire de pêche ont le temps de les attraper et de les gober avant que les lignes ne plongent vers le grand bleu. Une mort atroce, avec des heures de souffrances pour les grands voiliers pris au piège.
Selon ses observations à bord d'un navire de pêche japonais et ses calculs, 44.000 albatros périraient de cette façon chaque année.
L'espèce la plus atteinte est le "wandering albatros", qui est aussi celle qui attrape le plus volontiers les appâts. De nouveaux types de lignes ont été essayées à bord de navires nippons, munies de banderolles afin de dissuader les albatros de s'en approcher. Ce simple système semble parfaitement fonctionner et pourrait mettre un terme à l'hécatombe.
Mythique, le rayon vert ? Pas du tout. Il s'agit là d'un phénomène tout à fait normal, visible par ceux qui veulent bien s'en donner la peine, ou qui se trouvent par hasard au bon endroit. Quel spectacle ! Les détails sont dans la revue Ciel et Espace du mois d'octobre. Mais dans les grandes lignes il suffit de se procurer un bel horizon dégagé, du style bord de mer, ou montagne bien découpée, au moment du coucher de l'astre. Déjà quand le disque de feu commence à disparaitre derrière l'horizon, ce n'est plus lui que l'on voit, mais son image, formée par réfraction dans l'atmosphère terrestre. Géométriquement l'astre est déjà couché depuis deux bonne minutes !
Il faut alors guetter le sommet du Soleil. C'est là, quand la boule rouge-orangée s'enfonce dans le paysage que le rayon vert devient visible; la lumière solaire étant découpée en franges de couleurs différentes par le prisme que forme à cet instant l'atmosphère de la Terre.
Remodeler la planète. Après Ferdinand de Lesseps, ce sont les ingénieurs japonais qui s'attaquent au projet de dompter la planète. Pour doubler le canal de Panama, ils veulent créer une autoroute à travers l'isthme de l'Amérique centrale, de Colombie au Panama. Aux deux extrémité, on trouvera des ports de chargement et de déchargement rapide des navires porte-conteneurs.
Parmi 11 autres projet de taille planètaire, il s'agirait de construire un pont sur le détroit de Gibraltar, mais aussi de mettre les déserts en culture, de contrôler les crues des fleuves asiatiques au moyen de digues, de réaliser une autoroute Europe-Asie (sur le tracé de la Route de la soie) et de produire massivement de l'électricité dans l'Himalaya.
Une association chargée de promouvoir 11 projets géants, la Global Infrastructure Fund Research Foundation of Japan a été créée par les principaux goupes industriels japonais. Pour concilier business et aménagement "productif" de la planète.
Les cordes cosmiques, que les astrophysiciens trouvaient au fond de leurs équations pour expliquer la formation de l'univers viennent d'être rencontrées. Il s'agit de ficelles plus minces qu'un atome, mais très denses et énergétiques, dont le fil peut s'étendre à travers tout l'univers. C'est en observant des images de galaxies lointaines déformées par de tels fils que Esther Hu, de l'observatoire d'Hawaii pense avoir mis en évidence cette structure étrange de notre monde.
Le poisson-éléphant est un détecteur de pollution-né, (alpty, elephant-nosed mormyrid, en anglais). Ce poisson d'eau douce tropicale est en effet pratiquement aveugle, puisqu'il réside en eaux troubles. Mais il a développé un système de navigation par ondes électriques émises près de sa queue et captés derrière sa tête. Et quand l'eau est polluée, ce signal change complètement de "signature" . Selon John Lewis, de l'Université de Londres, on pourra ainsi détecter en amont de stations de captage d'eau du mercure, du cuivre, mais aussi de l'arsenic et du phénol. L'avantage par rapport à la truite, autre poisson utilisé pour détecter les pollutions, est que l'éléphant demeure moins sensible aux variations d'oxygène. La truite demandant pour sa part de l'eau "vive". Par contre, pour ne pas déstabiliser l'éléphant tropical, l'eau doit être chauffée à 27 degrés...
Les "Hermit crabs" (Pagurus granosimanus) peuvent apprendre très rapidement à reconnaitre une nourriture toxique ou avariée. Une compétence indispensable à la survie d'une espèce qui se nourrit de tout et n'importe quoi, principalement de charognes et de déchets, en des temps ou le fond des océns se peuple de pièges toxiques rejettés par les navires et les habitants des côtes.
Ces crabes d'Amérique du nord (côte ouest) ont été surveillés par une équipe du Bates College, dans le Maine, qui a montré que le fait d'être "indisposé" était clairement associé par les crabes à la nourriture, car ils refusaient d'en reconsommer s'il s'agissait d'un met nouveau. Par contre, s'ils étaient malades après avoir consommé un produit très courant dans leur environnement (empoisonné par les chercheurs), ils n'hésitaient pas à en continuer à s'en nourrir par la suite . Comme quoi on peut être crabe et attribuer une intoxication à un accident ponctuel (comme l'intervention de l'homme ?).
10 % : c'est la quantité d'énergie nationale que la Danemark veut produire à partir du vent d'ici l'an 2000. Dans six mois une ferme de 11 éoliennes offshore sera installée par 5 mètres de fond, à plusieurs kilomètres de la côte. Un bon moyen pour avoir davantage de vent, mais aussi pour épargner aux oreilles des Danois le sifflement ravageur des éoliennes au travail...
Certains insectes ont l'habitude de voir éclore des mâles quand les oeufs ne sont pas fécondés et des femelles quand ils le sont.. Chez les trichogrammes, petits hyménoptères parasites, les oeufs nons fécondés se transforment en femelles, sauf si les mères se nourissent d'antibiotiques.
Pourquoi ?
Des biologistes de l'université de Rochester (USA) pensent que c'est grâce à la complicité de bactéries hébergées dans le cytoplasme des cellules sexuelles que les femelles isolées pondent des femelles. Quand les antibiotiques sont là, ou quand la température dépasse trente degrés, les bactéries meurent, et les oeufs deviennent des mâles.
Dans un autre cas, entre deux espèces de guèpes Nasonia (vitripennis et giraulti), des chercheurs ont montré que ce sont encore des bactéries qui séparent les deux espèces et ne laissent apparaitre que des enfants mâles en cas de croisements. En présence d'antibiotiques, cette barrière disparait. Une piste nouvelle pour expliquer les règles parfois étranges de la différenciation des espèces au cours de l'évolution : des bactéries interviendraient directement sur les gènes des espèces vivantes pour les diversifier et les maintenir séparées.
Pourquoi la population d'albatros diminue-t-elle dramatiquement à travers le monde ? Nigel Brothers, un biologiste australien de Tasmanie pense avoir trouvé la clef du mystère. Pour lui, ce sont les hameçons des lignes de fond qui sont en cause, puisque les albatros qui suivent les navire de pêche ont le temps de les attraper et de les gober avant que les lignes ne plongent vers le grand bleu. Une mort atroce, avec des heures de souffrances pour les grands voiliers pris au piège.
Selon ses observations à bord d'un navire de pêche japonais et ses calculs, 44.000 albatros périraient de cette façon chaque année.
L'espèce la plus atteinte est le "wandering albatros", qui est aussi celle qui attrape le plus volontiers les appâts. De nouveaux types de lignes ont été essayées à bord de navires nippons, munies de banderolles afin de dissuader les albatros de s'en approcher. Ce simple système semble parfaitement fonctionner et pourrait mettre un terme à l'hécatombe.
Mythique, le rayon vert ? Pas du tout. Il s'agit là d'un phénomène tout à fait normal, visible par ceux qui veulent bien s'en donner la peine, ou qui se trouvent par hasard au bon endroit. Quel spectacle ! Les détails sont dans la revue Ciel et Espace du mois d'octobre. Mais dans les grandes lignes il suffit de se procurer un bel horizon dégagé, du style bord de mer, ou montagne bien découpée, au moment du coucher de l'astre. Déjà quand le disque de feu commence à disparaitre derrière l'horizon, ce n'est plus lui que l'on voit, mais son image, formée par réfraction dans l'atmosphère terrestre. Géométriquement l'astre est déjà couché depuis deux bonne minutes !
Il faut alors guetter le sommet du Soleil. C'est là, quand la boule rouge-orangée s'enfonce dans le paysage que le rayon vert devient visible; la lumière solaire étant découpée en franges de couleurs différentes par le prisme que forme à cet instant l'atmosphère de la Terre.
Remodeler la planète. Après Ferdinand de Lesseps, ce sont les ingénieurs japonais qui s'attaquent au projet de dompter la planète. Pour doubler le canal de Panama, ils veulent créer une autoroute à travers l'isthme de l'Amérique centrale, de Colombie au Panama. Aux deux extrémité, on trouvera des ports de chargement et de déchargement rapide des navires porte-conteneurs.
Parmi 11 autres projet de taille planètaire, il s'agirait de construire un pont sur le détroit de Gibraltar, mais aussi de mettre les déserts en culture, de contrôler les crues des fleuves asiatiques au moyen de digues, de réaliser une autoroute Europe-Asie (sur le tracé de la Route de la soie) et de produire massivement de l'électricité dans l'Himalaya.
Une association chargée de promouvoir 11 projets géants, la Global Infrastructure Fund Research Foundation of Japan a été créée par les principaux goupes industriels japonais. Pour concilier business et aménagement "productif" de la planète.
Les cordes cosmiques, que les astrophysiciens trouvaient au fond de leurs équations pour expliquer la formation de l'univers viennent d'être rencontrées. Il s'agit de ficelles plus minces qu'un atome, mais très denses et énergétiques, dont le fil peut s'étendre à travers tout l'univers. C'est en observant des images de galaxies lointaines déformées par de tels fils que Esther Hu, de l'observatoire d'Hawaii pense avoir mis en évidence cette structure étrange de notre monde.
Le poisson-éléphant est un détecteur de pollution-né, (alpty, elephant-nosed mormyrid, en anglais). Ce poisson d'eau douce tropicale est en effet pratiquement aveugle, puisqu'il réside en eaux troubles. Mais il a développé un système de navigation par ondes électriques émises près de sa queue et captés derrière sa tête. Et quand l'eau est polluée, ce signal change complètement de "signature" . Selon John Lewis, de l'Université de Londres, on pourra ainsi détecter en amont de stations de captage d'eau du mercure, du cuivre, mais aussi de l'arsenic et du phénol. L'avantage par rapport à la truite, autre poisson utilisé pour détecter les pollutions, est que l'éléphant demeure moins sensible aux variations d'oxygène. La truite demandant pour sa part de l'eau "vive". Par contre, pour ne pas déstabiliser l'éléphant tropical, l'eau doit être chauffée à 27 degrés...
Les "Hermit crabs" (Pagurus granosimanus) peuvent apprendre très rapidement à reconnaitre une nourriture toxique ou avariée. Une compétence indispensable à la survie d'une espèce qui se nourrit de tout et n'importe quoi, principalement de charognes et de déchets, en des temps ou le fond des océns se peuple de pièges toxiques rejettés par les navires et les habitants des côtes.
Ces crabes d'Amérique du nord (côte ouest) ont été surveillés par une équipe du Bates College, dans le Maine, qui a montré que le fait d'être "indisposé" était clairement associé par les crabes à la nourriture, car ils refusaient d'en reconsommer s'il s'agissait d'un met nouveau. Par contre, s'ils étaient malades après avoir consommé un produit très courant dans leur environnement (empoisonné par les chercheurs), ils n'hésitaient pas à en continuer à s'en nourrir par la suite . Comme quoi on peut être crabe et attribuer une intoxication à un accident ponctuel (comme l'intervention de l'homme ?).
10 % : c'est la quantité d'énergie nationale que la Danemark veut produire à partir du vent d'ici l'an 2000. Dans six mois une ferme de 11 éoliennes offshore sera installée par 5 mètres de fond, à plusieurs kilomètres de la côte. Un bon moyen pour avoir davantage de vent, mais aussi pour épargner aux oreilles des Danois le sifflement ravageur des éoliennes au travail...
Brèves Décembre 1990
Superbe, le papillon monarque se protège aussi de ses prédateurs potentiels en étant vénéneux. Danaus plexippus est tellement toxique que ceux qui le consomment ont toutes les chances de mourir en quelques minutes, dans des souffrances atroces...
Tous, sauf Peromyscus melanotis. Cette souris de la région mexicaine migre en hiver vers des montagnes ou viennent se reposer des hordes de monarques. John Glendinning et Licoln Browner de l'université de Floride ont étudié cela de plus près, pour s'appercevoir que les souris font un véritable festin de papillons. Très nutritif, ce plat hivernal, riche en lipides. Entre novembre et avril, ce sont des 10 million de papillons par hectare que l'on trouve dans cette région centrale du Mexique, et qui constituent des proies faciles pour les souris, en raison de leur engourdissement hivernal, par des températures inférieures à 6 degrés C.
Grâce à cet appétit protégé, la souris est capable de se reproduire même en hiver, alors que les autres espèces, pourtant très proches de cette souris, s'abstiennent. Elles ont raison, car pour elles, les papillons seraient mortels. Se nourrissant de milkweed (Asclepias), le monarque en extrait des cardenolides et des alkaloides toxiques, attaquant à la fois le système nerveux, le foie et les poumons des autres prédateurs.
Comment fait cette souris ? On l'ignore encore, mais elle évite déjà la plus forte dose de poison en ne consommant que les parties internes du papillon (moins de 10 % du corps), plus pauvres en toxiques.
Les lézards mâles, ainsi que les serpents ont deux pénis. Lequel utiliser ?
Chacun de ses pénis est relié à un testicule, l'un à droite, l'autre à gauche...
Richard Torkaz et Joseph Slowinski de l'université de Miami ont étudié le comportement du lézard Anolis carolinensis, pour découvrir que le choix du pénis à utiliser dépendait de celui dont il s'étaient servi la dernière fois, et de combien de temps s'était écoulé depuis l'accouplement précédent.
Un comportement que les chercheurs expliquent par la compétition des spermatozoïdes. Pour eux, si une femelle s'accouple avec plusieurs mâles, c'est celui qui aura délivré le plus de sperme qui aura davantage de chances de procréer. Pour être sur de délivrer une quantité importante, les mâles alternent donc les pénis s'ils copulent plusieurs fois en 24 heures. Si les accouplements sont plus espacés (72 heures dans les tests), ils se servent de préférence d'un pénis, probablement celui avec lequel ils se sentent le plus à l'aise. Effectivement, les mesures ont montré que la quantité de sperme disponible retrouvait un niveau "normal" qu'après 24 heures de repos du pénis.
Lobocraspis griseifuda se nourrit du malheur des autres? C'est banal, mais dans ce cas, c'est une image : ce papillon de nuit du sud-est asiatique boit les larmes de grands mammifères, comme des buffles d'eau (water buffle). Posé au bord des yeux, ils se nourrissent à plusieurs, comme s'ils étaient installés au bord d'un point d'eau.. Plusieurs dizaines d'espèces procèdent d'ailleurs de la même manière dans l'ensemble des pays tropicaux, avec plus ou moins de délicatesse dans l'approche de leurs hôtes. Leurs victimes ? Le bétail, les chevaux, les porcs, les tapirs, les cerfs et les éléphants, et même à l'occasion, les humains. Des préférences liées à la composition chimique des larmes de chaque espèce, mais aussi à sa réponse comportementale, acceptant ou non la présence de tels buveurs, estime Hans Bänziger, entomologue à l'université Chiang Mai de Thailande.
Le papillon introduit généralement sa trompe dans l'oeil pour l'irriter, afin de provoquer une lacrimation importante. Il est même capable d'introduire son proboscis entre les paupières closes, pendant le sommeil de la bête.
En buvant de larmes, le papillon recherche le sel, l'eau, mais aussi les protéines (albumine et globuline), voire des cellules comme les globules blancs chez des animaux malades. D'ailleurs cette stratégie est largement soupçonnée d'être à l'origine de la transmission de conjonctivites
, ainsi que d'autres maladies bactériennes et virales.
Son appétit pour les noix de cocos est inépuisable. Oryctes rhinoceros, un beau scarabée de 10 cm de long, bardé d'une trompe est un redoutable parasite pour les pays producteur de cocos. En se reproduisant 4 à 5 fois par mois, il est capable de dévaster une plantation en quelques semaines, en consommant les jeunes boutons, et la couronne des palmes. Une parade proportionnel à l'assaut pourrait venir d'un champignon, Metharrizium anisopliae (Green Muscardine Fungus). Pour protéger les plantations précieuses à la balance commerciale de leurs pays, les chercheurs philippins du centre de recherches de Davao espèrent enrayer les proliférations de l'efficace insecte. Le champignon s'attaque aux larves d'oryctes et à rien d'autre, et les décime en une douzaine de jours. Le traitement, qui consiste à épandre le champignon mêlé à de la pulpe de coco, revient deux fois moins cher que la technique des pesticides (20 francs par hectare, contre 45), tout en évitant la mise à mal de tout l'environnement local.
Les serpents de mer du Pacifique, une espèce redoutable à la morsure mortelle, préoccupe actuellement les sujets britanniques. Certains chercheurs imaginent qu'en cas de réchauffement des mers, les serpents pourraient envahir l'Atlantique et s'en prendre aux plagistes du Royaume-Uni. My Lord !
Le cosmos, c'est le chaos. Du moins jusqu'à ce que des astronomes trouvent en 1989 des regroupements, des amas de milliers de galaxies formant des "murs" géants, rangés par strates les uns derrières les autres. Pourquoi une telle organisation de concentrations galactiques dans l'univers, alors que les théories annoncent une répartition homogène de la matière dans tout l'espace ?
Pour s'y retrouver, le chercheur néerlandais Rien Van de Weygaert, de Leiden a utilisé le support mathématique du soviétique Voronoi, en découpant ce ciel en petites cellules contenant chacune une galaxie. En passant à un tel système, et en simulant son évolution à travers l'histoire de l'univers, l'astronome a pratiquement retrouvé artificiellement le paysage de notre cosmos actuel. Les meilleurs ordinateurs qui avaient jusque là fait chou blanc dans ce genre de calcul ont été ridiculisés par cette simple application de modèles mathématiques originaux, qui permettent de prévoir l'actuel rassemblement en grappes d'une matière qui était répartie de manière homogène, il y a dix milliards d'années.
Tous, sauf Peromyscus melanotis. Cette souris de la région mexicaine migre en hiver vers des montagnes ou viennent se reposer des hordes de monarques. John Glendinning et Licoln Browner de l'université de Floride ont étudié cela de plus près, pour s'appercevoir que les souris font un véritable festin de papillons. Très nutritif, ce plat hivernal, riche en lipides. Entre novembre et avril, ce sont des 10 million de papillons par hectare que l'on trouve dans cette région centrale du Mexique, et qui constituent des proies faciles pour les souris, en raison de leur engourdissement hivernal, par des températures inférieures à 6 degrés C.
Grâce à cet appétit protégé, la souris est capable de se reproduire même en hiver, alors que les autres espèces, pourtant très proches de cette souris, s'abstiennent. Elles ont raison, car pour elles, les papillons seraient mortels. Se nourrissant de milkweed (Asclepias), le monarque en extrait des cardenolides et des alkaloides toxiques, attaquant à la fois le système nerveux, le foie et les poumons des autres prédateurs.
Comment fait cette souris ? On l'ignore encore, mais elle évite déjà la plus forte dose de poison en ne consommant que les parties internes du papillon (moins de 10 % du corps), plus pauvres en toxiques.
Les lézards mâles, ainsi que les serpents ont deux pénis. Lequel utiliser ?
Chacun de ses pénis est relié à un testicule, l'un à droite, l'autre à gauche...
Richard Torkaz et Joseph Slowinski de l'université de Miami ont étudié le comportement du lézard Anolis carolinensis, pour découvrir que le choix du pénis à utiliser dépendait de celui dont il s'étaient servi la dernière fois, et de combien de temps s'était écoulé depuis l'accouplement précédent.
Un comportement que les chercheurs expliquent par la compétition des spermatozoïdes. Pour eux, si une femelle s'accouple avec plusieurs mâles, c'est celui qui aura délivré le plus de sperme qui aura davantage de chances de procréer. Pour être sur de délivrer une quantité importante, les mâles alternent donc les pénis s'ils copulent plusieurs fois en 24 heures. Si les accouplements sont plus espacés (72 heures dans les tests), ils se servent de préférence d'un pénis, probablement celui avec lequel ils se sentent le plus à l'aise. Effectivement, les mesures ont montré que la quantité de sperme disponible retrouvait un niveau "normal" qu'après 24 heures de repos du pénis.
Lobocraspis griseifuda se nourrit du malheur des autres? C'est banal, mais dans ce cas, c'est une image : ce papillon de nuit du sud-est asiatique boit les larmes de grands mammifères, comme des buffles d'eau (water buffle). Posé au bord des yeux, ils se nourrissent à plusieurs, comme s'ils étaient installés au bord d'un point d'eau.. Plusieurs dizaines d'espèces procèdent d'ailleurs de la même manière dans l'ensemble des pays tropicaux, avec plus ou moins de délicatesse dans l'approche de leurs hôtes. Leurs victimes ? Le bétail, les chevaux, les porcs, les tapirs, les cerfs et les éléphants, et même à l'occasion, les humains. Des préférences liées à la composition chimique des larmes de chaque espèce, mais aussi à sa réponse comportementale, acceptant ou non la présence de tels buveurs, estime Hans Bänziger, entomologue à l'université Chiang Mai de Thailande.
Le papillon introduit généralement sa trompe dans l'oeil pour l'irriter, afin de provoquer une lacrimation importante. Il est même capable d'introduire son proboscis entre les paupières closes, pendant le sommeil de la bête.
En buvant de larmes, le papillon recherche le sel, l'eau, mais aussi les protéines (albumine et globuline), voire des cellules comme les globules blancs chez des animaux malades. D'ailleurs cette stratégie est largement soupçonnée d'être à l'origine de la transmission de conjonctivites
, ainsi que d'autres maladies bactériennes et virales.
Son appétit pour les noix de cocos est inépuisable. Oryctes rhinoceros, un beau scarabée de 10 cm de long, bardé d'une trompe est un redoutable parasite pour les pays producteur de cocos. En se reproduisant 4 à 5 fois par mois, il est capable de dévaster une plantation en quelques semaines, en consommant les jeunes boutons, et la couronne des palmes. Une parade proportionnel à l'assaut pourrait venir d'un champignon, Metharrizium anisopliae (Green Muscardine Fungus). Pour protéger les plantations précieuses à la balance commerciale de leurs pays, les chercheurs philippins du centre de recherches de Davao espèrent enrayer les proliférations de l'efficace insecte. Le champignon s'attaque aux larves d'oryctes et à rien d'autre, et les décime en une douzaine de jours. Le traitement, qui consiste à épandre le champignon mêlé à de la pulpe de coco, revient deux fois moins cher que la technique des pesticides (20 francs par hectare, contre 45), tout en évitant la mise à mal de tout l'environnement local.
Les serpents de mer du Pacifique, une espèce redoutable à la morsure mortelle, préoccupe actuellement les sujets britanniques. Certains chercheurs imaginent qu'en cas de réchauffement des mers, les serpents pourraient envahir l'Atlantique et s'en prendre aux plagistes du Royaume-Uni. My Lord !
Le cosmos, c'est le chaos. Du moins jusqu'à ce que des astronomes trouvent en 1989 des regroupements, des amas de milliers de galaxies formant des "murs" géants, rangés par strates les uns derrières les autres. Pourquoi une telle organisation de concentrations galactiques dans l'univers, alors que les théories annoncent une répartition homogène de la matière dans tout l'espace ?
Pour s'y retrouver, le chercheur néerlandais Rien Van de Weygaert, de Leiden a utilisé le support mathématique du soviétique Voronoi, en découpant ce ciel en petites cellules contenant chacune une galaxie. En passant à un tel système, et en simulant son évolution à travers l'histoire de l'univers, l'astronome a pratiquement retrouvé artificiellement le paysage de notre cosmos actuel. Les meilleurs ordinateurs qui avaient jusque là fait chou blanc dans ce genre de calcul ont été ridiculisés par cette simple application de modèles mathématiques originaux, qui permettent de prévoir l'actuel rassemblement en grappes d'une matière qui était répartie de manière homogène, il y a dix milliards d'années.
Alliages
Les promesses des alliages contre nature
Vévrier 1991
Les matériaux sont plus qu'à la mode, ils traversent une authentique révolution. Insidieusement, les objets les plus ordinaires de notre environnement changent. Avec des enjeux industriels qui s'expriment en milliards de francs d'économies ou de plus-value. Qui s'aperçoit aujourd'hui que dans un radiateur automobile l'épaisseur des feuillards de cuivre a été divisée par deux en dix ans ? Que l'emploi d'aluminiums plus élaborés pour nos chères voitures a permis de réduire l'épaisseur de ce métal de 12 à 8 mm en moins de dix ans ?
Dans cet étrange devenir des matériaux, "la révolution technologique la plus importante de cette décennie", souligne Gérard Beck, responsable du pôle matériaux du CNRS, les alliages métalliques sont peut-être les plus étonnants. Voilà nos traditionnels métaux, que la main de l'homme travaille au corps depuis des millénaires, qui se retrouvent depuis quelques années à la pointe de l'actualité scientifique et industrielle.
On croyait jusqu'ici que les métaux étaient sages. Entendez par là que leur sructure, de type cristalline était immuable, du moins prévisible. Pensez-vous ! En les soumettant à des variations de températures très brutales, on réussit à en figer les atomes dans un désordre qui s'apparente à celui des liquides ! Et du coup, dans ces "verres métalliques", les propriétés des alliages sont transformées, ils acquièrent des capacités magnétiques meilleures, sont plus résistants, et plus souples. Des performances délicates à atteindre, puisqu'il s'agit tout de même de mettre en oeuvre des vitesses de refroidissement de l'ordre du million de degrés à la seconde, pour que la structure demeure désorganisée ! Saint-Gobain fabrique de cette manière des petites fibres de fonte amorphe, ultra-résistantes, que l'on injecte avec du béton dans les tuyauteries d'installations industrielles ou d'immeubles, pour les rénover.
Les alliages métalliques de nouvelle génération, il y en a de toutes sortes. D'abord les extrèmes, ceux que l'on tente de réaliser contre nature, par exemple dans les laboratoires des stations orbitales, dans l'espace, en se débarrassant des contraintes de la pesanteur. Comme lorsqu'il s'agit d'associer le zinc et le plomb, de densités différentes. Mais aujourd'hui, un alliage c'est aussi l'association d'un métal avec une couche de surface, souvent très mince, qui va modifier ses propriétés. Un "traitement de surface" qui peut être obtenu au moyen d'un bombardement par d'autres atomes. Une technique qui consiste à utiliser la violence, à implanter de force dans la structure du métal un élément étranger.
Une recette qui parait simple. On fabrique des ions, des atomes dont la charge électrique est modifiée, et on les accélère jusqu'à atteindre des milliers de kilomètres par seconde. Transformés en "micro-bombes" les ions sont projetés, injectés entre les atomes du métal récepteur. L'alliage nouveau est réalisé par implantation ionique.
Ce "viol" de la structure du métal ne se pratique toutefois que sur des épaisseurs limitées, de l'ordre de quelques dixièmes de microns (millionième de mètre). Mais les sorciers des matériaux en dégagent déjà de beaux atouts. "Sur des aciers utilisés dans des engrenages, des pignons de boîtes de vitesse, on peut gagner en longévité, multiplier par deux ou par trois la vie d'une pièce", explique Jean-Claude Desoyer, directeur du laboratoire de métallurgie physique de l'université de Poitiers.
En intensifiant suffisamment les bombardements, les chercheurs parviennent même à désorganiser suffisamment le métal récepteur pour lui imposer une mince couche de structure amorphe, aux propriétés étonnantes.
"Par l'implantation, on bouscule et on brise l'organisation des atomes. On peut ainsi arriver à l'état amorphe, qui confère des propriétés de résistances à l'usure, à la corrosion. On pourra aussi mieux plier ces alliages, ce qui permet de réaliser industriellement des cannes à pêches métalliques", précise Jacques Delafond, le responsable des recherches sur l'implantation ionique à Poitiers. Des aciers "implantés" avec de l'azote voient aussi leur durée de vie augmenter considérablement. Un exemple : les lames de rasoir. Avec un peu d'azote en surface, le tranchant est garanti dix fois plus longtemps.
Une autre direction séduisante est celle de la métallurgie des poudres. L'alliage est formé à partir de poudres métalliques diverses, que l'on comprime fortement à chaud. Une démarche qui conduit à des propriétés inconnues, en permettant, là encore la réalisation d'alliages contre nature, mais cette fois dans toute la masse d'une pièce. On peut associer des métaux avec des céramiques, chercher à combiner des métaux divers en fonctions des propriétés finales que l'on recherche. Un exemple : la réalisation de contacts électriques très résistants à l'usure, au moyen d'un alliage Cuivre-Aluminium-Oxygène, qui possède à la fois une bonne résistance mécanique et une bonne conductivité électrique. Une invention du laboratoire de Poitiers, protégée par un brevet international. A la SOCHATA-SNECMA de Chatellerault, ce sont les réacteurs que l'on régénère, en projetant à chaud des poudres métalliques sur les aubes abîmées des réacteurs.
A propos de moteurs : le réacteur M88 qui équipera le futur chasseur Rafale de Dassault pèsera 500 kg au lieu des 1.500 du moteur M53 du Mirage 2 000 (1). A performances égales, le secret de cette cure d'amaigrissement est bijou de métallurgie, un "superalliage" à base de Nickel et d'Aluminium, dont la texture même a été orientée à travers diverses opérations, de manière à être la plus efficace et la plus résistante possible. Huit équipes de recherche ont collaboré pour parvenir à ce superbe résultat. On entre ici dans le domaine des alliages conçus et "tramés" au niveau atomique en fonction de leur projet d'utilisation. Non seulement les ingénieurs ont ainsi gagné 60 degrés de température de fonctionnement du moteur, ce qui est gage d'efficacité, mais ils ont du même coup réduit le poids ! Mentionnons encore à l'occasion de cette incursion aéronautique les alliages d'aluminium et de lithium, de plus en plus utilisés pour les structures des avions, et qui tiennent tête aux matériaux composites.
Pouvant apparaître a priori comme plus traditionnelle, la technique de l'évaporation de métaux pour former des couches successives, sorte de sandwich, est elle aussi en pleine évolution. Au laboratoire de Métallurgie physique de l'Université Nancy 1 (CNRS), les associations d'un métal et d'un semi-conducteur, d'un métal et d'une terre rare, ou tout simplement de plusieurs métaux sont obtenues en chauffant, dans une enceinte sous vide, deux creusets. Dans chacun d'eux est déposé un produit à évaporer, qui va aller se déposer sur un substrat quand on l'évaporera. Chauffées par bombardement d'électrons, ces creusets façonnent par exemple de futures têtes magnétiques de magnétoscopes, plus efficaces (alliages Fer-Chromes, université d'Orsay), ou des miroirs capables de dévier des rayons X. "Le principe est simple, on tente de marier les métaux en cherchant à concilier les avantages de chacun d'entre eux avec ceux des autres, en empilant de très fines couches alternatives", explique Maurice Gerl, le vice-président de l'Université Nancy 1.
Secret de ces nouveaux alliages : la valeur ajoutée. A tel point que chaque fois qu'une nouvelle méthode d'alliage "intelligent" entre dans l'industrie, les tonnages de matière nécessaire à la fabrication d'un produit diminuent.
(1) Dossier matériaux de "Science et Technologie", numéro 15.
Vévrier 1991
Les matériaux sont plus qu'à la mode, ils traversent une authentique révolution. Insidieusement, les objets les plus ordinaires de notre environnement changent. Avec des enjeux industriels qui s'expriment en milliards de francs d'économies ou de plus-value. Qui s'aperçoit aujourd'hui que dans un radiateur automobile l'épaisseur des feuillards de cuivre a été divisée par deux en dix ans ? Que l'emploi d'aluminiums plus élaborés pour nos chères voitures a permis de réduire l'épaisseur de ce métal de 12 à 8 mm en moins de dix ans ?
Dans cet étrange devenir des matériaux, "la révolution technologique la plus importante de cette décennie", souligne Gérard Beck, responsable du pôle matériaux du CNRS, les alliages métalliques sont peut-être les plus étonnants. Voilà nos traditionnels métaux, que la main de l'homme travaille au corps depuis des millénaires, qui se retrouvent depuis quelques années à la pointe de l'actualité scientifique et industrielle.
On croyait jusqu'ici que les métaux étaient sages. Entendez par là que leur sructure, de type cristalline était immuable, du moins prévisible. Pensez-vous ! En les soumettant à des variations de températures très brutales, on réussit à en figer les atomes dans un désordre qui s'apparente à celui des liquides ! Et du coup, dans ces "verres métalliques", les propriétés des alliages sont transformées, ils acquièrent des capacités magnétiques meilleures, sont plus résistants, et plus souples. Des performances délicates à atteindre, puisqu'il s'agit tout de même de mettre en oeuvre des vitesses de refroidissement de l'ordre du million de degrés à la seconde, pour que la structure demeure désorganisée ! Saint-Gobain fabrique de cette manière des petites fibres de fonte amorphe, ultra-résistantes, que l'on injecte avec du béton dans les tuyauteries d'installations industrielles ou d'immeubles, pour les rénover.
Les alliages métalliques de nouvelle génération, il y en a de toutes sortes. D'abord les extrèmes, ceux que l'on tente de réaliser contre nature, par exemple dans les laboratoires des stations orbitales, dans l'espace, en se débarrassant des contraintes de la pesanteur. Comme lorsqu'il s'agit d'associer le zinc et le plomb, de densités différentes. Mais aujourd'hui, un alliage c'est aussi l'association d'un métal avec une couche de surface, souvent très mince, qui va modifier ses propriétés. Un "traitement de surface" qui peut être obtenu au moyen d'un bombardement par d'autres atomes. Une technique qui consiste à utiliser la violence, à implanter de force dans la structure du métal un élément étranger.
Une recette qui parait simple. On fabrique des ions, des atomes dont la charge électrique est modifiée, et on les accélère jusqu'à atteindre des milliers de kilomètres par seconde. Transformés en "micro-bombes" les ions sont projetés, injectés entre les atomes du métal récepteur. L'alliage nouveau est réalisé par implantation ionique.
Ce "viol" de la structure du métal ne se pratique toutefois que sur des épaisseurs limitées, de l'ordre de quelques dixièmes de microns (millionième de mètre). Mais les sorciers des matériaux en dégagent déjà de beaux atouts. "Sur des aciers utilisés dans des engrenages, des pignons de boîtes de vitesse, on peut gagner en longévité, multiplier par deux ou par trois la vie d'une pièce", explique Jean-Claude Desoyer, directeur du laboratoire de métallurgie physique de l'université de Poitiers.
En intensifiant suffisamment les bombardements, les chercheurs parviennent même à désorganiser suffisamment le métal récepteur pour lui imposer une mince couche de structure amorphe, aux propriétés étonnantes.
"Par l'implantation, on bouscule et on brise l'organisation des atomes. On peut ainsi arriver à l'état amorphe, qui confère des propriétés de résistances à l'usure, à la corrosion. On pourra aussi mieux plier ces alliages, ce qui permet de réaliser industriellement des cannes à pêches métalliques", précise Jacques Delafond, le responsable des recherches sur l'implantation ionique à Poitiers. Des aciers "implantés" avec de l'azote voient aussi leur durée de vie augmenter considérablement. Un exemple : les lames de rasoir. Avec un peu d'azote en surface, le tranchant est garanti dix fois plus longtemps.
Une autre direction séduisante est celle de la métallurgie des poudres. L'alliage est formé à partir de poudres métalliques diverses, que l'on comprime fortement à chaud. Une démarche qui conduit à des propriétés inconnues, en permettant, là encore la réalisation d'alliages contre nature, mais cette fois dans toute la masse d'une pièce. On peut associer des métaux avec des céramiques, chercher à combiner des métaux divers en fonctions des propriétés finales que l'on recherche. Un exemple : la réalisation de contacts électriques très résistants à l'usure, au moyen d'un alliage Cuivre-Aluminium-Oxygène, qui possède à la fois une bonne résistance mécanique et une bonne conductivité électrique. Une invention du laboratoire de Poitiers, protégée par un brevet international. A la SOCHATA-SNECMA de Chatellerault, ce sont les réacteurs que l'on régénère, en projetant à chaud des poudres métalliques sur les aubes abîmées des réacteurs.
A propos de moteurs : le réacteur M88 qui équipera le futur chasseur Rafale de Dassault pèsera 500 kg au lieu des 1.500 du moteur M53 du Mirage 2 000 (1). A performances égales, le secret de cette cure d'amaigrissement est bijou de métallurgie, un "superalliage" à base de Nickel et d'Aluminium, dont la texture même a été orientée à travers diverses opérations, de manière à être la plus efficace et la plus résistante possible. Huit équipes de recherche ont collaboré pour parvenir à ce superbe résultat. On entre ici dans le domaine des alliages conçus et "tramés" au niveau atomique en fonction de leur projet d'utilisation. Non seulement les ingénieurs ont ainsi gagné 60 degrés de température de fonctionnement du moteur, ce qui est gage d'efficacité, mais ils ont du même coup réduit le poids ! Mentionnons encore à l'occasion de cette incursion aéronautique les alliages d'aluminium et de lithium, de plus en plus utilisés pour les structures des avions, et qui tiennent tête aux matériaux composites.
Pouvant apparaître a priori comme plus traditionnelle, la technique de l'évaporation de métaux pour former des couches successives, sorte de sandwich, est elle aussi en pleine évolution. Au laboratoire de Métallurgie physique de l'Université Nancy 1 (CNRS), les associations d'un métal et d'un semi-conducteur, d'un métal et d'une terre rare, ou tout simplement de plusieurs métaux sont obtenues en chauffant, dans une enceinte sous vide, deux creusets. Dans chacun d'eux est déposé un produit à évaporer, qui va aller se déposer sur un substrat quand on l'évaporera. Chauffées par bombardement d'électrons, ces creusets façonnent par exemple de futures têtes magnétiques de magnétoscopes, plus efficaces (alliages Fer-Chromes, université d'Orsay), ou des miroirs capables de dévier des rayons X. "Le principe est simple, on tente de marier les métaux en cherchant à concilier les avantages de chacun d'entre eux avec ceux des autres, en empilant de très fines couches alternatives", explique Maurice Gerl, le vice-président de l'Université Nancy 1.
Secret de ces nouveaux alliages : la valeur ajoutée. A tel point que chaque fois qu'une nouvelle méthode d'alliage "intelligent" entre dans l'industrie, les tonnages de matière nécessaire à la fabrication d'un produit diminuent.
(1) Dossier matériaux de "Science et Technologie", numéro 15.
Brèves février 1991
Le Soleil est en panne. Le sommet de la crise annoncée, le paroxysme d'activité du cycle solaire de 11 ans, qui devait se produire en 1991 n'a pas eu lieu. C'est d'autant plus étrange après les colères de 1989, des spasmes qui avaient plongé neuf millions de personnes dans le noir au Québec en faisant "sauter les plombs" de la distribution électrique, provoqué des dizaines d'aurores boréales, et fait chuter plusieurs satellites qui se trouvaient en orbite. Munis de leurs archives, calculs à l'appui, les astronomes s'attendaient à ce que 1990 soit pire encore. L'année de tous les dangers solaires, le sommet du cycle le plus actif depuis que les colères du Soleil sont enregistrées. Attention, disaient-ils à l'adresse des cosmonautes qui séjournent dans l'espace, mais aussi des utilisateurs des fréquences radio...
Hélas, la crise annoncée, le paroxysme n'a pas eu lieu. Et sans que l'on sache pourquoi, l'astre a brutalement décidé que cela suffisait comme cela, que le cycle de 11 ans serait cette fois plus court d'une année, et qu'en guise de sommet d'activité, on se contenterait des orages magnétiques du mois de mars 1989. Ce furent tout de même les plus forts jamais provoqués par le Soleil, pour Pierre Lantos, responsable des prévisions solaires à l'observatoire de Paris-Meudon. Pour lui, c'est une leçon : "les prévisions solaires, ce n'est pas encore la météo".
Météosensibles, nous le sommes tous. Même si nos cheveux ne se dressent pas toujours sur notre tête lors des orages. L'Environmental Health Center de Dallas a étudié les mécanismes qui relient les plaintes des rhumatisants et l'humidité, l'état nerveux des hardes et la direction du vent.
Les conclusions les plus intéressantes sont celles sur les orages. L'état d'excitation qu'ils provoquent serait lié au fait que les ions positifs s'amoncellent dans l'air, lorsque des couches d'air de température différentes se rencontrent. Ces ions positifs ont des effets néfastes sur la santé et contribuent à la "tension" ambiante, s'ajoutant à celle produite par les champs électriques présents. Enfin, la pluie et les éclairs nettoient l'air de ces ions, et c'est pourquoi on se sentirait soulagé lorsque l'orage éclate.
Une variation de température brutale, elle, provoque une vasoconstriction, un reserrement des vaisseaux sanguins quand elle est la baisse, et une vasodilation à la hausse. Ce qui est synonyme de risques cardiaques et d'angoisse quand il fait brutalement froid, et de paresse du coeur et de lassitude quand le thermomètre s'emballe à la hausse .
Les termites changent le visage de l'Afrique. Tom Wood et Peter Brinn, du National Resources Institute britannique , travaillant dans une ferme du Bostwana, ont constaté que le maïs et le sorgo qu'ils testaient poussait anormalement vite. Se penchant sur le problème, ils sont découvert que les responsables étaient les termites. Les colonies du genre Odontermes du petit insecte modifient complètement le terrain, sur des kilomètres, en creusant des fossés et en érigeant des crètes. Modifiant ainsi la texture et l'irrigation des sols, ils avantagent la végétation. Les fossés, en forme de dépressions, peuvent atteindre deux mètres de profondeur, sur des kilomètres de long, et font ressembler le paysage à une vaste tôle ondulée, à une houle océanique. Le but de ces vallonnements étant probablement de maintenir les colonies au sec, sur les parties les plus élevées.
Les colonies de termites qui construisent de telles bandes de terre sont connues depuis la fin des années 70. Mais c'est la première fois qu'il est montré qu'elles sont capables de multiplier par un facteur 5 les récoltes, en favorisant l'irrigation.
Les chercheurs vont maintenant tenter d'utiliser les bonnes dispositions naturelles de ces termites pour améliorer le rendement des cultures dans la région de Kgaphamadi.
Arrachez donc une feuille à un Bursera, cet arbre d'Amérique centrale. Votre main sera immédiatement aspergée d'un jet d'aérosol, capable en tous cas de décourager les ruminants de s'attaquer à l'arbre, estime Judith Becerra, de l'Université d'Arizona.
Le cocktail chimique du Bursera contient des terpènes, des agents chimiques très désagréables, que la cassure de la feuille permet de projeter pendant 2 à 3 secondes à 15 centimètres de distance.
Pour les chenilles qui s'attaquent à ses feuilles, l'arbre a une autre défense. Dès qu'une feuille est entamée, par la blessure s'écoule un fluide, recouvrant la feuille et contenant lui aussi des terpènes.
Une seule chenille, non identifiée, semble avoir trouvé la solution. Elle bloque le système de défense, en attaquant la feuille à sa base, là où elle est rattachée à la branche. Ce qui lui permet de déconnecter le mécanisme de défense de l'arbre pour la feuille qui l'intéresse.
20 milliards de Dernière estimation en date de la population du cosmos : 20 milliards . L'univers est remplit de galaxies, bien davantage que l'on pensait jusqu'ici. A chaque fois que l'on améliore les capteurs électroniques des télescopes, ces "yeux" des astronomes que sont devenus les détecteurs électroniques, on recense de nouvelles galaxies par millions.
Hélas, la crise annoncée, le paroxysme n'a pas eu lieu. Et sans que l'on sache pourquoi, l'astre a brutalement décidé que cela suffisait comme cela, que le cycle de 11 ans serait cette fois plus court d'une année, et qu'en guise de sommet d'activité, on se contenterait des orages magnétiques du mois de mars 1989. Ce furent tout de même les plus forts jamais provoqués par le Soleil, pour Pierre Lantos, responsable des prévisions solaires à l'observatoire de Paris-Meudon. Pour lui, c'est une leçon : "les prévisions solaires, ce n'est pas encore la météo".
Météosensibles, nous le sommes tous. Même si nos cheveux ne se dressent pas toujours sur notre tête lors des orages. L'Environmental Health Center de Dallas a étudié les mécanismes qui relient les plaintes des rhumatisants et l'humidité, l'état nerveux des hardes et la direction du vent.
Les conclusions les plus intéressantes sont celles sur les orages. L'état d'excitation qu'ils provoquent serait lié au fait que les ions positifs s'amoncellent dans l'air, lorsque des couches d'air de température différentes se rencontrent. Ces ions positifs ont des effets néfastes sur la santé et contribuent à la "tension" ambiante, s'ajoutant à celle produite par les champs électriques présents. Enfin, la pluie et les éclairs nettoient l'air de ces ions, et c'est pourquoi on se sentirait soulagé lorsque l'orage éclate.
Une variation de température brutale, elle, provoque une vasoconstriction, un reserrement des vaisseaux sanguins quand elle est la baisse, et une vasodilation à la hausse. Ce qui est synonyme de risques cardiaques et d'angoisse quand il fait brutalement froid, et de paresse du coeur et de lassitude quand le thermomètre s'emballe à la hausse .
Les termites changent le visage de l'Afrique. Tom Wood et Peter Brinn, du National Resources Institute britannique , travaillant dans une ferme du Bostwana, ont constaté que le maïs et le sorgo qu'ils testaient poussait anormalement vite. Se penchant sur le problème, ils sont découvert que les responsables étaient les termites. Les colonies du genre Odontermes du petit insecte modifient complètement le terrain, sur des kilomètres, en creusant des fossés et en érigeant des crètes. Modifiant ainsi la texture et l'irrigation des sols, ils avantagent la végétation. Les fossés, en forme de dépressions, peuvent atteindre deux mètres de profondeur, sur des kilomètres de long, et font ressembler le paysage à une vaste tôle ondulée, à une houle océanique. Le but de ces vallonnements étant probablement de maintenir les colonies au sec, sur les parties les plus élevées.
Les colonies de termites qui construisent de telles bandes de terre sont connues depuis la fin des années 70. Mais c'est la première fois qu'il est montré qu'elles sont capables de multiplier par un facteur 5 les récoltes, en favorisant l'irrigation.
Les chercheurs vont maintenant tenter d'utiliser les bonnes dispositions naturelles de ces termites pour améliorer le rendement des cultures dans la région de Kgaphamadi.
Arrachez donc une feuille à un Bursera, cet arbre d'Amérique centrale. Votre main sera immédiatement aspergée d'un jet d'aérosol, capable en tous cas de décourager les ruminants de s'attaquer à l'arbre, estime Judith Becerra, de l'Université d'Arizona.
Le cocktail chimique du Bursera contient des terpènes, des agents chimiques très désagréables, que la cassure de la feuille permet de projeter pendant 2 à 3 secondes à 15 centimètres de distance.
Pour les chenilles qui s'attaquent à ses feuilles, l'arbre a une autre défense. Dès qu'une feuille est entamée, par la blessure s'écoule un fluide, recouvrant la feuille et contenant lui aussi des terpènes.
Une seule chenille, non identifiée, semble avoir trouvé la solution. Elle bloque le système de défense, en attaquant la feuille à sa base, là où elle est rattachée à la branche. Ce qui lui permet de déconnecter le mécanisme de défense de l'arbre pour la feuille qui l'intéresse.
20 milliards de Dernière estimation en date de la population du cosmos : 20 milliards . L'univers est remplit de galaxies, bien davantage que l'on pensait jusqu'ici. A chaque fois que l'on améliore les capteurs électroniques des télescopes, ces "yeux" des astronomes que sont devenus les détecteurs électroniques, on recense de nouvelles galaxies par millions.
Brèves mars 1991
Coup de vieux pour la théorie de la matière noire. L'hypothèse selon laquelle les galaxies se formeraient dans l'univers à partir de particules sombres et froides éparpillées dans le cosmos est en pleine implosion. Surtout, cette matière noire expliquait que l'ensemble de étoiles observables sont trop légères pour rendre compte de la masse théorique de l'Univers. Les astronomes avaient alors imaginé depuis des décennies que de colossales quantités de matière sombre et invisible (car non productrice de lumière, comme les étoiles), tapissait le cosmos.
C'est cette idée qui est en train de s'effriter. Sur les dernières images prises du cosmos par des satellites spécialistes de l'infra-rouge, les astronomes se sont en fait aperçus qu'ils avaient sous-estimé le nombre d'étoiles, de galaxies, mais aussi la densité de la matière brillante. Aux oubliettes, donc, le charbon sombre de l'univers. Il se pourrait bien que cette première brèche dans la vision du cosmos ouvre la voie à quelques révoltions plus importantes encore dans les concepts cosmologiques. C'est toute le vie de l'Univers qui est en train d'être reconsidérée, sous les coups de projecteurs des nouveaux moyens d'observation.
L'élévation du plateau du Tibet et des Montagnes Rocheuses dans l'Ouest américain, il y a 40 millions d'années, aurait causé une modification radicale de la circulation atmosphérique. Et aurait permis l'apparition du climat tel que nous le connaissons aujourd'hui. Auparavant, pas de steppes, ni de toundra, ni de déserts. Sans reliefs très élevés, la Terre était soumise à un climat plus global, avec moins de constrastes, selon une publication de géologues américains.
Flottons-nous sur un océan de pétrole ? Selon l'américain Thomas Gold les entrailles de la Terre, à plus de 8.000 mètres sous le sol, sont remplies d'hydrocarbures qui ont été enfermées là lors de la formation de la planète.
Un forage suédois semble lui donner raison.
Pour éviter que les baleines ne continuent à s'échouer sur les plages, en Nouvelle-Angleterre, les techniciens locaux proposent de mouiller des bouées émettrices de signaux, ou encore de gros ballons sous-marins au large des plages en pente douce. Des obstacles qui alerteraient les baleines de la présence de la côte, en pente très douce dan cette zone.
Les poissons sont de bons vivants. Ils supportent même de se voir congelés avant de retrouver toute leur vigueur. Il est connu depuis 1912 (études menées en mer Caspienne par Bachmetief) que les poissons peuvent supporter d'être gelés pendant des laps de temps assez long, car ils sont capables de réduire doucement leur métabolisme lors d'une chute de température, pour se mettre en état de quasi-hibernation. Ils sont même dotés d'une enzyme particulière, qui leur permet cette adaptation. Ceux qui supportent le mieux l'opération sont les poissons plats, avec une grande surface de peau, ce qui leur permet de respirer, en se passant d'eau pendant quelques heures...
Les chercheurs de la Japan Airlines s sont souvenus de cette caractéristique pour leurs transports de marée entre les ports japonais et Tokyo, qui se pratique aujourd'hui dans des avions-cargos-aquariums véhiculant davantage d'eau que de poisson. Les Japonais voulant voir arriver les poissons vivants, Japan Airlines va donc tenter de généraliser l'hibernation forcée, testée avec succès sur des soles, pour réduire l'encombrement à bord des avions.
C'est la pléthore de cratères sur Vénus. Depuis que le regard de la sonde Magellan s'est posé sur la belle planète, les scientifiques ne savent plus où donner du nom. Car il faut les baptiser, tous ces nouveaux cratères. Pour rendre hommage au caractère mythique féminin de Vénus, une centaine de femmes célèbres vont voir leur nom immortalisé. De la reine ostrogoth Amalasuntha à la photographe Georgette Chapelle, tuée au Vietnam. On en cherche d'autres...
Quand deux chercheurs japonais se rencontrent, ils échangent leurs cartes de visite. Quand ils étudient les primates, ils font de même : ils recherchent le titre et le rang des individus au sen d'un groupe, estime Pamela Asquith, anthropologue à la canadienne université de Calgary. ce qui a frappé cette chercheuse, c'est que les scientifiques occidentaux, quand ils étudient le comportement des primates, y cherchent des origines génétiques ou les résultats de la sélection sexuelle.
Les Japonais, eux, privilégient les explication antropomorphique, tiennent compte des atmosphères au sein d'un groupe, et de la pression sociale. Une manière de voir qui permet aux nippons de distinguer des éléments qui échappent aux occidentaux. Ils accordent ainsi une grande importance au respect de la famille chez les singes, et l'évitement de l'inceste.
Cela tient également de la culture japonaise, et des tendances spirituelles de ce peuple, qui place les animaux à l'égal de l'homme face aux Dieux. le plus frappant, selon Asquith, c'est que les Japonais retirent des textes des publications internationales qu'ils font des interprétations et des observations qu'ils savent par avance choquante pour les chercheurs occidentaux. ces éléments sont par contre présents dans les versions japonaises des textes.
Chiron n'a pas finit de nous réserver des surprises. Les astronomes de l'Université d'Arizona pensent aujourd'hui que cet objet de type cométaire qui traîne entre les orbites de Saturne et d'Uranus est deux fois plus gros que ce que l'on pensait (372 km de diamètre au lieu de 180), mais réfléchit très peu de lumière.
Elles s'appellent Paepalanthus, Velloziaceae, Gomphera. Elles ont superbes et quasiment exclusives, pour bon nombre, de la savane brésilienne en altitude. Elles sont menacées de disparition par l'exploitation intensive de leur beauté à des fins commerciales; Elles font de très beau bouquets, soi-disant immortels...
Primula vulgaris, la primevère commune, a un souci. Si elle constitue un bel exemple de pollinisation croisée entre des fleurs mâles et femelles, en comptant sur les insectes pour sa production, il en existe une variété auto-fécondable, (fleurs mixtes) mais qui se reproduit difficilement et demeure rare. Comment cela peut-il être, mon cher Watson,, alors que normalement cette primevère-là devrait avoir envahit nos prés ?
En fait, des biologistes britanniques pensent avoir trouvé la solution. Paradoxalement, cette plante n'a pas de succès car elle est trop fertile, estime le biologiste Mark Boyd (Open University).
Une capacité à fabriquer des graines qui en fait, épuise la plante et condamne les semences à être de petite taille. Hors les autres primevères, sexuées, si elles produisent moins de graines, fabriquent des semences de plus grand taille. Et c'est là que se fait la différence. Les grosses graines ont une efficacité de croissance et de transformation en plantes beaucoup plus importante que les petites. CQFD, mo n cher Georges.
On a enfin trouvé la plus brillantes des étoiles du moins dans notre galaxie. VI Cygni N° 12 se trouve dans la constellation du Cygne, et émet un million de fois plus de lumière que notre Soleil. Si elle était proche comme Alpha du Centaure, l'étoile la plus voisine de notre système solaire, on la verrait grosse comme la Lune dans notre ciel.
Les racines cherchent la chaleur. C'est une expérience de Marie-Claude Fortin, de la station de recherche canadienne d'Harrow, dans l'Ontario. Normalement, dans un milieu homogène, les racines poussent droit, en suivant les lignes imposées par la gravitation. mais si l'on place une source de chaleur dans le sol, on s'aperçoit que la croissance se fait en direction de celle-ci.Les racines peuvent ainsi détecter des écarts de 0,05 degrés, ce qui n'est pas mal. Mas la plus grande sensibilité des racines s'exerce vers 15°C. A partir de 32 degrés ambiant, les racines ne répondent plus aux écarts de température.
Ce mécanisme semble être destiné à maintenir les racines dans une zone proche de la surface, où sont présents les nutriments. Si la plante descendait trop bas, elle sortirait souvent des régions du sol riches en éléments nutritifs.
Comment des écarts de température aussi faibles sont-ils repérés par les cellules vivantes ? C'est la question. La réponse, elle, n'est pas connue, mais les chercheurs pensent à des mécanismes de détection du degré de mobilité des graisses dans les membranes cellulaires, qui indiquerait de quel côté se trouve la chaleur.
C'est bien connu, que les chenilles Riodinidae et Lycanidae entrent souvent en coopération avec de nombreuses espèce de fourmis. les chenilles secrètent un cocktail de protéines et de sucres pour les fourmis, qui en échangent protègent les chenilles contre les guèpes.
Philip DeVries, entomologiste à l'Université du Texas, a découvert que les chenilles hurlent pour prévenir les fourmis quand les guèpes arrivent. Un cri d'alarme qui a été enregistré en posant des micros ultra-sensibles sous les pieds des chenilles, dans le chemin qu'elles empruntaient. Il semble que le signal sonore, qui une fois amplifié évoque un roulement de tambour, provoque des vibrations dans les feuilles et les branches, ce qui alerte les fourmis.
C'est cette idée qui est en train de s'effriter. Sur les dernières images prises du cosmos par des satellites spécialistes de l'infra-rouge, les astronomes se sont en fait aperçus qu'ils avaient sous-estimé le nombre d'étoiles, de galaxies, mais aussi la densité de la matière brillante. Aux oubliettes, donc, le charbon sombre de l'univers. Il se pourrait bien que cette première brèche dans la vision du cosmos ouvre la voie à quelques révoltions plus importantes encore dans les concepts cosmologiques. C'est toute le vie de l'Univers qui est en train d'être reconsidérée, sous les coups de projecteurs des nouveaux moyens d'observation.
L'élévation du plateau du Tibet et des Montagnes Rocheuses dans l'Ouest américain, il y a 40 millions d'années, aurait causé une modification radicale de la circulation atmosphérique. Et aurait permis l'apparition du climat tel que nous le connaissons aujourd'hui. Auparavant, pas de steppes, ni de toundra, ni de déserts. Sans reliefs très élevés, la Terre était soumise à un climat plus global, avec moins de constrastes, selon une publication de géologues américains.
Flottons-nous sur un océan de pétrole ? Selon l'américain Thomas Gold les entrailles de la Terre, à plus de 8.000 mètres sous le sol, sont remplies d'hydrocarbures qui ont été enfermées là lors de la formation de la planète.
Un forage suédois semble lui donner raison.
Pour éviter que les baleines ne continuent à s'échouer sur les plages, en Nouvelle-Angleterre, les techniciens locaux proposent de mouiller des bouées émettrices de signaux, ou encore de gros ballons sous-marins au large des plages en pente douce. Des obstacles qui alerteraient les baleines de la présence de la côte, en pente très douce dan cette zone.
Les poissons sont de bons vivants. Ils supportent même de se voir congelés avant de retrouver toute leur vigueur. Il est connu depuis 1912 (études menées en mer Caspienne par Bachmetief) que les poissons peuvent supporter d'être gelés pendant des laps de temps assez long, car ils sont capables de réduire doucement leur métabolisme lors d'une chute de température, pour se mettre en état de quasi-hibernation. Ils sont même dotés d'une enzyme particulière, qui leur permet cette adaptation. Ceux qui supportent le mieux l'opération sont les poissons plats, avec une grande surface de peau, ce qui leur permet de respirer, en se passant d'eau pendant quelques heures...
Les chercheurs de la Japan Airlines s sont souvenus de cette caractéristique pour leurs transports de marée entre les ports japonais et Tokyo, qui se pratique aujourd'hui dans des avions-cargos-aquariums véhiculant davantage d'eau que de poisson. Les Japonais voulant voir arriver les poissons vivants, Japan Airlines va donc tenter de généraliser l'hibernation forcée, testée avec succès sur des soles, pour réduire l'encombrement à bord des avions.
C'est la pléthore de cratères sur Vénus. Depuis que le regard de la sonde Magellan s'est posé sur la belle planète, les scientifiques ne savent plus où donner du nom. Car il faut les baptiser, tous ces nouveaux cratères. Pour rendre hommage au caractère mythique féminin de Vénus, une centaine de femmes célèbres vont voir leur nom immortalisé. De la reine ostrogoth Amalasuntha à la photographe Georgette Chapelle, tuée au Vietnam. On en cherche d'autres...
Quand deux chercheurs japonais se rencontrent, ils échangent leurs cartes de visite. Quand ils étudient les primates, ils font de même : ils recherchent le titre et le rang des individus au sen d'un groupe, estime Pamela Asquith, anthropologue à la canadienne université de Calgary. ce qui a frappé cette chercheuse, c'est que les scientifiques occidentaux, quand ils étudient le comportement des primates, y cherchent des origines génétiques ou les résultats de la sélection sexuelle.
Les Japonais, eux, privilégient les explication antropomorphique, tiennent compte des atmosphères au sein d'un groupe, et de la pression sociale. Une manière de voir qui permet aux nippons de distinguer des éléments qui échappent aux occidentaux. Ils accordent ainsi une grande importance au respect de la famille chez les singes, et l'évitement de l'inceste.
Cela tient également de la culture japonaise, et des tendances spirituelles de ce peuple, qui place les animaux à l'égal de l'homme face aux Dieux. le plus frappant, selon Asquith, c'est que les Japonais retirent des textes des publications internationales qu'ils font des interprétations et des observations qu'ils savent par avance choquante pour les chercheurs occidentaux. ces éléments sont par contre présents dans les versions japonaises des textes.
Chiron n'a pas finit de nous réserver des surprises. Les astronomes de l'Université d'Arizona pensent aujourd'hui que cet objet de type cométaire qui traîne entre les orbites de Saturne et d'Uranus est deux fois plus gros que ce que l'on pensait (372 km de diamètre au lieu de 180), mais réfléchit très peu de lumière.
Elles s'appellent Paepalanthus, Velloziaceae, Gomphera. Elles ont superbes et quasiment exclusives, pour bon nombre, de la savane brésilienne en altitude. Elles sont menacées de disparition par l'exploitation intensive de leur beauté à des fins commerciales; Elles font de très beau bouquets, soi-disant immortels...
Primula vulgaris, la primevère commune, a un souci. Si elle constitue un bel exemple de pollinisation croisée entre des fleurs mâles et femelles, en comptant sur les insectes pour sa production, il en existe une variété auto-fécondable, (fleurs mixtes) mais qui se reproduit difficilement et demeure rare. Comment cela peut-il être, mon cher Watson,, alors que normalement cette primevère-là devrait avoir envahit nos prés ?
En fait, des biologistes britanniques pensent avoir trouvé la solution. Paradoxalement, cette plante n'a pas de succès car elle est trop fertile, estime le biologiste Mark Boyd (Open University).
Une capacité à fabriquer des graines qui en fait, épuise la plante et condamne les semences à être de petite taille. Hors les autres primevères, sexuées, si elles produisent moins de graines, fabriquent des semences de plus grand taille. Et c'est là que se fait la différence. Les grosses graines ont une efficacité de croissance et de transformation en plantes beaucoup plus importante que les petites. CQFD, mo n cher Georges.
On a enfin trouvé la plus brillantes des étoiles du moins dans notre galaxie. VI Cygni N° 12 se trouve dans la constellation du Cygne, et émet un million de fois plus de lumière que notre Soleil. Si elle était proche comme Alpha du Centaure, l'étoile la plus voisine de notre système solaire, on la verrait grosse comme la Lune dans notre ciel.
Les racines cherchent la chaleur. C'est une expérience de Marie-Claude Fortin, de la station de recherche canadienne d'Harrow, dans l'Ontario. Normalement, dans un milieu homogène, les racines poussent droit, en suivant les lignes imposées par la gravitation. mais si l'on place une source de chaleur dans le sol, on s'aperçoit que la croissance se fait en direction de celle-ci.Les racines peuvent ainsi détecter des écarts de 0,05 degrés, ce qui n'est pas mal. Mas la plus grande sensibilité des racines s'exerce vers 15°C. A partir de 32 degrés ambiant, les racines ne répondent plus aux écarts de température.
Ce mécanisme semble être destiné à maintenir les racines dans une zone proche de la surface, où sont présents les nutriments. Si la plante descendait trop bas, elle sortirait souvent des régions du sol riches en éléments nutritifs.
Comment des écarts de température aussi faibles sont-ils repérés par les cellules vivantes ? C'est la question. La réponse, elle, n'est pas connue, mais les chercheurs pensent à des mécanismes de détection du degré de mobilité des graisses dans les membranes cellulaires, qui indiquerait de quel côté se trouve la chaleur.
C'est bien connu, que les chenilles Riodinidae et Lycanidae entrent souvent en coopération avec de nombreuses espèce de fourmis. les chenilles secrètent un cocktail de protéines et de sucres pour les fourmis, qui en échangent protègent les chenilles contre les guèpes.
Philip DeVries, entomologiste à l'Université du Texas, a découvert que les chenilles hurlent pour prévenir les fourmis quand les guèpes arrivent. Un cri d'alarme qui a été enregistré en posant des micros ultra-sensibles sous les pieds des chenilles, dans le chemin qu'elles empruntaient. Il semble que le signal sonore, qui une fois amplifié évoque un roulement de tambour, provoque des vibrations dans les feuilles et les branches, ce qui alerte les fourmis.
mercredi 21 mai 2008
Avalanches
Mars 1991
Soixante dix tonnes d'explosif. C'est la quantité moyenne de dynamite que font parler chaque hiver les pisteurs et autre artificiers sur les pentes enneigées des montagnes françaises. Pour déclencher par onde de choc, préventivement, les départs d'avalanches qui menacent les pistes, et parfois les vallées bâties. Si l'on compte une moyenne de 2,5 kilos employés par détonation, on assiste ainsi chaque hiver à 28.000 emplois d'explosifs dans nos blanches montagnes. Un chiffre considérable, qui traduit la préoccupation croissante de "sécuriser" des domaines skiables de plus en plus gigantesques. Car les massifs français, qui représentent près du tiers du domaine skiable mondial, prennent des allures titanesques avec plus de 1 100 kilomètres carrés de pistes et plus de 6 millions de skieurs annuels, dont un million d'étrangers. Malgré toutes les précautions prises, il se produit une quarantaine d'accidents avalanches par an, avec le triste résultat de 20 à 30 décès.
Dans les grandes stations dont la réputation est en jeu, c'est l'inflation à la sécurité. Non seulement on balise et on ferme de plus en plus facilement des pistes au moindre risque de déclenchement de coulée, mais les artificiers et leurs assistants enchaînent des nombres impressionnants d'"actions temporaires actives", comme on désigne techniquement ces feux d'artifice de neige.
Concrètement, cela consiste encore la plupart du temps pour les pisteurs-artificiers à partir avant l'aube, vers 4 ou 5 heures du matin, pour rejoindre les pentes à traiter. Pour gagner des points soigneusement repérés et identifiés, pas toujours facile d'accès, et balancer en contrebas, au bout d'une corde, la charge explosive. Parmi les victimes d'avalanches, on compte ainsi des artificiers. Le plus souvent en raison du départ plus important que prévu de l'avalanche, qui suprend les techniciens les plus chevronnés (et ce qui interdit en principe le déclenchement des avalanches au-dessus de zones construites). Plus rarement en raison d'un accident d'explosif. Pour contourner ces risques, mais aussi pour pouvoir traiter davantage de couloirs à avalanches avant que les premiers fanatiques de poudreuse ne se soient élancés dans la griserie des pistes, les techniciens innovent. Ils tentent de mettre au point de nouvelles méthodes pour débarasser la montagne de sa neige instable, mais aussi de nouvelles astuces techniques.
La grande solution, inventée en France par le Cemagref, et devenue déjà relativement classique, consiste à installer un câble qui passe en surplomb des zones de départ d'avalanches. On envoie des charges explosives, suspensues à ce câble, et on peut traiter plusieurs couloirs d'avalanches simultanément. Mais le Catex est un sytème coûteux (300.000 francs par kilomètre installé) qui peut s'avérer dangereux. Il arrive que les charges, soumises au chocs du transport sur ce mini-téléphérique, à l'humidité, n'explosent pas. Les explosifs amorcés sont alors particulièrement redoutables.
Une solution qui paraissait d'avenir dans les années 70, le canon, ou plus exactement le propulseur de flèches explosives, a aujourd'hui perdu beucoup de partisans : les flèches de deux mètres de longeur qui doivent se ficher dans le mantea neigeux ont du mal à grimper des dénivellées importantes en étant propulés par de l'azote comprimé dans le canon. Ce qui oblige les artificiers à prendre des risques en venant se placer en contrebas de la zone des départs d'avalanche. Et le système est en définitive relativement coûteux.
Plus simple, et très efficace, le bombardement. "Certaines stations augmentent simplement la cadence des tirs en utilisant l'hélicoptère", explique François Rapin, de la division nivologie du Cemagref (centre de recherche sur le matériel agricole) de Grenoble. Depuis deux ans, le contrôle strict des activités d'artificiers dans la montagne a en effet dérogé, pour les hélicoptères et des équipages entraînés, à la rêgle de toujours rendre un explosif éventuellement non détonné accessible, de manière à pouvoir le récupérer. Une manière de rendre possible le "bombardement" intensif des sites de départ d'avalanche, simplement en jetant la dynamite amorcée depuis l'appareil. Pour assurer une plus grande sécurité, les amorces de ces charges sont doublées, "pour éviter que l'explosion n'ait pas lieu, et qu'un montagnard puisse ramasser une charge dangereuse", précise François Rapin. C'est cher (l'heure d'hélicoptère est à plus de 7.000 francs), mais très efficace. Certaines stations parviennent ainsi à provoquer 50 explosions par heure !
Une autre innovation, toute récente, risque cette fois de rencontrer un succès aussi important. Renonçant cette fois à toute utilisation d'explosif, le Gaz-Ex de la société Schippers présente en outre l'avantage d'être télecommandé. Il s'agit tout bonnement d'un gros tube (de 1,5 mètre cube de volume), ancré sur un bloc de béton, orienté face à la pente, et alimenté par de l'oxygène et du propane en bouteilles (déposées dans un abri pendant l'été). On commande à distance (par radio ou câble) le remplissage du tube, puis la mise à feu du mélange. L'explosion est alors particulièrement efficace pour déstabiliser le manteau de neige. Le seul inconvénient du système est celui du prix : un seul tube, en fonction de la complexité du site, peut coûter entre 200.000 et 400.000 francs, et ne pourra jamais faire partir les mini-avalanches que sur un seul couloir. Pour une protection complète, il faudrait multiplier les tubes par le nombre de réservoirs à valanches
A la veille des Jeux Olympiques d'Albertville, il importe aux responsables de la sécurité avalanches des massifs de renforcer encore leurs efforts. Des mesures particulières de sécurité ont ainsi été prises sur les sites olympiques, indique-t-on au Comité d'Organisation, comme sur la face de Bellevarde, qui surplombe Val d'Isère. Mais aussi sur les routes qui mènent aux stations. ce sont la plupart du temps des mesures "passives", comme les tunnels de protection, les rateaux de fixation de la neige sur les pentes. Pour éviter de voir des milliers de spectateurs bloqués dans une station par simple coupure de la route d'accès par une coulée.
Soixante dix tonnes d'explosif. C'est la quantité moyenne de dynamite que font parler chaque hiver les pisteurs et autre artificiers sur les pentes enneigées des montagnes françaises. Pour déclencher par onde de choc, préventivement, les départs d'avalanches qui menacent les pistes, et parfois les vallées bâties. Si l'on compte une moyenne de 2,5 kilos employés par détonation, on assiste ainsi chaque hiver à 28.000 emplois d'explosifs dans nos blanches montagnes. Un chiffre considérable, qui traduit la préoccupation croissante de "sécuriser" des domaines skiables de plus en plus gigantesques. Car les massifs français, qui représentent près du tiers du domaine skiable mondial, prennent des allures titanesques avec plus de 1 100 kilomètres carrés de pistes et plus de 6 millions de skieurs annuels, dont un million d'étrangers. Malgré toutes les précautions prises, il se produit une quarantaine d'accidents avalanches par an, avec le triste résultat de 20 à 30 décès.
Dans les grandes stations dont la réputation est en jeu, c'est l'inflation à la sécurité. Non seulement on balise et on ferme de plus en plus facilement des pistes au moindre risque de déclenchement de coulée, mais les artificiers et leurs assistants enchaînent des nombres impressionnants d'"actions temporaires actives", comme on désigne techniquement ces feux d'artifice de neige.
Concrètement, cela consiste encore la plupart du temps pour les pisteurs-artificiers à partir avant l'aube, vers 4 ou 5 heures du matin, pour rejoindre les pentes à traiter. Pour gagner des points soigneusement repérés et identifiés, pas toujours facile d'accès, et balancer en contrebas, au bout d'une corde, la charge explosive. Parmi les victimes d'avalanches, on compte ainsi des artificiers. Le plus souvent en raison du départ plus important que prévu de l'avalanche, qui suprend les techniciens les plus chevronnés (et ce qui interdit en principe le déclenchement des avalanches au-dessus de zones construites). Plus rarement en raison d'un accident d'explosif. Pour contourner ces risques, mais aussi pour pouvoir traiter davantage de couloirs à avalanches avant que les premiers fanatiques de poudreuse ne se soient élancés dans la griserie des pistes, les techniciens innovent. Ils tentent de mettre au point de nouvelles méthodes pour débarasser la montagne de sa neige instable, mais aussi de nouvelles astuces techniques.
La grande solution, inventée en France par le Cemagref, et devenue déjà relativement classique, consiste à installer un câble qui passe en surplomb des zones de départ d'avalanches. On envoie des charges explosives, suspensues à ce câble, et on peut traiter plusieurs couloirs d'avalanches simultanément. Mais le Catex est un sytème coûteux (300.000 francs par kilomètre installé) qui peut s'avérer dangereux. Il arrive que les charges, soumises au chocs du transport sur ce mini-téléphérique, à l'humidité, n'explosent pas. Les explosifs amorcés sont alors particulièrement redoutables.
Une solution qui paraissait d'avenir dans les années 70, le canon, ou plus exactement le propulseur de flèches explosives, a aujourd'hui perdu beucoup de partisans : les flèches de deux mètres de longeur qui doivent se ficher dans le mantea neigeux ont du mal à grimper des dénivellées importantes en étant propulés par de l'azote comprimé dans le canon. Ce qui oblige les artificiers à prendre des risques en venant se placer en contrebas de la zone des départs d'avalanche. Et le système est en définitive relativement coûteux.
Plus simple, et très efficace, le bombardement. "Certaines stations augmentent simplement la cadence des tirs en utilisant l'hélicoptère", explique François Rapin, de la division nivologie du Cemagref (centre de recherche sur le matériel agricole) de Grenoble. Depuis deux ans, le contrôle strict des activités d'artificiers dans la montagne a en effet dérogé, pour les hélicoptères et des équipages entraînés, à la rêgle de toujours rendre un explosif éventuellement non détonné accessible, de manière à pouvoir le récupérer. Une manière de rendre possible le "bombardement" intensif des sites de départ d'avalanche, simplement en jetant la dynamite amorcée depuis l'appareil. Pour assurer une plus grande sécurité, les amorces de ces charges sont doublées, "pour éviter que l'explosion n'ait pas lieu, et qu'un montagnard puisse ramasser une charge dangereuse", précise François Rapin. C'est cher (l'heure d'hélicoptère est à plus de 7.000 francs), mais très efficace. Certaines stations parviennent ainsi à provoquer 50 explosions par heure !
Une autre innovation, toute récente, risque cette fois de rencontrer un succès aussi important. Renonçant cette fois à toute utilisation d'explosif, le Gaz-Ex de la société Schippers présente en outre l'avantage d'être télecommandé. Il s'agit tout bonnement d'un gros tube (de 1,5 mètre cube de volume), ancré sur un bloc de béton, orienté face à la pente, et alimenté par de l'oxygène et du propane en bouteilles (déposées dans un abri pendant l'été). On commande à distance (par radio ou câble) le remplissage du tube, puis la mise à feu du mélange. L'explosion est alors particulièrement efficace pour déstabiliser le manteau de neige. Le seul inconvénient du système est celui du prix : un seul tube, en fonction de la complexité du site, peut coûter entre 200.000 et 400.000 francs, et ne pourra jamais faire partir les mini-avalanches que sur un seul couloir. Pour une protection complète, il faudrait multiplier les tubes par le nombre de réservoirs à valanches
A la veille des Jeux Olympiques d'Albertville, il importe aux responsables de la sécurité avalanches des massifs de renforcer encore leurs efforts. Des mesures particulières de sécurité ont ainsi été prises sur les sites olympiques, indique-t-on au Comité d'Organisation, comme sur la face de Bellevarde, qui surplombe Val d'Isère. Mais aussi sur les routes qui mènent aux stations. ce sont la plupart du temps des mesures "passives", comme les tunnels de protection, les rateaux de fixation de la neige sur les pentes. Pour éviter de voir des milliers de spectateurs bloqués dans une station par simple coupure de la route d'accès par une coulée.
Brèves avril 1991
ANNEAUX
Dans le passé, la Terre elle a du posséder des anneaux, à la manière de Saturne, pense Kaare Rasmussen, du Musée National de Copenhague. Ses études statistiques sur les élements historiques relatant les passages de météorites depuis 800 avant J.-C.lui font dire qu'à certaines périodes les objets errants de l'espace ont formé des anneaux autour de la Terre. Et ce genre de captures peuvent très bien se reproduire à nouveau, selon lui.
COURANT
Les courant électriques du sous-sol font frémir les géologues australiens. Ils viennent de mettre la main sur un courant de plus de 6.000 km de longueur, entre 15 et 45 km de profondeur. Très faible, ce courant induit par le champ magnétique terrestre constitue un élément de plus pour comprendre la formation des continents, les mouvements de notre sous-sol et ses surprises électriques.
QUARK
Plus dense que le quark, l'actuelle "ultime" brique qui forme les particules elles-mêmes, cela n'existe pas. A tel point qu'un groupe de chercheurs norvégiens, à l'université de Trondheim, pense que des étoiles pourraient êre faites de tels quarks. Ce qui rendrait certaines d'entre elles plus lourdes que ce qu'on pensait jusqu'ici, et expliquerait la fameuse "masse manquante" entre le poids théorique de l'univers et celui que l'on observe en comptant les étoiles. La chasse au quark stellaire est ouverte...
SEISMES
Les séismes, désormais, se traquent depuis l'espace. Avec le futur satellite SEISM, que les géophysiciens français ont proposé au CNES, ils seront en mesure, à la fin de la décennie, de repérer depuis une orbite basse les perturbations du champ électromagnétique terrestre liées aux épicentres des séismes. Une constatation qui avait été fait par hasard avec d'autres satellites, et qui permettra demain, peut-être de prévoir certains d'entre eux
COUP DE FOUDRE
C'est beau, mais cela s'épingle difficilement sur un sapin de Noël. La foudre en boule a été reproduite artificiellement dans le laboratoire japonais de l'université Waseda à Tokyo, en provoquant des décharges de plasma (gaz très chaud, ionisé) à l'aide de puissantes émissions de micro-ondes.
PURIFIER
De petites graines, des semences qui ressemblent à des "chickpeas" (en anglais ds le texte) pourraient devenir un moyen économique de débarrasser l'eau des régions tropicales de bon nombre de parasites, bactéries et virus.
Les graines de Moringa Oleifera (horseradish tree), commun en Afrique, Asie et Indonésie, contiennent des protéines qui forcent les particules contenues dans l'eau à coaguler . Avec cette augmentation de masse, elles précipitent au fond du réservoir ou de la mare.
Cette pratique était déjà connue dans certaines ethnies africaines, mais les chercheurs britanniques de Leicester University veulent la répandre à une très large échelle.
IMPITOYABLES
La compétition commence avant la naissance. James Michaelson, du centre anti-cancéreux de Boston pense que dans un embryon de mammifère, les cellules sont déjà en compétition entre elles pour constituer les organes. Une guerre avant la naissance. Et ce sont les cellules qui correspondent le mieux au "programme" et aux compétences demandées qui survivent. Les autres, les briques mal fabriquées, sont éliminées.
Dans le passé, la Terre elle a du posséder des anneaux, à la manière de Saturne, pense Kaare Rasmussen, du Musée National de Copenhague. Ses études statistiques sur les élements historiques relatant les passages de météorites depuis 800 avant J.-C.lui font dire qu'à certaines périodes les objets errants de l'espace ont formé des anneaux autour de la Terre. Et ce genre de captures peuvent très bien se reproduire à nouveau, selon lui.
COURANT
Les courant électriques du sous-sol font frémir les géologues australiens. Ils viennent de mettre la main sur un courant de plus de 6.000 km de longueur, entre 15 et 45 km de profondeur. Très faible, ce courant induit par le champ magnétique terrestre constitue un élément de plus pour comprendre la formation des continents, les mouvements de notre sous-sol et ses surprises électriques.
QUARK
Plus dense que le quark, l'actuelle "ultime" brique qui forme les particules elles-mêmes, cela n'existe pas. A tel point qu'un groupe de chercheurs norvégiens, à l'université de Trondheim, pense que des étoiles pourraient êre faites de tels quarks. Ce qui rendrait certaines d'entre elles plus lourdes que ce qu'on pensait jusqu'ici, et expliquerait la fameuse "masse manquante" entre le poids théorique de l'univers et celui que l'on observe en comptant les étoiles. La chasse au quark stellaire est ouverte...
SEISMES
Les séismes, désormais, se traquent depuis l'espace. Avec le futur satellite SEISM, que les géophysiciens français ont proposé au CNES, ils seront en mesure, à la fin de la décennie, de repérer depuis une orbite basse les perturbations du champ électromagnétique terrestre liées aux épicentres des séismes. Une constatation qui avait été fait par hasard avec d'autres satellites, et qui permettra demain, peut-être de prévoir certains d'entre eux
COUP DE FOUDRE
C'est beau, mais cela s'épingle difficilement sur un sapin de Noël. La foudre en boule a été reproduite artificiellement dans le laboratoire japonais de l'université Waseda à Tokyo, en provoquant des décharges de plasma (gaz très chaud, ionisé) à l'aide de puissantes émissions de micro-ondes.
PURIFIER
De petites graines, des semences qui ressemblent à des "chickpeas" (en anglais ds le texte) pourraient devenir un moyen économique de débarrasser l'eau des régions tropicales de bon nombre de parasites, bactéries et virus.
Les graines de Moringa Oleifera (horseradish tree), commun en Afrique, Asie et Indonésie, contiennent des protéines qui forcent les particules contenues dans l'eau à coaguler . Avec cette augmentation de masse, elles précipitent au fond du réservoir ou de la mare.
Cette pratique était déjà connue dans certaines ethnies africaines, mais les chercheurs britanniques de Leicester University veulent la répandre à une très large échelle.
IMPITOYABLES
La compétition commence avant la naissance. James Michaelson, du centre anti-cancéreux de Boston pense que dans un embryon de mammifère, les cellules sont déjà en compétition entre elles pour constituer les organes. Une guerre avant la naissance. Et ce sont les cellules qui correspondent le mieux au "programme" et aux compétences demandées qui survivent. Les autres, les briques mal fabriquées, sont éliminées.
Brèves mai 1991
Terre Sauvage
DAUPHINS
Selon des chercheurs espagnols (Alex Aguilar, univ Barcelone), c'est la tiédeur relative des deux derniers hivers en Méditerrannée qui est à l'origine de l'hécatombe parmi les dauphins (plus de 500 cadavres retrouvés en Espagne). Pour ce spécialiste, cette température trop haute et le manque de pluies ont fait baisser les stocks de nourriture a disposition des cétacés. Les dauphins auraient alors consommé leurs réserves de graisses, ce qui les aurait intoxiqué aux PCB (polychlorobiphényls), subtance toxique qui se concentre dans les tissus adipeux. Des virus et d'autres malades habituelles auraient fait le reste sur ces individus ainsi affaiblis.
REMEDES NATURELS
L'institut de Hong-Kong pour les Biotechnologies vient de s'associer à la firme pharmaceutique américaine Syntex et à l'Académie des Sciences de Chine pour un grand oeuvre à l'échelle de ce pays : la recherche, dans les remèdes traditionnels à base de plantes, des substances actives.
Tous les composés des mixtures de soins traditionnelsseront ainsi analysés, testés et évalués, pour voir s'ils peuvent être introduits dans la pharmacopée contemporaine et industrielle. Une démarche qui vise à explorer les plantes, mais aussi les champignons et les micro-organismes associés, qui sont souvent eux-mêmes capables de produire des substances actives en se nourissant des plantes ou des champignons. Il faut notamment tenir compte de la manière de "préparer" les médicaments traditionnels. Une enquète complexe, mais qui devrait livrer aux chimistes de nombreuses nouvelles pistes , car la Chine jouit d'une diversité de la flore qui a été relativement peu mise à profit jusqu'ici par les chercheurs de molécules actives.
BIOINSPIRATION
Toujours à l'affut des astuces de la nature, les industriels en veulent davantage. Les voici, aux Etats-Unis, qui veulent s'inspirer des structures, comme celles des piquants d'oursin, mais aussi des composés chimiques des coquilles d'huitres, des noix de pécan, ou de la plie.
Le secret de la résitance du piquant d'oursin est étonnant. Réalisé dans un matérieu très fragile, la calcite, il est incroyablement solide. Une résitance due à la présende proteines souples entre les fragments de calcite. Tout début de cassure se trouve donc très vite stopée par ces joints souples. Une astuce qui pourrait inspirer les ingénieurs des l'aéronautique et de la métallurgie.
La coquille d'huitre, elle, contient de l'acide polyaspartique, une molécule qui detient le pouvoir de relier fortement les cristaux de carbonate de calcium. Son usage intéresse les industriels, qui veulent s'en servir pour éviter les dépots de calaire à l'interieur des tuyaux, des pompes et des vannes, sans polluer l'eau.
La plie résiste remarquablement au froid, dans de l'eau atteungant moins deux degrés C, elle est à peine incommodée. Et cela grâce à un antigel naturel, un polypeptide qui empêche les cristaux de glace de se construire. Un antigel écolgique et particulièremente efficace, qui remplacerait avantageusement le sel, par exemple, dans les systèmes anti-froid industriels.
Les coquilles de noix de pécan, pour leur part, pourraient être mélanées à des matières plastique, dont elles améliorent la tenue, tout en les rendant partiellement biodégradables.
RADIOACTIVITE
En Norvège, on veut purifier les brebis et les vaches. Du moins les débarasser des élements radioactifs qui ont pu aboutir dans leur organisme à la faveur de l'accident nucléaire de Tchernobyl.
La technique consiste à faire ingérer aux ovins du bleu de Prusse en comprimés une substance qui se lie très facilement au césium, pour l'emporter dans son transit intestinal cette substance radioactive (césium 137), hors de l'animal.
La technique devrait être adoptée rapidement par les zones agricoles d'Ukraine et de Biélorussie qui ont éte touchées de plein fouet par le nuage radioactif, et dont les herbages ont été fortement entachés de césium 137. C'est en broutant que les animaux ingérent la substance, qui se fixe dans leur organisme, s'y concentre, et pollue le lait, mais aussi la viande, et risque d'entrainer à terme des maladies génétiques.
CANNIBALES
Le cannibalisme a toujours fasciné les hommes. Peut-être au point de leur faire prendre un certain nombre de vessies pour des lanternes. Le plus troublant, pense l'anthropologue britannique William Aren, c'est que par exemple les conquistadors pensaient ques les Aztèques étaient cannibales, mais que les Indiens pensaient excatement la même chose de leurs envahisseurs espagnols.
Par ailleurs, estime Aren, bon nombre de restes, d'ossements retrouvés et interprétés comme ayant été produits par des pratiques anthropohages de la part des Néanderthaliens ou d'autres hominidés sont constestables. Comme les récits parfois "passionnés" des explorateurs, colonisateurs et autres missionnaires. Fortement constesté par d'autres chercheurs, les propos d'Aren ont le mérite de poser, une fois de plus une simple question : sommes nous bien certains que notre regard sur les autres et même sur nos ancètres est aussi proche de l'objectivité qu'il devrait l'être ?
MALARIA
Une herbe chinoise, le Qinghaosu (Artemisia annua) sera-t-il le remède du deuxième millénaire contre la malaria ? Elle est en tous cas déjà depuis 2.000 ans le médicament des Chinois pour lutter contre le paludisme. Les premiers essais sur des volontaires occidentaux vont commencer aux Etats-Unis et aux Pays-Bas. Si les tests sont positifs, cette nouvelle arme ne sera pas de trop pour lutter contre une maladie en pleine recrudescence sous les tropiques, de plus en plus résistante à la quinine.
DAUPHINS
Selon des chercheurs espagnols (Alex Aguilar, univ Barcelone), c'est la tiédeur relative des deux derniers hivers en Méditerrannée qui est à l'origine de l'hécatombe parmi les dauphins (plus de 500 cadavres retrouvés en Espagne). Pour ce spécialiste, cette température trop haute et le manque de pluies ont fait baisser les stocks de nourriture a disposition des cétacés. Les dauphins auraient alors consommé leurs réserves de graisses, ce qui les aurait intoxiqué aux PCB (polychlorobiphényls), subtance toxique qui se concentre dans les tissus adipeux. Des virus et d'autres malades habituelles auraient fait le reste sur ces individus ainsi affaiblis.
REMEDES NATURELS
L'institut de Hong-Kong pour les Biotechnologies vient de s'associer à la firme pharmaceutique américaine Syntex et à l'Académie des Sciences de Chine pour un grand oeuvre à l'échelle de ce pays : la recherche, dans les remèdes traditionnels à base de plantes, des substances actives.
Tous les composés des mixtures de soins traditionnelsseront ainsi analysés, testés et évalués, pour voir s'ils peuvent être introduits dans la pharmacopée contemporaine et industrielle. Une démarche qui vise à explorer les plantes, mais aussi les champignons et les micro-organismes associés, qui sont souvent eux-mêmes capables de produire des substances actives en se nourissant des plantes ou des champignons. Il faut notamment tenir compte de la manière de "préparer" les médicaments traditionnels. Une enquète complexe, mais qui devrait livrer aux chimistes de nombreuses nouvelles pistes , car la Chine jouit d'une diversité de la flore qui a été relativement peu mise à profit jusqu'ici par les chercheurs de molécules actives.
BIOINSPIRATION
Toujours à l'affut des astuces de la nature, les industriels en veulent davantage. Les voici, aux Etats-Unis, qui veulent s'inspirer des structures, comme celles des piquants d'oursin, mais aussi des composés chimiques des coquilles d'huitres, des noix de pécan, ou de la plie.
Le secret de la résitance du piquant d'oursin est étonnant. Réalisé dans un matérieu très fragile, la calcite, il est incroyablement solide. Une résitance due à la présende proteines souples entre les fragments de calcite. Tout début de cassure se trouve donc très vite stopée par ces joints souples. Une astuce qui pourrait inspirer les ingénieurs des l'aéronautique et de la métallurgie.
La coquille d'huitre, elle, contient de l'acide polyaspartique, une molécule qui detient le pouvoir de relier fortement les cristaux de carbonate de calcium. Son usage intéresse les industriels, qui veulent s'en servir pour éviter les dépots de calaire à l'interieur des tuyaux, des pompes et des vannes, sans polluer l'eau.
La plie résiste remarquablement au froid, dans de l'eau atteungant moins deux degrés C, elle est à peine incommodée. Et cela grâce à un antigel naturel, un polypeptide qui empêche les cristaux de glace de se construire. Un antigel écolgique et particulièremente efficace, qui remplacerait avantageusement le sel, par exemple, dans les systèmes anti-froid industriels.
Les coquilles de noix de pécan, pour leur part, pourraient être mélanées à des matières plastique, dont elles améliorent la tenue, tout en les rendant partiellement biodégradables.
RADIOACTIVITE
En Norvège, on veut purifier les brebis et les vaches. Du moins les débarasser des élements radioactifs qui ont pu aboutir dans leur organisme à la faveur de l'accident nucléaire de Tchernobyl.
La technique consiste à faire ingérer aux ovins du bleu de Prusse en comprimés une substance qui se lie très facilement au césium, pour l'emporter dans son transit intestinal cette substance radioactive (césium 137), hors de l'animal.
La technique devrait être adoptée rapidement par les zones agricoles d'Ukraine et de Biélorussie qui ont éte touchées de plein fouet par le nuage radioactif, et dont les herbages ont été fortement entachés de césium 137. C'est en broutant que les animaux ingérent la substance, qui se fixe dans leur organisme, s'y concentre, et pollue le lait, mais aussi la viande, et risque d'entrainer à terme des maladies génétiques.
CANNIBALES
Le cannibalisme a toujours fasciné les hommes. Peut-être au point de leur faire prendre un certain nombre de vessies pour des lanternes. Le plus troublant, pense l'anthropologue britannique William Aren, c'est que par exemple les conquistadors pensaient ques les Aztèques étaient cannibales, mais que les Indiens pensaient excatement la même chose de leurs envahisseurs espagnols.
Par ailleurs, estime Aren, bon nombre de restes, d'ossements retrouvés et interprétés comme ayant été produits par des pratiques anthropohages de la part des Néanderthaliens ou d'autres hominidés sont constestables. Comme les récits parfois "passionnés" des explorateurs, colonisateurs et autres missionnaires. Fortement constesté par d'autres chercheurs, les propos d'Aren ont le mérite de poser, une fois de plus une simple question : sommes nous bien certains que notre regard sur les autres et même sur nos ancètres est aussi proche de l'objectivité qu'il devrait l'être ?
MALARIA
Une herbe chinoise, le Qinghaosu (Artemisia annua) sera-t-il le remède du deuxième millénaire contre la malaria ? Elle est en tous cas déjà depuis 2.000 ans le médicament des Chinois pour lutter contre le paludisme. Les premiers essais sur des volontaires occidentaux vont commencer aux Etats-Unis et aux Pays-Bas. Si les tests sont positifs, cette nouvelle arme ne sera pas de trop pour lutter contre une maladie en pleine recrudescence sous les tropiques, de plus en plus résistante à la quinine.
Simuler le cerveau (Jean-Pierre Changeux)
Simuler le cerveau pour le comprendre
mai 1991
Ils sont environ cent milliards par tête, et on va en parler ce matin entre chercheurs et militaires. Les neurones intéressent l'armée. Dans le cadre des journées "Science et Défense", qui se déroulent mardi et mercredi à Paris, les sciences du cerveau font l'objet d'une série de communications par des chercheurs provenant de laboratoires dont certaines activités sont financées par la Délégation Générale à l'Armement (DGA). Parmi les centres d'intèrêt des militaires en matière de cerveau : l'ergonomie cognitive. Des connaissances intimes sur nos neurones, qui permettront demain de concevoir des machines, des systèmes pouvant être utilisés en tenant compte de la manière de travailler du cerveau humain. Améliorant du coup le confort, la sécurité et l'efficacité du combattant, mais aussi des civils, qui bénéficieront à terme tout autant de ces recherches de base.
Une question clef surgit : pourra-t-on demain faire fonctionner un ordinateur comme un cerveau humain ? Jusqu'ici, le cerveau était souvent considéré comme une "boîte noire", dont on connaissait un peu les entrées et les sorties, mais très mal le fonctionnement.
Depuis quelques années, des laboratoires de plus en plus nombreux se lancent dans cette voie, et tentent de déterminer comment les divers "étages" du cerveau fonctionnent. Ils en appellent à de nouvelles caméras (à positons), pour scruter sans les défaire les entrailles de nos lobes cérébraux, mais aussi à la "modélisation", la reconstitution dans un ordinateur des règles qui gouvernent la vie des neurones. Un travail difficile, puisqu'une fonction comme la parole, ou la reconnaissance des traits met en oeuvre des parties très différentes du cerveau. Et que les mécanismes qui interviennent dans un réflexe pour vous empêcher de recevoir une goutte d'eau dans l'oeil et ceux impliqués dans la prise de décision d'un capitaine d'industrie ne mettent pas en jeu les mêmes "niveaux" cérébraux.
Malgré ces difficultés, Jean-Pierre Changeux, académicien, professeur au Collège de France, directeur d'un laboratoire de recherche (CNRS-Institut Pasteur) est optimiste. Il présente à "Science et Défense" le travail qu'il mène avec Stanislas Dehaene (INSERM-CNRS) sur la modélisation de fonctions cognitives du cortex pré-frontal. "J'estime que comprendre les bases neurales de la cognition est désormais un problème abordable scientifiquement, et nous proposons des modèles, précisément pour établir un lien entre la manière dont les neurones sont organisés et les fonctions cognitives qui sont remplies".
Pas facile pourtant. Pour mettre en relation la structure, la façon dont cette boule de cent milliards de neurones est organisée, avec les fonctions qu'elle remplit, il faudra du temps et de la sueur. Un travail théorique, en pleine effervescence à travers le monde, qui mobilise des chercheurs venant de tous les horizons : physique, mathématique, informatique, intelligence artificielle, sciences de l'ingénieur, psychologie.
Parmi les performances déjà réalisées, il faut mentionner le fait de pouvoir prendre en compte, au sein d'un réseau artificiel de neurones, des interactions avec l'environnement, le monde extérieur. C'est important, car les scientifiques sont aujourd'hui convaincus que le cerveau se façonne tout au long de la vie de l'individu, avec une forte influence de l'environnement, dans un échange permanent avec le milieu culturel, familial et social.
Mais il faut bien avouer que pour l'heure, le fonctionnement de ces machines, réseaux modélisés, reste rudimentaire, et ne présente que des "analogies naïves avec les performances humaines", concède Changeux. Alors, même si les "reproductions neuronales" simulées par des machines savent déjà aujourd'hui apprendre à lire l'anglais (Net Talk, qui tient compte de ses erreurs pour progresser), et si les prochaines générations d'ordinateurs neuronaux, conçues dès le départ pour respecter une architecture comparable à celle des cellules nerveuses, devraient faire des merveilles, il reste à définir le niveau de fonction où ces modèles doivent fonctionner.
Les chercheurs distinguent actuellement plusieurs "niveaux " dans l'organisation du cerveau. Il y a tout d'abord les fonctions très simples, les "circuits élémentaires", généralement des schémas d'action fixe. Du type : "mes sourcils se froncent quand je sens une mauvaise odeur". Ce sont des circuits que l'on retrouve chez la mouche par exemple, dans le réflexe de décollage d'urgence. Quelques neurones montés en "logique câblée" y suffisent. Dans certains laboratoires de robotique, comme au Mobot Lab du Masachussetts Institute of Technology de Boston, les chercheurs mettent sur pattes des "insectes-robots" de ce type, dont les circuits électroniques très simples et très spécialisés s'inspirent des réseaux neuronaux des fourmis ou des abeilles.
A un niveau plus élevé, le "groupe de neurones", constitué en assemblée de plusieurs centaines ou milliers de cellules. Chaque neurone "vote" en faveur d'un élément "codé" de la tâche à accomplir, le résultat global donnant lieu à un ordre ou une représentation. Les règles du codage sont inconnues, mais nous voila à l'étage de la représentation symbolique, de l'entendement (les idées a priori), de la synthèse d'éléments provenant de l'extérieur et de l'intérieur (sensations).
Enfin, à l'étage encore supérieur, voici la raison, la réflexion. Des assemblées de neurones associées dans différents sites du cerveau remplissent les tâches complexes de la connaissance, de la décision, de la stratégie.
Dans leur démarche, Changeux et Dehaene simulent sur ordinateur des fonctions caractéristiques d'une petite et essentielle région du cerveau, le cortex pré-frontal, lié aux architectures de la raison, estiment-ils.
"Le réseau informatique dont il est question doit être capable de sélectionner par l'expérience parmi plusieurs règles qui associent, dans une tâche d'apprentissage, des traits définis d'un objet, par exemple couleur et forme" explique Changeux. Pour tester ce genre de compétence chez l'homme, on dispose de jeux de cartes (de Wisconsin) avec des familles de motifs par forme et couleurs. Le sujet testé doit découvrir la "règle" avec laquelle on lui présente les cartes, s'apercevoir quand elle change, etc....
Les sujets qui ont une lésion pré-frontale, et les personnes âgées réussissent plus difficilement à ce test que les autres. Par contre une machine respectant l'architecture neuronale et capable de passer ce test a été conçue par nos deux chercheurs. En mesure de se souvenir, de raisonner, de tirer bénéfice de l'expérience passée, elle constitue une belle avancée. "Mais nous sommes encore bien loin de la raison humaine !" s'exclame Changeux.
mai 1991
Ils sont environ cent milliards par tête, et on va en parler ce matin entre chercheurs et militaires. Les neurones intéressent l'armée. Dans le cadre des journées "Science et Défense", qui se déroulent mardi et mercredi à Paris, les sciences du cerveau font l'objet d'une série de communications par des chercheurs provenant de laboratoires dont certaines activités sont financées par la Délégation Générale à l'Armement (DGA). Parmi les centres d'intèrêt des militaires en matière de cerveau : l'ergonomie cognitive. Des connaissances intimes sur nos neurones, qui permettront demain de concevoir des machines, des systèmes pouvant être utilisés en tenant compte de la manière de travailler du cerveau humain. Améliorant du coup le confort, la sécurité et l'efficacité du combattant, mais aussi des civils, qui bénéficieront à terme tout autant de ces recherches de base.
Une question clef surgit : pourra-t-on demain faire fonctionner un ordinateur comme un cerveau humain ? Jusqu'ici, le cerveau était souvent considéré comme une "boîte noire", dont on connaissait un peu les entrées et les sorties, mais très mal le fonctionnement.
Depuis quelques années, des laboratoires de plus en plus nombreux se lancent dans cette voie, et tentent de déterminer comment les divers "étages" du cerveau fonctionnent. Ils en appellent à de nouvelles caméras (à positons), pour scruter sans les défaire les entrailles de nos lobes cérébraux, mais aussi à la "modélisation", la reconstitution dans un ordinateur des règles qui gouvernent la vie des neurones. Un travail difficile, puisqu'une fonction comme la parole, ou la reconnaissance des traits met en oeuvre des parties très différentes du cerveau. Et que les mécanismes qui interviennent dans un réflexe pour vous empêcher de recevoir une goutte d'eau dans l'oeil et ceux impliqués dans la prise de décision d'un capitaine d'industrie ne mettent pas en jeu les mêmes "niveaux" cérébraux.
Malgré ces difficultés, Jean-Pierre Changeux, académicien, professeur au Collège de France, directeur d'un laboratoire de recherche (CNRS-Institut Pasteur) est optimiste. Il présente à "Science et Défense" le travail qu'il mène avec Stanislas Dehaene (INSERM-CNRS) sur la modélisation de fonctions cognitives du cortex pré-frontal. "J'estime que comprendre les bases neurales de la cognition est désormais un problème abordable scientifiquement, et nous proposons des modèles, précisément pour établir un lien entre la manière dont les neurones sont organisés et les fonctions cognitives qui sont remplies".
Pas facile pourtant. Pour mettre en relation la structure, la façon dont cette boule de cent milliards de neurones est organisée, avec les fonctions qu'elle remplit, il faudra du temps et de la sueur. Un travail théorique, en pleine effervescence à travers le monde, qui mobilise des chercheurs venant de tous les horizons : physique, mathématique, informatique, intelligence artificielle, sciences de l'ingénieur, psychologie.
Parmi les performances déjà réalisées, il faut mentionner le fait de pouvoir prendre en compte, au sein d'un réseau artificiel de neurones, des interactions avec l'environnement, le monde extérieur. C'est important, car les scientifiques sont aujourd'hui convaincus que le cerveau se façonne tout au long de la vie de l'individu, avec une forte influence de l'environnement, dans un échange permanent avec le milieu culturel, familial et social.
Mais il faut bien avouer que pour l'heure, le fonctionnement de ces machines, réseaux modélisés, reste rudimentaire, et ne présente que des "analogies naïves avec les performances humaines", concède Changeux. Alors, même si les "reproductions neuronales" simulées par des machines savent déjà aujourd'hui apprendre à lire l'anglais (Net Talk, qui tient compte de ses erreurs pour progresser), et si les prochaines générations d'ordinateurs neuronaux, conçues dès le départ pour respecter une architecture comparable à celle des cellules nerveuses, devraient faire des merveilles, il reste à définir le niveau de fonction où ces modèles doivent fonctionner.
Les chercheurs distinguent actuellement plusieurs "niveaux " dans l'organisation du cerveau. Il y a tout d'abord les fonctions très simples, les "circuits élémentaires", généralement des schémas d'action fixe. Du type : "mes sourcils se froncent quand je sens une mauvaise odeur". Ce sont des circuits que l'on retrouve chez la mouche par exemple, dans le réflexe de décollage d'urgence. Quelques neurones montés en "logique câblée" y suffisent. Dans certains laboratoires de robotique, comme au Mobot Lab du Masachussetts Institute of Technology de Boston, les chercheurs mettent sur pattes des "insectes-robots" de ce type, dont les circuits électroniques très simples et très spécialisés s'inspirent des réseaux neuronaux des fourmis ou des abeilles.
A un niveau plus élevé, le "groupe de neurones", constitué en assemblée de plusieurs centaines ou milliers de cellules. Chaque neurone "vote" en faveur d'un élément "codé" de la tâche à accomplir, le résultat global donnant lieu à un ordre ou une représentation. Les règles du codage sont inconnues, mais nous voila à l'étage de la représentation symbolique, de l'entendement (les idées a priori), de la synthèse d'éléments provenant de l'extérieur et de l'intérieur (sensations).
Enfin, à l'étage encore supérieur, voici la raison, la réflexion. Des assemblées de neurones associées dans différents sites du cerveau remplissent les tâches complexes de la connaissance, de la décision, de la stratégie.
Dans leur démarche, Changeux et Dehaene simulent sur ordinateur des fonctions caractéristiques d'une petite et essentielle région du cerveau, le cortex pré-frontal, lié aux architectures de la raison, estiment-ils.
"Le réseau informatique dont il est question doit être capable de sélectionner par l'expérience parmi plusieurs règles qui associent, dans une tâche d'apprentissage, des traits définis d'un objet, par exemple couleur et forme" explique Changeux. Pour tester ce genre de compétence chez l'homme, on dispose de jeux de cartes (de Wisconsin) avec des familles de motifs par forme et couleurs. Le sujet testé doit découvrir la "règle" avec laquelle on lui présente les cartes, s'apercevoir quand elle change, etc....
Les sujets qui ont une lésion pré-frontale, et les personnes âgées réussissent plus difficilement à ce test que les autres. Par contre une machine respectant l'architecture neuronale et capable de passer ce test a été conçue par nos deux chercheurs. En mesure de se souvenir, de raisonner, de tirer bénéfice de l'expérience passée, elle constitue une belle avancée. "Mais nous sommes encore bien loin de la raison humaine !" s'exclame Changeux.
Libellés :
biologie,
philosophie,
prospective,
science,
science IA
Brèves Juin 1991
TAILLE
En étudiant la taille du corps, la distribution géographique et l'abondance de 147 espèces d'oiseaux, Sean Nee, du département de zoologie de l'Univ d'Oxford a confirmé que plus les oiseaux sont grands, moins ils sont nombreux, les deux chiffres étant corrélés par un coefficient négatif de 0,75.
Un coefficient qui varie cependant avec les espèces, et notamment chez les groupes importants d'oiseaux de taille modeste, dont la variation est moins forte. Ce qui signifierait, selon les chercheurs britanniques, que les oiseaux membres d'un groupe important utilisent et répartissent mieux l'énergie disponible pour se nourrir. Mais à la question : "vaut-il mieux, dans un tel groupe, être un petit ou un gros individu ?" la réponse, d'un point de vue énergétique, semble tout de même demeurer "plutôt un gros".
HUMIDES
Des plantes aquatiques à racines profondes, Victoria amazonica, survivent en ayant les pieds submergés par l'eau. Comment ? En se servant d'un système de pompe à chaleur pour améliorer la fourniture en oxygène de leurs racines.
Les racines de ces plantes ont des conduites spéciales pour acheminer jusqu'à elles l'oxygène, mais elles sont parfois à plus de 4 mètres de distance des feuilles. Pour améliorer la circulation, elles se servent d'un système de ventilation, explique Wolfgang Grosse, botaniste à l'Univ de Cologne.
Ce sont les feuilles qui jouent le rôle de ventilateur, en utilisant un phénomène physique : la thermo-osmose. Les feuilles sont en effet dotées de minuscules pores entre leurs tissus de photosynthèse et les autres. Comme les température à l'intérieur de la feuille et à l'extérieur sont en permanence différentes de près de deux degrés C, les pores créent un effet de sur-pression à l'intérieur de la feuille, ce qui permet de forcer la circulation de l'oxygène à l'intérieur de la plante. A une telle pression, que l'air ainsi forcé sort parfois en traversant les racines, ce qui fait de ces plantes aquatiques des aérateurs de marais.
TELESCOPE
C'est le plus profond regard au monde. Le télescope européen de l'ESO, le NTT (New Technology Telescope à La Silla, au Chili. En visant une région du ciel ou l'on ne connaissait rien, dans la constellation des sextants , on a découvert une dizaine de galaxies (jusqu'à la magnitude 29).
METHANE
Le méthane qu'émettent les rizières en Chine, et plus généralement en Asie contribuerait bien davantage à l'effet de serre qu'on ne le pensait jusque-là. Des études menées conjointement par les Américains et les Chinois à TuZu, dans la province du Szechwan montrent en effet que les plantations chinoise émettent entre quatre à dix fois davantage de méthane que les rizières américaines ou européennes.
Cette différence, que l'on peut imputer aux conditions même de la culture, et aux circonstances climatiques qui favorisent une plus grande activité des micro-organismes locaux associés à ces zones humides, amène les scientifiques à revoir leurs prévisions d'évolution de l'effet de serre atmosphérique. Si la gaz carbonique est aujourd'hui considéré comme le premier gant responsable du réchauffement de l'atmosphère, le méthane pourrait dans les décennies à venir lui voler la vedette. Ca gaz est 25 fois plus absorbant de rayonnements infra-rouges solaires que le CO2, et sa production mondiale est en croissance plus rapide que celle du CO2 industriel. Ceci sous l'effet de la démographie humaine, et de l'augmentation associée des activités agricoles et avicoles impliquant des fermentations émetrices de méthane.
NEUTRINOS
Sous nos pieds, la Terre impénétrable. Des chercheurs japonais ont une idée, pour observer les entrailles de la planète et comprendre la géologie profonde : capter les antineutrinos, des particules qu'émet toujours le noyau terrestre, pour faire une sorte de "radiographie" de la planète. Seul problème, on ne sait guère comment intercepter d'aussi insaisissables particules dans de détecteurs...
ELLE TOURNE
La surveillance de la rotation de notre vieille planète : une jeune discipline en plein essor. Soumises à des vices de fabrication et des caprices sur son orbite annuelle autour du Soleil, notre planète est, depuis 1988, sous la haute surveillance d'un réseau international d'une soixantaine de stations, qui visent des satellites artificiels ou la Lune avec des rayons laser pour se positionner. Dérive du pôle, précessions, nutation, autant de phénomènes causés par le déplacement des eaux à la surface de la Terre, sous l'effet de sa rotation et de l'attraction du Soleil et de la Lune. Egalement induites par des déformations du noyau liquide et du manteau, le sous-sol fluide de notre planète, qui provoque à la surface des déformations de près de 50 cm d'amplitude. Sans oublier, l'atmosphère, qui se déforme avec les saisons et fait qu'en août, la Terre tourne un peu plus vite qu'en janvier. Résultat, la durée du jour varie, s'allonge de 0, 0024 seconde par siècle, et du coup, la Lune accélère et s'éloigne...
MANTE
La mante religieuse, célèbre parce qu'elle est conduite à décapiter son mâle pour pouvoir procréer, est en outre dotée d'une centrale de détection anti-radars hyperfréquences à faire pâlir les avions de chasse modernes.
Le neurobiologiste américain David Yager, de l'Univ du Maryneland a étudié le système d'écoute des ultra-sons des mantes mâles. Celui-ci leur sert principalement à détecter l'approche de chauves-souris en chasse, pour se mettre en position de combat en moins d'un dixième de seconde. L'insecte entame alors une série d'acrobaties aériennes, de freinages, de virages serrés destinés à semer l'agresseur. Mais les vrilles, loopings, piqués et autres accélérations sont adaptées à la proximité du danger, toujours détectés par le système de mesure des ultra-sons. Une tragégie arienne brillante, qui assure à la mante une bonne probabilité d'échapper à son prédateur. Une manoeuvre "extrème" est même prévue, quand la vitesse supérieure de la chauve-souris (9 mètres/seconde) est sur le point de lui donner l'avantage sur sa proie (4 mètres/seconde, mais capacités évolutives supérieures). A ce moment-là,l mante tente un "crash-landing", se laissant brutalement tomber au sol. Elle de fortes chances d'y survivre, moyennant quelques bosses, mais la chauve-souris, elle, ne peut suivre la manoeuvre.
MOUCHES
Chez les drosophiles, les mâles "battent la mesure", grâce à leurs ailes, pour charmer les femelles. Et entre deux espèces, le rythme de la chanson varie. Des chercheurs anglais et américains qui ont travaillé sur ces chants de séduction ont mis en évidence un gène "métronome", qui conditionne le rythme de l'hymne nuptial. On a même pu modifier par manipulation génétique le rythme, le faire perdre à certaines mouches, ou le rendre à d'autres.
Le plus intéressant sera de savoir si la nature et la variation de ce chant influe sur l'apparition de nouvelles variétés de drosophiles (mécanisme de différenciation des espèces), et pourquoi il est lié au rythme circadien (sur 24 heures) de la mouche.
SEXE A PLUMES
Les paonnes aiment les paons avec de belles et grandes roues. Cela, on le savait déjà. Mais comment, et de combien ? Une étude détaillée de MM Petrie et Halliday, tous deux britanniques, vient enfin de préciser le mécanisme de séduction par la roue.
Sur dix mâles présentés à des femelles, un seul assurait 36 % des accouplements, et deux ne s'accouplaient jamais. L'heureux élu était celui aux plumes les plus colorées. Mais quel est l'intérèt pour l'espèce ? Car si les femelles sélectionnent les mâles aux plus belles plumes, rien ne certifie que ce seront les meilleurs reproducteurs, ou de bons associés pour nourrir la famille. L'hypothèse serait que les couleurs et la taille des plumes ont un effet déclencheur sur le potentiel reproductif de la femelle, et favoriserait un plus grand nombre de fertilisations. Augmentant ainsi les chances de survie des individus les plus motivants sexuellement. Bref, on ne sait toujours pas relier la beauté du ramage avec l'efficacité génétique de la sélection. Un siècle après Darwin, le mystère demeure, et les paons continuent de faire la roue...
En étudiant la taille du corps, la distribution géographique et l'abondance de 147 espèces d'oiseaux, Sean Nee, du département de zoologie de l'Univ d'Oxford a confirmé que plus les oiseaux sont grands, moins ils sont nombreux, les deux chiffres étant corrélés par un coefficient négatif de 0,75.
Un coefficient qui varie cependant avec les espèces, et notamment chez les groupes importants d'oiseaux de taille modeste, dont la variation est moins forte. Ce qui signifierait, selon les chercheurs britanniques, que les oiseaux membres d'un groupe important utilisent et répartissent mieux l'énergie disponible pour se nourrir. Mais à la question : "vaut-il mieux, dans un tel groupe, être un petit ou un gros individu ?" la réponse, d'un point de vue énergétique, semble tout de même demeurer "plutôt un gros".
HUMIDES
Des plantes aquatiques à racines profondes, Victoria amazonica, survivent en ayant les pieds submergés par l'eau. Comment ? En se servant d'un système de pompe à chaleur pour améliorer la fourniture en oxygène de leurs racines.
Les racines de ces plantes ont des conduites spéciales pour acheminer jusqu'à elles l'oxygène, mais elles sont parfois à plus de 4 mètres de distance des feuilles. Pour améliorer la circulation, elles se servent d'un système de ventilation, explique Wolfgang Grosse, botaniste à l'Univ de Cologne.
Ce sont les feuilles qui jouent le rôle de ventilateur, en utilisant un phénomène physique : la thermo-osmose. Les feuilles sont en effet dotées de minuscules pores entre leurs tissus de photosynthèse et les autres. Comme les température à l'intérieur de la feuille et à l'extérieur sont en permanence différentes de près de deux degrés C, les pores créent un effet de sur-pression à l'intérieur de la feuille, ce qui permet de forcer la circulation de l'oxygène à l'intérieur de la plante. A une telle pression, que l'air ainsi forcé sort parfois en traversant les racines, ce qui fait de ces plantes aquatiques des aérateurs de marais.
TELESCOPE
C'est le plus profond regard au monde. Le télescope européen de l'ESO, le NTT (New Technology Telescope à La Silla, au Chili. En visant une région du ciel ou l'on ne connaissait rien, dans la constellation des sextants , on a découvert une dizaine de galaxies (jusqu'à la magnitude 29).
METHANE
Le méthane qu'émettent les rizières en Chine, et plus généralement en Asie contribuerait bien davantage à l'effet de serre qu'on ne le pensait jusque-là. Des études menées conjointement par les Américains et les Chinois à TuZu, dans la province du Szechwan montrent en effet que les plantations chinoise émettent entre quatre à dix fois davantage de méthane que les rizières américaines ou européennes.
Cette différence, que l'on peut imputer aux conditions même de la culture, et aux circonstances climatiques qui favorisent une plus grande activité des micro-organismes locaux associés à ces zones humides, amène les scientifiques à revoir leurs prévisions d'évolution de l'effet de serre atmosphérique. Si la gaz carbonique est aujourd'hui considéré comme le premier gant responsable du réchauffement de l'atmosphère, le méthane pourrait dans les décennies à venir lui voler la vedette. Ca gaz est 25 fois plus absorbant de rayonnements infra-rouges solaires que le CO2, et sa production mondiale est en croissance plus rapide que celle du CO2 industriel. Ceci sous l'effet de la démographie humaine, et de l'augmentation associée des activités agricoles et avicoles impliquant des fermentations émetrices de méthane.
NEUTRINOS
Sous nos pieds, la Terre impénétrable. Des chercheurs japonais ont une idée, pour observer les entrailles de la planète et comprendre la géologie profonde : capter les antineutrinos, des particules qu'émet toujours le noyau terrestre, pour faire une sorte de "radiographie" de la planète. Seul problème, on ne sait guère comment intercepter d'aussi insaisissables particules dans de détecteurs...
ELLE TOURNE
La surveillance de la rotation de notre vieille planète : une jeune discipline en plein essor. Soumises à des vices de fabrication et des caprices sur son orbite annuelle autour du Soleil, notre planète est, depuis 1988, sous la haute surveillance d'un réseau international d'une soixantaine de stations, qui visent des satellites artificiels ou la Lune avec des rayons laser pour se positionner. Dérive du pôle, précessions, nutation, autant de phénomènes causés par le déplacement des eaux à la surface de la Terre, sous l'effet de sa rotation et de l'attraction du Soleil et de la Lune. Egalement induites par des déformations du noyau liquide et du manteau, le sous-sol fluide de notre planète, qui provoque à la surface des déformations de près de 50 cm d'amplitude. Sans oublier, l'atmosphère, qui se déforme avec les saisons et fait qu'en août, la Terre tourne un peu plus vite qu'en janvier. Résultat, la durée du jour varie, s'allonge de 0, 0024 seconde par siècle, et du coup, la Lune accélère et s'éloigne...
MANTE
La mante religieuse, célèbre parce qu'elle est conduite à décapiter son mâle pour pouvoir procréer, est en outre dotée d'une centrale de détection anti-radars hyperfréquences à faire pâlir les avions de chasse modernes.
Le neurobiologiste américain David Yager, de l'Univ du Maryneland a étudié le système d'écoute des ultra-sons des mantes mâles. Celui-ci leur sert principalement à détecter l'approche de chauves-souris en chasse, pour se mettre en position de combat en moins d'un dixième de seconde. L'insecte entame alors une série d'acrobaties aériennes, de freinages, de virages serrés destinés à semer l'agresseur. Mais les vrilles, loopings, piqués et autres accélérations sont adaptées à la proximité du danger, toujours détectés par le système de mesure des ultra-sons. Une tragégie arienne brillante, qui assure à la mante une bonne probabilité d'échapper à son prédateur. Une manoeuvre "extrème" est même prévue, quand la vitesse supérieure de la chauve-souris (9 mètres/seconde) est sur le point de lui donner l'avantage sur sa proie (4 mètres/seconde, mais capacités évolutives supérieures). A ce moment-là,l mante tente un "crash-landing", se laissant brutalement tomber au sol. Elle de fortes chances d'y survivre, moyennant quelques bosses, mais la chauve-souris, elle, ne peut suivre la manoeuvre.
MOUCHES
Chez les drosophiles, les mâles "battent la mesure", grâce à leurs ailes, pour charmer les femelles. Et entre deux espèces, le rythme de la chanson varie. Des chercheurs anglais et américains qui ont travaillé sur ces chants de séduction ont mis en évidence un gène "métronome", qui conditionne le rythme de l'hymne nuptial. On a même pu modifier par manipulation génétique le rythme, le faire perdre à certaines mouches, ou le rendre à d'autres.
Le plus intéressant sera de savoir si la nature et la variation de ce chant influe sur l'apparition de nouvelles variétés de drosophiles (mécanisme de différenciation des espèces), et pourquoi il est lié au rythme circadien (sur 24 heures) de la mouche.
SEXE A PLUMES
Les paonnes aiment les paons avec de belles et grandes roues. Cela, on le savait déjà. Mais comment, et de combien ? Une étude détaillée de MM Petrie et Halliday, tous deux britanniques, vient enfin de préciser le mécanisme de séduction par la roue.
Sur dix mâles présentés à des femelles, un seul assurait 36 % des accouplements, et deux ne s'accouplaient jamais. L'heureux élu était celui aux plumes les plus colorées. Mais quel est l'intérèt pour l'espèce ? Car si les femelles sélectionnent les mâles aux plus belles plumes, rien ne certifie que ce seront les meilleurs reproducteurs, ou de bons associés pour nourrir la famille. L'hypothèse serait que les couleurs et la taille des plumes ont un effet déclencheur sur le potentiel reproductif de la femelle, et favoriserait un plus grand nombre de fertilisations. Augmentant ainsi les chances de survie des individus les plus motivants sexuellement. Bref, on ne sait toujours pas relier la beauté du ramage avec l'efficacité génétique de la sélection. Un siècle après Darwin, le mystère demeure, et les paons continuent de faire la roue...
Quand les machines vous reconnaissent
Au doigt, à l'oeil et à la voix...
Juillet 1991 (Les Echos)
C'est inévitable, dans tout film d'anticipation qui se respecte il faut montrer patte blanche. Et quand on dit patte, ce n'est ni d'une banale carte d'identité ni d'un badge quelconque dont il s'agit. Non, de "2001 l'Odyssée de l'espace" à bien d'autres polars orbitaux, en passant par les derniers exploits nucléaires de James Bond, le héros aboutit toujours devant une porte, ou un terminal informatique pour lequel toute formule d'accueil se résume à l'essentiel : "Identification".
Selon le degré d'imagination de l'auteur ou la fortune des producteurs, il ne reste alors au héros qu'à laisser son oeil se faire fouiller par un rayon infra-rouge (relevé des vaisseaux rétiniens), poser sa main contre une plaque de verre (analyse des contours de la main et des doigts), ou à prendre son meilleur timbre pour s'écrier "Astronaute Cooper. Nasa. Mot de passe Nashville-Tennesse". Et généralement la porte interdite s'ouvre, ou l'écran du terminal de communication s'orne du minois d'une charmante hôtesse de synthèse qui prend la direction des opérations.
Sans le savoir, vous avez donc déjà vu des terminaux de reconnaissance biométrique au travail. Dans la vie quotidienne il faudra attendre encore un peu avant de se faire identifier par une machine à tous les coins de rue. Pour l'instant, les prix des systèmes (plus de 100.000 francs pour ceux qui sont estimés vraiment sûrs) empêchent leur arrivée en masse. Mais plusieurs milliers de ces installations ont déjà été réalisées à travers le monde, chez les consommateurs de haute sécurité : militaires, services de renseignement, laboratoires à zones d'accès limité. Les technologies les plus répandues étant celles de la mémorisation de la géométrie de l'arbre rétinien, le vaisseau sanguin qui irrigue le fond de l'oeil. L'image est obtenue par un scanner optique à infra-rouge, qui lit en quelques fractions de seconde l'image de votre rétine, pendant que vous contemplez paisiblement une cible optique. Un ordinateur (type PC) la compare ensuite à celle stockée en mémoire. Près d'un millier de ces dispositifs ont déjà été installés aux Etats-Unis, notamment par la société Eyedentify. La fiabilité est presque totale, mais l'opération est lourde, trop pour se voir appliquée à des centaines de personnes au passage d'une enceinte. Autre méthode, aux allures plus classiques, les empreintes digitales. Lues par un terminal électronique et comparées à celles enregistrées dans une carte que le candidat à la reconnaissance doit introduire dans la machine. C'est ce que propose la firme américaine Identitix. C'est plus souple, plus rapide, moins cher mais moins fiable : le système est "ouvert" (on est porteur d'une information mémorisée dans une carte), ce qui prête le flanc à la fraude.
La technique présente l'avantage de pouvoir gérer des flux importants de personnes. On peut donc installer de tels dispositifs à l'entrée de grandes administrations, d'immeubles, comme ceux de centres militaires, de recherches, de banques.
Variante au genre digital, la reconnaissance des formes de la main, éprouvée par Mitsubishi, qui diminue les coûts, augmente encore le débit des personnes, et baisse un peu la garde de la sécurité.
"Tout dépend du niveau de sécurité que l'on recherche, et du nombre de personnes à vérifier", explique Michel Tantet, responsable recherche sur la sécurité électronique chez Fichet-Bauche.
Finalement l'idéal ne serait-il pas d'être reconnu par une machine se passant de contact physique, à la simple écoute de sa voix, éventuellement assortie d'un mot de passe ? L'empreinte d'identité vocale suscite aujourd'hui bien des recherches. L'enjeu est énorme. Il s'agit à terme, de pouvoir authentifier à coup sûr l'auteur d'une phrase, d'un mot. Comme on sait aujourd'hui reconnaître une empreinte digitale ou génétique. Mais le système présenterait l'avantage de la souplesse totale. Pour accéder à distance à des banques de données informatiques, s'identifier au téléphone pour des services de télé-achat, accéder à des services divers sans avoir à transporter en permanence avec soi une douzaine de cartes et de badges accréditifs. Mais c'est particulièrement ardu, car la voix est une information fluctuante et éphémère. "C'est plus difficile qu'avec le fond de l'oeil ou une empreinte, car presque tout est variable", explique Jean-Sylvain Lienard, chercheur au Laboratoire d'Informatique pour la Mécanique et les Sciences de l'Ingénieur d'Orsay (LIMSI). Certes, personne ne parle comme vous. Mais quelle mode d'analyse utiliser pour le savoir ? La simple comparaison des profils des fréquences vocales, pratiquée dès la fin des années 70, est largement insuffisante. Un mot est rarement prononcé deux fois de suite de la même manière, ce qui empêche de trop "serrer" les critères d'identification. Par contre, si l'on est trop tolérant, un bon imitateur (ou une bande magnétique) parviendra à induire la machine en erreur. Bien entendu, un dispositif de reconnaissance simple sera suffisant si l'on veut mettre une sécurité de bas niveau sur une entrée à faible protection, ou ordonner à une porte de s'ouvrir lorsque l'on arrive les bras encombrés d'objets. L'inventive Martine Kempf s'est rendue célèbre en 1985 pour ses prouesses en la matière, avec son Katalvox, qui permettait de commander des fonctions à la voix. de nombreuses applications ont été depuis réalisées, que ce soit dans l'automobile, l'aide logistique aux handicapés, ou les chambres d'hôpital dont les portes, fenêtres et volets s'ouvrent ou se déroulent à la voix . Mais quelqu'un qui souhaite pénétrer dans le local saura vite contourner un tel appareil, a priori incapable d'effectuer un contrôle d'identité vocale.
Pourtant les chercheurs ne désespèrent pas de mettre au point des algorithmes, des méthodes de sélection d'échantillons vocaux pour offrir à leur électronique la possibilité de savoir qui parle. Un domaine qui intéresse bien naturellement les autorités de police, qui aimeraient déjà disposer d'une machine à mettre des noms sur des enregistrements magnétiques. Un appel d'offre a déjà été lancé en ce sens.
Dans l'état actuel des techniques, il est exclu de reconnaître formellement la voix de quelqu'un, enregistrée sur bande magnétique. Souvent l'enregistrement a été réalisé au moment de l'action, de façon à peine préméditée, "sur le vif", au moyen d'un magnétophone de mauvaise qualité, parfois au téléphone (répondeur-enregistreur), avec des bruits de fond, et dans des conditions de stress du locuteur. Sans parler du truc bien connu du "mouchoir devant la bouche" que pratiquent volontiers maîtres chanteurs. "Quand on demande à des suspects de lire pour comparaison vocale un texte, on peut rarement compter sur leur bonne volonté à utiliser le même ton qu'au moment de l'action. Et de toute manière, la situation ne présentant pas le même niveau de stress, le résultat sera souvent très différent", souligne Bernard Prouts, responsable de l'activité traitement de la parole chez Vecsys. Ce qui n'empêche pas les autorités de police de consulter régulièrement les experts sur le sujet. Les scientifiques sont très partagés sur l'intérêt de la démarche, certains, dans le cadre d'une sorte de moratoire, ont pour le moment carrément refusé de travailler dans cette voie.
Aux Etats-Unis, la société Sensimetrics de Cambridge (Massachusetts) vient pour sa part d'annoncer une curieuse prouesse, qui pourrait constituer une percée. Les chercheurs assurent avoir identifié parmi les discours de guerre de Winston Churchill des textes qui avaient été enregistré en studio par un acteur-imitateur, Norman Shelley. Une innocente mascarade destinée à enregistrer a posteriori des discours qui avaient été prononcés en l'absence de micros. Churchill avait autre chose à faire. Une astuce dont personne ne s'était aperçu, et que l'acteur avait confessé juste avant de décéder. Pour parvenir à ce résultat, les ingénieurs ont mis au point une technique qui reconnait la manière dont le Premier ministre britannique associait les formants, les résonances de fréquences de sa voix, pour obtenir des sons. Il suffit de disposer d'un bon enregistrement de la voix de quelqu'un pour façonner cette empreinte vocale. Son intérêt est à première vue de rester constante chez un individu, ce qui permet de reconnaître quelqu'un même si le texte prononcé ou l'intonation changent.
Juillet 1991 (Les Echos)
C'est inévitable, dans tout film d'anticipation qui se respecte il faut montrer patte blanche. Et quand on dit patte, ce n'est ni d'une banale carte d'identité ni d'un badge quelconque dont il s'agit. Non, de "2001 l'Odyssée de l'espace" à bien d'autres polars orbitaux, en passant par les derniers exploits nucléaires de James Bond, le héros aboutit toujours devant une porte, ou un terminal informatique pour lequel toute formule d'accueil se résume à l'essentiel : "Identification".
Selon le degré d'imagination de l'auteur ou la fortune des producteurs, il ne reste alors au héros qu'à laisser son oeil se faire fouiller par un rayon infra-rouge (relevé des vaisseaux rétiniens), poser sa main contre une plaque de verre (analyse des contours de la main et des doigts), ou à prendre son meilleur timbre pour s'écrier "Astronaute Cooper. Nasa. Mot de passe Nashville-Tennesse". Et généralement la porte interdite s'ouvre, ou l'écran du terminal de communication s'orne du minois d'une charmante hôtesse de synthèse qui prend la direction des opérations.
Sans le savoir, vous avez donc déjà vu des terminaux de reconnaissance biométrique au travail. Dans la vie quotidienne il faudra attendre encore un peu avant de se faire identifier par une machine à tous les coins de rue. Pour l'instant, les prix des systèmes (plus de 100.000 francs pour ceux qui sont estimés vraiment sûrs) empêchent leur arrivée en masse. Mais plusieurs milliers de ces installations ont déjà été réalisées à travers le monde, chez les consommateurs de haute sécurité : militaires, services de renseignement, laboratoires à zones d'accès limité. Les technologies les plus répandues étant celles de la mémorisation de la géométrie de l'arbre rétinien, le vaisseau sanguin qui irrigue le fond de l'oeil. L'image est obtenue par un scanner optique à infra-rouge, qui lit en quelques fractions de seconde l'image de votre rétine, pendant que vous contemplez paisiblement une cible optique. Un ordinateur (type PC) la compare ensuite à celle stockée en mémoire. Près d'un millier de ces dispositifs ont déjà été installés aux Etats-Unis, notamment par la société Eyedentify. La fiabilité est presque totale, mais l'opération est lourde, trop pour se voir appliquée à des centaines de personnes au passage d'une enceinte. Autre méthode, aux allures plus classiques, les empreintes digitales. Lues par un terminal électronique et comparées à celles enregistrées dans une carte que le candidat à la reconnaissance doit introduire dans la machine. C'est ce que propose la firme américaine Identitix. C'est plus souple, plus rapide, moins cher mais moins fiable : le système est "ouvert" (on est porteur d'une information mémorisée dans une carte), ce qui prête le flanc à la fraude.
La technique présente l'avantage de pouvoir gérer des flux importants de personnes. On peut donc installer de tels dispositifs à l'entrée de grandes administrations, d'immeubles, comme ceux de centres militaires, de recherches, de banques.
Variante au genre digital, la reconnaissance des formes de la main, éprouvée par Mitsubishi, qui diminue les coûts, augmente encore le débit des personnes, et baisse un peu la garde de la sécurité.
"Tout dépend du niveau de sécurité que l'on recherche, et du nombre de personnes à vérifier", explique Michel Tantet, responsable recherche sur la sécurité électronique chez Fichet-Bauche.
Finalement l'idéal ne serait-il pas d'être reconnu par une machine se passant de contact physique, à la simple écoute de sa voix, éventuellement assortie d'un mot de passe ? L'empreinte d'identité vocale suscite aujourd'hui bien des recherches. L'enjeu est énorme. Il s'agit à terme, de pouvoir authentifier à coup sûr l'auteur d'une phrase, d'un mot. Comme on sait aujourd'hui reconnaître une empreinte digitale ou génétique. Mais le système présenterait l'avantage de la souplesse totale. Pour accéder à distance à des banques de données informatiques, s'identifier au téléphone pour des services de télé-achat, accéder à des services divers sans avoir à transporter en permanence avec soi une douzaine de cartes et de badges accréditifs. Mais c'est particulièrement ardu, car la voix est une information fluctuante et éphémère. "C'est plus difficile qu'avec le fond de l'oeil ou une empreinte, car presque tout est variable", explique Jean-Sylvain Lienard, chercheur au Laboratoire d'Informatique pour la Mécanique et les Sciences de l'Ingénieur d'Orsay (LIMSI). Certes, personne ne parle comme vous. Mais quelle mode d'analyse utiliser pour le savoir ? La simple comparaison des profils des fréquences vocales, pratiquée dès la fin des années 70, est largement insuffisante. Un mot est rarement prononcé deux fois de suite de la même manière, ce qui empêche de trop "serrer" les critères d'identification. Par contre, si l'on est trop tolérant, un bon imitateur (ou une bande magnétique) parviendra à induire la machine en erreur. Bien entendu, un dispositif de reconnaissance simple sera suffisant si l'on veut mettre une sécurité de bas niveau sur une entrée à faible protection, ou ordonner à une porte de s'ouvrir lorsque l'on arrive les bras encombrés d'objets. L'inventive Martine Kempf s'est rendue célèbre en 1985 pour ses prouesses en la matière, avec son Katalvox, qui permettait de commander des fonctions à la voix. de nombreuses applications ont été depuis réalisées, que ce soit dans l'automobile, l'aide logistique aux handicapés, ou les chambres d'hôpital dont les portes, fenêtres et volets s'ouvrent ou se déroulent à la voix . Mais quelqu'un qui souhaite pénétrer dans le local saura vite contourner un tel appareil, a priori incapable d'effectuer un contrôle d'identité vocale.
Pourtant les chercheurs ne désespèrent pas de mettre au point des algorithmes, des méthodes de sélection d'échantillons vocaux pour offrir à leur électronique la possibilité de savoir qui parle. Un domaine qui intéresse bien naturellement les autorités de police, qui aimeraient déjà disposer d'une machine à mettre des noms sur des enregistrements magnétiques. Un appel d'offre a déjà été lancé en ce sens.
Dans l'état actuel des techniques, il est exclu de reconnaître formellement la voix de quelqu'un, enregistrée sur bande magnétique. Souvent l'enregistrement a été réalisé au moment de l'action, de façon à peine préméditée, "sur le vif", au moyen d'un magnétophone de mauvaise qualité, parfois au téléphone (répondeur-enregistreur), avec des bruits de fond, et dans des conditions de stress du locuteur. Sans parler du truc bien connu du "mouchoir devant la bouche" que pratiquent volontiers maîtres chanteurs. "Quand on demande à des suspects de lire pour comparaison vocale un texte, on peut rarement compter sur leur bonne volonté à utiliser le même ton qu'au moment de l'action. Et de toute manière, la situation ne présentant pas le même niveau de stress, le résultat sera souvent très différent", souligne Bernard Prouts, responsable de l'activité traitement de la parole chez Vecsys. Ce qui n'empêche pas les autorités de police de consulter régulièrement les experts sur le sujet. Les scientifiques sont très partagés sur l'intérêt de la démarche, certains, dans le cadre d'une sorte de moratoire, ont pour le moment carrément refusé de travailler dans cette voie.
Aux Etats-Unis, la société Sensimetrics de Cambridge (Massachusetts) vient pour sa part d'annoncer une curieuse prouesse, qui pourrait constituer une percée. Les chercheurs assurent avoir identifié parmi les discours de guerre de Winston Churchill des textes qui avaient été enregistré en studio par un acteur-imitateur, Norman Shelley. Une innocente mascarade destinée à enregistrer a posteriori des discours qui avaient été prononcés en l'absence de micros. Churchill avait autre chose à faire. Une astuce dont personne ne s'était aperçu, et que l'acteur avait confessé juste avant de décéder. Pour parvenir à ce résultat, les ingénieurs ont mis au point une technique qui reconnait la manière dont le Premier ministre britannique associait les formants, les résonances de fréquences de sa voix, pour obtenir des sons. Il suffit de disposer d'un bon enregistrement de la voix de quelqu'un pour façonner cette empreinte vocale. Son intérêt est à première vue de rester constante chez un individu, ce qui permet de reconnaître quelqu'un même si le texte prononcé ou l'intonation changent.
Libellés :
biologie,
prospective,
science,
science IA,
technologies
Brèves janvier 1991
NINO
Attention, El Nino arrive. Les eaux du Pacifique sud, avec 1,5 degrés de plus que la normale l'automne dernier sont en train de se réchauffer, ce qui pourrait signifier que le fameux phénomène climatique est en cours de démarrage. Les spécialistes du centre du climat de Washington estiment que la variation climatique se déclenchera cet hiver, mettant en place les habituelles perturbations pour toute l'année 1991. Survenant tous les deux à sept ans, le renversement des courants maritimes et aériens provoque le réchauffement des eaux en surface, la formation de masses nuageuses plus importantes, des pluies violentes en Amérique du Sud et dans le sud-ouest des Etats-Unis, ainsi que des saisons particulièrement sèches en Australie et dans le sud-est asiatique. Ce cortège de conséquences est aussi à l'origine des migrations des poissons et des mauvaises saisons des pêcheurs péruviens, qui lui ont donné son nom d'El Nino.
YEUX CLOS
Quand vous voyez un fauve cligner des paupières lentement, ou un lion le yeux fermés, dort-il vraiment. Pas en captivité , en tous cas, car Mircea Pfleiderre, du zoo d'Innsbruck, a longuement étudié cette fausse somnolence et estime que les fauves ferment les yeux pour éviter le stress. Un moyen de fuir, selon lui, et d'éviter de voir les visiteurs, et de se dire, un peu comme les enfants : "si je ne les vois pas, ils ne me voient pas".
PELICANS
Les embryons des pelicans peuvent communiquer avec leurs parents, selon Roger Evans, de l'université de Manitoba, qui a étudié le pelican blanc (Pelecanus erythrorhynchus). Si les bébés ont trop chaud ou trop froid, ils s'agitent et crient à l'intérier des oeufs jusqu'à ce que l'adulte réagisse. Les pélicans ont en genéral deux oeufs, qu'ils gardent au chaud sur leurs pattes, bien irriguées de sang. Et les parents surveillent de près la température des oeufs. Les ennuis surviennent quand le premier des deux petits commence à briser sa coquille. Il accapare alors toute l'attention de la mère, et comme la sortie peut prendre deux jours entiers, l'autre oeuf, abandonné à lui-même, court tous les dangers pendant ce temps-là. Du moins risque-t-il un coup de chaud sous le soleil, on un refroidissement, si le fond de l'air est frais.
C'est oublier que le petit, déjà, sait crier. Plus il a froid (ou chaud), plus il va crier fort et avec un rythme rapide). La réponse des parents est en général très rapide, ils reprennent l'oeuf sur leurs pattes pour le réchauffer à la température idéale...
CARBONE
La chimie contre l'effet de serre; Les premier projets fous pour se débarrasser du gaz carbonique en excès dans l'atmosphère, et limiter le réchauffement de la planète par effet de serre, prévoyaient d'ensemencer la plancton de l'Antarctique, de la doper pour qu'il puisse absorber davantage de carbone.
Les chimistes japonais de l'Institut de Technologie de Tokyo proposent carrément un composé cuivré, glouton de carbone.
Le produit donne à un liquide une belle couleur bleue profonde, qui vire brutalement au vert dès qu'il est mis en présence da gaz carbonique.
Pas la peine de rêver. Il faudrait des quantités astronomiques de ce produit pour résorber le carbone en excès, et le remède serait pire que le mal, puisque la pollution pourrait continuer, sans sanction.
Par contre la découverte est très intéressante pour étudier et tenter de comprendre l'un des mécanismes les plus mystérieux du monde vivant : la photosynthèse végétale.
GUPPY
Joli petit poisson ne veut pas se laisser manger. Le guppy, Poecilia reticulata, adapte son comportement sexuel à celui de ses prédateurs.
Ce poisson bien connu dans les aquariums va en effet adapter sa stratégie de reproduction à la façon dont ses ennemis préférés aiment le manger.
Si les prédateurs s'attaquent aux petits, les femelles vont se mettre à avoir des portées nombreuses. Tandis que s'ils préfèrent croquer les adultes, les mères vont mettre au monde moins de petits, mais les bichonner davantage pour qu'ils deviennent plus forts, de meilleurs nageurs, capables de s'esquiver plus efficacement.
Cette étude de l'université de Californie, à Riverside, a duré plus de 11 années et a aussi établit que ces comportements étaient mémorisé génétiquement, mais que les poissons étaient capables de changer de stratégie quand leurs prédateurs changeaient. ce qui n'arrive évidemment pas très souvent en milieu naturel, mais très volontiers en laboratoire, sous les yeux de chercheurs curieux.
METAUX
20.000 fortunes sous les mers : un nouveau type de de fond océaniques a été découverte au large de Tonga par les chercheurs de l'Ifremer, dans des régions où les sources d'eau chaude sous-marines sont nombreuses. Surtout ces fonds, à 1.880 mètres sous la surface, sont riches de métaux comme le cuivre ou le zinc, mais aussi d'or et d'argent, à des teneurs comparables aux mines terrestres.
ETOURNEAUX
Les étourneaux sansonnets ont des talents cachés. Ces oiseaux utilisent des plantes comme pesticides, selon le biologiste Larry Clark, du centre chimique Monell, à Philadelphie.
Les oiseaux choisissent certaines plantes pour leur nid, afin de contrôler la présence de parasites suceur de sang, comme les "fowl mites"
On a mesuré que ces parasites se reproduisaient à une telle vitesse et pouvaient atteindre un tel nombre dans un nid que des oisillons pouvaient perdre jusqu'à 10 % de leur sang chaque jour sous les assauts de ces voraces.
Pour combattre cette vermine, les étourneaux utilisent du feuillage verte et frais. La preuve ? Quand les chercheurs retirent ces feuillages des nids, le nombre des parasites passait de quelques milliers à près d'un million par nid. Le feuilles les plus efficaces ? celles des plants de carottes, et les "fleabanes".
SEISMES
Des alertes pour les séismes : une étude approfondie des tremblements de terre californiens du dernier siècle a montré que chacun de séismes majeurs de 1868, de 1906 et de 1989 avait été précédé de "précurseurs" pendant une dizaine d'années, après une période de calme sismique.
Attention, El Nino arrive. Les eaux du Pacifique sud, avec 1,5 degrés de plus que la normale l'automne dernier sont en train de se réchauffer, ce qui pourrait signifier que le fameux phénomène climatique est en cours de démarrage. Les spécialistes du centre du climat de Washington estiment que la variation climatique se déclenchera cet hiver, mettant en place les habituelles perturbations pour toute l'année 1991. Survenant tous les deux à sept ans, le renversement des courants maritimes et aériens provoque le réchauffement des eaux en surface, la formation de masses nuageuses plus importantes, des pluies violentes en Amérique du Sud et dans le sud-ouest des Etats-Unis, ainsi que des saisons particulièrement sèches en Australie et dans le sud-est asiatique. Ce cortège de conséquences est aussi à l'origine des migrations des poissons et des mauvaises saisons des pêcheurs péruviens, qui lui ont donné son nom d'El Nino.
YEUX CLOS
Quand vous voyez un fauve cligner des paupières lentement, ou un lion le yeux fermés, dort-il vraiment. Pas en captivité , en tous cas, car Mircea Pfleiderre, du zoo d'Innsbruck, a longuement étudié cette fausse somnolence et estime que les fauves ferment les yeux pour éviter le stress. Un moyen de fuir, selon lui, et d'éviter de voir les visiteurs, et de se dire, un peu comme les enfants : "si je ne les vois pas, ils ne me voient pas".
PELICANS
Les embryons des pelicans peuvent communiquer avec leurs parents, selon Roger Evans, de l'université de Manitoba, qui a étudié le pelican blanc (Pelecanus erythrorhynchus). Si les bébés ont trop chaud ou trop froid, ils s'agitent et crient à l'intérier des oeufs jusqu'à ce que l'adulte réagisse. Les pélicans ont en genéral deux oeufs, qu'ils gardent au chaud sur leurs pattes, bien irriguées de sang. Et les parents surveillent de près la température des oeufs. Les ennuis surviennent quand le premier des deux petits commence à briser sa coquille. Il accapare alors toute l'attention de la mère, et comme la sortie peut prendre deux jours entiers, l'autre oeuf, abandonné à lui-même, court tous les dangers pendant ce temps-là. Du moins risque-t-il un coup de chaud sous le soleil, on un refroidissement, si le fond de l'air est frais.
C'est oublier que le petit, déjà, sait crier. Plus il a froid (ou chaud), plus il va crier fort et avec un rythme rapide). La réponse des parents est en général très rapide, ils reprennent l'oeuf sur leurs pattes pour le réchauffer à la température idéale...
CARBONE
La chimie contre l'effet de serre; Les premier projets fous pour se débarrasser du gaz carbonique en excès dans l'atmosphère, et limiter le réchauffement de la planète par effet de serre, prévoyaient d'ensemencer la plancton de l'Antarctique, de la doper pour qu'il puisse absorber davantage de carbone.
Les chimistes japonais de l'Institut de Technologie de Tokyo proposent carrément un composé cuivré, glouton de carbone.
Le produit donne à un liquide une belle couleur bleue profonde, qui vire brutalement au vert dès qu'il est mis en présence da gaz carbonique.
Pas la peine de rêver. Il faudrait des quantités astronomiques de ce produit pour résorber le carbone en excès, et le remède serait pire que le mal, puisque la pollution pourrait continuer, sans sanction.
Par contre la découverte est très intéressante pour étudier et tenter de comprendre l'un des mécanismes les plus mystérieux du monde vivant : la photosynthèse végétale.
GUPPY
Joli petit poisson ne veut pas se laisser manger. Le guppy, Poecilia reticulata, adapte son comportement sexuel à celui de ses prédateurs.
Ce poisson bien connu dans les aquariums va en effet adapter sa stratégie de reproduction à la façon dont ses ennemis préférés aiment le manger.
Si les prédateurs s'attaquent aux petits, les femelles vont se mettre à avoir des portées nombreuses. Tandis que s'ils préfèrent croquer les adultes, les mères vont mettre au monde moins de petits, mais les bichonner davantage pour qu'ils deviennent plus forts, de meilleurs nageurs, capables de s'esquiver plus efficacement.
Cette étude de l'université de Californie, à Riverside, a duré plus de 11 années et a aussi établit que ces comportements étaient mémorisé génétiquement, mais que les poissons étaient capables de changer de stratégie quand leurs prédateurs changeaient. ce qui n'arrive évidemment pas très souvent en milieu naturel, mais très volontiers en laboratoire, sous les yeux de chercheurs curieux.
METAUX
20.000 fortunes sous les mers : un nouveau type de de fond océaniques a été découverte au large de Tonga par les chercheurs de l'Ifremer, dans des régions où les sources d'eau chaude sous-marines sont nombreuses. Surtout ces fonds, à 1.880 mètres sous la surface, sont riches de métaux comme le cuivre ou le zinc, mais aussi d'or et d'argent, à des teneurs comparables aux mines terrestres.
ETOURNEAUX
Les étourneaux sansonnets ont des talents cachés. Ces oiseaux utilisent des plantes comme pesticides, selon le biologiste Larry Clark, du centre chimique Monell, à Philadelphie.
Les oiseaux choisissent certaines plantes pour leur nid, afin de contrôler la présence de parasites suceur de sang, comme les "fowl mites"
On a mesuré que ces parasites se reproduisaient à une telle vitesse et pouvaient atteindre un tel nombre dans un nid que des oisillons pouvaient perdre jusqu'à 10 % de leur sang chaque jour sous les assauts de ces voraces.
Pour combattre cette vermine, les étourneaux utilisent du feuillage verte et frais. La preuve ? Quand les chercheurs retirent ces feuillages des nids, le nombre des parasites passait de quelques milliers à près d'un million par nid. Le feuilles les plus efficaces ? celles des plants de carottes, et les "fleabanes".
SEISMES
Des alertes pour les séismes : une étude approfondie des tremblements de terre californiens du dernier siècle a montré que chacun de séismes majeurs de 1868, de 1906 et de 1989 avait été précédé de "précurseurs" pendant une dizaine d'années, après une période de calme sismique.
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