Immunofluorescence
1994
Une bataille peut-elle être belle ? Cette question, c'est à des chercheurs comme Nancy Kedersha qu'il faut l'adresser. La jeune immunologiste américaine est une spécialiste mondialement reconnue du démontage des mécanismes du vivant. Sous ses yeux, des millions de cellules ont livré le combat de leur survie. Avoué leurs secrets.
Nancy n'est pas la seule chercheuse à utiliser l'immunofluorescence. La technique consiste à accoler des étiquettes colorées à des torpilles chimiques qui vont s'agripper à des cibles précises sur la cellule . Fluorescentes, ces marques s'illumineront lorsqu'on les fera passer sous une lumière bien précise, et révèleront l'anatomie intime des endroits ou elles ont été accueillies. Grâce à cette astuce aussi simple que jolie, les chercheurs peuvent voir les contours d'une cellule nerveuse, mais aussi traquer les effets de leurs molécules-médicament au contact de fibroplastes de la peau. Ils voient les substances, des "anticorps" ainsi colorés qui s'amarrent vigoureusement à la cellule, ceux qui font pénétrer le médicament qu'ils portent sur le dos à travers la muraille cellulaire et vont le livrer au bon endroit... Car en "ouvrant" les parois des cellules vivantes, on peut faire pénétrer ces missiles colorés dans la cellule. En se fixant à certaines protéines, ils dénoncent alors le fonctionnement intime de la microscopique usine du vivant....
Nancy a développé dans ce domaine une technique et un regard hors pair. Etudiante préparant sa thèse, elle a peaufiné jusqu'à l'extrème sa technique sur son microscope à fluorescence. Découvrant du coup dans les cellules des parties inconnues jusque là, des structures en forme d'arches (ribonucléoprotéines), omniprésentes, et dont on ignore toujours à quoi elles servent vraiment.
C'est ce regard "pénétrant" qui a intéressé les responsables de la société ImmunoGen de Cambridge (Massachusetts). Cette société mise actuellement sur le développement d'une nouvelle famille de médicaments contre le cancer, et ses responsables ont demandé à Nancy de venir observer chez eux l'effet de divers candidats-médicaments sur les cellules vivantes.
Le résultat de ces années de labeur? Un feu d'artifice coloré, un monde irréel, dont l'enjeu n'est pourtant rien moins que le combat pour la vie.
"Le plus étonnant, dans ce genre de travail, concède Nancy, c'est la manière dont les cellules conservent leurs caractéristiques, même quand vous les mettez en culture en éprouvette. C'est un peu comme si vous preniez des gendarmes et des voleurs, vous les mettiez sur une île déserte sans leurs armes, et qu'ils continuent à se poursuivre"....
Surtout, les cellules conservent leur capacité à "dialoguer" avec quantités d'agents extérieurs, les anti-corps.
A sa surface, chaque cellule porte des milliers de marques caractéristiques, des molécules chimiques qui font son empreinte, sa carte d'identité. Ces antigènes sont visités et lus par d'autres molécules, des anticorps présents à l'extérieur, et qui viennent épouser les formes des antigènes pour les identifier. Dans ce chaos de reconnaissances mutuelles, de tâtonnements chimiques, un intrus est identifié, dénoncé. Et les ordres d'attaque sont aussitôt donnés par une chaîne de réaction du système immunitaire, chargée d'ordonner le ménage et de faire balayer l'intrus.
Cela fonctionne plutôt bien. Même si certains envahisseurs, virus, bactéries ou parasites se sont adaptés en développant des astuces pour demeurer "illisibles", ou "invisibles", aux anticorps du système immunitaire. Dans le cas du cancer, il reste à comprendre pourquoi les cellules cancéreuses, qui pourtant ont une signature, un profil d'antigènes tout à fait particulier et différent de celui des cellules saines, ne sont pas exterminées par les défenses de l'organisme.
"Probablement le sont-elles, explique Wolf-Herman Fridman, directeur du laboratoire d'immunologie cellulaire de l'Institut Curie, mais le cancer se développe quand le système immunitaire ne fonctionne pas de façon suffisamment efficace...."
Cette déficience, les chercheurs veulent aujourd'hui la combler en jouant sur les arguments même de la défense. En fabricant des anticorps spécifiques, qui sachent parfaitement reconnaître les cellules cancéreuses et se fixer à la seule surface de celles-ci. En leur associant des substances toxiques, ils parviennent à faire converger les produits anti-cancéreux au coeur des tissus malades, en évitant leur dispersion dans le reste de l'organisme. Un progrès de taille par rapport aux techniques de chimiothérapie "aveugles", dont les effets de frappe massive sur l'organisme limitent trop souvent l'usage.
Parmi les substances qui pourraient ainsi se laisser guider par les anticorps, la ricine. Les immunologistes d'ImmunoGen pensent que cet extrait du ricin, capable à la dose de quelques molécules de tuer une cellule, pourra achever le travail dans le cas de chimiothérapies incomplètes, voire de remplacer celles-ci, à des doses mille fois moindre...
Le développement continu des techniques d'immunofluorescence progresse aujourd'hui à pas de géant. Les images que vous avez sous les yeux sont bien plus riches d'informations que celles que l'on obtenait il y a quelques années. Avec trois couleurs, bleu, rouge et vert, les fluorochromes permettent désormais de marquer différents effets des anticorps à l'intérieur même de la cellule, de cerner différentes étapes de la machinerie.
On a ainsi pu comprendre comment agissait le taxol, cet extrait de l'if qui s'avère un efficace agent anticancéreux. Il empêche le fonctionnement des microtubules, de petites structures qui interviennent lors de la copie des chromosomes en vue de la division cellulaire.
Dénonçant la présence la plus discrète, ces étiquettes fluorescentes peuvent aussi traquer un démarrage cancéreux avant-même qu'il ne soit observable. En trouvant de la kératine dans des tissus osseux, où cette substance n'a rien à faire, les biologistes peuvent diagnostiquer un affolement cellulaire correspondant à un cancer précoce.
Et demain ?
"Ces techniques vont se généraliser, on peut aujourd'hui directement regarder dans un microscope à immunofluorescence, alors qu'il y a quelques années, il fallait passer par la photographie", explique Jean Davoust, chercheur au centre d'immunologie de Marseille-Luminy (INSERM-CNRS).
Sur son écran, le biologiste pourra "visiter" la cellule sur laquelle il doit travailler. Y pénétrer pour un voyage virtuel, qui lui permettra d'assister en direct à l'action des médicaments convoyés par les anticorps...
Un fantasme ?
La microscopie confocale, où les points de fluorescence sont lus par un petit faisceau laser, les coordonnées enregistrées, permet déjà de restituer une image en trois dimensions de la cellule. Avec une précision aussi étonnante qu'émouvante.
vendredi 13 juin 2008
Telescope Keck
Reportage à Hawaii
1994
Nos nuits devraient être blanches. Dégoulinantes de lumière. Coiffées de millions de lanternes solaires juxtaposées. Sans le moindre noir sur la voûte. Question de bon sens.
Après tout, le nombre d'étoiles tapissant l'univers est assez monstrueux pour être admis comme "infini" à l'horizon de notre entendement (des millions de milliards). Ne pas être aveuglé par une voûte enchassée de lumière confine donc à l'hérésie. Notre perception "instinctive" du monde est bafouée.
Car la nuit est obstinée, noire. A peine mouchetée de myriades de lueurs. Pourquoi ?
Pour satisfaire leurs flirts avec les questions de l'univers, les cohortes scientifiques gravissent désormais les Cordillères les plus escarpées pour y percher de gigantesques réceptacles à lumière, les miroirs des télescopes. Comme au Centre d'Observation Européen (ESO) de la Silla, au Chili, ou sur le Mauna Kéa, le volcan d'Hawaii couronné de neuf dômes blancs, 4.200 mètres plus haut que la mer.
Parfois, les Terriens expédient aussi leurs entonnoirs à lumière en orbite, comme le désormais fameux Hubble Telescope, et bien d'autres instruments moins médiatiques.
L'idée originelle de toutes ces migrations en altitude étant bien entendu d'échapper le mieux possible aux troubles inhérents à la basse atmosphère terrestre : pollution chimique et lumineuse, turbulences de l'air, nuages et humidité... S'en affranchir permet d'atteindre les limites de clarté des optiques, de distiller des images au piqué tranchant comme des rasoirs, chaque détail révélé devenant une information sans précédent sur les pâles objets observés.
Pour ce genre d'affaires, l'espace semble la solution idéale. En principe... Les avatars de Hubble et les pirouettes des astronautes-dépanneurs de la Nasa ont convaincu bien des astronomes que la solution, pour les gros télescopes optiques du moins, n'est pas forcément d'être placé dans l'espace.
Durant les vingt années qui séparent la conception de Hubble et son fonctionnement optimal, en décembre 1993, les cartes ont tout simplement été redistribuées. Astronomes et ingénieurs n'ont pas chômé, développant des outils optiques et électroniques sans équivalents, trouvant des sites d'implantation qui font des télescopes actuellement en cours de réalisation au sol des machines à traquer la lumière capables sous peu de concurrencer Hubble. S'il est probable que l'orbite terrestre conservera un intérêt puissant pour tous ceux qui étudient les longueurs d'ondes les plus altérées par l'atmosphère : ultra-violets, infra-rouges, rayons X, gamma, etc, dans le domaine optique, cela est moins certain...
Pour le prix d'un télescope optique en orbite, les astronomes pourront s'offrir une bonne dizaine d'engins géants au sol....
La partie cruciale du télescope géant, son âme, c'est le miroir primaire. Cette cuvette argentée lui confère qualités, défauts et limites... Une surface la plus étendue possible, mais aussi la plus régulière. Elle est chargée de collecter tous les grains de lumière, les photons en provenance des confins de l'univers, et de les concentrer vers un autre miroir, plus petit, qui forme le pinceau lumineux destiné à l'analyse par les instruments, les différentes caméras montées à la réception des images.
D'emblée, on perçoit le dilemme : réaliser le plus grand miroir possible, mais aussi le plus régulier, le plus lisse, le plus stable. Sans oublier qu'il doit être mobile, orientable, et avant tout, ne pas se déformer sous son propre poids...
La limite du genre était connue. Elle avait été atteinte par les Soviétiques, en 1976, avec un miroir de 6 mètres de diamètre à Zelentchouk (Caucase). D'ailleurs les défauts techniques de l'installation ne lui ont jamais permis d'atteindre les objectifs scientifiques que l'on pouvait espérer, et le plus performant des grands télescopes fut longtemps le Hale, du mont Palomar, en Arizona, plus modeste avec 5 mètres de diamètre, et plus ancien (1948). Il ne fut rattrapé en performances que par les grands télescopes des années 70 et 80, comme l'engin franco-canadien implanté sur le Mauna Kéa en 1979 (3,6 mètres de diamètre). Mieux conçus, implantés sur des sites meilleurs, ces instruments plus petits voyaient mieux que leurs ancêtres géants...
"On pensait vraiment à cette époque que l'on ne pouvait pas faire plus gros que le miroir du Mont Palomar. Et encore. Un miroir massif de dix mètres réalisé avec les mêmes techniques aurait imposé des infrastructures gigantesques, et coûté plus de six milliards de francs. Totalement irréaliste", se souvient Jerry Nelson, de l'Université de Berkeley, en Californie.
Mais Nelson avait une idée qui illuminait son cerveau chaque nuit, celles où la limpidité est telle que l'on se dit que toutes ces étoiles sont à portée de bras... Dès 1975, l'astronome dessina un télescope dont le miroir n'était plus d'un seul bloc, mais réalisé avec plusieurs petits éléments, alignés au moyen de vérins contrôlés par ordinateur.
Vingt plus tard, son rêve est à l'abri dans son écrin, sur le plus beau site astronomique du monde. Celui où le ciel est le plus pur, le plus sec. Le Mauna Kéa. Comme pour le Mont Palomar, un milliardaire a financé les 550 millions de francs de la construction, en échange de l'attribution de son nom au meilleur avaleur d'étoiles de la fin du siècle : Keck.
Les dix mètres de diamètre du miroir sont une ruche. Biseautés en alvéoles, les trente six miroirs hexagonaux sont montés côte à côte. Excessivement mince, avec 7,5 centimètres d'épaisseur, pour 1,8 mètres de haut, ils ne pèsent que 500 kilos chacun. Au total, un miroir trois fois plus léger que le Titan du Caucase, pour une surface trois fois plus grande ! Ce format a aussi permis de finir les miroirs de manière inhabituelle : en les voilant sous pression lors du polissage. Puis ils ont été relâchés, afin de prendre leur forme définitive.
Mais le sage secret du Keck, ce sont ses ordinateurs. Toutes les deux secondes ils calculent et rectifient la position des 108 vérins qui alignent les miroirs avec une précision équivalente au millième de l'épaisseur d'un cheveu. A la moindre variation de température, d'humidité, dès qu'une porte ouverte crée un courant d'air sous le dôme géant, les miroirs se réalignent, comme par magie. Et sagement, les particules de lumière se laissent cueillir, finissant leur voyage cosmique sur le même endroit du détecteur électronique...
"Les résultats sont surprenants", concède Barbara Schauffer, l'opératrice du télescope.
A tel point que le télescope sera flanqué d'un jumeau, déjà en construction 85 mètres plus loin. Reliés entre eux, les frères Keck pourront additionner leurs images, fonctionner comme un télescope unique dix fois plus performant en pouvoir de séparation...
L'histoire de cet instrument est l'exemple même de ce que font les télescopes modernes : harcelant des filets à lumière, capables de compter photon par photon, grain après grain, la lueur en provenance de l'horizon du monde.
Quels confins ? On ne sait guère. Selon les thèses, l'âge de l'univers varie de 8 à 20 milliards d'années. Pardonnez du peu. L'incertitude est énorme, et on espère, précisément, lever ce doute au cours de cette décennie, avec cette nouvelle génération d'instruments. La majorité des astronomes concernés optent aujourd'hui pour un âge probable de 15 milliards d'années. Si tel est le cas, les créatures célestes les plus distantes détectés à ce jour, des quasars, crachent leurs torrent d'énergie, à 14 milliards d'années lumière de nous.
Le Keck a déjà tiré les meilleurs portraits de ces torches folles du cosmos. Probablement nées au début de l'univers, leur lumière nous parvient enfin, et confirme leur statut de mystérieuses créatures. Ce sont les objets les plus brillants, vomissant des milliers de fois davantage d'énergie que des galaxies entières. Outre leur études, des télescopes de la puissance du Keck offrent de se servir de cette lumière pour analyser tout ce qui se trouve sur son trajet. Comme si de Paris, la photographie d'une ampoule électrique située à Lyon permettait de déterminer la pollution de l'air du côté d'Autun.
Du côté d'Hawaii, les résultats pleuvent. On estime aujourd'hui que les galaxies bleues, les plus chaudes, sont plus nombreuses que prévues, et bien plus jeunes. Et sous ce nouveau regard, le plus brillant objet dans le ciel, FSC10214+4724 de son petit nom scientifique, aussi éclairant qu'une centaine de milliard de soleils ordinaires, mais à 10 milliards d'années-lumière de nous, s'est déjà révélé comme un amas, peut-être une galaxie se faisant cannibaliser par un gigantesque quasar situé en son centre.
Des histoires de cannibalismes, on en compte par milliers dans le cosmos. Notre gentille galaxie, la Voie Lactée, est actuellement accusée de grignoter ses voisines, membres du même groupe spatial. Et en observant des centaines d'étoiles du Grand Nuage de Magellan, d'autres astronomes ont montré qu'un grand halo de matière sombre entoure notre groupe d'étoiles. Comparant des images prises à 15 années d'intervalle, ils ont pu mesurer les effet de cette matière invisible. Enfin, la masse manquante, la matière noire de l'univers, aurait donné signe d'existence. Selon les variantes de la théorie, elle pourrait peser jusqu'à 99 % de notre univers !
Autre sujet à suspense, pour les super-télescopes : les trous noirs. On cherche actuellement à comprendre celui qui se niche au centre de la galaxie, derrière un rideau de poussière.
Pour le dénicher en observant ses effets sur les astres voisins, il faut pointer de longues heures durant le même soleil, le suivre sur sa trajectoire de firmament. Amusant, de voir un colosse de 297 tonnes comme le Keck glisser sur son bain d'huile pour courtiser l'infime clarté, ramasser et concentrer assez de ces photons dans le réceptacle de ses miroirs alignés. "Si vous débloquez le frein, vous pouvez le faire tourner à la main", lâche un astronome.
Dans quelques années, d'autres grands télescopes glisseront ainsi en silence, en quête des images de leurs proies de la nuit.
Treize au total sont prévus à travers le monde.
Dont le très ambitieux projet de VLT (Very Large Telescope - Très Grand Télescope) de l'ESO, auquel la France participe pour plus du quart de l'investissement.
Pour ce grand chasseur du ciel austral, une montagne des Andes, le Cerro Paranal a déjà été rabotée, afin d'accueillir le bijou européen. Quatre télescopes de 8,2 mètres de diamètre seront construit l'un à côté de l'autre. Les miroirs, coulés d'un seul bloc, contrairement au Keck, mais de structure déformable, souffriront sous l'effet continu de petits vérins (optique active), commandés par un ordinateur, afin de compenser les effets de la dilatation, ou des perturbations mécaniques. Surtout, à terme les images des quatre engins seront fondues, additionnées. De quoi atteindre, à terme, les performances d'un télescope virtuel de 16 mètres de diamètre!
L'un des quatre télescope fera l'objet d'une autre révolution technique : son miroir sera "adaptatif".
C'est l'arme absolue contre les turbulences.
Comme sur une route surchauffée l'été, l'air de l'atmosphère est soumis à des variations de températures qui provoquent des turbulences, des flottements des images.
Pour des télescopes capables de distinguer une balle de tennis à 36.000 km de distance de la Terre, de telles ondulations sont plus que néfastes : elles gâchent les campagnes d'observation. Et il faut des heures de calculs aux meilleurs ordinateurs pour tenter, a posteriori, de corriger les clichés.
L'idée est ici de mesurer, sur le télescope, en direct, les turbulences observées. Un calculateur électronique intervient rectifie la forme du miroir, de façon immédiate et continue, pour que les défauts de l'image soient corrigés par le profil même de la surface réfléchissante.
Le plus étonnant, c'est que cela fonctionne.
Le système français COME-ON+ testé sur l'autre site de l'ESO au Chili, a permis de montrer toutes les capacités de cette technique, avec 64 vérins corrigeant la forme d'un miroir. Une technique ardue à mettre au point pour les grands télescopes, le problème étant évidemment le temps de réponse du système : il ne sert à rien de corriger le miroir trop tard. On ne ferait qu'amplifier les défauts.
Une solution envisagée pour mieux se débarrasser des clapotis de l'air ambiant est alors l'étoile artificielle. Pour disposer dans le ciel d'un astre assez brillant pour que l'ordinateur de correction optique dispose d'une "référence" (les lointains objets observés sont souvent peu visibles sur les caméras de correction), on illumine la très haute atmosphère, à 60 km d'altitude, d'un tir de faisceau laser. L'excitation du sodium présent là-haut suffit à créer une petite boule lumineuse, dont l'image vient ensuite régaler les caméras du télescope : sur une source aussi brillante, les corrections à porter au miroir deviennent évidentes.
Cela nous dira-t-il pourquoi le ciel est-il noir ?
Peut-être. Imaginons l'univers comme une explosion en cours, dans laquelle les astres les plus lointains, les quasars nous fuient à plus de 90 % de la vitesse de la lumière. Et nous "percevrons" un part du mystère : la lumière, toute la lumière craché par les étoiles n'a pas encore eu le temps de remplir l'univers. Et ne l'aura peut-être jamais, puisque de l'avis général, les galaxies sont jeunes, très jeunes. D'autres pensent que la matière disponible est insuffisante pour fournir assez d'énergie pour éclairer le ventre du monstre. Que le seul éclat dont nous disposerons jamais, c'est ce reste, ce rayonnement à 3 degrés Kelvin, la pâle lumière fossile a mise par le big bang, et qui nous baigne.
Nous resterions à toujours dans un tunnel...
Une année-lumière = 9,46 x 10p12 km
1994
Nos nuits devraient être blanches. Dégoulinantes de lumière. Coiffées de millions de lanternes solaires juxtaposées. Sans le moindre noir sur la voûte. Question de bon sens.
Après tout, le nombre d'étoiles tapissant l'univers est assez monstrueux pour être admis comme "infini" à l'horizon de notre entendement (des millions de milliards). Ne pas être aveuglé par une voûte enchassée de lumière confine donc à l'hérésie. Notre perception "instinctive" du monde est bafouée.
Car la nuit est obstinée, noire. A peine mouchetée de myriades de lueurs. Pourquoi ?
Pour satisfaire leurs flirts avec les questions de l'univers, les cohortes scientifiques gravissent désormais les Cordillères les plus escarpées pour y percher de gigantesques réceptacles à lumière, les miroirs des télescopes. Comme au Centre d'Observation Européen (ESO) de la Silla, au Chili, ou sur le Mauna Kéa, le volcan d'Hawaii couronné de neuf dômes blancs, 4.200 mètres plus haut que la mer.
Parfois, les Terriens expédient aussi leurs entonnoirs à lumière en orbite, comme le désormais fameux Hubble Telescope, et bien d'autres instruments moins médiatiques.
L'idée originelle de toutes ces migrations en altitude étant bien entendu d'échapper le mieux possible aux troubles inhérents à la basse atmosphère terrestre : pollution chimique et lumineuse, turbulences de l'air, nuages et humidité... S'en affranchir permet d'atteindre les limites de clarté des optiques, de distiller des images au piqué tranchant comme des rasoirs, chaque détail révélé devenant une information sans précédent sur les pâles objets observés.
Pour ce genre d'affaires, l'espace semble la solution idéale. En principe... Les avatars de Hubble et les pirouettes des astronautes-dépanneurs de la Nasa ont convaincu bien des astronomes que la solution, pour les gros télescopes optiques du moins, n'est pas forcément d'être placé dans l'espace.
Durant les vingt années qui séparent la conception de Hubble et son fonctionnement optimal, en décembre 1993, les cartes ont tout simplement été redistribuées. Astronomes et ingénieurs n'ont pas chômé, développant des outils optiques et électroniques sans équivalents, trouvant des sites d'implantation qui font des télescopes actuellement en cours de réalisation au sol des machines à traquer la lumière capables sous peu de concurrencer Hubble. S'il est probable que l'orbite terrestre conservera un intérêt puissant pour tous ceux qui étudient les longueurs d'ondes les plus altérées par l'atmosphère : ultra-violets, infra-rouges, rayons X, gamma, etc, dans le domaine optique, cela est moins certain...
Pour le prix d'un télescope optique en orbite, les astronomes pourront s'offrir une bonne dizaine d'engins géants au sol....
La partie cruciale du télescope géant, son âme, c'est le miroir primaire. Cette cuvette argentée lui confère qualités, défauts et limites... Une surface la plus étendue possible, mais aussi la plus régulière. Elle est chargée de collecter tous les grains de lumière, les photons en provenance des confins de l'univers, et de les concentrer vers un autre miroir, plus petit, qui forme le pinceau lumineux destiné à l'analyse par les instruments, les différentes caméras montées à la réception des images.
D'emblée, on perçoit le dilemme : réaliser le plus grand miroir possible, mais aussi le plus régulier, le plus lisse, le plus stable. Sans oublier qu'il doit être mobile, orientable, et avant tout, ne pas se déformer sous son propre poids...
La limite du genre était connue. Elle avait été atteinte par les Soviétiques, en 1976, avec un miroir de 6 mètres de diamètre à Zelentchouk (Caucase). D'ailleurs les défauts techniques de l'installation ne lui ont jamais permis d'atteindre les objectifs scientifiques que l'on pouvait espérer, et le plus performant des grands télescopes fut longtemps le Hale, du mont Palomar, en Arizona, plus modeste avec 5 mètres de diamètre, et plus ancien (1948). Il ne fut rattrapé en performances que par les grands télescopes des années 70 et 80, comme l'engin franco-canadien implanté sur le Mauna Kéa en 1979 (3,6 mètres de diamètre). Mieux conçus, implantés sur des sites meilleurs, ces instruments plus petits voyaient mieux que leurs ancêtres géants...
"On pensait vraiment à cette époque que l'on ne pouvait pas faire plus gros que le miroir du Mont Palomar. Et encore. Un miroir massif de dix mètres réalisé avec les mêmes techniques aurait imposé des infrastructures gigantesques, et coûté plus de six milliards de francs. Totalement irréaliste", se souvient Jerry Nelson, de l'Université de Berkeley, en Californie.
Mais Nelson avait une idée qui illuminait son cerveau chaque nuit, celles où la limpidité est telle que l'on se dit que toutes ces étoiles sont à portée de bras... Dès 1975, l'astronome dessina un télescope dont le miroir n'était plus d'un seul bloc, mais réalisé avec plusieurs petits éléments, alignés au moyen de vérins contrôlés par ordinateur.
Vingt plus tard, son rêve est à l'abri dans son écrin, sur le plus beau site astronomique du monde. Celui où le ciel est le plus pur, le plus sec. Le Mauna Kéa. Comme pour le Mont Palomar, un milliardaire a financé les 550 millions de francs de la construction, en échange de l'attribution de son nom au meilleur avaleur d'étoiles de la fin du siècle : Keck.
Les dix mètres de diamètre du miroir sont une ruche. Biseautés en alvéoles, les trente six miroirs hexagonaux sont montés côte à côte. Excessivement mince, avec 7,5 centimètres d'épaisseur, pour 1,8 mètres de haut, ils ne pèsent que 500 kilos chacun. Au total, un miroir trois fois plus léger que le Titan du Caucase, pour une surface trois fois plus grande ! Ce format a aussi permis de finir les miroirs de manière inhabituelle : en les voilant sous pression lors du polissage. Puis ils ont été relâchés, afin de prendre leur forme définitive.
Mais le sage secret du Keck, ce sont ses ordinateurs. Toutes les deux secondes ils calculent et rectifient la position des 108 vérins qui alignent les miroirs avec une précision équivalente au millième de l'épaisseur d'un cheveu. A la moindre variation de température, d'humidité, dès qu'une porte ouverte crée un courant d'air sous le dôme géant, les miroirs se réalignent, comme par magie. Et sagement, les particules de lumière se laissent cueillir, finissant leur voyage cosmique sur le même endroit du détecteur électronique...
"Les résultats sont surprenants", concède Barbara Schauffer, l'opératrice du télescope.
A tel point que le télescope sera flanqué d'un jumeau, déjà en construction 85 mètres plus loin. Reliés entre eux, les frères Keck pourront additionner leurs images, fonctionner comme un télescope unique dix fois plus performant en pouvoir de séparation...
L'histoire de cet instrument est l'exemple même de ce que font les télescopes modernes : harcelant des filets à lumière, capables de compter photon par photon, grain après grain, la lueur en provenance de l'horizon du monde.
Quels confins ? On ne sait guère. Selon les thèses, l'âge de l'univers varie de 8 à 20 milliards d'années. Pardonnez du peu. L'incertitude est énorme, et on espère, précisément, lever ce doute au cours de cette décennie, avec cette nouvelle génération d'instruments. La majorité des astronomes concernés optent aujourd'hui pour un âge probable de 15 milliards d'années. Si tel est le cas, les créatures célestes les plus distantes détectés à ce jour, des quasars, crachent leurs torrent d'énergie, à 14 milliards d'années lumière de nous.
Le Keck a déjà tiré les meilleurs portraits de ces torches folles du cosmos. Probablement nées au début de l'univers, leur lumière nous parvient enfin, et confirme leur statut de mystérieuses créatures. Ce sont les objets les plus brillants, vomissant des milliers de fois davantage d'énergie que des galaxies entières. Outre leur études, des télescopes de la puissance du Keck offrent de se servir de cette lumière pour analyser tout ce qui se trouve sur son trajet. Comme si de Paris, la photographie d'une ampoule électrique située à Lyon permettait de déterminer la pollution de l'air du côté d'Autun.
Du côté d'Hawaii, les résultats pleuvent. On estime aujourd'hui que les galaxies bleues, les plus chaudes, sont plus nombreuses que prévues, et bien plus jeunes. Et sous ce nouveau regard, le plus brillant objet dans le ciel, FSC10214+4724 de son petit nom scientifique, aussi éclairant qu'une centaine de milliard de soleils ordinaires, mais à 10 milliards d'années-lumière de nous, s'est déjà révélé comme un amas, peut-être une galaxie se faisant cannibaliser par un gigantesque quasar situé en son centre.
Des histoires de cannibalismes, on en compte par milliers dans le cosmos. Notre gentille galaxie, la Voie Lactée, est actuellement accusée de grignoter ses voisines, membres du même groupe spatial. Et en observant des centaines d'étoiles du Grand Nuage de Magellan, d'autres astronomes ont montré qu'un grand halo de matière sombre entoure notre groupe d'étoiles. Comparant des images prises à 15 années d'intervalle, ils ont pu mesurer les effet de cette matière invisible. Enfin, la masse manquante, la matière noire de l'univers, aurait donné signe d'existence. Selon les variantes de la théorie, elle pourrait peser jusqu'à 99 % de notre univers !
Autre sujet à suspense, pour les super-télescopes : les trous noirs. On cherche actuellement à comprendre celui qui se niche au centre de la galaxie, derrière un rideau de poussière.
Pour le dénicher en observant ses effets sur les astres voisins, il faut pointer de longues heures durant le même soleil, le suivre sur sa trajectoire de firmament. Amusant, de voir un colosse de 297 tonnes comme le Keck glisser sur son bain d'huile pour courtiser l'infime clarté, ramasser et concentrer assez de ces photons dans le réceptacle de ses miroirs alignés. "Si vous débloquez le frein, vous pouvez le faire tourner à la main", lâche un astronome.
Dans quelques années, d'autres grands télescopes glisseront ainsi en silence, en quête des images de leurs proies de la nuit.
Treize au total sont prévus à travers le monde.
Dont le très ambitieux projet de VLT (Very Large Telescope - Très Grand Télescope) de l'ESO, auquel la France participe pour plus du quart de l'investissement.
Pour ce grand chasseur du ciel austral, une montagne des Andes, le Cerro Paranal a déjà été rabotée, afin d'accueillir le bijou européen. Quatre télescopes de 8,2 mètres de diamètre seront construit l'un à côté de l'autre. Les miroirs, coulés d'un seul bloc, contrairement au Keck, mais de structure déformable, souffriront sous l'effet continu de petits vérins (optique active), commandés par un ordinateur, afin de compenser les effets de la dilatation, ou des perturbations mécaniques. Surtout, à terme les images des quatre engins seront fondues, additionnées. De quoi atteindre, à terme, les performances d'un télescope virtuel de 16 mètres de diamètre!
L'un des quatre télescope fera l'objet d'une autre révolution technique : son miroir sera "adaptatif".
C'est l'arme absolue contre les turbulences.
Comme sur une route surchauffée l'été, l'air de l'atmosphère est soumis à des variations de températures qui provoquent des turbulences, des flottements des images.
Pour des télescopes capables de distinguer une balle de tennis à 36.000 km de distance de la Terre, de telles ondulations sont plus que néfastes : elles gâchent les campagnes d'observation. Et il faut des heures de calculs aux meilleurs ordinateurs pour tenter, a posteriori, de corriger les clichés.
L'idée est ici de mesurer, sur le télescope, en direct, les turbulences observées. Un calculateur électronique intervient rectifie la forme du miroir, de façon immédiate et continue, pour que les défauts de l'image soient corrigés par le profil même de la surface réfléchissante.
Le plus étonnant, c'est que cela fonctionne.
Le système français COME-ON+ testé sur l'autre site de l'ESO au Chili, a permis de montrer toutes les capacités de cette technique, avec 64 vérins corrigeant la forme d'un miroir. Une technique ardue à mettre au point pour les grands télescopes, le problème étant évidemment le temps de réponse du système : il ne sert à rien de corriger le miroir trop tard. On ne ferait qu'amplifier les défauts.
Une solution envisagée pour mieux se débarrasser des clapotis de l'air ambiant est alors l'étoile artificielle. Pour disposer dans le ciel d'un astre assez brillant pour que l'ordinateur de correction optique dispose d'une "référence" (les lointains objets observés sont souvent peu visibles sur les caméras de correction), on illumine la très haute atmosphère, à 60 km d'altitude, d'un tir de faisceau laser. L'excitation du sodium présent là-haut suffit à créer une petite boule lumineuse, dont l'image vient ensuite régaler les caméras du télescope : sur une source aussi brillante, les corrections à porter au miroir deviennent évidentes.
Cela nous dira-t-il pourquoi le ciel est-il noir ?
Peut-être. Imaginons l'univers comme une explosion en cours, dans laquelle les astres les plus lointains, les quasars nous fuient à plus de 90 % de la vitesse de la lumière. Et nous "percevrons" un part du mystère : la lumière, toute la lumière craché par les étoiles n'a pas encore eu le temps de remplir l'univers. Et ne l'aura peut-être jamais, puisque de l'avis général, les galaxies sont jeunes, très jeunes. D'autres pensent que la matière disponible est insuffisante pour fournir assez d'énergie pour éclairer le ventre du monstre. Que le seul éclat dont nous disposerons jamais, c'est ce reste, ce rayonnement à 3 degrés Kelvin, la pâle lumière fossile a mise par le big bang, et qui nous baigne.
Nous resterions à toujours dans un tunnel...
Une année-lumière = 9,46 x 10p12 km
Libellés :
astronomie,
physique,
prospective,
science,
techniques
Carpes Koï
1994
"Ce sont des tableaux vivants, et en plus, on peut les aimer. Elles apprennent à te connaître, elles te reconnaissent quand tu marches près du bassin". Avec le lointain et désarmant tutoiement des exilés d'Albion, Peter raconte déjà ses poissons. Et dans le crépuscule de ce chemin creux du bocage normand, ses yeux s'innondent de cette lueur qui sommeille chez tous les rêveurs qui on sacrifié à la passion.
"Tu sais, la carpe Koï, c'est pas très compliqué parce que quand tu commences à te prendre au jeu, tu fais attention l'eau, à la nourriture, et puis tu deviens fou de ces poissons, alors ils sont en pleine santé..."
On approche. Le petit portail s'ouvre, la voiture s'échine sur un gouffre défoncé qui ressembla jadis à un chemin...
Là, le parcours initiatique tourne au surréalisme.
Les roues de la berline patinent dans la boue d'un interminable verger en pente douce. Figure libre et toupie sur gadoue, hurlement de moteur dans la nuit... Voiture repeinte de terre, immobiles sous le crachin, on baisse les bras : "cela ne passera pas..."
Tout le monde se transborde dans une Land Rover d'époque churchilienne, qui elle, démarre bravement et pétarade vers une petite grange en moêllons.
"O.K., nous y sommes..."
Quelques instant plus tard, dans une barque soigneusement isolée, sous un néon de fortune, deux cent fuseaux bariolés dansent. Une foule bigarrée, aux mouvements hypnotisants..
Dans ce rude écrin de ciment, des carpes Koï, les poissons les plus chers du monde sont venus commencer une autre vie...
Les records des prix, pour les spécimen de concours, sont édifiants... Un million de francs pour une Ogon dorée, couramment plusieurs centaines de milliers de francs pour de belles Asagi (dos bleu et flancs dorés). Mais le sommet, le nec plus ultra reste la Kohaku. Aux seules couleurs nationales rouge et blanche, cette carpe-là vaut trois millions de francs si elle est parfaite : blanc ivoire, taches (hi) rouges très vif, aux dessins réguliers et équilibrés, sans envahir la queue, ni la bouche. Subtilités de l'art : une carpe à défauts ne vaudra rien (hormis l'affection que peut lui porter un aquariophile), ou alors une fortune, si son orginalité esthétique est forte...
Si la seule tache rouge est de forme circulaire, placée sur la tête, en forme de drapeau japonais, c'est une Tancho Kohaku... Le gros lot. Son record officiel est de cinq millions de francs.
"Mais les plus belles ne sont pas connues. Ce sont des géniteurs que les éleveurs gardent au secret, dans des bassins dissimulés dans leurs caves... Pour que l'on ne sache pas ce qu'ils préparent", confie Peter.
Pour l'heure, l'ancien rocker compagnon de scène de Genesis ou de David Bowie reconverti dans l'aquariophilie n'a pas encore importé ce genre de merveilles. Le marché européen n'est pas prêt, et le risque est trop grand. Ici, dans le bassin d'hivernage, les deux cent carpes exilées représentent "seulement" quelques centaines de milliers de francs de chiffre d'affaire.... Du tout venant, qui permettra aux cielnst de Peter de s'initier à l'art de la Koï. Une drogue douce ?
"Les voir et s'en occuper est vraiment un grand plaisir. J'en connais, à Amsterdam, qui ont fait construire leur maison sur un bassin. Tu déjeunes, et des Koïs viennent voir tes pieds, à travers un plancher vitré... Paradoxalement, ces prix sont inférieurs à ce qui se pratique au Japon, car j'arrive à négocier sur les prix à l'export. Là-bas, le marché est tenu par les producteurs,...."
Folie et tradition, la carpe Koï, ou Nishikigoi en japonais, est l'un des sommets de la culture du pays du "Chat qui dort". Dans les grands magasins chics de Tokyo, des échoppes de luxe leurs sont consacrées.
Pourtant tout commenca fort banalement, il y a plus de mille ans. La carpe, venue de Caspienne via la Chine était alors destinée à l'assiette. Son élevage, source de revenus, était réservé aux aristocrates et Samouraï. Peu à peu, le poisson de table trouva pourtant sa place dans les mythes japonais. Endurante, courageuse, calme, régissant à la présence humaine, la carpe commune devint vite un symbole, et se retrouva dans le décor des demeures. Elle y symbolisa la majorité des jeunes hommes (tan-go-no-sek-ku).
Connaissant les capacités de patience et d'attachement des japonais aux symboles, on comprend que les hasards de la génétique devinrent des aubaines esthétiques : les mutantes blanches ou rouges, les carpes à dessins colorés furent peu à peu mises de côté, choyées, conservées pour l'ornementation, resélectionnées. Une habitude qui s'installa au siècle dernier et devint culte entre les deux guerres mondiales.
Apparurent alors des élevages intensifs, des armées de trieurs chargés de repérer dans les 400.000 alevins d'une pondeuse lesquels seront suceptibles de devenir de superbes Koï... Sur les 10.000 jeunes qui sortiront de ce tri, un millier environ connaitront les aquariums. Mais le grand jeu, le pari suprême, c'est évidemment de pouvoir reconnaître chez un jeune les capacités à devenir, adulte, un tableau. Une lecture de l'avenir aui est en soi un art. Un vilain petit canard peut se métamorphoser en une bête de concours hors de prix, tandis qu'une charmante jeune carpette répondant à tous les critères de beauté peut les voir s'évanouir avec la croissance...
A ce petit exercice, des fortunes se sont construites, et beaucoup de spéculateurs se sont essouflés. Le coup d'oeil valant ici des millions de francs... Les secrets de fabrication également : la manière de soigner les carpes, de traiter leur eau, d'y ajouter des minéraux, de modifier l'alimentation au gré des saisons peut modfier l'aspect extérieur des poissons.
Alors le secret rôde autour des bassins.
Audrey Baschet, secrétaire du Koï Club de France, et très dynamique associée de Peter dans l'activité d'importation et d'élevage des carpes se souvient ainsi d'un client important, surpris en train de fouiner dans les documents de Peter à la recherche de quelques recettes confidentielles...
"Mais ce qui est important avec le Koï, c'est de se faire plaisir... Comme ça tu n'es pas déçu, et tu calmes ta vie....", ajoute Peter, si loin aujourd'hui des rumeurs de la pop music.
"Ce sont des tableaux vivants, et en plus, on peut les aimer. Elles apprennent à te connaître, elles te reconnaissent quand tu marches près du bassin". Avec le lointain et désarmant tutoiement des exilés d'Albion, Peter raconte déjà ses poissons. Et dans le crépuscule de ce chemin creux du bocage normand, ses yeux s'innondent de cette lueur qui sommeille chez tous les rêveurs qui on sacrifié à la passion.
"Tu sais, la carpe Koï, c'est pas très compliqué parce que quand tu commences à te prendre au jeu, tu fais attention l'eau, à la nourriture, et puis tu deviens fou de ces poissons, alors ils sont en pleine santé..."
On approche. Le petit portail s'ouvre, la voiture s'échine sur un gouffre défoncé qui ressembla jadis à un chemin...
Là, le parcours initiatique tourne au surréalisme.
Les roues de la berline patinent dans la boue d'un interminable verger en pente douce. Figure libre et toupie sur gadoue, hurlement de moteur dans la nuit... Voiture repeinte de terre, immobiles sous le crachin, on baisse les bras : "cela ne passera pas..."
Tout le monde se transborde dans une Land Rover d'époque churchilienne, qui elle, démarre bravement et pétarade vers une petite grange en moêllons.
"O.K., nous y sommes..."
Quelques instant plus tard, dans une barque soigneusement isolée, sous un néon de fortune, deux cent fuseaux bariolés dansent. Une foule bigarrée, aux mouvements hypnotisants..
Dans ce rude écrin de ciment, des carpes Koï, les poissons les plus chers du monde sont venus commencer une autre vie...
Les records des prix, pour les spécimen de concours, sont édifiants... Un million de francs pour une Ogon dorée, couramment plusieurs centaines de milliers de francs pour de belles Asagi (dos bleu et flancs dorés). Mais le sommet, le nec plus ultra reste la Kohaku. Aux seules couleurs nationales rouge et blanche, cette carpe-là vaut trois millions de francs si elle est parfaite : blanc ivoire, taches (hi) rouges très vif, aux dessins réguliers et équilibrés, sans envahir la queue, ni la bouche. Subtilités de l'art : une carpe à défauts ne vaudra rien (hormis l'affection que peut lui porter un aquariophile), ou alors une fortune, si son orginalité esthétique est forte...
Si la seule tache rouge est de forme circulaire, placée sur la tête, en forme de drapeau japonais, c'est une Tancho Kohaku... Le gros lot. Son record officiel est de cinq millions de francs.
"Mais les plus belles ne sont pas connues. Ce sont des géniteurs que les éleveurs gardent au secret, dans des bassins dissimulés dans leurs caves... Pour que l'on ne sache pas ce qu'ils préparent", confie Peter.
Pour l'heure, l'ancien rocker compagnon de scène de Genesis ou de David Bowie reconverti dans l'aquariophilie n'a pas encore importé ce genre de merveilles. Le marché européen n'est pas prêt, et le risque est trop grand. Ici, dans le bassin d'hivernage, les deux cent carpes exilées représentent "seulement" quelques centaines de milliers de francs de chiffre d'affaire.... Du tout venant, qui permettra aux cielnst de Peter de s'initier à l'art de la Koï. Une drogue douce ?
"Les voir et s'en occuper est vraiment un grand plaisir. J'en connais, à Amsterdam, qui ont fait construire leur maison sur un bassin. Tu déjeunes, et des Koïs viennent voir tes pieds, à travers un plancher vitré... Paradoxalement, ces prix sont inférieurs à ce qui se pratique au Japon, car j'arrive à négocier sur les prix à l'export. Là-bas, le marché est tenu par les producteurs,...."
Folie et tradition, la carpe Koï, ou Nishikigoi en japonais, est l'un des sommets de la culture du pays du "Chat qui dort". Dans les grands magasins chics de Tokyo, des échoppes de luxe leurs sont consacrées.
Pourtant tout commenca fort banalement, il y a plus de mille ans. La carpe, venue de Caspienne via la Chine était alors destinée à l'assiette. Son élevage, source de revenus, était réservé aux aristocrates et Samouraï. Peu à peu, le poisson de table trouva pourtant sa place dans les mythes japonais. Endurante, courageuse, calme, régissant à la présence humaine, la carpe commune devint vite un symbole, et se retrouva dans le décor des demeures. Elle y symbolisa la majorité des jeunes hommes (tan-go-no-sek-ku).
Connaissant les capacités de patience et d'attachement des japonais aux symboles, on comprend que les hasards de la génétique devinrent des aubaines esthétiques : les mutantes blanches ou rouges, les carpes à dessins colorés furent peu à peu mises de côté, choyées, conservées pour l'ornementation, resélectionnées. Une habitude qui s'installa au siècle dernier et devint culte entre les deux guerres mondiales.
Apparurent alors des élevages intensifs, des armées de trieurs chargés de repérer dans les 400.000 alevins d'une pondeuse lesquels seront suceptibles de devenir de superbes Koï... Sur les 10.000 jeunes qui sortiront de ce tri, un millier environ connaitront les aquariums. Mais le grand jeu, le pari suprême, c'est évidemment de pouvoir reconnaître chez un jeune les capacités à devenir, adulte, un tableau. Une lecture de l'avenir aui est en soi un art. Un vilain petit canard peut se métamorphoser en une bête de concours hors de prix, tandis qu'une charmante jeune carpette répondant à tous les critères de beauté peut les voir s'évanouir avec la croissance...
A ce petit exercice, des fortunes se sont construites, et beaucoup de spéculateurs se sont essouflés. Le coup d'oeil valant ici des millions de francs... Les secrets de fabrication également : la manière de soigner les carpes, de traiter leur eau, d'y ajouter des minéraux, de modifier l'alimentation au gré des saisons peut modfier l'aspect extérieur des poissons.
Alors le secret rôde autour des bassins.
Audrey Baschet, secrétaire du Koï Club de France, et très dynamique associée de Peter dans l'activité d'importation et d'élevage des carpes se souvient ainsi d'un client important, surpris en train de fouiner dans les documents de Peter à la recherche de quelques recettes confidentielles...
"Mais ce qui est important avec le Koï, c'est de se faire plaisir... Comme ça tu n'es pas déçu, et tu calmes ta vie....", ajoute Peter, si loin aujourd'hui des rumeurs de la pop music.
jeudi 12 juin 2008
Incroyables bébés
avril 1993
Les bébés nous manipulent
entretien avec Boris Cyrulnik
Le pédo-psychiatre de la Seyne-sur-Mer a aussi soumis les petits en devenir à quelques tests simples. Comme leur administrer l'air du basson de Pierre et le Loup dans leur dernier mois. Ils manifestent une nette activité en réponse aux vibrations. Hélas, au dixième passage, déjà, ils se lassent, s'habituent. Un phénomène révélateur d'une reconnaissance, d'une mémorisation...
Les bébés sont-ils manipulateurs ? Dans un sens. Pour assurer leur devenir ils jouent d'un arsenal destiné à mobiliser les parents, à nous encourager à les dorloter, à prendre le temps de les aimer. Révélateur de cette délicate rouerie, le sourire.
Pour traquer le tout premier sourire chez le nourisson, Boris Cyrulnik, fondateur du Groupe d'éthologie humaine, a disposé une caméra dans la salle d'accouchement. Dans le même temps, on réalise un électro-encéphalogramme du bébé. Du coup, on apprend que lors de l'accouchement, le bébé est en général en sommeil, aux antipodes de ce que certains entrevoyaient comme le traumatisme de la naissance. Après une sortie tranquille, et un premier cri automatique et libérateur, le nouveau-né se rendort dans son berceau translucide. Le voici à présent qui frémit des zygomatiques. Enfin, se dit la mère. Un sourire. Pour leur part les signaux électriques produits par le petit cerveau indiquent un sommeil paradoxal, cette phase qui fait le nid du rêve. On sait par d'autres études que ce sourire là, involontaire, est induit par la présence d'une substance chimique naturelle dans le cerveau, un neuropeptide.
La mère s'en contrefiche. Ce qu'elle voit, c'est le premier sourire de son adorable bambin. Pétrie d'émotion, souriante à son tour, elle s'approche du trésor, le caresse, s'en empare, lui parle. Elle crée autour du bébé une bulle de tendresse et de chaleur. Avec un double résultat : le nourrisson s'en souviendra et sera (en principe) porté sur le sourire, mais surtout,... il grandira. Son cerveau, sorti du sommeil paradoxal, y replonge quelques instants plus tard. Une phase de retour au sommeil à rêves qui est aussi celle qui encourage le mieux la fabrication d'une hormone de croissance...
Et voici comment un phénomène biologique (un sourire automatique que la mère interprète comme un message explicite), destiné à mettre deux êtres en synchronisation affective, sert aussi de support à des mécanismes biologiques essentiels : "l'amour fait grandir les bébés", glisse Cyrulnik.
Comportement acquis ou inné ? "Ce débat est dépassé. Il faut 100 % d'inné et 100 % d'acquis pour faire un beau bébé. Ce n'est pas parce que j'écoute La Tosca tout les jours que mon chien la fredonnera. Il faut une "promesse génétique" pour devenir homme. Mais sans l'environnement affectif, intellectuel un bébé est en danger".
"La naissance du sens", Boris Cyrulnik, Hachette editeur
Voir le monde et le penser
Roger Lécuyer
La tête blonde est au boulot. Sur son petit trône expérimental, isolé par un rideau manière photomaton, monsieur bébé se retrouve face à un écran vidéo et une ronde de lapins verts qui jouent à cache-cache avec son ragard. Pas courant à trois mois. Surtout quand à l'autre bout un système permet de superposer le bébé-regard sur l'écran que surveille un chercheur. Enjeu : savoir si les bébés ont une perception du monde dépendante de leur connaissance. Débat intellectuel ? Demandez donc à une mère s'il lui est indifférent de savoir que son bébé continue à la "percevoir" même si aux yeux du petit elle vient de prendre l'aspect terrorisant d'un corps sans tête puisqu'elle enfile un pull-over.
"Que les très jeunes bébés soient capables de concevoir qu'un objet continue tout de même à exister, même s'il est caché par un autre est tout à fait nouveau". Roger Lécuyer, professeur au laboratoire de psychologie et du développement de l'enfant (Université Paris V-CNRS) a refait ces expériences américaines, mais en deux dimensions, avec des objets stylisés sur des écrans vidéo. Pour obtenir le même constat, à l'encontre des thèses de Piaget. Les chercheur suisse estimait qu'à moins de 6 mois les bébés étaient incapables de cette notion de "permanence" des objets. On observe aujourd'hui le contraire.
"Nous avons besoin de beaucoup de modestie, car il est facile dans une expérience de masquer un comportement ou d'empêcher un enfant de livrer sa vraie décision", souligen Lécuyer
A 5 mois, les bébés sont ainsi capables de suivre des yeux un nounours qui va se cacher derrière des obstacles. Mais si on leur demande de soulever un cache parmi plusieurs, ils se trompent souvent. Incapacité ? On l'a cru. En fait on s'aperçoit aujourd'hui que la chaîne complexe des gestes qui permet de débusquer le petit ours est soumise à une inertie plus grande que le regard. Les yeux suivent bien le trajet variable de nounours, et le bébé "sait" où il se trouve. Mais le cerveau moteur ne coordonne pas le geste à réaliser pour soulever un cache différent de l'essai précédent.
Lécuyer compare les bébés à des astronomes, qui observent le monde à distance, avec leurs sens, sans pouvoir influer sur la réalité. Ils n'ont guère besoin d'être programmés pour réaliser leurs apprentissages, les sens leur permettant très vite d'acquérir une bonne représentation de ler environnement.
"Bébés astronomes, bébés psychologues", R. Lécuyer, Mardaga éditeur
C'est l'enfant qui se construit
Montagner
La scène vous fige devant l'écran. Deux bambins de quatre mois en conciliabule. Sans un regard pour leurs pauvres mères. Et voici que je te regarde, que je crie ou que je tapote du pied contre ta chaise. Mais certainement, j'en ai autant pour toi, et d'ailleurs si tu regardes ailleurs, je hurle...
Que celui ou celle qui n'a jamais douté de l'aptitude de son enfant à soutenir de telles communications à un âge aussi précoce aille constater les faits à l'Unité 70 de l'INSERM (institut national de la santé et de la recherche médicale), à Montpellier. Son directeur, Hubert Montagner, y montre que nos marmots s'y entendent comme personne pour prendre en charge leurs propres compétences. Si l'on leur donne le moyen de les exprimer, et des compagnons pour les exhiber.
"L'enfant est capable de révéler très tôt de capacités complexes. Des comportements qui reposent sur des gestes chargés de sens, et que l'on retrouvera à la base des processus d'interaction avec les autres, pendant des années". Des modules de base du comportement que Montagner nomme "organisateurs du comportement". Fondations gestuelle de l'enfant, ils deviendront par la suite gestes d'offrande, de sollicitation, de refus.
L'équipe de Montpellier a montré que des enfants de un an, mis en confiance dans un espace adapté à leurs possibilités de déplacement, ont des interactions sociales dès la mise en place de la motricité. Ils marchent, ils communiquent. Comme s'il existait un lien entre le fait de se mouvoir et le fait de s'intégrer dans un groupe. Un phénomène qui se produit dans le contexte de la vie ordinaire vers l'âge de deux ans.
"L'important est ici que le bébé ait l'occasion de découvrir ses propres compétences, qui existent très tôt mais aussi de les montrer aux autres", souligne Montagner.
Inutile de tenter de renouveler ces expériences sur nos petits génies. "L'enfant doit rester l'acteur de son développement", précise le chercheur.
Une règle que les parents-spectateurs peuvent suivre, en prenant le temps de le "regarder faire" leur enfant dès les premiers mois, et en le mettant en confiance dans son espace de jeu.
"L'enfant acteur de son développement", Hubert Montagner, ed Stock
Programmé pour rencontrer les autres
Jacques Mehler
Maternité Baudelocque, à Paris. De la pièce du fond filtre une litanie en japonais. Dans un local protégé des perturbations extérieures, une tétine résiste aux assauts d'un nouveau-né de deux jours.
"On joue sur le réflexe de succion de l'enfant. Quand il tête, l'ordinateur le détecte et lui fait écouter le mot suivant" commente Josiane Bertonsini, du laboratoire de sciences cognitives et psycholinguistique
En japonais ?
" Nous voulons savoir s'il est capable de détecter des structures complexes particulières au japonais, les morae (unité de base variable, entre la syllabe et la lettre). S'il les reconnait, il tête d'avantage."
Ce travail de l'équipe de Jacques Mehler, directeur de recherches (CNRS-EHESS) a déjà montré qu'un bébé de deux jours est tout à fait capable de séparer des mots de deux et de trois syllabes, dans une langue fictive imitant le français.
Car Jacques Mehler est persuadé que quelque chose, dans le cerveau de l'enfant, le prépare à acquérir le langage. "Le bébé est capable de reconnaître la voix de sa mère après deux jours, mais aussi de classer des sons très différents, mots ou signaux musicaux", explique Mehler. Une capacité à distinguer les contrastes ténus entre les sons, à ses yeux d'origine génétique.
Paradoxe, toutefois, c'est en "oubliant" certaines de ces compétences que le bébé va apprendre. Il va commencer à négliger certains contrastes inutiles, simplifier et automatiser son écoute, pour ne plus tenir compte que des différences en usage dans sa langue maternelle.
"Il existe une richesse conceptuelle formidable chez le bébé, pour les sons, la vision, les calculs même, mais il faut le rappeler, un bébé coupé du reste du monde ne fera rien de ce potentiel vertigineux", ponctue le chercheur.
Chez certains oiseaux, des oisillons ainsi élevés en isolement ne produisent que deux syllabes sifflées. Si par apprentissage extérieur on leur en inculque une troisième, prise au hasard dans le répertoire de 52 syllabes de l'espèce, ils débloquent alors subitement toute la gamme, et se mettent à piailler aussi aisément que leurs congénères élevés en groupe. Comme si l'apprentissage était programmé, tout en dépendant étroitement de rendez-vous obligatoires avec l'environnement", poursuit Mehler.
"Naître humain", Jacques Mehler, Odile Jacob ed.
Les bébés nous manipulent
entretien avec Boris Cyrulnik
Le pédo-psychiatre de la Seyne-sur-Mer a aussi soumis les petits en devenir à quelques tests simples. Comme leur administrer l'air du basson de Pierre et le Loup dans leur dernier mois. Ils manifestent une nette activité en réponse aux vibrations. Hélas, au dixième passage, déjà, ils se lassent, s'habituent. Un phénomène révélateur d'une reconnaissance, d'une mémorisation...
Les bébés sont-ils manipulateurs ? Dans un sens. Pour assurer leur devenir ils jouent d'un arsenal destiné à mobiliser les parents, à nous encourager à les dorloter, à prendre le temps de les aimer. Révélateur de cette délicate rouerie, le sourire.
Pour traquer le tout premier sourire chez le nourisson, Boris Cyrulnik, fondateur du Groupe d'éthologie humaine, a disposé une caméra dans la salle d'accouchement. Dans le même temps, on réalise un électro-encéphalogramme du bébé. Du coup, on apprend que lors de l'accouchement, le bébé est en général en sommeil, aux antipodes de ce que certains entrevoyaient comme le traumatisme de la naissance. Après une sortie tranquille, et un premier cri automatique et libérateur, le nouveau-né se rendort dans son berceau translucide. Le voici à présent qui frémit des zygomatiques. Enfin, se dit la mère. Un sourire. Pour leur part les signaux électriques produits par le petit cerveau indiquent un sommeil paradoxal, cette phase qui fait le nid du rêve. On sait par d'autres études que ce sourire là, involontaire, est induit par la présence d'une substance chimique naturelle dans le cerveau, un neuropeptide.
La mère s'en contrefiche. Ce qu'elle voit, c'est le premier sourire de son adorable bambin. Pétrie d'émotion, souriante à son tour, elle s'approche du trésor, le caresse, s'en empare, lui parle. Elle crée autour du bébé une bulle de tendresse et de chaleur. Avec un double résultat : le nourrisson s'en souviendra et sera (en principe) porté sur le sourire, mais surtout,... il grandira. Son cerveau, sorti du sommeil paradoxal, y replonge quelques instants plus tard. Une phase de retour au sommeil à rêves qui est aussi celle qui encourage le mieux la fabrication d'une hormone de croissance...
Et voici comment un phénomène biologique (un sourire automatique que la mère interprète comme un message explicite), destiné à mettre deux êtres en synchronisation affective, sert aussi de support à des mécanismes biologiques essentiels : "l'amour fait grandir les bébés", glisse Cyrulnik.
Comportement acquis ou inné ? "Ce débat est dépassé. Il faut 100 % d'inné et 100 % d'acquis pour faire un beau bébé. Ce n'est pas parce que j'écoute La Tosca tout les jours que mon chien la fredonnera. Il faut une "promesse génétique" pour devenir homme. Mais sans l'environnement affectif, intellectuel un bébé est en danger".
"La naissance du sens", Boris Cyrulnik, Hachette editeur
Voir le monde et le penser
Roger Lécuyer
La tête blonde est au boulot. Sur son petit trône expérimental, isolé par un rideau manière photomaton, monsieur bébé se retrouve face à un écran vidéo et une ronde de lapins verts qui jouent à cache-cache avec son ragard. Pas courant à trois mois. Surtout quand à l'autre bout un système permet de superposer le bébé-regard sur l'écran que surveille un chercheur. Enjeu : savoir si les bébés ont une perception du monde dépendante de leur connaissance. Débat intellectuel ? Demandez donc à une mère s'il lui est indifférent de savoir que son bébé continue à la "percevoir" même si aux yeux du petit elle vient de prendre l'aspect terrorisant d'un corps sans tête puisqu'elle enfile un pull-over.
"Que les très jeunes bébés soient capables de concevoir qu'un objet continue tout de même à exister, même s'il est caché par un autre est tout à fait nouveau". Roger Lécuyer, professeur au laboratoire de psychologie et du développement de l'enfant (Université Paris V-CNRS) a refait ces expériences américaines, mais en deux dimensions, avec des objets stylisés sur des écrans vidéo. Pour obtenir le même constat, à l'encontre des thèses de Piaget. Les chercheur suisse estimait qu'à moins de 6 mois les bébés étaient incapables de cette notion de "permanence" des objets. On observe aujourd'hui le contraire.
"Nous avons besoin de beaucoup de modestie, car il est facile dans une expérience de masquer un comportement ou d'empêcher un enfant de livrer sa vraie décision", souligen Lécuyer
A 5 mois, les bébés sont ainsi capables de suivre des yeux un nounours qui va se cacher derrière des obstacles. Mais si on leur demande de soulever un cache parmi plusieurs, ils se trompent souvent. Incapacité ? On l'a cru. En fait on s'aperçoit aujourd'hui que la chaîne complexe des gestes qui permet de débusquer le petit ours est soumise à une inertie plus grande que le regard. Les yeux suivent bien le trajet variable de nounours, et le bébé "sait" où il se trouve. Mais le cerveau moteur ne coordonne pas le geste à réaliser pour soulever un cache différent de l'essai précédent.
Lécuyer compare les bébés à des astronomes, qui observent le monde à distance, avec leurs sens, sans pouvoir influer sur la réalité. Ils n'ont guère besoin d'être programmés pour réaliser leurs apprentissages, les sens leur permettant très vite d'acquérir une bonne représentation de ler environnement.
"Bébés astronomes, bébés psychologues", R. Lécuyer, Mardaga éditeur
C'est l'enfant qui se construit
Montagner
La scène vous fige devant l'écran. Deux bambins de quatre mois en conciliabule. Sans un regard pour leurs pauvres mères. Et voici que je te regarde, que je crie ou que je tapote du pied contre ta chaise. Mais certainement, j'en ai autant pour toi, et d'ailleurs si tu regardes ailleurs, je hurle...
Que celui ou celle qui n'a jamais douté de l'aptitude de son enfant à soutenir de telles communications à un âge aussi précoce aille constater les faits à l'Unité 70 de l'INSERM (institut national de la santé et de la recherche médicale), à Montpellier. Son directeur, Hubert Montagner, y montre que nos marmots s'y entendent comme personne pour prendre en charge leurs propres compétences. Si l'on leur donne le moyen de les exprimer, et des compagnons pour les exhiber.
"L'enfant est capable de révéler très tôt de capacités complexes. Des comportements qui reposent sur des gestes chargés de sens, et que l'on retrouvera à la base des processus d'interaction avec les autres, pendant des années". Des modules de base du comportement que Montagner nomme "organisateurs du comportement". Fondations gestuelle de l'enfant, ils deviendront par la suite gestes d'offrande, de sollicitation, de refus.
L'équipe de Montpellier a montré que des enfants de un an, mis en confiance dans un espace adapté à leurs possibilités de déplacement, ont des interactions sociales dès la mise en place de la motricité. Ils marchent, ils communiquent. Comme s'il existait un lien entre le fait de se mouvoir et le fait de s'intégrer dans un groupe. Un phénomène qui se produit dans le contexte de la vie ordinaire vers l'âge de deux ans.
"L'important est ici que le bébé ait l'occasion de découvrir ses propres compétences, qui existent très tôt mais aussi de les montrer aux autres", souligne Montagner.
Inutile de tenter de renouveler ces expériences sur nos petits génies. "L'enfant doit rester l'acteur de son développement", précise le chercheur.
Une règle que les parents-spectateurs peuvent suivre, en prenant le temps de le "regarder faire" leur enfant dès les premiers mois, et en le mettant en confiance dans son espace de jeu.
"L'enfant acteur de son développement", Hubert Montagner, ed Stock
Programmé pour rencontrer les autres
Jacques Mehler
Maternité Baudelocque, à Paris. De la pièce du fond filtre une litanie en japonais. Dans un local protégé des perturbations extérieures, une tétine résiste aux assauts d'un nouveau-né de deux jours.
"On joue sur le réflexe de succion de l'enfant. Quand il tête, l'ordinateur le détecte et lui fait écouter le mot suivant" commente Josiane Bertonsini, du laboratoire de sciences cognitives et psycholinguistique
En japonais ?
" Nous voulons savoir s'il est capable de détecter des structures complexes particulières au japonais, les morae (unité de base variable, entre la syllabe et la lettre). S'il les reconnait, il tête d'avantage."
Ce travail de l'équipe de Jacques Mehler, directeur de recherches (CNRS-EHESS) a déjà montré qu'un bébé de deux jours est tout à fait capable de séparer des mots de deux et de trois syllabes, dans une langue fictive imitant le français.
Car Jacques Mehler est persuadé que quelque chose, dans le cerveau de l'enfant, le prépare à acquérir le langage. "Le bébé est capable de reconnaître la voix de sa mère après deux jours, mais aussi de classer des sons très différents, mots ou signaux musicaux", explique Mehler. Une capacité à distinguer les contrastes ténus entre les sons, à ses yeux d'origine génétique.
Paradoxe, toutefois, c'est en "oubliant" certaines de ces compétences que le bébé va apprendre. Il va commencer à négliger certains contrastes inutiles, simplifier et automatiser son écoute, pour ne plus tenir compte que des différences en usage dans sa langue maternelle.
"Il existe une richesse conceptuelle formidable chez le bébé, pour les sons, la vision, les calculs même, mais il faut le rappeler, un bébé coupé du reste du monde ne fera rien de ce potentiel vertigineux", ponctue le chercheur.
Chez certains oiseaux, des oisillons ainsi élevés en isolement ne produisent que deux syllabes sifflées. Si par apprentissage extérieur on leur en inculque une troisième, prise au hasard dans le répertoire de 52 syllabes de l'espèce, ils débloquent alors subitement toute la gamme, et se mettent à piailler aussi aisément que leurs congénères élevés en groupe. Comme si l'apprentissage était programmé, tout en dépendant étroitement de rendez-vous obligatoires avec l'environnement", poursuit Mehler.
"Naître humain", Jacques Mehler, Odile Jacob ed.
Les ride de l'univers
texte/entretien avec Stephen Hawking
mai 1992
Des rides sur l'Univers
Jusqu'à l'aube de ce siècle, on pensait que l'Univers ne changeait guère avec le temps. Les théologiens et les philosophes débattaient d'ailleurs pour déterminer si l'Univers avait toujours été là, ou bien s'il avait été conduit à apparaitre dans un passé plus ou moins récent. Comme il n'y avait guère d'observations concluantes pour trancher dans un sens ou dans l'autres, les chercheurs élaboraient leurs théories sur du sable.
La situation fut complètement modifiée au début des années 20, quand l'astronome Edwin Hubble découvrit que l'univers était en expansion continue : les galaxies lointaines s'éloignent de nous, et plus elles sont loin, plus elles s'éloignent rapidement.
Puisque les galaxies s'éloignent ainsi les unes des autres, elles doivent fatalement avoir été plus voisines dans le passé. Si l'on remonte à contre-sens le film de l'expansion de l'univers, il y a environ 15 milliards d'années, les galaxies ont ainsi dû être entassées les unes sur les autres. Des travaux mathématiques que Roger Penrose et moi avons menés ont montré qu'en accord avec la Théorie de la Relativité Générale d'Einstein, cet instant doit correspondre à ce qui s'appelle une singularité, un endroit où l'espace et le temps eurent un début ou une fin. Dans ce cas, il s'agit évidemment d'un début, le Big Bang.
Une forte évidence que l'univers débuta avec le Big Bang s'imposa en 1965, avec la découverte d'un bruit de fond de radiations micro-ondes, venant vers nous de toutes les directions du cosmos. Si vous dérèglez votre téléviseur, et le maintenez sur un canal vide de tout signal radio en provenance d'un satellite, quelques pour cent du bruit de fond et de la neige que vous voyez sur votre écran proviennent de cette rumeur, du bruit de fond de l'univers. Ce rayonnement est une sorte de fossile, ce qui reste comme trace à travers le cosmos de la boule de feu qui a existé, un bref moment après le Big Bang.
Un élément remarquable de ce bruit de fond consistait en son uniformité. Il paraissait rigoureusement le même, quelque soit la direction dans laquelle on regarde, du moins dans la limite des capacités de mesure des instruments dont nous disposions. Une explication plausible de ce caractère étrangement homogène fut proposée en 1981 par le physicien Alan Guth, du Massachussets Institute of Technology de Boston (Etats-Unis). Il suggéra que que l'univers initial, à son premier instant aconnu ce qu'on apelle une période d'inflation, doublant de volume à chaque fraction de sseconde, juste cmme les prix doublent tous les quelques mois dans certains pays. Cette folle croissance aurait rendu l'univers et le rayonnement fossile très calmes et homogènes, identiques dans toutes les directions de l'espace. Pourtant, j'ai montré à cette époque, et d'autres scientifiques sont parvenus aux mêmes résultats, que cela n'était pas possible. L'univers et le rayonnement fossile ne pouvaient pas être tout à fait homogènes, nous disaient les calculs. Il devait y avoir de petites irrégularités dans la distribution de la matière et des rayonnements d'énergie dans l'univers primitif. Avec le temps, ces irrégularités seraient devenues des lieux de croissance, obligeant la matière à se rassembler, à s'agglutiner pour former des galaxies, des étoiles, des planètes.
Depuis longtemps, les astronomes mesuraient le rayonnement fossile de manière de plus en plus précise, de façon à mettre le doigt sur ces infimes variations d'intensité avec la direction, qui devraient se produire si la théorie de formation de notre univers primitif et des galaxies est correcte.
Jusqu'à présent, suspense : ils n'avaient rien trouvé. Et cela devenait plutôt embarassant : si la précision des mesures avait encore progressé un peu sans que l'on ne trouve rien, nous aurions dû conclure que nos theories et nos représentations de l'univers primitif étaient fausses.
Heureusement, les derniers résultats du satellite COBE montrent le genre de fluctuations du bruit de fond qui étaient attendues par les théoriciens. Et ceci est excessivement important. Cela confirme confirme nos théories sur les premiers instants de l'univers, et comment des structures comme les galaxies, les étoiles, les planètes et même les hommes vinrent à exister dans un univers qui pourtant, à l'origine, était homogène. Cette observation est comparable, par son importance, à celle de l'expansion de l'univers ou la mise en évidence du rayonnement fossile.
Stephen Hawking
.
mai 1992
Des rides sur l'Univers
Jusqu'à l'aube de ce siècle, on pensait que l'Univers ne changeait guère avec le temps. Les théologiens et les philosophes débattaient d'ailleurs pour déterminer si l'Univers avait toujours été là, ou bien s'il avait été conduit à apparaitre dans un passé plus ou moins récent. Comme il n'y avait guère d'observations concluantes pour trancher dans un sens ou dans l'autres, les chercheurs élaboraient leurs théories sur du sable.
La situation fut complètement modifiée au début des années 20, quand l'astronome Edwin Hubble découvrit que l'univers était en expansion continue : les galaxies lointaines s'éloignent de nous, et plus elles sont loin, plus elles s'éloignent rapidement.
Puisque les galaxies s'éloignent ainsi les unes des autres, elles doivent fatalement avoir été plus voisines dans le passé. Si l'on remonte à contre-sens le film de l'expansion de l'univers, il y a environ 15 milliards d'années, les galaxies ont ainsi dû être entassées les unes sur les autres. Des travaux mathématiques que Roger Penrose et moi avons menés ont montré qu'en accord avec la Théorie de la Relativité Générale d'Einstein, cet instant doit correspondre à ce qui s'appelle une singularité, un endroit où l'espace et le temps eurent un début ou une fin. Dans ce cas, il s'agit évidemment d'un début, le Big Bang.
Une forte évidence que l'univers débuta avec le Big Bang s'imposa en 1965, avec la découverte d'un bruit de fond de radiations micro-ondes, venant vers nous de toutes les directions du cosmos. Si vous dérèglez votre téléviseur, et le maintenez sur un canal vide de tout signal radio en provenance d'un satellite, quelques pour cent du bruit de fond et de la neige que vous voyez sur votre écran proviennent de cette rumeur, du bruit de fond de l'univers. Ce rayonnement est une sorte de fossile, ce qui reste comme trace à travers le cosmos de la boule de feu qui a existé, un bref moment après le Big Bang.
Un élément remarquable de ce bruit de fond consistait en son uniformité. Il paraissait rigoureusement le même, quelque soit la direction dans laquelle on regarde, du moins dans la limite des capacités de mesure des instruments dont nous disposions. Une explication plausible de ce caractère étrangement homogène fut proposée en 1981 par le physicien Alan Guth, du Massachussets Institute of Technology de Boston (Etats-Unis). Il suggéra que que l'univers initial, à son premier instant aconnu ce qu'on apelle une période d'inflation, doublant de volume à chaque fraction de sseconde, juste cmme les prix doublent tous les quelques mois dans certains pays. Cette folle croissance aurait rendu l'univers et le rayonnement fossile très calmes et homogènes, identiques dans toutes les directions de l'espace. Pourtant, j'ai montré à cette époque, et d'autres scientifiques sont parvenus aux mêmes résultats, que cela n'était pas possible. L'univers et le rayonnement fossile ne pouvaient pas être tout à fait homogènes, nous disaient les calculs. Il devait y avoir de petites irrégularités dans la distribution de la matière et des rayonnements d'énergie dans l'univers primitif. Avec le temps, ces irrégularités seraient devenues des lieux de croissance, obligeant la matière à se rassembler, à s'agglutiner pour former des galaxies, des étoiles, des planètes.
Depuis longtemps, les astronomes mesuraient le rayonnement fossile de manière de plus en plus précise, de façon à mettre le doigt sur ces infimes variations d'intensité avec la direction, qui devraient se produire si la théorie de formation de notre univers primitif et des galaxies est correcte.
Jusqu'à présent, suspense : ils n'avaient rien trouvé. Et cela devenait plutôt embarassant : si la précision des mesures avait encore progressé un peu sans que l'on ne trouve rien, nous aurions dû conclure que nos theories et nos représentations de l'univers primitif étaient fausses.
Heureusement, les derniers résultats du satellite COBE montrent le genre de fluctuations du bruit de fond qui étaient attendues par les théoriciens. Et ceci est excessivement important. Cela confirme confirme nos théories sur les premiers instants de l'univers, et comment des structures comme les galaxies, les étoiles, les planètes et même les hommes vinrent à exister dans un univers qui pourtant, à l'origine, était homogène. Cette observation est comparable, par son importance, à celle de l'expansion de l'univers ou la mise en évidence du rayonnement fossile.
Stephen Hawking
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T'as quel âge, l'univers ?
Big Bang
Avez-vous remarqué ? Les galaxies continuent de ronronner, la lune de nous narguer, et le soleil de se coucher à l'heure. Comme si un petit satellite de la NASA, besognant depuis plus de deux ans à traquer dans l'ombre du cosmos les séquelles du grand boum n'avait pas mis l'autre semaine le petit monde de l'astronomie en émoi. "Ouf", a-t-on entendu, dans un colloque du côté de Washington. C'est qu'après plus de deux ans, le satellite COBE qui s'obstinait à ne rien déceler, a enfin bien voulu, quelques règlages aidant, livrer aux scientifiques le portrait robot qu'ils attendaient de l'univers . "Dessine nous le big bang", lui demandaient-ils depuis 1989, à la manière du Petit Prince s'obsédant d'un mouton. Et voilà. Ils sont comblés. Le rayonnement résiduel, très faible mais omniprésent dans le cosmos, une des traces les plus tangibles du fameux big bang par lequel notre monde a commencé son histoire, n'est plus un vilain fond gris. Depuis quelques semaines il dessine de jolis nuages roses. C'est tout ?
"C'est énorme, estime George Smoot, astrophysicien à Berkeley. Si vous êtes croyant, c'est comme regarder Dieu en face". "C'est la découverte du siècle, peut-être de tous les temps", annonce pour sa part le célèbre théoricien Stephen Hawking, de Cambridge, en Grande-Bretagne.
Commentaire inhabituel, pour un homme respecté, immobilisé dans sa chaise par une redoutable maladie nerveuse et d'habitude peu enclin à dégainer le superlatif. "Cela vaudra sûrement aux découvreurs le prix Nobel", assène-t-il.
Vrai, Hawking et ses confrères théoriciens ont quelques raisons de s'égosiller de bonheur. Ce que le satellite de la NASA vient d'appercevoir, ces irrégularités de la rumeur du big bang, quelques chercheurs les avaient déjà reniflées. Dans leurs équations. Et depuis le grand Pythagore, en physique, il n'existe pas meilleure confirmation pour une théorie que de constater de visu des faits, jusque-là inconnus, mais frappés en chifres d'or par la seule astuce du calcul. Comme les chefs de gare qui aiment les trains à l'heure, les découvreurs ne respirent que pour la géniale trouvaille attendue, clef de voûte de leur cathédrale théorique. Imaginez l'électrochoc quand la découverte en question porte sur la formation de l'Univers soi-même.
Mais, dira-t-on, émise au début de ce siècle, la thèse du big bang a déjà quelques décennies de vol à son compteur. Et ce concept a même été passablement galvaudé lors de sa diffusion vers le public, puisqu'aujourd'hui, on nous sert même du big bang en chanson (Julien Clerc). Alors, quoi de neuf sous le soleil ?
Ce qui se chuchotait à peine, ces dernières années, c'est que la thèse du grand boum initial, si elle était encore dominante, commençait à essuyer de redoutables tirs de barrage. Nombre d'astronomes relevaient dans leurs filets des observations qui cadraient mal avec la théorie reine. Et parmi les épines les plus profondément fichées dans la semelle du big bang, trônait l'aspect désespérement homogène de la rumeur de la création du monde, ce fameux rayonnement fossile.
Comment, en effet, expliquer que des galaxies aient pu grapiller de la matière pour se former, alors que tout ce qu'on mesurait jusqu'ici suggérait que le grand flash initial avait été parfaitement lisse et homogène ? C'est comme si des grumeaux se formaient tout d'un coup, sans raison, dans une soupe jusque-là bien onctueuse. Impossible. Il devait déjà y avoir dans ce potage-là des irrégularités, de minuscules graines de grumeaux, susurraient les équations têtues. Les dents des fourchettes sont trop écartées, les instruments de mesure trop peu sensibles, expliquaient les astronomes. A moins que la théorie du big-bang soit imparfaite, risquaient d'impertinents chercheurs, qui déjà s'attablaient pour écrire d'autres biographies à notre monde.
Ce match des théoriciens est aujourd'hui réglé. En mesurant dans l'espace ce qu'aucun instrument n'avait encore détecté depuis la Terre, COBE a déclaré le big boum vainqueur par K.O. "Nous sommes morts", a même dit, bon joueur, l'un des opposants. Le halo résiduel du grand flash, vieux de 15 milliards d'années, n'est pas homogène du tout, a déclaré ce robot, promu juge de paix intersidéral. Ce bruit porte bien en lui les marques des irrégularités qui donnèrent naissance aux amas de matière, aux galaxies, aux étoiles, aux planètes, à la vie, et à l'homme. cela peut paraitre rassurant. Mais à propos, d'où viennent ces rides, comment sont-elles apparues, pourquoi ?
La découverte de COBE, c'est un choc ?
C'est une observation formidable, extraordinaire, qui apporte une confirmation très forte à la théorie du big bang, car elle vient compléter nos informations sur l'étape de formation des galaxies, qui a conditionné celle des planètes, des hommes. Si l'univers avait été homogène à ce moment là, nous ne serions pas là pour en parler.
Nous avons maintenant une "image" de ce qu'était l'univers 300.000 ans après sa création. C'est la plus vieille que nous puissions obtenir, car avant ces 300.000 ans, l'univers nous est dissimulé par un mur opaque. Les électrons étaient libres et entravaient le parcours des photons, les particules de la lumière
Cette découverte affecte-t-elle vos travaux ?
Elle concerne tous les astronomes, mais il reste beaucoup d'autres questions. Comme celle de la masse manquante. Si on veut savoir ce que deviendra l'univers, s'il poursuivra son expansion sur la lancée du big bang, ou bien s'il s'arrètera à un moment pour s'effondrer sur lui même (grand effondrement ou big crunch), il faut déterminer sa masse. Mais nous avons là un problème. La masse visible de l'univers (les étoiles et les galaxies) ne représente qu'un pour cent de la "masse critique" nécéssaire pour stopper l'expansion de l'univers. En extrapolant la masse invisible dont en sent les effets sur les mouvements étoiles et les galaxies, on arrive à 10 % du total nécéssaire. Il nous manque donc aujourd'hui 90 % de la masse de l'univers pour parvenir à la masse critique. Où est-elle ? Est-elle constituée de matière très difficile à détecter, comme les neutrinos et d'autres particules ? Ou alors organisée dans des corps célestes invisibles, comme les trous noirs ou les naines brunes, ces étoiles manquées ? Parce que nous ne connaissons pas la nature de cette masse manquante, nous ne savons pas comment sont nées les galaxies, ni comment elles ont constitué cette fantastique tapisserie cosmique.
Le big bang est-il le bon scénario ?
Jusqu'à nouvel ordre, c'est celui qui décrit le mieux l'univers avec les informations dont nous disposons actuellement. Mais tout peut être mis en question si une nouvelle observation vient contredire le big bang.
Comme il y a eu jadis les univers magiquee, mystique, mathématique, géocentrique, il y aura, dans le futur, une longue série d'autres univers qui se rapprocheront toujours davantage du véritable Univers. Mais je pense que nous ne l'atteindrons jamais.
Cela dit, tout nouveau modèle devra intégrer les éléments du big bang, comme la physique d'Einstein a incorporé les acquis précédents de celle de Newton.
Alors COBE n'a pas vu la trace de la main de Dieu ?
Pour donner un sens à l'Univers, il faut qu'il y ait une conscience capable d'apréhender sa beauté et son harmonie. Pas forcément notre forme de conscience d'ailleurs. C'est ma conviction. Les réglages de cet Univers sont à mes yeux trop fins pour être les résultats du seul hasard. Mais je ne pense pas que nous accédions un jour au secret de la vraie nature de l'Univers. La mélodie secrète des choses nous restera à jamais dissimulée, même si nous pouvons nous en rapprocher de plus en plus par différents moyens.
Trinh Xuan Thuan, astrophysicien à l'université de Virginie, est l'auteur de "La mélodie secrète", (Ed Fayard) et livre son point de vue dans "Un astrophysicien : entretiens avec Jacques Vauthier "(Ed Beauchêne-Fayard).
big bang : une théorie à vertiges
En un instant tellement bref qu'il est impossible de le décompter, fut le Tout, partout. Durant ce frémissement, qu'étaient les forces qui gouvernent l'énergie et la matière ? Nul ne le sait. Entre zéro et zéro secondes et 43 chiffres après la virgule, notre physique est aveugle. Sur les dessins, par commodité, on représente le "gros boum" comme un point qui explose, poussant vers un futur joliment coloré et la droite de la page, l'organisation de la matière et du monde. Une image qui n'a, en fait, pas grand chose à voir avec le premier vagissement de notre Univers. Les équations le suggèrent : le big bang a eu lieu, partout, simultanément, en tout point d'un univers qui était déjà immense et Tout, puisqu'en dehors de lui, rien n'existait...
"Rien a voir avec une explosion... On ne sait pas si l'univers était fini ou infini, mais peut importe, la température dépassait cent milliards de degrés", explique le prix Nobel de physique Steven Weinberg, dans "Les trois premières minutes de l'univers" (Seuil). Peu à peu, ce halo d'énergie s'est refroidi, permettant aux particules, aux forces, à la matière d'apparaître. Nos meilleurs télescopes, ne peuvent guère nous aider à contempler cela. En contemplant au loin, comme COBE, ces images qui nous parviennent du passé à la vitesse de la lumière, ils ne pourront jamais voir au-delà du 300.000 anniversaire du monde. Avant, les électrons, libres, empêchaient la lumière, les photons, de se propager. Il n'existe pas d'image de ce monde-là.
Y-a-t-il vraiment eu un moment zéro avant lequel il n'existait rien, s'interroge Hawking dans son best-seller, "Une brève histoire du temps" (Flammarion). Difficile à nos esprits habitués à décompter le temps, à voir naître et mourir des êtres, d'échaffauder une vision d'une histoire sans point originel. Les mathématiques le peuvent, avec des notions de limites. Tentons un exemple grossier. L'horizon fuit devant nos yeux au fur et à mesure que nous montons les marches de la tour Eiffel. Très vite, on s'apperçoit que pour voir un peu plus loin, par-delà les collines de St Cloud, il faut monter bien plus haut qu'au début. Extrapolons : si l'on utilisait tous les matériaux disponibles sur cette Terre, pour bâtir une tour immense, on ne verrait guère plus loin que l'horizon situé sur le rayon central de la planète. En tous cas, on ne verrait jamais l'Australie et la Nouvelle-Zélande. Et s'il en était ainsi pour notre Univers ? Un monde en géométrie sphérique, dont l'horizon est le brouillard du big bang ?
Dans cette perspective, Hawking imagine un univers sans début et sans fin, en perpétuelle croissance puis effondrement, dont aucun Dieu n'aurait eu à choisir les lois. D'autres physiciens envisagent encore que le début de notre univers correspondrait à la formation d'un trou noir, dans un autre monde. Enfin des astronomes comme Trinh Xuan Thuan demeurent persuadés que l'objet de l'univers est l'apparition de la conscience, et que le sens secret du monde échappera toujours à la science. Mystique ou matérialiste, chacun voit donc le big bang à sa porte. Avant un éventuel grand effondrement (big crunch), il reste quelques milliards d'années pour ce débat.
Cobe : le héros des étoiles
Les astronomes sont des gens simples. Depuis Gallilée, tout ce qu'ils réclament, pour explorer le Monde, ce sont des lunettes, des machines. Et avec COBE (Cosmic Background Explorer), c'est un satellite à remonter le temps que les chercheurs du Centre Goddard de la NASA et de Berkeley ont imaginé. Lancé à la fin de 1989, et placé sur orbite à 900 km d'altitude, le satellite est tellement sensible qu'il doit en permanence se réfugier dans l'ombre de la Terre, à l'abri des ardeurs solaires. Dix mille fois plus sensibles que les instruments utilisés jusque là, ses bolomètres (thermomètres de très haute précision) sont capables de mesurer le cent-millonième de degré. Pour cela, ils baignent dans 600 litres d'hélium liquide, à moins 271,2 degrés C. Ce congélateur en orbite compare le rayonnement fossile de l'univers, le même que celui qu'émettrait un corps noir chauffé à 3 degrés K, c'est à dire moins 270 degrés C, dans toutes les directions de l'espace. Cette rumeur radio-électrique, qui nous provient de l'univers quand il avait environ 300.000 de nos années, est la première "image" qui nous est accessible du cosmos. Un bruit de fond qui correspond à la subite apparition de la matière organisée, dans une sorte de flash.
mai 1992
Avez-vous remarqué ? Les galaxies continuent de ronronner, la lune de nous narguer, et le soleil de se coucher à l'heure. Comme si un petit satellite de la NASA, besognant depuis plus de deux ans à traquer dans l'ombre du cosmos les séquelles du grand boum n'avait pas mis l'autre semaine le petit monde de l'astronomie en émoi. "Ouf", a-t-on entendu, dans un colloque du côté de Washington. C'est qu'après plus de deux ans, le satellite COBE qui s'obstinait à ne rien déceler, a enfin bien voulu, quelques règlages aidant, livrer aux scientifiques le portrait robot qu'ils attendaient de l'univers . "Dessine nous le big bang", lui demandaient-ils depuis 1989, à la manière du Petit Prince s'obsédant d'un mouton. Et voilà. Ils sont comblés. Le rayonnement résiduel, très faible mais omniprésent dans le cosmos, une des traces les plus tangibles du fameux big bang par lequel notre monde a commencé son histoire, n'est plus un vilain fond gris. Depuis quelques semaines il dessine de jolis nuages roses. C'est tout ?
"C'est énorme, estime George Smoot, astrophysicien à Berkeley. Si vous êtes croyant, c'est comme regarder Dieu en face". "C'est la découverte du siècle, peut-être de tous les temps", annonce pour sa part le célèbre théoricien Stephen Hawking, de Cambridge, en Grande-Bretagne.
Commentaire inhabituel, pour un homme respecté, immobilisé dans sa chaise par une redoutable maladie nerveuse et d'habitude peu enclin à dégainer le superlatif. "Cela vaudra sûrement aux découvreurs le prix Nobel", assène-t-il.
Vrai, Hawking et ses confrères théoriciens ont quelques raisons de s'égosiller de bonheur. Ce que le satellite de la NASA vient d'appercevoir, ces irrégularités de la rumeur du big bang, quelques chercheurs les avaient déjà reniflées. Dans leurs équations. Et depuis le grand Pythagore, en physique, il n'existe pas meilleure confirmation pour une théorie que de constater de visu des faits, jusque-là inconnus, mais frappés en chifres d'or par la seule astuce du calcul. Comme les chefs de gare qui aiment les trains à l'heure, les découvreurs ne respirent que pour la géniale trouvaille attendue, clef de voûte de leur cathédrale théorique. Imaginez l'électrochoc quand la découverte en question porte sur la formation de l'Univers soi-même.
Mais, dira-t-on, émise au début de ce siècle, la thèse du big bang a déjà quelques décennies de vol à son compteur. Et ce concept a même été passablement galvaudé lors de sa diffusion vers le public, puisqu'aujourd'hui, on nous sert même du big bang en chanson (Julien Clerc). Alors, quoi de neuf sous le soleil ?
Ce qui se chuchotait à peine, ces dernières années, c'est que la thèse du grand boum initial, si elle était encore dominante, commençait à essuyer de redoutables tirs de barrage. Nombre d'astronomes relevaient dans leurs filets des observations qui cadraient mal avec la théorie reine. Et parmi les épines les plus profondément fichées dans la semelle du big bang, trônait l'aspect désespérement homogène de la rumeur de la création du monde, ce fameux rayonnement fossile.
Comment, en effet, expliquer que des galaxies aient pu grapiller de la matière pour se former, alors que tout ce qu'on mesurait jusqu'ici suggérait que le grand flash initial avait été parfaitement lisse et homogène ? C'est comme si des grumeaux se formaient tout d'un coup, sans raison, dans une soupe jusque-là bien onctueuse. Impossible. Il devait déjà y avoir dans ce potage-là des irrégularités, de minuscules graines de grumeaux, susurraient les équations têtues. Les dents des fourchettes sont trop écartées, les instruments de mesure trop peu sensibles, expliquaient les astronomes. A moins que la théorie du big-bang soit imparfaite, risquaient d'impertinents chercheurs, qui déjà s'attablaient pour écrire d'autres biographies à notre monde.
Ce match des théoriciens est aujourd'hui réglé. En mesurant dans l'espace ce qu'aucun instrument n'avait encore détecté depuis la Terre, COBE a déclaré le big boum vainqueur par K.O. "Nous sommes morts", a même dit, bon joueur, l'un des opposants. Le halo résiduel du grand flash, vieux de 15 milliards d'années, n'est pas homogène du tout, a déclaré ce robot, promu juge de paix intersidéral. Ce bruit porte bien en lui les marques des irrégularités qui donnèrent naissance aux amas de matière, aux galaxies, aux étoiles, aux planètes, à la vie, et à l'homme. cela peut paraitre rassurant. Mais à propos, d'où viennent ces rides, comment sont-elles apparues, pourquoi ?
On ne vous l'avait pas dit ? La quète du Saint Graal astrophysique continue, plus que jamais. (voir les réponses de Trin h Xuan Thuan). Sur des raidillons de l'espace-temps qui prennent plus que jamais l'allure d'un grand jeu de l'oie cosmique : quand on croit toucher le but, on se retrouve à la case départ, ou presque !
La mélodie secrète
de Trinh Xuan Thuan
La mélodie secrète
de Trinh Xuan Thuan
La découverte de COBE, c'est un choc ?
C'est une observation formidable, extraordinaire, qui apporte une confirmation très forte à la théorie du big bang, car elle vient compléter nos informations sur l'étape de formation des galaxies, qui a conditionné celle des planètes, des hommes. Si l'univers avait été homogène à ce moment là, nous ne serions pas là pour en parler.
Nous avons maintenant une "image" de ce qu'était l'univers 300.000 ans après sa création. C'est la plus vieille que nous puissions obtenir, car avant ces 300.000 ans, l'univers nous est dissimulé par un mur opaque. Les électrons étaient libres et entravaient le parcours des photons, les particules de la lumière
Cette découverte affecte-t-elle vos travaux ?
Elle concerne tous les astronomes, mais il reste beaucoup d'autres questions. Comme celle de la masse manquante. Si on veut savoir ce que deviendra l'univers, s'il poursuivra son expansion sur la lancée du big bang, ou bien s'il s'arrètera à un moment pour s'effondrer sur lui même (grand effondrement ou big crunch), il faut déterminer sa masse. Mais nous avons là un problème. La masse visible de l'univers (les étoiles et les galaxies) ne représente qu'un pour cent de la "masse critique" nécéssaire pour stopper l'expansion de l'univers. En extrapolant la masse invisible dont en sent les effets sur les mouvements étoiles et les galaxies, on arrive à 10 % du total nécéssaire. Il nous manque donc aujourd'hui 90 % de la masse de l'univers pour parvenir à la masse critique. Où est-elle ? Est-elle constituée de matière très difficile à détecter, comme les neutrinos et d'autres particules ? Ou alors organisée dans des corps célestes invisibles, comme les trous noirs ou les naines brunes, ces étoiles manquées ? Parce que nous ne connaissons pas la nature de cette masse manquante, nous ne savons pas comment sont nées les galaxies, ni comment elles ont constitué cette fantastique tapisserie cosmique.
Le big bang est-il le bon scénario ?
Jusqu'à nouvel ordre, c'est celui qui décrit le mieux l'univers avec les informations dont nous disposons actuellement. Mais tout peut être mis en question si une nouvelle observation vient contredire le big bang.
Comme il y a eu jadis les univers magiquee, mystique, mathématique, géocentrique, il y aura, dans le futur, une longue série d'autres univers qui se rapprocheront toujours davantage du véritable Univers. Mais je pense que nous ne l'atteindrons jamais.
Cela dit, tout nouveau modèle devra intégrer les éléments du big bang, comme la physique d'Einstein a incorporé les acquis précédents de celle de Newton.
Alors COBE n'a pas vu la trace de la main de Dieu ?
Pour donner un sens à l'Univers, il faut qu'il y ait une conscience capable d'apréhender sa beauté et son harmonie. Pas forcément notre forme de conscience d'ailleurs. C'est ma conviction. Les réglages de cet Univers sont à mes yeux trop fins pour être les résultats du seul hasard. Mais je ne pense pas que nous accédions un jour au secret de la vraie nature de l'Univers. La mélodie secrète des choses nous restera à jamais dissimulée, même si nous pouvons nous en rapprocher de plus en plus par différents moyens.
Trinh Xuan Thuan, astrophysicien à l'université de Virginie, est l'auteur de "La mélodie secrète", (Ed Fayard) et livre son point de vue dans "Un astrophysicien : entretiens avec Jacques Vauthier "(Ed Beauchêne-Fayard).
big bang : une théorie à vertiges
En un instant tellement bref qu'il est impossible de le décompter, fut le Tout, partout. Durant ce frémissement, qu'étaient les forces qui gouvernent l'énergie et la matière ? Nul ne le sait. Entre zéro et zéro secondes et 43 chiffres après la virgule, notre physique est aveugle. Sur les dessins, par commodité, on représente le "gros boum" comme un point qui explose, poussant vers un futur joliment coloré et la droite de la page, l'organisation de la matière et du monde. Une image qui n'a, en fait, pas grand chose à voir avec le premier vagissement de notre Univers. Les équations le suggèrent : le big bang a eu lieu, partout, simultanément, en tout point d'un univers qui était déjà immense et Tout, puisqu'en dehors de lui, rien n'existait...
"Rien a voir avec une explosion... On ne sait pas si l'univers était fini ou infini, mais peut importe, la température dépassait cent milliards de degrés", explique le prix Nobel de physique Steven Weinberg, dans "Les trois premières minutes de l'univers" (Seuil). Peu à peu, ce halo d'énergie s'est refroidi, permettant aux particules, aux forces, à la matière d'apparaître. Nos meilleurs télescopes, ne peuvent guère nous aider à contempler cela. En contemplant au loin, comme COBE, ces images qui nous parviennent du passé à la vitesse de la lumière, ils ne pourront jamais voir au-delà du 300.000 anniversaire du monde. Avant, les électrons, libres, empêchaient la lumière, les photons, de se propager. Il n'existe pas d'image de ce monde-là.
Y-a-t-il vraiment eu un moment zéro avant lequel il n'existait rien, s'interroge Hawking dans son best-seller, "Une brève histoire du temps" (Flammarion). Difficile à nos esprits habitués à décompter le temps, à voir naître et mourir des êtres, d'échaffauder une vision d'une histoire sans point originel. Les mathématiques le peuvent, avec des notions de limites. Tentons un exemple grossier. L'horizon fuit devant nos yeux au fur et à mesure que nous montons les marches de la tour Eiffel. Très vite, on s'apperçoit que pour voir un peu plus loin, par-delà les collines de St Cloud, il faut monter bien plus haut qu'au début. Extrapolons : si l'on utilisait tous les matériaux disponibles sur cette Terre, pour bâtir une tour immense, on ne verrait guère plus loin que l'horizon situé sur le rayon central de la planète. En tous cas, on ne verrait jamais l'Australie et la Nouvelle-Zélande. Et s'il en était ainsi pour notre Univers ? Un monde en géométrie sphérique, dont l'horizon est le brouillard du big bang ?
Dans cette perspective, Hawking imagine un univers sans début et sans fin, en perpétuelle croissance puis effondrement, dont aucun Dieu n'aurait eu à choisir les lois. D'autres physiciens envisagent encore que le début de notre univers correspondrait à la formation d'un trou noir, dans un autre monde. Enfin des astronomes comme Trinh Xuan Thuan demeurent persuadés que l'objet de l'univers est l'apparition de la conscience, et que le sens secret du monde échappera toujours à la science. Mystique ou matérialiste, chacun voit donc le big bang à sa porte. Avant un éventuel grand effondrement (big crunch), il reste quelques milliards d'années pour ce débat.
Cobe : le héros des étoiles
Les astronomes sont des gens simples. Depuis Gallilée, tout ce qu'ils réclament, pour explorer le Monde, ce sont des lunettes, des machines. Et avec COBE (Cosmic Background Explorer), c'est un satellite à remonter le temps que les chercheurs du Centre Goddard de la NASA et de Berkeley ont imaginé. Lancé à la fin de 1989, et placé sur orbite à 900 km d'altitude, le satellite est tellement sensible qu'il doit en permanence se réfugier dans l'ombre de la Terre, à l'abri des ardeurs solaires. Dix mille fois plus sensibles que les instruments utilisés jusque là, ses bolomètres (thermomètres de très haute précision) sont capables de mesurer le cent-millonième de degré. Pour cela, ils baignent dans 600 litres d'hélium liquide, à moins 271,2 degrés C. Ce congélateur en orbite compare le rayonnement fossile de l'univers, le même que celui qu'émettrait un corps noir chauffé à 3 degrés K, c'est à dire moins 270 degrés C, dans toutes les directions de l'espace. Cette rumeur radio-électrique, qui nous provient de l'univers quand il avait environ 300.000 de nos années, est la première "image" qui nous est accessible du cosmos. Un bruit de fond qui correspond à la subite apparition de la matière organisée, dans une sorte de flash.
Libellés :
astronomie,
espace,
histoires,
science,
temps
A l'intérieur de Biosphère
octobre 1992
Carnet de bord dans Biosphère 2
Voyage dans un autre monde
Linda Leigh, 40 ans, responsable des écosystèmes terrestres de Biosphère 2 (un monde en miniature, en Arizona)
26 septembre 1991
Le soleil se couche, laissant une chaude lumière m'enrober. Je suis assise au bord des falaises qui surplombent notre océan, et je regarde les deux mondes, celui de l'intérieur et de l'extérieur. Mon premier acte officiel de ces deux années d'enfermement a été de délivrer une longue pluie (par le système d'arrosage) à chaque biome (système écologique et climatique complet, comme la savane, ou la forêt tropicale). Le voyage peut commencer.
8 octobre
Rencontre avec Tony, à la limite du désert, pour discuter comment réveiller la vie dans cet espace, à l'approche de l'hiver. Nous arroserons une fois par semaine, et surveillerons les plantes clefs de ces écosystèmes arides.
15 octobre
Chaque matin, nous lisons avidement les courbes de nitrates dans l'océan et de gaz carbonique dans l'air que crachent les ordinateurs. Aujourd'hui on peut y lire l'impact de la récolte de cacahuètes effectuée hier. A l'entrée de l'hiver, je me sens comme un pélerin abordant un monde inconnu.
12 novembre
Mon quarantième anniversaire. Un groupe de visiteurs me l'a souhaité à travers la vitre. Je n'aurais pas cru que cela puisse me faire aussi chaud au coeur !
15 novembre
Jamais je n'ai regardé les plantes de cette manière. J'essaie sans cesse de deviner comment chaque espèce va réagir aux variations de saison et de teneur en gaz de l'air. C'est une obsession.
12 décembre.
Je fais la cuisine. Mark a pu me ramener des herbes du potager, pour relever les plats. Comme d'habitude, j'entre les quantités de chaque ingrédient dans le système électronique de gestion des régimes alimentaires, qui évalue nos rations de calories, de graisses, de protéines, de sucres, de minéraux, de vitamines.
Un peu plus tard, je fais de l'exercice sur une bicyclette de musculation. Ai-je mangé assez de calories pour pouvoir m'octroyer le plaisir de cet effort sans risquer de perdre encore quelques grammes ?
1-er janvier, le Nouvel An
J'ai communiqué avec des gens tout autour du monde, par l'intermédiaire du système vidéo. Notre petite fête a été arrosée d'alcool de riz fermenté, que nous avons produit nous-mêmes, à partir d'une vieille recette népalaise. En buvant, je ne puis m'empêcher de penser que l'adaptation de la culture du riz de cette technique de fermentation à Biosphère 2 a nécessité quatre bonnes années de patience.
10 janvier
Mesures du taux de gaz carbonique contenu dans le sol de la forêt humide. Relevé d'échantillons et analyses au laboratoire.
7 mars
Je suis effondrée par la mort du galago. Le petit lémurien tropical m'était très cher. Dans biosphère 2 nous constatons la mort des animaux très vite. Et chaque extinction d'espèce est cruellement ressentie, comme elle devrait l'être sur la Terre, Biosphère 1. Au dehors comme ici, à l'intérieur, à part ces espèces vivantes, il n'y a rien. Et chaque disparition est un vrai drame qui nous rapproche du néant.
27 mai
Récoltes de blé, ce matin. Par contre, nous manquons de féculents : patates, riz, plantain... Nous aurons bientôt besoin de place pour planter le sorgho.
J'ai toujours des difficultés avec le système générateur de pluies, du côté de la savane. Je suis contrainte d'arroser à la main les endroits qui restent secs. Harassant. Les caféiers, sur le versant ouest de la montagne, ont refleuri. J'imagine déjà les bols de café au lait que nous allons pouvoir nous offrir...
20 juin
Encore un jour avant de déclencher les pluies d'été. Nous pourrons ainsi collecter des échantillons d'air, de sol, et prendre des photographies avant et après la fin de la dormance. Pour effectuer les comparaisons.
26 septembre
L'anniversaire de notre entrée, le vrai "Nouvel An" de Biosphère 2. Ma première action, en me levant, a été d'offrir une belle pluie, bien dense, à tous les biomes. C'est pour moi une célébration des cycles de la nature, mais aussi de l'esprit humain. L'esprit qui nous conduit à créer, à ne jamais cesser de nous interroger, et à ne jamais laisser tomber la vie.
Nous connaissons plus d'un qui aimerait se transformer en grenouille, pour se glisser dans la forêt de Biosphère 2 et voir de près comment vivent, travaillent et s'entendent les occupants de la galère de verre échouée en plein Arizona.
C'est le 26 septembre 1991 que les huit volontaires ont bouclé la porte de leur vivarium géant pour un voyage immobile de deux années. Depuis, le mystère plane sur l'aventure. Pourtant leur prison est de verre, et des dizaines de milliers de touristes ont pu les observer de l'extérieur. Les communiqués de presse pleuvent, et les conférences ne manquent pas.
Mais cette transparence de façade n'a pas dissipé le malentendu qui s'est installé entre les explorateurs et le reste de la planète.
Présentée comme une affaire scientifique au départ, Biosphère 2 ne s'est pas vraiment donnée les moyens de cette ambition. Toute l'énergie créatrice était en fait investie alors dans la réalisation du vaisseau de verre, de ses écosystèmes, et à l'attraction des hordes touristiques payantes.
L'information préliminaire sur le projet a elle aussi été négligée. Quand on a appris, parfois par des fuites, que les naufragés volontaires étaient partis dans leur île avec des réserves de nourritures pour plusieurs mois, que l'énergie leur était fournie par une centrale électrique, qu'un ventilateur avait été mis en route pour renouveler une partie de l'air, ou encore qu'une Biosphérienne était sortie quelques heures pour aller se faire soigner à l'hôpital voisin, des critiques se sont hâtés de brûler le joli jouet que lui avait fait miroiter le milliardaire....
Est-ce raisonnable ? Il est vrai que les Biosphériens ont un peu trop tendance à escamoter les problèmes matériels, psychologiques, ou relationnels, et ont tendance à servir des réponses évasives à tous ceux qui les interrogent. Agaçant. Certes encore, Biosphère 2 n'est pas une expérience de laboratoire, mais plutôt à un processus d'exploration empirique. Mais de par le monde, un certain nombre de scientifiques, dont le groupe qui vient d'examiner la situation, jugent qu'au prix de quelques modifications, les données que l'on pourra tirer de l'affaire valent la peine d'être étudiées. Quitte à imposer des procédures plus strictes lors des prochaines missions à bord de l'autre Terre.
Pour l'heure, les Biosphériens voient baisser leur taux d'oxygène et augmenter celui du gaz carbonique. Leur stock de nourriture est réduit. Passeront-ils l'hiver à bord ?
Carnet de bord dans Biosphère 2
Voyage dans un autre monde
Linda Leigh, 40 ans, responsable des écosystèmes terrestres de Biosphère 2 (un monde en miniature, en Arizona)
26 septembre 1991
Le soleil se couche, laissant une chaude lumière m'enrober. Je suis assise au bord des falaises qui surplombent notre océan, et je regarde les deux mondes, celui de l'intérieur et de l'extérieur. Mon premier acte officiel de ces deux années d'enfermement a été de délivrer une longue pluie (par le système d'arrosage) à chaque biome (système écologique et climatique complet, comme la savane, ou la forêt tropicale). Le voyage peut commencer.
8 octobre
Rencontre avec Tony, à la limite du désert, pour discuter comment réveiller la vie dans cet espace, à l'approche de l'hiver. Nous arroserons une fois par semaine, et surveillerons les plantes clefs de ces écosystèmes arides.
15 octobre
Chaque matin, nous lisons avidement les courbes de nitrates dans l'océan et de gaz carbonique dans l'air que crachent les ordinateurs. Aujourd'hui on peut y lire l'impact de la récolte de cacahuètes effectuée hier. A l'entrée de l'hiver, je me sens comme un pélerin abordant un monde inconnu.
12 novembre
Mon quarantième anniversaire. Un groupe de visiteurs me l'a souhaité à travers la vitre. Je n'aurais pas cru que cela puisse me faire aussi chaud au coeur !
15 novembre
Jamais je n'ai regardé les plantes de cette manière. J'essaie sans cesse de deviner comment chaque espèce va réagir aux variations de saison et de teneur en gaz de l'air. C'est une obsession.
12 décembre.
Je fais la cuisine. Mark a pu me ramener des herbes du potager, pour relever les plats. Comme d'habitude, j'entre les quantités de chaque ingrédient dans le système électronique de gestion des régimes alimentaires, qui évalue nos rations de calories, de graisses, de protéines, de sucres, de minéraux, de vitamines.
Un peu plus tard, je fais de l'exercice sur une bicyclette de musculation. Ai-je mangé assez de calories pour pouvoir m'octroyer le plaisir de cet effort sans risquer de perdre encore quelques grammes ?
1-er janvier, le Nouvel An
J'ai communiqué avec des gens tout autour du monde, par l'intermédiaire du système vidéo. Notre petite fête a été arrosée d'alcool de riz fermenté, que nous avons produit nous-mêmes, à partir d'une vieille recette népalaise. En buvant, je ne puis m'empêcher de penser que l'adaptation de la culture du riz de cette technique de fermentation à Biosphère 2 a nécessité quatre bonnes années de patience.
10 janvier
Mesures du taux de gaz carbonique contenu dans le sol de la forêt humide. Relevé d'échantillons et analyses au laboratoire.
7 mars
Je suis effondrée par la mort du galago. Le petit lémurien tropical m'était très cher. Dans biosphère 2 nous constatons la mort des animaux très vite. Et chaque extinction d'espèce est cruellement ressentie, comme elle devrait l'être sur la Terre, Biosphère 1. Au dehors comme ici, à l'intérieur, à part ces espèces vivantes, il n'y a rien. Et chaque disparition est un vrai drame qui nous rapproche du néant.
27 mai
Récoltes de blé, ce matin. Par contre, nous manquons de féculents : patates, riz, plantain... Nous aurons bientôt besoin de place pour planter le sorgho.
J'ai toujours des difficultés avec le système générateur de pluies, du côté de la savane. Je suis contrainte d'arroser à la main les endroits qui restent secs. Harassant. Les caféiers, sur le versant ouest de la montagne, ont refleuri. J'imagine déjà les bols de café au lait que nous allons pouvoir nous offrir...
20 juin
Encore un jour avant de déclencher les pluies d'été. Nous pourrons ainsi collecter des échantillons d'air, de sol, et prendre des photographies avant et après la fin de la dormance. Pour effectuer les comparaisons.
26 septembre
L'anniversaire de notre entrée, le vrai "Nouvel An" de Biosphère 2. Ma première action, en me levant, a été d'offrir une belle pluie, bien dense, à tous les biomes. C'est pour moi une célébration des cycles de la nature, mais aussi de l'esprit humain. L'esprit qui nous conduit à créer, à ne jamais cesser de nous interroger, et à ne jamais laisser tomber la vie.
Nous connaissons plus d'un qui aimerait se transformer en grenouille, pour se glisser dans la forêt de Biosphère 2 et voir de près comment vivent, travaillent et s'entendent les occupants de la galère de verre échouée en plein Arizona.
C'est le 26 septembre 1991 que les huit volontaires ont bouclé la porte de leur vivarium géant pour un voyage immobile de deux années. Depuis, le mystère plane sur l'aventure. Pourtant leur prison est de verre, et des dizaines de milliers de touristes ont pu les observer de l'extérieur. Les communiqués de presse pleuvent, et les conférences ne manquent pas.
Mais cette transparence de façade n'a pas dissipé le malentendu qui s'est installé entre les explorateurs et le reste de la planète.
Présentée comme une affaire scientifique au départ, Biosphère 2 ne s'est pas vraiment donnée les moyens de cette ambition. Toute l'énergie créatrice était en fait investie alors dans la réalisation du vaisseau de verre, de ses écosystèmes, et à l'attraction des hordes touristiques payantes.
L'information préliminaire sur le projet a elle aussi été négligée. Quand on a appris, parfois par des fuites, que les naufragés volontaires étaient partis dans leur île avec des réserves de nourritures pour plusieurs mois, que l'énergie leur était fournie par une centrale électrique, qu'un ventilateur avait été mis en route pour renouveler une partie de l'air, ou encore qu'une Biosphérienne était sortie quelques heures pour aller se faire soigner à l'hôpital voisin, des critiques se sont hâtés de brûler le joli jouet que lui avait fait miroiter le milliardaire....
Est-ce raisonnable ? Il est vrai que les Biosphériens ont un peu trop tendance à escamoter les problèmes matériels, psychologiques, ou relationnels, et ont tendance à servir des réponses évasives à tous ceux qui les interrogent. Agaçant. Certes encore, Biosphère 2 n'est pas une expérience de laboratoire, mais plutôt à un processus d'exploration empirique. Mais de par le monde, un certain nombre de scientifiques, dont le groupe qui vient d'examiner la situation, jugent qu'au prix de quelques modifications, les données que l'on pourra tirer de l'affaire valent la peine d'être étudiées. Quitte à imposer des procédures plus strictes lors des prochaines missions à bord de l'autre Terre.
Pour l'heure, les Biosphériens voient baisser leur taux d'oxygène et augmenter celui du gaz carbonique. Leur stock de nourriture est réduit. Passeront-ils l'hiver à bord ?
Libellés :
biologie,
botanique,
climat,
histoires,
médecine,
prospective,
réchauffement,
science,
techniques
Carbone 60 (1992)
Carbone 60
octobre 1992
1985. Texas. Il est tôt, maintenant. Le soleil va se lever et la nuit est fichue. Mais à jouer du ciseau et à s'acharner avec son tube de colle, dans le salon de sa maison, Richard Smalley a fini par gagner. Avec Harry Kroto, de l'université britannique du Sussex, le chercheur américain contemple l'incroyable boule de papier érigée sur la table. On dirait un jeu de gosse, un puzzle de premier de classe, fait d'hexagones et de pentagones. Les morceaux de carton sont de travers, mal coupés. Mais malgré la fatigue, les deux scientifiques ont les yeux rutilants d'excitation. Ils tiennent leur solution, ils en sont sûrs. C'est beau et simple, avec ce parfum d'évidence propre aux vraies découvertes. Bien sûr, il faudra vérifier, passer ces satanées molécules à la cristallographie, dès qu'on en aura recueilli quelques milligrammes au fond des éprouvettes.
Si le petit boulet de C60 est extrèmement stable, plus solide que l'acier, mais chimiquement très actif car entouré d'une nuée électrique qui ne demande qu'à interagir, on pourra lui greffer toutes sortes de compléments pour lui assigner des missions prestigieuses. Doté d'anticorps spécifiques, ils pourra reconnaître des cellules cancéreuses, s'y fixer. Activé par un laser, oxygéné, il deviendra un tueur de ces mêmes cellules.
Il pourra aussi transporter, tel un blindé, une substance fragile, une hormone, un peptide, devenant un missile capable d'acheminer un médicament périssable jusqu'à un organe distant. En électronique, les tubes de carbone, dopés, pourraient former de nouveaux semi-conducteurs, ou délivrer plus rapidement les électrons, pour augmenter la vitesse des ordinateurs. Dans le domaine des matériaux, les fibres de carbone pourraient devenir plus résistantes que le diamant. L'ingénieur Albert Legendre rêve déjà d'installer ainsi un câble de carbone de 40.000 km entre le sol et un satellite en orbite géostationnaire, pour s'y rendre en ascenseur. Moins poétiques, les lubrifiants à base de fullérènes, des carburants de fusées, des batteries plus efficaces, une nouvelle chimie de l'hydrogène sont en projet.
"Ces molécules ont des propriétés proprement fascinantes, différentes de celles de tous les autres matériaux... C'est une nouvelle fenêtre ouverte sur le monde de la chimie, un autre continent", souligne Kroto.
En 1991, les publications scientifiques ont livré un ouragan d'informations, de quoi éditer une encyclopédie en 12 volumes. Avec plus de 6 publications par jour, ces travaux ont atteint "un rythme fou, qui rappelle celui des supraconducteurs", constate André Rassat, responsable du laboratoire d'activation moléculaire de l'Ecole Normale de Paris.
Et si l'on ajoute une pincée de hasard, qui sait vers quels horizons nous mèneront ces petites boulettes ? Manuel Nunez Regueiro, chercheur argentin actuellement au CNRS de Grenoble a réalisé du diamant de synthèse à partir de footballène. Accidentellement. La presse dont il disposait ne pouvait pas écraser correctement un gros échantillon de carbone. Essayant tout de même, malgré la mauvaise répartition des pressions, il eut la surprise, vers 150.000 atmosphères, d'entendre un "plop" retentir dans le labo. Inquiet, le chercheur vérifie la coûteuse presse, pour découvrir que son fullérène violacé a viré au jaunâtre transparent : du diamant polycristallin.
Une manière comme une autre de se souvenir qu'il faut parfois oser l'inutile pour trouver l'incroyable. N'est-ce pas en regardant la lumière trop sombre de certains soleils que des astronomes eurent les premiers la formidable intuition de molécules de carbone vomies par des étoiles ? Ensemençant le cosmos...
octobre 1992
1985. Texas. Il est tôt, maintenant. Le soleil va se lever et la nuit est fichue. Mais à jouer du ciseau et à s'acharner avec son tube de colle, dans le salon de sa maison, Richard Smalley a fini par gagner. Avec Harry Kroto, de l'université britannique du Sussex, le chercheur américain contemple l'incroyable boule de papier érigée sur la table. On dirait un jeu de gosse, un puzzle de premier de classe, fait d'hexagones et de pentagones. Les morceaux de carton sont de travers, mal coupés. Mais malgré la fatigue, les deux scientifiques ont les yeux rutilants d'excitation. Ils tiennent leur solution, ils en sont sûrs. C'est beau et simple, avec ce parfum d'évidence propre aux vraies découvertes. Bien sûr, il faudra vérifier, passer ces satanées molécules à la cristallographie, dès qu'on en aura recueilli quelques milligrammes au fond des éprouvettes.
Mais tout concorde, le nouveau carbone qu'ils traquent ne peut ressembler qu'à cela, à cette sorte de ballon de football de papier. Une cage creuse, la seule solution pour assembler 60 atomes de carbone en respectant les propriétés de la matière. Une molécule chimique incroyable, mais pourtant naturelle, que Kroto flaire depuis des années et que Smalley est le premier a avoir obtenue dans son labo de la Rice University. C'était quelques jours auparavant. Depuis, les deux chimistes tentent d'imaginer la forme du lièvre inconnu qu'ils ont levé, afin d'en comprendre les propriétés si surprenantes. Des caractéristiques électriques et physico-chimiques qui pourraient bien révolutionner la science de cette fin de millénaire, de la thérapie anti-cancéreuse à l'électronique, en passant par les transports, les matériaux, les batteries.
Que pèsent quelques heures de sommeil perdues quand on vient de mettre la main sur la plus inattendue des structures de la matière ? Ni diamant, ni graphite, jusqu'alors les deux seules formes moléculaires connues du carbone pur, mais une solution différente, et si logique... Comment a-t-on pu si longtemps errer à côté de l'évidence ?
Vite un nom ! Il faut le baptiser, le nouveau venu. Tout à son élan de découvreur, Kroto n'hésite pas : "Buckminsterfullérène", lâche-t-il. D'où vient ce nom barbare qui va faire bégayer tous les lecteurs du monde ? "D'un architecte précurseur, Buckminster Fuller, qui réalisa le dôme géodésique de l'exposition universelle de Montréal, en 1967, en respectant les mêmes lois que celles du C60. Une sphère approchée, faite de pentagones et d'hexagones, avec 60 sommets, une perfection", se souvient Kroto, marqué par sa ballade dans le bâtiment. "Un simple icosahèdre tronqué" proteste un mathématicien. Plus vulgairement, un ballon de football, puisque c'est de cette manière que l'on assemble les morceaux de cuir pour en faire une boule bondissante. Mais il est vrai que ni Britanniques ni Américains ne prisent suffisamment le penalty du samedi soir pour attribuer à ce Graal de la chimie le nom vulgaire de "footballène".
Dans les laboratoires c'est pourtant ainsi qu'il va peu à peu se populariser, ainsi que sous le diminutif plus comestible de "Buckyball". Etonnement, pourtant, des deux "découvreurs". Leur trouvaille, publiée en 1886, ne suscite qu'un enthousiasme limité. Le petite boule de carbone n'y peut rien. C'est la technique de production de Smalley qui est en cause. Pour ingénieuse qu'elle soit, la transformation du graphite feuillu en footballène sous l'impact ravageur d'un laser, le tout sous une atmosphère d'hydrogène et d'azote, n'est pas assez productive. Les quantités de C60 obtenues sont trop faibles pour que la ruée des laboratoires ait lieu. Ce n'est qu'en juillet 1990 que le feu est brutalement bouté aux poudres. Wolfgang Kratschmer en Allemagne et Donald Huffman aux Etats-Unis font passer un arc électrique entre des électrodes de graphite dans une chambre à vide. Ce qui dépose sur les parois des quantités énormes de C60 et de C70, autre variété de fullérène, aux allures de ballon de rugby.
Désormais produit en assez grande quantité pour pouvoir être analysé directement, le C6O envahit les laboratoires, sous les formes les plus excentriques. Car les boulettes de carbone cachaient bien d'autres structures sous leurs jupes. Le grand "zoo" des fullérènes comporte aujourd'hui des dizaines de créatures, depuis le petit C20 (dodécahèdre), jusqu'à C200, en forme de tubulure. Des sous-familles peuplent désormais ce monde étranges. Les boules, plus ou moins ovalisées, se rangent en oignons. Au centre, par exemple, un C60, qui sera pris dans un C 240, lui-même enfermé dans un C 540, et ainsi de suite, jusqu'à l'infini. Ces formes refermées se complètant par leurs versions plus ou moins achevées, dont les surprenants tubes.
On peut entrevoir les applications hallucinantes de ce genre de mécano chimique.
Que pèsent quelques heures de sommeil perdues quand on vient de mettre la main sur la plus inattendue des structures de la matière ? Ni diamant, ni graphite, jusqu'alors les deux seules formes moléculaires connues du carbone pur, mais une solution différente, et si logique... Comment a-t-on pu si longtemps errer à côté de l'évidence ?
Vite un nom ! Il faut le baptiser, le nouveau venu. Tout à son élan de découvreur, Kroto n'hésite pas : "Buckminsterfullérène", lâche-t-il. D'où vient ce nom barbare qui va faire bégayer tous les lecteurs du monde ? "D'un architecte précurseur, Buckminster Fuller, qui réalisa le dôme géodésique de l'exposition universelle de Montréal, en 1967, en respectant les mêmes lois que celles du C60. Une sphère approchée, faite de pentagones et d'hexagones, avec 60 sommets, une perfection", se souvient Kroto, marqué par sa ballade dans le bâtiment. "Un simple icosahèdre tronqué" proteste un mathématicien. Plus vulgairement, un ballon de football, puisque c'est de cette manière que l'on assemble les morceaux de cuir pour en faire une boule bondissante. Mais il est vrai que ni Britanniques ni Américains ne prisent suffisamment le penalty du samedi soir pour attribuer à ce Graal de la chimie le nom vulgaire de "footballène".
Dans les laboratoires c'est pourtant ainsi qu'il va peu à peu se populariser, ainsi que sous le diminutif plus comestible de "Buckyball". Etonnement, pourtant, des deux "découvreurs". Leur trouvaille, publiée en 1886, ne suscite qu'un enthousiasme limité. Le petite boule de carbone n'y peut rien. C'est la technique de production de Smalley qui est en cause. Pour ingénieuse qu'elle soit, la transformation du graphite feuillu en footballène sous l'impact ravageur d'un laser, le tout sous une atmosphère d'hydrogène et d'azote, n'est pas assez productive. Les quantités de C60 obtenues sont trop faibles pour que la ruée des laboratoires ait lieu. Ce n'est qu'en juillet 1990 que le feu est brutalement bouté aux poudres. Wolfgang Kratschmer en Allemagne et Donald Huffman aux Etats-Unis font passer un arc électrique entre des électrodes de graphite dans une chambre à vide. Ce qui dépose sur les parois des quantités énormes de C60 et de C70, autre variété de fullérène, aux allures de ballon de rugby.
Désormais produit en assez grande quantité pour pouvoir être analysé directement, le C6O envahit les laboratoires, sous les formes les plus excentriques. Car les boulettes de carbone cachaient bien d'autres structures sous leurs jupes. Le grand "zoo" des fullérènes comporte aujourd'hui des dizaines de créatures, depuis le petit C20 (dodécahèdre), jusqu'à C200, en forme de tubulure. Des sous-familles peuplent désormais ce monde étranges. Les boules, plus ou moins ovalisées, se rangent en oignons. Au centre, par exemple, un C60, qui sera pris dans un C 240, lui-même enfermé dans un C 540, et ainsi de suite, jusqu'à l'infini. Ces formes refermées se complètant par leurs versions plus ou moins achevées, dont les surprenants tubes.
On peut entrevoir les applications hallucinantes de ce genre de mécano chimique.
Si le petit boulet de C60 est extrèmement stable, plus solide que l'acier, mais chimiquement très actif car entouré d'une nuée électrique qui ne demande qu'à interagir, on pourra lui greffer toutes sortes de compléments pour lui assigner des missions prestigieuses. Doté d'anticorps spécifiques, ils pourra reconnaître des cellules cancéreuses, s'y fixer. Activé par un laser, oxygéné, il deviendra un tueur de ces mêmes cellules.
Il pourra aussi transporter, tel un blindé, une substance fragile, une hormone, un peptide, devenant un missile capable d'acheminer un médicament périssable jusqu'à un organe distant. En électronique, les tubes de carbone, dopés, pourraient former de nouveaux semi-conducteurs, ou délivrer plus rapidement les électrons, pour augmenter la vitesse des ordinateurs. Dans le domaine des matériaux, les fibres de carbone pourraient devenir plus résistantes que le diamant. L'ingénieur Albert Legendre rêve déjà d'installer ainsi un câble de carbone de 40.000 km entre le sol et un satellite en orbite géostationnaire, pour s'y rendre en ascenseur. Moins poétiques, les lubrifiants à base de fullérènes, des carburants de fusées, des batteries plus efficaces, une nouvelle chimie de l'hydrogène sont en projet.
"Ces molécules ont des propriétés proprement fascinantes, différentes de celles de tous les autres matériaux... C'est une nouvelle fenêtre ouverte sur le monde de la chimie, un autre continent", souligne Kroto.
En 1991, les publications scientifiques ont livré un ouragan d'informations, de quoi éditer une encyclopédie en 12 volumes. Avec plus de 6 publications par jour, ces travaux ont atteint "un rythme fou, qui rappelle celui des supraconducteurs", constate André Rassat, responsable du laboratoire d'activation moléculaire de l'Ecole Normale de Paris.
Et si l'on ajoute une pincée de hasard, qui sait vers quels horizons nous mèneront ces petites boulettes ? Manuel Nunez Regueiro, chercheur argentin actuellement au CNRS de Grenoble a réalisé du diamant de synthèse à partir de footballène. Accidentellement. La presse dont il disposait ne pouvait pas écraser correctement un gros échantillon de carbone. Essayant tout de même, malgré la mauvaise répartition des pressions, il eut la surprise, vers 150.000 atmosphères, d'entendre un "plop" retentir dans le labo. Inquiet, le chercheur vérifie la coûteuse presse, pour découvrir que son fullérène violacé a viré au jaunâtre transparent : du diamant polycristallin.
Une manière comme une autre de se souvenir qu'il faut parfois oser l'inutile pour trouver l'incroyable. N'est-ce pas en regardant la lumière trop sombre de certains soleils que des astronomes eurent les premiers la formidable intuition de molécules de carbone vomies par des étoiles ? Ensemençant le cosmos...
Libellés :
prospective,
science,
technologies
Rêve new age
automne 1993
REVE
"Bienvenue à l'Institut de la Lucidité et à son enseignement de - Lucid Dreaming (marque déposée) - . Le but de cette méthode est de vous entraîner à avoir de fréquents rêves lucides..." Les premières phrases du livre de formation que Stephen LaBerge destine à ses ouailles sont aussi limpides que l'azur qui surplombe Stanford en ce matin d'été... Car en Californie le vent vient de l'Ouest, méticuleux, déchiquetant chaque jour les brumes humides du Pacifique. Ce faisant, il effleure aussi les collines, au sud de San Francisco, et vaporise sur les campus cet air étrange et léger, cristallin, qui donne des ailes aux plus blasés.
"Le rêve lucide c'est tout simplement quand vous rêvez et que vous prenez conscience du rêve, en direct. On peut s'entraîner à faire durer cet état, et aussi apprendre à contrôler le processus du rêve, à intervenir sur les situations..."
Entre deux âges, mais définitivement doté d'une mine d'adolescent, LaBerge nous introduit à l'intérieur de son saint des saints : un minuscule laboratoire de deux pièces, situé dans la cave du bâtiment principal de la prestigieuse et très technologique université de Stanford. Le local n'est guère impressionnant. Pour l'essentiel, un cabinet noir, cocon isolé des bruits du monde, est orné d'une chaise longue. C'est là que les rêveurs s'assoupissent, enturbannés d'électrodes, pour livrer aux machines inquisitrices les détails intimes de leurs songes. Quelques écrans d'ordinateurs sont là, qui veillent et affichent les courbes des signaux électrique émis par les cerveaux, et des coupes colorées se succèdent en rafales sur les écrans, dénonçant quelles zones cérébrales sont activées...
Des travaux "secrets" sont en cours ici, concède le maître des lieux, qui visent à localiser en trois dimensions les régions du cerveau activées pendant le rêve lucide, mais aussi à explorer les divers "niveaux de conscience" que peut offrir cette pratique...
L'intérêt du rêve lucide,
du moins aux yeux de LaBerge, est double. Explorer autrement la zone interdite de l'onirisme, de ses mécanismes, pour commencer. En supposant que le rêve "éveillé" est de même nature que celui qui refuse de se laisser vivre en direct, on tiendrait là un formidable outil à visiter, à comprendre les mécanismes du rêve. L'autre avantage serait d'aborder la question : à quoi sert-il de rêver chaque nuit en moyenne deux heures durant ? Est-ce là un accessoire ou un élément essentiel de notre vie ? Un terrain où les avis sont très partagés.
Mais d'abord, peut-on être certain que l'on est bien plongé dans un rêve lucide ?
"Ce n'est pas simple, concède LaBerge. La conscience de ce que l'on est en train de faire est un phénomène complexe, et suspect. On ne peut prendre une simple affirmation, un récit de réveil pour argent comptant. Mais nous avons trouvé un procédé quasi infaillible. Nous convenons d'un code avant le sommeil, toujours le même. Et lorsque le dormeur est conscient de son rêve, il fait le signe..., en direct."
Deux mouvements des yeux, alternativement vers la droite et la gauche ont ainsi été retenus pour établir le contact entre l'Atlantide onirique de l'assoupi et les machines analysantes et scrutantes du petit labo. Essentiellement parce que des électrodes sont déjà placées près des paupières closes : les mouvements des yeux, intenses et erratiques sont en effet caractéristiques de l'une des phases du sommeil, le REM (Rapid Eyes Movements) ou sommeil paradoxal (périodes de vingt minutes en moyenne, toutes les quatre vingt dix minutes), pendant laquelle, tous les chercheurs en sont désormais convaincus, le rêve a lieu. Paradoxal car bien qu'endormi au sens habituel du terme, le cerveau est en fait biologiquement bien plus actif que lorsque nous sommes "éveillés".
Par cette technique, LaBerge a montré que l'on pouvait prendre conscience de ses rêves : les signaux convenus des mouvements oculaires sont bien sur les tracés de REM, alors que s'il y avait éveil lors de cette prise de conscience, les courbes montreraient également le sommeil s'interrompant...
Le chercheur fit de cette trouvaille le big bang de sa propre quête. Est-il possible de prendre conscience de tous ses rêves, se demande-t-il depuis dix ans ? La réponse, il en est convaincu, est oui, mille fois oui. Il suffit de se le suggérer, fortement.
"La prochaine fois que je rêverai, j'en prendrai conscience", faut-il se répéter. Il convient également de mobiliser sa conscience en état d'éveil (se dire "je suis conscient" le plus souvent possible dans la journée), et de suivre les conseils et exercices de la méthode évoquée plus haut, qui évoque celle, plus ancienne, du Dr Coué.
Une autre recommandation : investir dans une paire de lunettes "DreamLight" (marque déposée). Leurs petites pulsations lumineuses, déclenchées pendant les périodes de sommeil paradoxal, sont taillés pour être captées par le cerveau pendant les périodes de REM.
"Une lampe de chevet se mettra à clignoter, la foudre à tomber. Ce sera votre façon, en cours de rêve, de percevoir le signal émis par les lunettes, et vous prendrez conscience du rêve", pronostique LaBerge.
AJOUTS (2)
Et aucune inquiétude à avoir : tout le monde peut rêver éveillé, plus ou moins bien, souligne Stephen. Pourquoi ? Et bien tout simplement car notre conscience elle-m^me n'est qu'un rêve, me^me quand nous avons les yeux ouverts. la manière dont le creveau reconstitue le monde est un songe, aux yeux de LaBerge.
"Pourquoi voulez-vous que ce processus s'interrompe la nuit ? Le r^ve nocturne est la suite du rêve diurne, il est différent car le fonctionnement biologique du cerveau n'est pas le même pendant le sommeil, mais c'est bien pour cette raison qu'il est possible d'en prendre consience, de le visiter", insiste le chercheur
FIN AJOUTS (2)
Il en coûte 5000 francs environ, pour acquérir l'engin bricolé dans le mini-atelier de l'Institut...
REVE
"Bienvenue à l'Institut de la Lucidité et à son enseignement de - Lucid Dreaming (marque déposée) - . Le but de cette méthode est de vous entraîner à avoir de fréquents rêves lucides..." Les premières phrases du livre de formation que Stephen LaBerge destine à ses ouailles sont aussi limpides que l'azur qui surplombe Stanford en ce matin d'été... Car en Californie le vent vient de l'Ouest, méticuleux, déchiquetant chaque jour les brumes humides du Pacifique. Ce faisant, il effleure aussi les collines, au sud de San Francisco, et vaporise sur les campus cet air étrange et léger, cristallin, qui donne des ailes aux plus blasés.
"Le rêve lucide c'est tout simplement quand vous rêvez et que vous prenez conscience du rêve, en direct. On peut s'entraîner à faire durer cet état, et aussi apprendre à contrôler le processus du rêve, à intervenir sur les situations..."
Entre deux âges, mais définitivement doté d'une mine d'adolescent, LaBerge nous introduit à l'intérieur de son saint des saints : un minuscule laboratoire de deux pièces, situé dans la cave du bâtiment principal de la prestigieuse et très technologique université de Stanford. Le local n'est guère impressionnant. Pour l'essentiel, un cabinet noir, cocon isolé des bruits du monde, est orné d'une chaise longue. C'est là que les rêveurs s'assoupissent, enturbannés d'électrodes, pour livrer aux machines inquisitrices les détails intimes de leurs songes. Quelques écrans d'ordinateurs sont là, qui veillent et affichent les courbes des signaux électrique émis par les cerveaux, et des coupes colorées se succèdent en rafales sur les écrans, dénonçant quelles zones cérébrales sont activées...
Des travaux "secrets" sont en cours ici, concède le maître des lieux, qui visent à localiser en trois dimensions les régions du cerveau activées pendant le rêve lucide, mais aussi à explorer les divers "niveaux de conscience" que peut offrir cette pratique...
L'intérêt du rêve lucide,
du moins aux yeux de LaBerge, est double. Explorer autrement la zone interdite de l'onirisme, de ses mécanismes, pour commencer. En supposant que le rêve "éveillé" est de même nature que celui qui refuse de se laisser vivre en direct, on tiendrait là un formidable outil à visiter, à comprendre les mécanismes du rêve. L'autre avantage serait d'aborder la question : à quoi sert-il de rêver chaque nuit en moyenne deux heures durant ? Est-ce là un accessoire ou un élément essentiel de notre vie ? Un terrain où les avis sont très partagés.
Mais d'abord, peut-on être certain que l'on est bien plongé dans un rêve lucide ?
"Ce n'est pas simple, concède LaBerge. La conscience de ce que l'on est en train de faire est un phénomène complexe, et suspect. On ne peut prendre une simple affirmation, un récit de réveil pour argent comptant. Mais nous avons trouvé un procédé quasi infaillible. Nous convenons d'un code avant le sommeil, toujours le même. Et lorsque le dormeur est conscient de son rêve, il fait le signe..., en direct."
Deux mouvements des yeux, alternativement vers la droite et la gauche ont ainsi été retenus pour établir le contact entre l'Atlantide onirique de l'assoupi et les machines analysantes et scrutantes du petit labo. Essentiellement parce que des électrodes sont déjà placées près des paupières closes : les mouvements des yeux, intenses et erratiques sont en effet caractéristiques de l'une des phases du sommeil, le REM (Rapid Eyes Movements) ou sommeil paradoxal (périodes de vingt minutes en moyenne, toutes les quatre vingt dix minutes), pendant laquelle, tous les chercheurs en sont désormais convaincus, le rêve a lieu. Paradoxal car bien qu'endormi au sens habituel du terme, le cerveau est en fait biologiquement bien plus actif que lorsque nous sommes "éveillés".
Par cette technique, LaBerge a montré que l'on pouvait prendre conscience de ses rêves : les signaux convenus des mouvements oculaires sont bien sur les tracés de REM, alors que s'il y avait éveil lors de cette prise de conscience, les courbes montreraient également le sommeil s'interrompant...
Le chercheur fit de cette trouvaille le big bang de sa propre quête. Est-il possible de prendre conscience de tous ses rêves, se demande-t-il depuis dix ans ? La réponse, il en est convaincu, est oui, mille fois oui. Il suffit de se le suggérer, fortement.
"La prochaine fois que je rêverai, j'en prendrai conscience", faut-il se répéter. Il convient également de mobiliser sa conscience en état d'éveil (se dire "je suis conscient" le plus souvent possible dans la journée), et de suivre les conseils et exercices de la méthode évoquée plus haut, qui évoque celle, plus ancienne, du Dr Coué.
Une autre recommandation : investir dans une paire de lunettes "DreamLight" (marque déposée). Leurs petites pulsations lumineuses, déclenchées pendant les périodes de sommeil paradoxal, sont taillés pour être captées par le cerveau pendant les périodes de REM.
"Une lampe de chevet se mettra à clignoter, la foudre à tomber. Ce sera votre façon, en cours de rêve, de percevoir le signal émis par les lunettes, et vous prendrez conscience du rêve", pronostique LaBerge.
AJOUTS (2)
Et aucune inquiétude à avoir : tout le monde peut rêver éveillé, plus ou moins bien, souligne Stephen. Pourquoi ? Et bien tout simplement car notre conscience elle-m^me n'est qu'un rêve, me^me quand nous avons les yeux ouverts. la manière dont le creveau reconstitue le monde est un songe, aux yeux de LaBerge.
"Pourquoi voulez-vous que ce processus s'interrompe la nuit ? Le r^ve nocturne est la suite du rêve diurne, il est différent car le fonctionnement biologique du cerveau n'est pas le même pendant le sommeil, mais c'est bien pour cette raison qu'il est possible d'en prendre consience, de le visiter", insiste le chercheur
FIN AJOUTS (2)
Il en coûte 5000 francs environ, pour acquérir l'engin bricolé dans le mini-atelier de l'Institut...
Seti pas cher
automne 93
SETI
Dans son bureau qui joue les phares et surplombe un campus de Berkeley immergé dans les arbres, Stuart Bowyer déambule nerveusement. Directeur du Centre pour l'astrophysique en ultra-violets extrèmes, et père comblé d'un satellite qui récolte en ce moment des données sur des milliers d'étoiles et de galaxies, il commente la lecture d'un article paru dans la presse locale après l'annonce de sa "découverte". Un "papier" qui laisse carrément penser que la localisation de la lointaine patrie d'E.T. est réalisée...
"Non, non, nous n'avons rien trouvé, nos signaux ne sont que des candidats... Nous avons identifié cent soixante quatre signaux puissants et inconnus, qui ne correspondent pas à des étoiles répertoriées, et qu'il va nous falloir maintenant étudier, vérifier. Ils sont probablement d'origine naturelle, ou dus à des interférences, je ne crois pas un instant que nous tenions là un signal intelligent..."
Avec de petites lunettes que l'on devine vite lancée sur le nez chaque matin, le longiligne professeur a tout du scientifique plus à l'aise dans son laboratoire qu'à l'air libre, face aux turpitudes du monde des Terriens... Peut-être est-ce pour cela qu'il traverse le campus comme une fusée, au volant de sa méchante voiture de sport rouge ?
Mais pourquoi diable un "prof" renommé de Berkeley se met-il à la pêche aux Extra-Terrestres ?
"Il faut prendre des risques, faire du SETI (Search for Extraterrestrial Intelligence), chercher à détecter une autre forme d'intelligence, qui j'en suis convaincu, existe, c'est notre devoir...", enchaîne Stuart, en écho à notre étonnement.
Depuis trente années, dans la foulée de Frank Drake le visionnaire, certains astronomes ornent les radio-télescopes de circuits étranges, des appareils de détection de signaux radio "artificiels". Des engins capables de différencier le vacarme "naturel" d'une étoile et celui, bien différent, d'un paysage audiovisuel à la sauce E.T. C'est l'âme même du "SETI" : un mélange d'informatique (reconnaissance du signal) et de radio (détection) chargé de déceler une poussière d'aiguille dans le gouffre du cosmos. Imaginez : par une belle nuit, l'oeil humain capte la lumière émise par quelques 3.000 étoiles. Pour avoir une idée du nombre d'étoiles présentes dans notre seule galaxie, il faut tenter de se représenter, derrière chacun de ces 3.000 points, quelques cent millions d'autres astres, invisibles car trop éloignés ! Et ce n'est là que le début de l'infernale multiplication : on estime à 20 milliards le nombre de telles galaxies présentes dans l'univers...
Face à cet infini atterrant, l'amélioration des ordinateurs a peu à peu redonné le moral aux traqueurs d'E.T.. Et il y eut même un joli feu d'artifice médiatique, le 12 octobre de l'année dernière : Avec la complicité du 500-ème anniversaire du débarquement de l'Amiral Colomb, la NASA haussait d'un ton son programme SETI, en mettant en route son MCSA (Multi Channel Spectrum Analyser). Ce gros ordinateur consacré à la détection de signaux radio-électriques non naturels, était relié à la plus sensible des oreilles de la planète : le télescope géant d'Arecibo, sept hectares de grillage d'aluminium tendus dans une incroyable cuvette naturelle, au coeur de l'île de Porto-Rico. Un couple 10.000 fois plus performant que tout ce qui avait été mis en place jusque-là...
"Le problème, c'est le temps. On ne dispose en tout que de cinq pour cent du temps d'observation d'Arecibo pour faire du SETI, ce qui ne permettra en dix ans d'écouter que dans la direction de huit cent étoiles", constate Stuart Bowyer dans un soupir.
D'où une autre idée : mettre au point de petits ordinateurs, ultra-rapides, capables de scruter des millions de fréquences, à installer derrière plusieurs gros radiotélescope de la planète. Le matériel est suffisamment transparent et léger pour pouvoir être placé derrière les expériences classiques des astronomes, et travailler en permanence. Finie, la bagarre pour obtenir des créneaux d'observation. Le Serendip 3, la machine mise au point à Berkeley par Chuck Donelli et Dan Werthimer est une petite merveille d'électronique que n'importe qu'elle autre équipe, travaillant sur les énergies des galaxies ou les jets de matière peut accepter d'héberger, et du coup, gaver de données vingt quatre heures par jour !
Résultat : en quatorze mois de travail trente millions de milliards de données ont été disséquées par ces "Moulinettes" électroniques, et cent soixante quatre signaux "anormaux" ont été repérés.
AJOUTS
Sur la carte du ciel, celle que tiennent à jour les ordinateurs du laboratoire de Berkeley, les signaux suspects forment un mini-univers de points rouges. Des îles perdues dans le silence du cosmos, retenues par la trieuse infernale, parce que leur signal était "anormal". Généralement trop puissant pour cette partie du ciel, compte tenu de ce que laissent supposer les connaissances du ciel.
"Mais vous savez, on peut très bien faire d'autres découvertes", lâche Dan Werthimer.
"Cette électronique ne coûte pas très cher, et on peut s'étonner que l'on aie pas mis systématiquement des circuits de ce type derrière chaque télescope", commente un autre astronome.
Il faut se souvenir que la supernova du siècle, observée le 24 février 1987 par Ian Shelton, a été découverte à l'occasion d'un travail que la plupart des astronomes professionnels répugnent à faire : la calibration d'un télescope, qui consiste à enregistre l'éclat de quelques étoiles, pour construire des références de travail. Fastidieux...
La machine à traquer E.T. serait-elle aussi une machine à balayer les galaxies et à courir la découverte astronomique ?... Stuart serait un cachotier malicieux ?
D'ici un an, le nouveau bébé électronique de Dan Werthimer, Serendip 4 offrira au labo de changer de registre, avec une vitesse de traitement monstrueuse, comparable à celle d'une batterie de cinquante ordinateurs géants Cray 2.
A la différence que la plaque d'électronique ne saura rien faire d'autre que de sonder 140 millions de fréquences chaque seconde et demie !
Sur l'écran de contrôle, les points rouges vont croître et se multiplier.
Le rêve peut-il habiter dans des plaques d'électronique à l'affût ?
SETI
Dans son bureau qui joue les phares et surplombe un campus de Berkeley immergé dans les arbres, Stuart Bowyer déambule nerveusement. Directeur du Centre pour l'astrophysique en ultra-violets extrèmes, et père comblé d'un satellite qui récolte en ce moment des données sur des milliers d'étoiles et de galaxies, il commente la lecture d'un article paru dans la presse locale après l'annonce de sa "découverte". Un "papier" qui laisse carrément penser que la localisation de la lointaine patrie d'E.T. est réalisée...
"Non, non, nous n'avons rien trouvé, nos signaux ne sont que des candidats... Nous avons identifié cent soixante quatre signaux puissants et inconnus, qui ne correspondent pas à des étoiles répertoriées, et qu'il va nous falloir maintenant étudier, vérifier. Ils sont probablement d'origine naturelle, ou dus à des interférences, je ne crois pas un instant que nous tenions là un signal intelligent..."
Avec de petites lunettes que l'on devine vite lancée sur le nez chaque matin, le longiligne professeur a tout du scientifique plus à l'aise dans son laboratoire qu'à l'air libre, face aux turpitudes du monde des Terriens... Peut-être est-ce pour cela qu'il traverse le campus comme une fusée, au volant de sa méchante voiture de sport rouge ?
Mais pourquoi diable un "prof" renommé de Berkeley se met-il à la pêche aux Extra-Terrestres ?
"Il faut prendre des risques, faire du SETI (Search for Extraterrestrial Intelligence), chercher à détecter une autre forme d'intelligence, qui j'en suis convaincu, existe, c'est notre devoir...", enchaîne Stuart, en écho à notre étonnement.
Depuis trente années, dans la foulée de Frank Drake le visionnaire, certains astronomes ornent les radio-télescopes de circuits étranges, des appareils de détection de signaux radio "artificiels". Des engins capables de différencier le vacarme "naturel" d'une étoile et celui, bien différent, d'un paysage audiovisuel à la sauce E.T. C'est l'âme même du "SETI" : un mélange d'informatique (reconnaissance du signal) et de radio (détection) chargé de déceler une poussière d'aiguille dans le gouffre du cosmos. Imaginez : par une belle nuit, l'oeil humain capte la lumière émise par quelques 3.000 étoiles. Pour avoir une idée du nombre d'étoiles présentes dans notre seule galaxie, il faut tenter de se représenter, derrière chacun de ces 3.000 points, quelques cent millions d'autres astres, invisibles car trop éloignés ! Et ce n'est là que le début de l'infernale multiplication : on estime à 20 milliards le nombre de telles galaxies présentes dans l'univers...
Face à cet infini atterrant, l'amélioration des ordinateurs a peu à peu redonné le moral aux traqueurs d'E.T.. Et il y eut même un joli feu d'artifice médiatique, le 12 octobre de l'année dernière : Avec la complicité du 500-ème anniversaire du débarquement de l'Amiral Colomb, la NASA haussait d'un ton son programme SETI, en mettant en route son MCSA (Multi Channel Spectrum Analyser). Ce gros ordinateur consacré à la détection de signaux radio-électriques non naturels, était relié à la plus sensible des oreilles de la planète : le télescope géant d'Arecibo, sept hectares de grillage d'aluminium tendus dans une incroyable cuvette naturelle, au coeur de l'île de Porto-Rico. Un couple 10.000 fois plus performant que tout ce qui avait été mis en place jusque-là...
"Le problème, c'est le temps. On ne dispose en tout que de cinq pour cent du temps d'observation d'Arecibo pour faire du SETI, ce qui ne permettra en dix ans d'écouter que dans la direction de huit cent étoiles", constate Stuart Bowyer dans un soupir.
D'où une autre idée : mettre au point de petits ordinateurs, ultra-rapides, capables de scruter des millions de fréquences, à installer derrière plusieurs gros radiotélescope de la planète. Le matériel est suffisamment transparent et léger pour pouvoir être placé derrière les expériences classiques des astronomes, et travailler en permanence. Finie, la bagarre pour obtenir des créneaux d'observation. Le Serendip 3, la machine mise au point à Berkeley par Chuck Donelli et Dan Werthimer est une petite merveille d'électronique que n'importe qu'elle autre équipe, travaillant sur les énergies des galaxies ou les jets de matière peut accepter d'héberger, et du coup, gaver de données vingt quatre heures par jour !
Résultat : en quatorze mois de travail trente millions de milliards de données ont été disséquées par ces "Moulinettes" électroniques, et cent soixante quatre signaux "anormaux" ont été repérés.
AJOUTS
Sur la carte du ciel, celle que tiennent à jour les ordinateurs du laboratoire de Berkeley, les signaux suspects forment un mini-univers de points rouges. Des îles perdues dans le silence du cosmos, retenues par la trieuse infernale, parce que leur signal était "anormal". Généralement trop puissant pour cette partie du ciel, compte tenu de ce que laissent supposer les connaissances du ciel.
"Mais vous savez, on peut très bien faire d'autres découvertes", lâche Dan Werthimer.
"Cette électronique ne coûte pas très cher, et on peut s'étonner que l'on aie pas mis systématiquement des circuits de ce type derrière chaque télescope", commente un autre astronome.
Il faut se souvenir que la supernova du siècle, observée le 24 février 1987 par Ian Shelton, a été découverte à l'occasion d'un travail que la plupart des astronomes professionnels répugnent à faire : la calibration d'un télescope, qui consiste à enregistre l'éclat de quelques étoiles, pour construire des références de travail. Fastidieux...
La machine à traquer E.T. serait-elle aussi une machine à balayer les galaxies et à courir la découverte astronomique ?... Stuart serait un cachotier malicieux ?
D'ici un an, le nouveau bébé électronique de Dan Werthimer, Serendip 4 offrira au labo de changer de registre, avec une vitesse de traitement monstrueuse, comparable à celle d'une batterie de cinquante ordinateurs géants Cray 2.
A la différence que la plaque d'électronique ne saura rien faire d'autre que de sonder 140 millions de fréquences chaque seconde et demie !
Sur l'écran de contrôle, les points rouges vont croître et se multiplier.
Le rêve peut-il habiter dans des plaques d'électronique à l'affût ?
Folie des dinosaures
Dinosaures-MANIA
juillet 1993
Fig Mag
C'est la puanteur qui a tiré Michael de son sommeil. Une haleine gluante et tiède de carnivore frôlant l'indigestion de proies avariées. Réfugié sous le petit lit en lattes de pin, Michael ne voit pas le mufle du Tyranosaure pulvériser la lampe de chevet. Il entend le bruit sourd de l'impact du crâne sur le mur, et le hurlement de rage courir sur les incisives grandes comme des bananes. Le garçon presse encore un peu plus son corps contre le plancher. Avec la certitude que dans deux secondes son coeur va se tétaniser dans sa poitrine.
"Ne pas bouger, ne pas bouger, T-rex ne voit presque rien , il ne détecte que les mouvements, comme tous les grands prédateurs". Michael se souvient de ce conseil du Pr Grant. Et pour ne pas regarder les yeux immobiles du tueur , il tourne sa tête de l'autre côté, vers la porte de sa chambre. C'est en voyant cette poignée-là tourner, qu'il comprit que pour lui, tout allait finir très vite. Qui d'autre qu'un Velociraptor pouvait être assez sournois pour ouvrir la porte du couloir ?
"Michael, Michael, tu ne dors pas ?"
Vraiment, c'était insupportable cette manie de sa mère de toujours venir fourrer son nez dans ses meilleurs jeux.
"Tu joue encore à Jurassic Park. Vraiment, tu exagères. Tu vas être épuisé demain matin... couche toi." En son fort intérieur, très loin, Michael se surprit a souhaiter que la maquette du Parasaurolophus, achevée trois jours auparavant, saute à la gorge de sa mère. Il pouvait le penser, il savait bien que cela ne se réaliserait pas...
Dès qu'il entendit la porte de la chambre parentale se refermer, il ralluma et prit sa console de jeux. Pour se défouler, il opta pour le niveau trois. Celui où les montres du Mésozoïque s'en prennent aux mammifères, et empêchent l'apparition de l'homme et des parents...
Déjà présenté au festival du film de Deauville cette semaine, avant sa sortie officielle le mois prochain, "Jurassic Park" et ses héros, le Pr Grant, Velociraptors et Tyranosaure Rex, vont investir l'imaginaire des adolescents (le film est déconseillé aux très jeunes). Et devant des millions d'yeux du XX-ème siècle, une fraction éteiente de l'histoire de la planète va se mettre à rugir en son THX-Dolby.
Jurassic Park, le film, est le happening économique et financier de la dino-maboulo-mania, pandémie mondiale...
Car si la dino-folie est une vieille coutume, notamment en Californie, où les restaurant en forme de dinosaure et les magazines exclusivement consacrés aux sauropodes disparus existent depuis belle lurette, les industriels ont misé très gros sur la roulette des engouements du public, pour achever de transformer une immodérée passion de Sapiens sapiens pour les gros lézards en une hystérie de dino-consommation.
En temps normal on parvenait à se faufiler entre les posters, les poupées, les restaurants, les pins, les dessins-animés, les savons, de manière à vivre SANS dinosaures. Ce sera désormais aussi impossible que d'empêcher un gamin de vous raconter par le menu les habitudes herbivores du cornu Triceratops. Pour éviter de se retrouver face à un Brachiosaure (sur la confiture) à l'heure du thé ou de fréquenter un bébé Dilophosaure, il faudra le hurler haut et fort. Et surligner en rouge sur la liste de courses : "produit SANS dinos". Pire, planifier ses trajets, ses repas, ses incursions dans la chambre des enfants, la cuisine, la salle de bain , aux moments SANS. Comme on demande un compartiment non-fumeur, et outre-Atlantique un soda SANS sucre (diet), il faudra exiger des espaces, des moments SANS dinos.
Mauvaise nouvelle, la guerre des nerfs commence franchement à l'avantage des dino-boulimiques. Face au succès de Jurassic Park, qui a provoquée des embouteillages sur les bretelles d'accès aux drive-in (cinémas en plein air) dès sa sortie, et remboursé son budget de production (330 millions de francs) en quelques jours, 350 autres millions ont été investis dans les objets de promotion. Tout est bon : gobelets, brosses à dents, T-shirts, cahiers, cartes téléphoniques, chaussures de jogging (pour échapper aux dents acérées du T. Rex ?), linge de maison, une armée de mille objets estampillés "Jurassic Park" a été lancée contre les derniers résistants à la dino-déferlante. La vague frappe aussi en Grande Bretagne, où le respectable "Daily Telegraph" propose désormais une rubrique "Dinosaures". Plus "moderne", des extraits du film ont été logés sur des CD-vidéo interactifs, qui permettent de se rejouer les scènes les plus saignantes de "Jurassic Park" à domicile, en dévorant à grands coups de dents un dino-hamburger (McDonald's et Burger King), et quelques morceaux des 90 tonnes de sucreries à l'effigie des Lézards fabriquées chaque jour. Bien entendu Nintendo fourbit en Californie un jeu spécial dinosaures hyper-réaliste (moins sanglant que le film). Et pour les passionnés, les vrais, les Musées d'histoire naturelle du monde entier présentent des expositions tournantes de dinosaures robotisés, qui font courir les foules et permettent à des lieux trop souvent désertés de rembourser des années de dettes accumulées.
Faut-il verser une larme sur le destin commercial des dino-héros ? Pour répondre aux attentes d'Homo sapiens business, ils doivent dégager un chiffre d'affaires de plus d'un milliard de dollars cette année. Dont les royalties iront pour une bonne part dans la poche de Matsushita, propriétaire des studios de cinéma MCA/Universal .
Il y a là comme un parfum d'injustice. Car si l'on devait trouver un bénéficiaire moral à toutes ces retombées dinomaniaques (et un responsable, par la même occasion), c'est bien Richard Owen qu'il faudrait hisser sur le dos du Brontosaure.
Si le paléontologue britannique n'est pas le premier à avoir réalisé la nature des dinosaures (c'est Gideon Mantell qui le fait en 1825), c'est bien lui qui leur déniche un petit nom tellement sympathique.
"Terrible lézard", signification de "dino-sauria", c'est déjà du marketing. Le nom du produit est à lui seul une merveille. Reste le rêve. Owen et les savants de son époque s'en chargent... Oui, ils se tenaient debout, se mouvaient rapidement... Cuvier, Buckland, Mantell débatent. La communauté scientifique s'enflamme, le public suit. Les revues montrent des dessins d'Iguanodon dans les rues de Londres, le mufle à hauteur du 6-ème étage. Horreur rétrospective et intérèt à vif : le mélange propulseur de la dinophilie existe déjà et s'enflamme spontanément. Pour le réveillon du 31 décembre 1853, Owen n'hésite pas. Avec fracas, il convie ses éminents collègues et compères à festoyer à l'intérieur d'une reconstitution en plâtre de son Iguanodon, le premier dinosaure identifié. Et dès 1854, une reconstitution maladroite mais géante du bestiau est exhibée à Crystal Palace. Si cela n'est pas du marketing de génie...
Pour la promotion de leurs travaux, les savants font peu ou prou référence au mythes les plus profondément ancrés dans la plupart des cultures. Le dinosaure, c'est le dragon qui surgit enfin des temps, pour avouer sa forme, son gabarit, sa réalité. Mélange intime d'horreur et de sympathie dans l'occident chrétien, mais aussi pour les autres cultures. En Chine, "Konglong" signifie à la fois "terrible dragon" et dinosaure. Nul besoin d'explication de texte, au troisième siècle après Jésus-Christ, Chang Qu, écrivain, rapporte : "Un dragon gravit la montagne et se présente aux portes du paradis. Il ne peut entrer. Alors il retombe vers la terre et meurt sur place". Aujourd'hui, lorsque le paysan du Sichuan exhume un fémur géant, il se tait. Il conserve précieusement ce cadeau et broie en poudre l'os du dragon.
Pour devenir fort et chanceux...
Autant que Spielberg, qui a acheté à un musée chinois le droit de baptiser une nouvelle variété de dinosaures d'un nom choisit par ses soins : NOM 'si on le retrouve-JE N'en ai pas eu le temps ici avant d'envoyer le papier)
juillet 1993
Fig Mag
C'est la puanteur qui a tiré Michael de son sommeil. Une haleine gluante et tiède de carnivore frôlant l'indigestion de proies avariées. Réfugié sous le petit lit en lattes de pin, Michael ne voit pas le mufle du Tyranosaure pulvériser la lampe de chevet. Il entend le bruit sourd de l'impact du crâne sur le mur, et le hurlement de rage courir sur les incisives grandes comme des bananes. Le garçon presse encore un peu plus son corps contre le plancher. Avec la certitude que dans deux secondes son coeur va se tétaniser dans sa poitrine.
"Ne pas bouger, ne pas bouger, T-rex ne voit presque rien , il ne détecte que les mouvements, comme tous les grands prédateurs". Michael se souvient de ce conseil du Pr Grant. Et pour ne pas regarder les yeux immobiles du tueur , il tourne sa tête de l'autre côté, vers la porte de sa chambre. C'est en voyant cette poignée-là tourner, qu'il comprit que pour lui, tout allait finir très vite. Qui d'autre qu'un Velociraptor pouvait être assez sournois pour ouvrir la porte du couloir ?
"Michael, Michael, tu ne dors pas ?"
Vraiment, c'était insupportable cette manie de sa mère de toujours venir fourrer son nez dans ses meilleurs jeux.
"Tu joue encore à Jurassic Park. Vraiment, tu exagères. Tu vas être épuisé demain matin... couche toi." En son fort intérieur, très loin, Michael se surprit a souhaiter que la maquette du Parasaurolophus, achevée trois jours auparavant, saute à la gorge de sa mère. Il pouvait le penser, il savait bien que cela ne se réaliserait pas...
Dès qu'il entendit la porte de la chambre parentale se refermer, il ralluma et prit sa console de jeux. Pour se défouler, il opta pour le niveau trois. Celui où les montres du Mésozoïque s'en prennent aux mammifères, et empêchent l'apparition de l'homme et des parents...
Déjà présenté au festival du film de Deauville cette semaine, avant sa sortie officielle le mois prochain, "Jurassic Park" et ses héros, le Pr Grant, Velociraptors et Tyranosaure Rex, vont investir l'imaginaire des adolescents (le film est déconseillé aux très jeunes). Et devant des millions d'yeux du XX-ème siècle, une fraction éteiente de l'histoire de la planète va se mettre à rugir en son THX-Dolby.
Jurassic Park, le film, est le happening économique et financier de la dino-maboulo-mania, pandémie mondiale...
Car si la dino-folie est une vieille coutume, notamment en Californie, où les restaurant en forme de dinosaure et les magazines exclusivement consacrés aux sauropodes disparus existent depuis belle lurette, les industriels ont misé très gros sur la roulette des engouements du public, pour achever de transformer une immodérée passion de Sapiens sapiens pour les gros lézards en une hystérie de dino-consommation.
En temps normal on parvenait à se faufiler entre les posters, les poupées, les restaurants, les pins, les dessins-animés, les savons, de manière à vivre SANS dinosaures. Ce sera désormais aussi impossible que d'empêcher un gamin de vous raconter par le menu les habitudes herbivores du cornu Triceratops. Pour éviter de se retrouver face à un Brachiosaure (sur la confiture) à l'heure du thé ou de fréquenter un bébé Dilophosaure, il faudra le hurler haut et fort. Et surligner en rouge sur la liste de courses : "produit SANS dinos". Pire, planifier ses trajets, ses repas, ses incursions dans la chambre des enfants, la cuisine, la salle de bain , aux moments SANS. Comme on demande un compartiment non-fumeur, et outre-Atlantique un soda SANS sucre (diet), il faudra exiger des espaces, des moments SANS dinos.
Mauvaise nouvelle, la guerre des nerfs commence franchement à l'avantage des dino-boulimiques. Face au succès de Jurassic Park, qui a provoquée des embouteillages sur les bretelles d'accès aux drive-in (cinémas en plein air) dès sa sortie, et remboursé son budget de production (330 millions de francs) en quelques jours, 350 autres millions ont été investis dans les objets de promotion. Tout est bon : gobelets, brosses à dents, T-shirts, cahiers, cartes téléphoniques, chaussures de jogging (pour échapper aux dents acérées du T. Rex ?), linge de maison, une armée de mille objets estampillés "Jurassic Park" a été lancée contre les derniers résistants à la dino-déferlante. La vague frappe aussi en Grande Bretagne, où le respectable "Daily Telegraph" propose désormais une rubrique "Dinosaures". Plus "moderne", des extraits du film ont été logés sur des CD-vidéo interactifs, qui permettent de se rejouer les scènes les plus saignantes de "Jurassic Park" à domicile, en dévorant à grands coups de dents un dino-hamburger (McDonald's et Burger King), et quelques morceaux des 90 tonnes de sucreries à l'effigie des Lézards fabriquées chaque jour. Bien entendu Nintendo fourbit en Californie un jeu spécial dinosaures hyper-réaliste (moins sanglant que le film). Et pour les passionnés, les vrais, les Musées d'histoire naturelle du monde entier présentent des expositions tournantes de dinosaures robotisés, qui font courir les foules et permettent à des lieux trop souvent désertés de rembourser des années de dettes accumulées.
Faut-il verser une larme sur le destin commercial des dino-héros ? Pour répondre aux attentes d'Homo sapiens business, ils doivent dégager un chiffre d'affaires de plus d'un milliard de dollars cette année. Dont les royalties iront pour une bonne part dans la poche de Matsushita, propriétaire des studios de cinéma MCA/Universal .
Il y a là comme un parfum d'injustice. Car si l'on devait trouver un bénéficiaire moral à toutes ces retombées dinomaniaques (et un responsable, par la même occasion), c'est bien Richard Owen qu'il faudrait hisser sur le dos du Brontosaure.
Si le paléontologue britannique n'est pas le premier à avoir réalisé la nature des dinosaures (c'est Gideon Mantell qui le fait en 1825), c'est bien lui qui leur déniche un petit nom tellement sympathique.
"Terrible lézard", signification de "dino-sauria", c'est déjà du marketing. Le nom du produit est à lui seul une merveille. Reste le rêve. Owen et les savants de son époque s'en chargent... Oui, ils se tenaient debout, se mouvaient rapidement... Cuvier, Buckland, Mantell débatent. La communauté scientifique s'enflamme, le public suit. Les revues montrent des dessins d'Iguanodon dans les rues de Londres, le mufle à hauteur du 6-ème étage. Horreur rétrospective et intérèt à vif : le mélange propulseur de la dinophilie existe déjà et s'enflamme spontanément. Pour le réveillon du 31 décembre 1853, Owen n'hésite pas. Avec fracas, il convie ses éminents collègues et compères à festoyer à l'intérieur d'une reconstitution en plâtre de son Iguanodon, le premier dinosaure identifié. Et dès 1854, une reconstitution maladroite mais géante du bestiau est exhibée à Crystal Palace. Si cela n'est pas du marketing de génie...
Pour la promotion de leurs travaux, les savants font peu ou prou référence au mythes les plus profondément ancrés dans la plupart des cultures. Le dinosaure, c'est le dragon qui surgit enfin des temps, pour avouer sa forme, son gabarit, sa réalité. Mélange intime d'horreur et de sympathie dans l'occident chrétien, mais aussi pour les autres cultures. En Chine, "Konglong" signifie à la fois "terrible dragon" et dinosaure. Nul besoin d'explication de texte, au troisième siècle après Jésus-Christ, Chang Qu, écrivain, rapporte : "Un dragon gravit la montagne et se présente aux portes du paradis. Il ne peut entrer. Alors il retombe vers la terre et meurt sur place". Aujourd'hui, lorsque le paysan du Sichuan exhume un fémur géant, il se tait. Il conserve précieusement ce cadeau et broie en poudre l'os du dragon.
Pour devenir fort et chanceux...
Autant que Spielberg, qui a acheté à un musée chinois le droit de baptiser une nouvelle variété de dinosaures d'un nom choisit par ses soins : NOM 'si on le retrouve-JE N'en ai pas eu le temps ici avant d'envoyer le papier)
mardi 3 juin 2008
Brèves été 1990
On connaissait déja les trains (prototypes) japonais à lévitation magnétique, voici les bateaux : la Fondation Japonaise pour l'Amélioration des Techniques Navales va faire construire par Mitsubishi Industries le premier navire à propulsion magnétique.
Le principe de fonctionnement d'un tel engin est simple. Des électro-aimants répartis dans les coques d'un catamaran exercent sur l'eau située entre les "jambes" du navire une force qui pousse le liquide à reculer, et donc le navire à avancer.
Le Yamato-1, avec ses 280 tonnes, sera en fait la première application de la magnéto-hydro-dynamique des fluides, ce qui devrait permettre à l'engin d'atteindre la modeste vitesse de huits noeuds (15 km/h).
C'est vrai, ont reconnu les ingénieurs travaillant sur ce programme, en mettant des hélices sur les moteurs diesel qui fournissent l'électricité aux aimants on atteindrait au moins 20 noeuds (37km/h). Mais ce que les japonais veulent préparer là, c'est une technologie directement adapatable aux retombées d'une éventuelle percée dans le domaine des alliages supraconducteurs à haute température. Une recherche actuellement menées dans des dizaines de laboratoires à travers le monde, et qui permettrait la mise au point d'aimants très performants pour des navires plus rapides et silencieux.
Pour ceux qui préfèrent ne pas mettre le nez hors de leur auto, par exemple l'hiver, par un honnéte moins 30 degrés C, la firme norvégienne Transrobot vient de mettre au point un automate peu banal : un robot à servir l'essence.
Il suffit de se garer à proximité de la machine, de passer sa carte de crédit par la fenêtre, et un gros bras automatique muni de palpeurs recherche l'orifice du réservoir de l'auto pour l'ouvrir et y introduire le carburant. Ce genre de robot, qui contribue à la sécurité et à la qualité de l'environnement en empèchant les vapeurs d'essence de partir dans l'atmosphère, en aspirant les vapeurs d'essence pendant le plein, demande tout de même à l'automobiliste de monter sur son réservoir un embout spécial...
Et voici les plantes "dessinées" pour les insectes. Car les plantes que les agronomes sélectionnent dans les laboratoires pour bien résister aux parasites doivent être capables d'accueillir correctement les prédateurs, les ennemis naturels de ces fléaux.
L'exemple type en est la coccinelle croqueuse de pucerons : Peter Kareiva et Robert Sahakian, de l'université Washington de Seattle ont observé que les cocinelles étaient bien plus efficaces dans leurs chasse aux pucerons quand elles se trouvaient sur des plantes bien adaptées à leurs capacités de grimpeuses. Plutôt maladroites à l'escalade, les cocinelles préfèrent les plantes avec des feuilles courtes et fermes, et sont mal à l'aise quand elles sont trop nombreuses et souples. Sur des varités végétales présentant des feuilles un peu traîtresses à leurs pattes, les cocinelles passent jusqu'à deux fois plus de temps à remonter sur les plantes, après en être malencontreusement tombées. Autant de temps perdu pour la chasse aux parasites. Ce qui a conduit les chercheurs à sélectionner génétiquement des varités de plantes bien "adaptées" à leurs maladroites prédatrices, agréables au contact des petites pattes de cocinelles.
A peine parle-t-on de futurs Super-Concordes pour rapprocher les continents chez les constructeurs aéronautiques que les opposants et les protecteurs de l'environnement fourbissent leurs arguments. Pour livrer une bataille qui ressemble étrangement à celle qui avait fait rage il y a une vingtaine d'années autour du Concorde. Pour Juan Cisneros, un chercheur espagnol travaillant en antarctique, une flotte importante (plusieurs centaines) de tels avions évoluant entre 15.000 et 25.000 mètres d'altitude constituerait une véritable agression contre la couche d'ozone qui protège la planète des ultraviolets solaires.
Connaissez-vous Midas ? Non pas le roi, mais l'astéroide, qui se promène dans notre système solaire. Cet énorme rocher, l'un des 3.500 astéroïdes recensés, nous aurait envoyé un véritable boulet de 500 kilos (à l'arrivée), au mois d'avril dernier. Un météorite qui a atterri aux Pays-Bas, trouant net le toit d'une maison de la cité d'Enschede.
Pour les astronomes de l'observatoire de Leiden, c'est l'exceptionnelle trajectoire de ce météore qui révèle sa provenance toute particulière, l'astéroide Midas. Autant dire que les scientifiques tiennent là un bon moyen d'étudier à bon compte la structure de ce très ancien matériau de notre système solaire.
On fume de moins en moins, au grand dam des planteurs de tabac. Pour pallier à cette évolution, favorable à la santé et néfaste à l'économie du secteur concerné, Shuh Sheeen, un chercheur de l'université américaine de Kentucky propose de profiter autrement de l'herbe à Nicot.
Tout simplement en extrayant les protéines contenues dans cette plante.
De précieuses molécules, qui pourraient servir dans l'alimentation, avec des effets très bénéfiques, estime ce chercheur, qui souligne que ces protéines extraites de cellules végétales sont très riches en acides aminés utiles à nos organismes. Il propose aussi d'en extraire la nicotine, qui pourrait servir comme moyen de lutte naturel contre les insectes dans les champs, les effets pesticides de cette substance étant bien établis.
De la même manière, Sheen propose d'extraire les protéines des pousses de soja, ou des betteraves. Comme il ne serait pas nécessaire d'attendre la maturation des fruits, les périodes de culture seraient plus courtes, pourraient s'adapter à des climats moins favorables, et epuiseraient moins les sols que les cultures actuelles. Assemblées sous des formes diverses, ces protéines peuvent prendre mille et un aspects alimentaires, depuis le pâté des puristes jusqu'aux imitations de viandes et de poissons...
A tous qui travaillent de nuit, les travaux de l'équipe de la Harvard Medical School devraient apporter un soulagement. Il est en effet bien connu que même après des années de veilles, les troubles des rythmes vitaux peuvent demeurer considérables, le télescopage entre la nuit et le jour n'étant jamais vraiment résolu au niveau des rythmes de l'organisme.
La solution passe par la lumière. Durant le travail, pendant toute la phase d'éveil, il faut se placer dans un flux lumineux très intense, supérieur à la normale. Directement face à une lampe si l'on est assis à un bureau, par exemple.
Par contre, quand on tente de se reposer, généralement durant la journée, il convient de se placer rigoureusement dans noir obscur... Pas de siestes dans une pièce semi-éclairée, souligne le Dr Charles Czeisler.
Si votre embonpoint est persistant, rassurez-vous. L'hypothèse génétique de l'origine de l'excédent de poids se confirme, selon une étude menée à l'université Laval de Québec.
12 paires de jumeaux confinées pendant trois mois dans une salle et sur-alimentés rigoureusement de la même manière ont montré que les vrais jumeaux grossissaient de la même manière, mais que par contre, entre deux paires de jumeaux, les prises de poids pouvaient varier du simple au triple. Ensuite, de vrais jumeaux alimentés différemment ont montré à leur tour que le mode d'alimentation jouait très peu. Même en mangeant de façon très contrastée, les écarts de poids ne se creusaient que très faiblement entre des individus génétiquement semblables. Conclusion : il faut se surveiller. Mais, si l'alimentation est correctement équilibrée, il est quasiment impossible de lutter contre une tendance à une silhouette un peu arrondie.
Le principe de fonctionnement d'un tel engin est simple. Des électro-aimants répartis dans les coques d'un catamaran exercent sur l'eau située entre les "jambes" du navire une force qui pousse le liquide à reculer, et donc le navire à avancer.
Le Yamato-1, avec ses 280 tonnes, sera en fait la première application de la magnéto-hydro-dynamique des fluides, ce qui devrait permettre à l'engin d'atteindre la modeste vitesse de huits noeuds (15 km/h).
C'est vrai, ont reconnu les ingénieurs travaillant sur ce programme, en mettant des hélices sur les moteurs diesel qui fournissent l'électricité aux aimants on atteindrait au moins 20 noeuds (37km/h). Mais ce que les japonais veulent préparer là, c'est une technologie directement adapatable aux retombées d'une éventuelle percée dans le domaine des alliages supraconducteurs à haute température. Une recherche actuellement menées dans des dizaines de laboratoires à travers le monde, et qui permettrait la mise au point d'aimants très performants pour des navires plus rapides et silencieux.
Pour ceux qui préfèrent ne pas mettre le nez hors de leur auto, par exemple l'hiver, par un honnéte moins 30 degrés C, la firme norvégienne Transrobot vient de mettre au point un automate peu banal : un robot à servir l'essence.
Il suffit de se garer à proximité de la machine, de passer sa carte de crédit par la fenêtre, et un gros bras automatique muni de palpeurs recherche l'orifice du réservoir de l'auto pour l'ouvrir et y introduire le carburant. Ce genre de robot, qui contribue à la sécurité et à la qualité de l'environnement en empèchant les vapeurs d'essence de partir dans l'atmosphère, en aspirant les vapeurs d'essence pendant le plein, demande tout de même à l'automobiliste de monter sur son réservoir un embout spécial...
Et voici les plantes "dessinées" pour les insectes. Car les plantes que les agronomes sélectionnent dans les laboratoires pour bien résister aux parasites doivent être capables d'accueillir correctement les prédateurs, les ennemis naturels de ces fléaux.
L'exemple type en est la coccinelle croqueuse de pucerons : Peter Kareiva et Robert Sahakian, de l'université Washington de Seattle ont observé que les cocinelles étaient bien plus efficaces dans leurs chasse aux pucerons quand elles se trouvaient sur des plantes bien adaptées à leurs capacités de grimpeuses. Plutôt maladroites à l'escalade, les cocinelles préfèrent les plantes avec des feuilles courtes et fermes, et sont mal à l'aise quand elles sont trop nombreuses et souples. Sur des varités végétales présentant des feuilles un peu traîtresses à leurs pattes, les cocinelles passent jusqu'à deux fois plus de temps à remonter sur les plantes, après en être malencontreusement tombées. Autant de temps perdu pour la chasse aux parasites. Ce qui a conduit les chercheurs à sélectionner génétiquement des varités de plantes bien "adaptées" à leurs maladroites prédatrices, agréables au contact des petites pattes de cocinelles.
A peine parle-t-on de futurs Super-Concordes pour rapprocher les continents chez les constructeurs aéronautiques que les opposants et les protecteurs de l'environnement fourbissent leurs arguments. Pour livrer une bataille qui ressemble étrangement à celle qui avait fait rage il y a une vingtaine d'années autour du Concorde. Pour Juan Cisneros, un chercheur espagnol travaillant en antarctique, une flotte importante (plusieurs centaines) de tels avions évoluant entre 15.000 et 25.000 mètres d'altitude constituerait une véritable agression contre la couche d'ozone qui protège la planète des ultraviolets solaires.
Connaissez-vous Midas ? Non pas le roi, mais l'astéroide, qui se promène dans notre système solaire. Cet énorme rocher, l'un des 3.500 astéroïdes recensés, nous aurait envoyé un véritable boulet de 500 kilos (à l'arrivée), au mois d'avril dernier. Un météorite qui a atterri aux Pays-Bas, trouant net le toit d'une maison de la cité d'Enschede.
Pour les astronomes de l'observatoire de Leiden, c'est l'exceptionnelle trajectoire de ce météore qui révèle sa provenance toute particulière, l'astéroide Midas. Autant dire que les scientifiques tiennent là un bon moyen d'étudier à bon compte la structure de ce très ancien matériau de notre système solaire.
On fume de moins en moins, au grand dam des planteurs de tabac. Pour pallier à cette évolution, favorable à la santé et néfaste à l'économie du secteur concerné, Shuh Sheeen, un chercheur de l'université américaine de Kentucky propose de profiter autrement de l'herbe à Nicot.
Tout simplement en extrayant les protéines contenues dans cette plante.
De précieuses molécules, qui pourraient servir dans l'alimentation, avec des effets très bénéfiques, estime ce chercheur, qui souligne que ces protéines extraites de cellules végétales sont très riches en acides aminés utiles à nos organismes. Il propose aussi d'en extraire la nicotine, qui pourrait servir comme moyen de lutte naturel contre les insectes dans les champs, les effets pesticides de cette substance étant bien établis.
De la même manière, Sheen propose d'extraire les protéines des pousses de soja, ou des betteraves. Comme il ne serait pas nécessaire d'attendre la maturation des fruits, les périodes de culture seraient plus courtes, pourraient s'adapter à des climats moins favorables, et epuiseraient moins les sols que les cultures actuelles. Assemblées sous des formes diverses, ces protéines peuvent prendre mille et un aspects alimentaires, depuis le pâté des puristes jusqu'aux imitations de viandes et de poissons...
A tous qui travaillent de nuit, les travaux de l'équipe de la Harvard Medical School devraient apporter un soulagement. Il est en effet bien connu que même après des années de veilles, les troubles des rythmes vitaux peuvent demeurer considérables, le télescopage entre la nuit et le jour n'étant jamais vraiment résolu au niveau des rythmes de l'organisme.
La solution passe par la lumière. Durant le travail, pendant toute la phase d'éveil, il faut se placer dans un flux lumineux très intense, supérieur à la normale. Directement face à une lampe si l'on est assis à un bureau, par exemple.
Par contre, quand on tente de se reposer, généralement durant la journée, il convient de se placer rigoureusement dans noir obscur... Pas de siestes dans une pièce semi-éclairée, souligne le Dr Charles Czeisler.
Si votre embonpoint est persistant, rassurez-vous. L'hypothèse génétique de l'origine de l'excédent de poids se confirme, selon une étude menée à l'université Laval de Québec.
12 paires de jumeaux confinées pendant trois mois dans une salle et sur-alimentés rigoureusement de la même manière ont montré que les vrais jumeaux grossissaient de la même manière, mais que par contre, entre deux paires de jumeaux, les prises de poids pouvaient varier du simple au triple. Ensuite, de vrais jumeaux alimentés différemment ont montré à leur tour que le mode d'alimentation jouait très peu. Même en mangeant de façon très contrastée, les écarts de poids ne se creusaient que très faiblement entre des individus génétiquement semblables. Conclusion : il faut se surveiller. Mais, si l'alimentation est correctement équilibrée, il est quasiment impossible de lutter contre une tendance à une silhouette un peu arrondie.
Brèves août 1990
Des chercheurs allemands de l'Institut Max Planck de Météorologie à Hambourg estiment que sous l'effet du réchauffement global, la surface des océans va perdre une partie de sa capacité à absorber le gaz carbonique. Une hausse des températures de surface diminuerait selon eux les échanges entre les couches profonde et froide des mers de la planète et ralentirait l'assimilation du gaz carbonique par les océans. Restant dans l'atmosphère, ce gaz aurait tendance à réchauffer encore davantage le fond de l'air, par effet de serre.
Il y a 15 millions d'années les boussoles (naturelles) se sont brutalement afollées. Le champ magnétique de la Terre s'est soudainement mis à se promener dans tous les sens, jusqu'à faire varier des boussoles naturelles, inscrites dans le rocher de plusieurs degrés par jour.
L'équipe du Centre Géologique et Géophysique de Montpellier qui a mené l'enquète dans des roches volcaniques qui se sont solidifiées pendant une telle crise, dans l'Orégon, a été surprise par les résultats. On sait en effet que le champ magnétique de la planète s'est déjà inversé (passant son pôle nord au sud et vice-versa), et celà à plusieurs reprises au cours des 170 derniers millions d'années. Mais on imaginait pas que les variations pouvaient survenir avec une telle brutalité. Un tel évènement pourrait survenir aujourd'hui et affolerait net toutes nos boussoles...
Les météorites, du moins les plus grosses, s'écrasent sur le sol. Tout le problème consiste ensuite, pour les scientifiques, à estimer la puissance de l'impact, ce qui leur permet de deviner la masse de l'objet tombé du ciel, mais aussi à localiser le débris. Car si environ 20.000 tonne de débris venus de l'espace pénetrent dans l'atmsophère chaque année, très peu parviennent au sol et encore moins (environ 1 %) sont localisés et analysés.
C'est en étudiant les enregistrement sismiques des impacts des débris du Boeing de la Pan Am qui a explosé en survolant la ville de Lockerbie, en Ecosse, en décembre 1988, que le géologue britannique Roger Musson a décidé de remédier au problème à l'échelle de la planète. Il propose qu'un réseau de détecteurs sismiques soit conscaré à la surveillance des petits chos créés par les impacts de météorites, afin d'en localiser les aterrissages et de facilter la récuparation des matériaux.
De l'or dans les océans, mais pas assez pour rouler dessus : des chercheurs britanniques ont réussi à mesurer que les océans recelent en moyenne la dose homéopathique d'1 gramme d'or pour 100 milllions de tonnes d'eau. En Méditerranée, la concentration est trois fois plus élevée.
La cinquième force a disparu. Des physiciens avaient cru distinguer dans la nature, en plus des quatre déja connues. C'est le "père" de cette fausse bonne observation, l'Américain Franck Stacey, qui a officiellement annoncé lui-même qu'il s'était trompé dans ses équations
Pourquoi les humains et les chimpanzés portent-ils de préférence leurs petits sur le flanc gauche ?
La question, posée par John Manning et Andrew Chamberlain de l'université de Liverpool a trouvé une nouvelle réponse. Ces chercheurs estiment en effet que c'est la latéralisation du cerveau qui intervient, puisque cette tendance est la même, aussi bien chez les droitiers que les gauchers. Chaque hémisphère cérébral s'occupant de fonctions différentes, la partie droite gérant notamment les informations à caractère émotionnel. Mais ce sont les capteurs de gauche, dont l'oeil , qui sont reliés à l'hemisphère cérébral droit,. Ce qui expliquerait que les mères humaines, mais aussi chimpanzés, gorilles et orang-outan portent de préférence l'enfant à gauche, là ou elles peuvent mieux le contempler avec affectivité, du coin de l'oeil gauche, mais avec leur cerveau droit.
.
Il y a 15 millions d'années les boussoles (naturelles) se sont brutalement afollées. Le champ magnétique de la Terre s'est soudainement mis à se promener dans tous les sens, jusqu'à faire varier des boussoles naturelles, inscrites dans le rocher de plusieurs degrés par jour.
L'équipe du Centre Géologique et Géophysique de Montpellier qui a mené l'enquète dans des roches volcaniques qui se sont solidifiées pendant une telle crise, dans l'Orégon, a été surprise par les résultats. On sait en effet que le champ magnétique de la planète s'est déjà inversé (passant son pôle nord au sud et vice-versa), et celà à plusieurs reprises au cours des 170 derniers millions d'années. Mais on imaginait pas que les variations pouvaient survenir avec une telle brutalité. Un tel évènement pourrait survenir aujourd'hui et affolerait net toutes nos boussoles...
Les météorites, du moins les plus grosses, s'écrasent sur le sol. Tout le problème consiste ensuite, pour les scientifiques, à estimer la puissance de l'impact, ce qui leur permet de deviner la masse de l'objet tombé du ciel, mais aussi à localiser le débris. Car si environ 20.000 tonne de débris venus de l'espace pénetrent dans l'atmsophère chaque année, très peu parviennent au sol et encore moins (environ 1 %) sont localisés et analysés.
C'est en étudiant les enregistrement sismiques des impacts des débris du Boeing de la Pan Am qui a explosé en survolant la ville de Lockerbie, en Ecosse, en décembre 1988, que le géologue britannique Roger Musson a décidé de remédier au problème à l'échelle de la planète. Il propose qu'un réseau de détecteurs sismiques soit conscaré à la surveillance des petits chos créés par les impacts de météorites, afin d'en localiser les aterrissages et de facilter la récuparation des matériaux.
De l'or dans les océans, mais pas assez pour rouler dessus : des chercheurs britanniques ont réussi à mesurer que les océans recelent en moyenne la dose homéopathique d'1 gramme d'or pour 100 milllions de tonnes d'eau. En Méditerranée, la concentration est trois fois plus élevée.
La cinquième force a disparu. Des physiciens avaient cru distinguer dans la nature, en plus des quatre déja connues. C'est le "père" de cette fausse bonne observation, l'Américain Franck Stacey, qui a officiellement annoncé lui-même qu'il s'était trompé dans ses équations
Pourquoi les humains et les chimpanzés portent-ils de préférence leurs petits sur le flanc gauche ?
La question, posée par John Manning et Andrew Chamberlain de l'université de Liverpool a trouvé une nouvelle réponse. Ces chercheurs estiment en effet que c'est la latéralisation du cerveau qui intervient, puisque cette tendance est la même, aussi bien chez les droitiers que les gauchers. Chaque hémisphère cérébral s'occupant de fonctions différentes, la partie droite gérant notamment les informations à caractère émotionnel. Mais ce sont les capteurs de gauche, dont l'oeil , qui sont reliés à l'hemisphère cérébral droit,. Ce qui expliquerait que les mères humaines, mais aussi chimpanzés, gorilles et orang-outan portent de préférence l'enfant à gauche, là ou elles peuvent mieux le contempler avec affectivité, du coin de l'oeil gauche, mais avec leur cerveau droit.
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Brèves septembre 1990
Troublant, le regard que jette votre voyant préféré sur les lignes de votre main. Des scientifiques britanniques de la Royal Infimary de Bristol ont voulu démontrer que la lecture de ces "lignes de vie" était ridicule. Mais à leur grand étonnement, une première expérience, portant sur des cadavres, montre effectivement l'existence d'une relation entre la longueur de la fameuse "ligne de vie", mesurée par une machine, et l'âge du décès.
Sceptiques, les chercheurs estiment toutefois que leur expérience supporte difficilement les critiques sérieuses, et qu'il faudrait mener à une grande échelle statistique ce genre de travail pour établir s'il existe vraiment une relation. A moins que l'on aille lire les cartes pour en savoir davantage ?
Pour obtenir du froid mettez donc un peu de son dans votre réfrigérateur. C'est l'idée de Steven Garett, de l'Ecole Navale de Monterrey, en Californie, qui propose ce genre de système pour éviter l'emploi dans les tubulures réfrigérantes de gaz agressifs à l'encontre de la couche d'ozone de l'atmosphère.
Le principe est élémentaire. Il s'agit d'agiter très fortement un gaz inerte, en lui infligeant des vibrations sonores de très haute intensité. Bien entendu, tout cela se passe dans une chambre acoustique en miniature, totalement rigide, ce qui évitera d'assourdir toute la maisonnée lorsque ce genre de produits sera commercialisé.
Le volume sonore nécéssaire est environ celui d'une fusée au décollage, à quelques centaines de mètres du pas de tir (160 décibels). De qui compresser les molécules de gaz (échauffement), puis de les détendre (refroidissement) à un rythme élevé. Avec un échangeur de chaleur bien conçu, le premier réfrigérateur sonore, puis des climatiseurs ne devraient pas tarder à voir le jour.
Les tortues de mer naviguent sur des milliers de kms entre leurs lieux de villégiature et ceux de la reproduction. Quel système utilisent-elles pour s'orienter ?
Pour Michael Salmon, de l'université de Floride à Boca Raton, qui a étudié plusieurs espèces de tortues, c'est la direction des vagues qui pourrait aider les tortues à s'orienter, en fonction des vents dominants.
En travaillant sur des jeunes tortues à peines écloses, les chercheurs ont constaté qu'elles fuyaient la plage et nageaient toujours perpendiculairement aux vagues. Une course initiale vers leur large qui leur permet de fuir les prédateurs terrestres et les oiseaux, mais aussi de mettre en mémoire cette orientation...
Si on place les jeunes nageuses dans un bassin dont la surface est strictement plate, les petites tortues tournent en rond.
Salmon a encore montré que certaines tortues (espèce : loggerheads) utilisent aussi un système de navigation magnétique, basé sur le champ terrestre. En plaçant des tortues dans un champ inversé par rapport à celui de la Terre, il a constaté que les tortues filaient vers l'ouest, au lieu de l'est qu'elles visaient auparavant.
Michael Salmon pense que cette "imprégnation" de cet autre système de navigation se fait quand par la lumière du jour : les tortues préfèrent aller vers l'endroit dont elles ont vu venir la lumière.
Les diamants n'ont pas fini de nous surprendre. Les joyaux que crée artificiellement William Banholzer, de la General Electric à New York ont un avantage énorme : ils conduisent remarquablement bien la chaleur.
Très purs, et parfaitement homogènes ces diamants de synthèse sont obtenus en déposant de la vapeur de méthane dans une chambre sous pression. On met encore une fois sous pression, et l'on obtient des pierres de près d'un carat (0,2 grammes). Pas de quoi casser le marché de la joaillerie, puisque ces diamants là sont impropres à l'art des bijoux. Mais ils sont de remarquables futurs composants électroniques. Ces cailloux de synthèse résistent remarquablement bien aux rayons laser (1000 fois mieux que les pierres naturelles) et pourraient servir demain à évacuer la chaleur dans des systèmes utilisant de tels faisceaux ou encore soulager des composants surchauffés dans les circuits électroniques.
Mais qu'est-e qui peut bien déterminer la forme d'une fleur et de son bouton ? Une loi mathématique, estime Norbert Lacroix, de l'Université Laval de Québec, qui a présenté une communication très pointue sur le sujet à un colloque international.
Ce chercheur pense qu'il existe une loi qui pourrait rendre compte des mystères des formes et la croissance des plantes, et notamment des boutons de leurs fleurs.
Mais la chose est complexe : la croissance des boutons, en forme de courbes évolutives est un phénomène dynamique, et les équations qui restituent ce genre de phénomènes, avec des courbes complexes, sont plutôt délicates à manier, à la pointe des mathématiques actuelles. Pour le moment, le bouton de rose garde donc son mystère.
Sceptiques, les chercheurs estiment toutefois que leur expérience supporte difficilement les critiques sérieuses, et qu'il faudrait mener à une grande échelle statistique ce genre de travail pour établir s'il existe vraiment une relation. A moins que l'on aille lire les cartes pour en savoir davantage ?
Pour obtenir du froid mettez donc un peu de son dans votre réfrigérateur. C'est l'idée de Steven Garett, de l'Ecole Navale de Monterrey, en Californie, qui propose ce genre de système pour éviter l'emploi dans les tubulures réfrigérantes de gaz agressifs à l'encontre de la couche d'ozone de l'atmosphère.
Le principe est élémentaire. Il s'agit d'agiter très fortement un gaz inerte, en lui infligeant des vibrations sonores de très haute intensité. Bien entendu, tout cela se passe dans une chambre acoustique en miniature, totalement rigide, ce qui évitera d'assourdir toute la maisonnée lorsque ce genre de produits sera commercialisé.
Le volume sonore nécéssaire est environ celui d'une fusée au décollage, à quelques centaines de mètres du pas de tir (160 décibels). De qui compresser les molécules de gaz (échauffement), puis de les détendre (refroidissement) à un rythme élevé. Avec un échangeur de chaleur bien conçu, le premier réfrigérateur sonore, puis des climatiseurs ne devraient pas tarder à voir le jour.
Les tortues de mer naviguent sur des milliers de kms entre leurs lieux de villégiature et ceux de la reproduction. Quel système utilisent-elles pour s'orienter ?
Pour Michael Salmon, de l'université de Floride à Boca Raton, qui a étudié plusieurs espèces de tortues, c'est la direction des vagues qui pourrait aider les tortues à s'orienter, en fonction des vents dominants.
En travaillant sur des jeunes tortues à peines écloses, les chercheurs ont constaté qu'elles fuyaient la plage et nageaient toujours perpendiculairement aux vagues. Une course initiale vers leur large qui leur permet de fuir les prédateurs terrestres et les oiseaux, mais aussi de mettre en mémoire cette orientation...
Si on place les jeunes nageuses dans un bassin dont la surface est strictement plate, les petites tortues tournent en rond.
Salmon a encore montré que certaines tortues (espèce : loggerheads) utilisent aussi un système de navigation magnétique, basé sur le champ terrestre. En plaçant des tortues dans un champ inversé par rapport à celui de la Terre, il a constaté que les tortues filaient vers l'ouest, au lieu de l'est qu'elles visaient auparavant.
Michael Salmon pense que cette "imprégnation" de cet autre système de navigation se fait quand par la lumière du jour : les tortues préfèrent aller vers l'endroit dont elles ont vu venir la lumière.
Les diamants n'ont pas fini de nous surprendre. Les joyaux que crée artificiellement William Banholzer, de la General Electric à New York ont un avantage énorme : ils conduisent remarquablement bien la chaleur.
Très purs, et parfaitement homogènes ces diamants de synthèse sont obtenus en déposant de la vapeur de méthane dans une chambre sous pression. On met encore une fois sous pression, et l'on obtient des pierres de près d'un carat (0,2 grammes). Pas de quoi casser le marché de la joaillerie, puisque ces diamants là sont impropres à l'art des bijoux. Mais ils sont de remarquables futurs composants électroniques. Ces cailloux de synthèse résistent remarquablement bien aux rayons laser (1000 fois mieux que les pierres naturelles) et pourraient servir demain à évacuer la chaleur dans des systèmes utilisant de tels faisceaux ou encore soulager des composants surchauffés dans les circuits électroniques.
Mais qu'est-e qui peut bien déterminer la forme d'une fleur et de son bouton ? Une loi mathématique, estime Norbert Lacroix, de l'Université Laval de Québec, qui a présenté une communication très pointue sur le sujet à un colloque international.
Ce chercheur pense qu'il existe une loi qui pourrait rendre compte des mystères des formes et la croissance des plantes, et notamment des boutons de leurs fleurs.
Mais la chose est complexe : la croissance des boutons, en forme de courbes évolutives est un phénomène dynamique, et les équations qui restituent ce genre de phénomènes, avec des courbes complexes, sont plutôt délicates à manier, à la pointe des mathématiques actuelles. Pour le moment, le bouton de rose garde donc son mystère.
Alerte aux abeilles tueuses
Ces insectes venus d'ailleurs
Septembre 1990
Aux Etats-Unis, cela fait plusieurs années que tout le monde se prépare à la grande confrontation. Celle contre les "abeilles tueuses". Pistées depuis leur débarquement en Amérique du sud et les débuts de leur progression vers le nord, les redoutables immigrantes africaines font trembler les populations. Leur nom, à vrai dire, suffit. Pour des millions d'Américains, ce serait là l'immersion brutale dans un scénario de film d'horreur, du style "Les abeilles attaquent".
Qualifiée volontiers de "très agressive", Apis Mellifica scutella sévit depuis une trentaine d'années en Amérique du Sud et en Amérique centrale, depuis l'évasion en 1957 de 26 reines en observation dans une enceinte d'aclimatation brésilienne. Destinée à être simplement testée en laboratoire, pour renforcer les espèces européennes un peu paresseuses et peu productrices de miel sous les tropiques, cette africaine s'est répandue comme une trainée de poudre. Progressant de 300 à 500 km par an, elle a envahit tout le Brésil, colonisé la majeure partie de l'Amérique du Sud et de l'Amérique Centrale. Et aujourd'hui, elle n'est plus qu'à quelques 250 kms de la frontière du Texas.
Aux Etats-Unis, un véritable plan de lutte a été mis en place. Dès 1972, l'Académie des Sciences s'était intéressée au sujet et avait alarmé le public, qui doit se méfier de cette abeille très susceptible, mais aussi les apiculteurs, dont les ruches sont purement et simplement menacées de colonisation. Sur le front de la lutte, pour reconnaître une "tueuse" à plusieurs centaines de mètres de distance, les ingénieurs ont mis au point des systèmes informatiques de reconnaissance de battements des ailes, mais ils ont aussi demandé à l'armée de leur donner accès à des radars extrêmement précis développés dans le cadre de l'initiative de défense stratégique, la fameuse "Guerre des Etoiles", pour suivre l'évolution des essaims et pouvoir reconnaître ceux qui sont des "tueurs".
Mais au fait, ces abeilles sont-elles vraiment des tueuses ?
"Non, simplement, elles possèdent un comportement défensif très développé et réagissent plus vite, avec davantage d'énergie à tout ce qu'elles interprètent comme une agression", explique Bernard Vaissière, chargé de recherche à l'Institut National de la Recherche Agronomique. Pour ce spécialiste qui a passé huit années à étudier ces hyménoptères au Texas, elles ne méritent pas vraiment leur très médiatique qualificatif de "tueuses".
"Effectivement il y a un problème. Il y a eu un congrès en 1988 qui a réunit des scientifiques du monde entier sur le sujet, et chaque mois un bulletin donne aux Etats-Unis l'état de l'avancée géographique des abeilles", poursuit le chercheur.
Même si "scientifiquement " elle sont simplement considérées comme plus susceptibles et difficiles que les autres, les abeilles d'origine africaine provoquent une véritable panique aux Etats-Unis. Les diplômés qui sortent des universités ne sont pas très chauds pour aller s'établir au Texas, près du "front" de leur avancée. Et dès qu'un essaim de tueuses est découvert , après un transport de reine par avion ou par bateau en provenance du sud, l'alerte générale est déclenchée. En 1985, la découverte de la petite abeille au nord de Los Angeles a démarré une véritable guerre : une force spéciale a été crée, 1.2000 km carrés de terrain placés en quarantaine, toutes les ruches du district détruite, ainsi que la plupart des essaims sauvages dans un rayon de 80 km.
Pourquoi une telle panique ? Il faut dire que les histoires dramatiques, comme celle qui relate l'attaque de Robora, en Bolivie, où deux personnes sont mortes après des piqûres d'abeilles, précédent les essaims et énervent les foules.
Mais le véritable danger, pour le sud des Etats-Unis est surtout économique. Pour les apiculteurs, bien sûr, dont les ruches colonisées (par mariage génétique ou pure invasion) sont beaucoup plus difficiles à exploiter en raison de l'agressivité ambiante : on estime que les africaines réagissent trois plus vite à l'intervention humaine, et piquent dix fois plus, tout en se calmant très difficilement (elles peuvent rester excitées trente minutes, contre trois en moyenne pour une abeille tranquille).
Mais le véritable drame est celui qui guette l'agriculture. La plus grande part de la productions fruitière est au Texas pollenisée par l'abeille domestique. Une baisse de rendement de 1 % seulement, due à la prépondérance d'une abeille plus récalcitrante à ce genre de coopération , signifierait une perte sèche de 50 millions de dollars par an pour l'agriculture.
Autre fléau, ayant cette fois voyagé en sens contraire, la lucilie bouchère. Et le mot de "tueuse" parait cette fois plus approprié. Affamée de chair fraîche pour assurer sa reproduction la bouchère est une mouche répandue en Amérique, qui vient d'être détectée pour la première fois en Afrique. L'ennemie publique de tous les animaux à sang chaud des zones tropicales américaines, de l'Argentine au Texas, vient en effet de franchir l'Atlantique et de mettre le pied en Lybie. Une découverte faite par hasard, au début de 1988, et qui s'explique probablement par un passage clandestin, à la faveur d'une cargaison de viande ou de bétail sur pied entre les deux continents.
Placardé sur les murs de Tripoli, le portrait robot de " Cochliomyia hominivorax" est facile à reconstituer : un corps bleu-vert, des yeux rouges, un thorax barré de trois bandes sombres et une taille imposante de 1 à 2 cm en moyenne.
Son mode de reproduction est particulièrement efficace et meurtrier : la femelle fécondée, qui se nourrissait jusque-là de nectar de fleurs, part soudainement à la recherche d'un animal écorché, d'un nombril mal refermé, d'une plaie pour y pondre et déposer quelque milliers d'oeufs. Une fois ceux-ci éclos quelques heures plus tard, des armées de larves affamées dévorent l'animal sur pied, s'enfoncent dans ses chairs agrandissant les plaies. Un festin macabre qui attire d'autres pondeuses. Pour le boeuf, le chameau, le mouton, c'est l'horreur qui commence. Suivra l'infection, et à terme, la mort.
Atteinte la première, la Lybie a accusé cet été les Etats-Unis de lui avoir expédié l'horrible bestiole à dessein, afin que les hardes de parasites anéantissent son cheptel. Cette attaque de Kadhafi ne fait pas état de l'aide qu'avait déjà décidé Washington en expédiant à Tripoli ses meilleurs experts sur le sujet, rompant l'embargo décrété depuis 1984 à l'égard de la Lybie.
Il faut dire qu'il y a urgence pour le cheptel. Ce pays pourrait très vite devenir la tête de pont de la bouchère en Afrique. Elle pourrait ensuite s'attaquer à tout le bassin méditerranéen, y compris au sud de la France.
Déjà plusieurs milliers de têtes de bétail ont fait les frais de l'invasion. Le remède ? Le seul vraiment efficace passe par le largage dans le milieu naturel de myriades de mâles stérilisés par traitement radioactif. Largués d'avion, aidés par des insecticides, ces mouches "inutiles" peuvent très vite limiter les dégâts en saturant les femelles. A condition d'agir massivement, reconnait la FAO (organisation des Nations-Unies pour l'alimentation et l'agriculture). Tout le problème, c'est que cette solution est coûteuse, et que le monde a en ce moment d'autres préoccupations qu'une mouche carnivore.
Sur le front des invasions sahéliennes, tout ne va pourtant pas si mal. Par exemple les criquets, l'un des fléaux les plus redoutables d'Afrique et dont les ravages avaient été considérables ces dernières années, entre 1987 et 1989, ont été stoppés.
La prolifération a été enrayée cette année au prix d'une lutte internationale acharnée sur toute la zone, depuis le Golfe persique jusqu'aux rivages de l'Atlantique et de la Méditerranée. Mais les Africains connaissent bien les criquets. Il savent que dans quelques années, les nuages riches de quelques dizaines de millions d'insectes réapparaîtront. Des essaims fabuleux, qui se forment quand la densité des criquets présents sur un même territoire dépasse un certain seuil. Des nuées de solitaires se transforment alors en redoutables bandes de "pèlerins" pouvant atteindre trois mille mètres d'altitude en vol et, à la faveur de vents favorables, aller se poser aux Caraïbes
Coup de chance pour les îles : elles sont trop humides pour ces gloutons, capables de dévorer chaque jour l'équivalent de leur poids de végétaux. Quand on sait qu'un essaim peut "peser" 100 tonnes !
Plus près de nous, en France, l'hiver clément et l'été chaud ont été particulièrement propices à quelques spectaculaires pullulations. Une marée de milliards de punaises a ainsi déferlé sur Mernel, en Ile et Vilaine le 13 septembre dernier. "Il y en avait partout, cela grouillait dans toute la maison, ils s'infiltrent sous les portes, et j'en ai trouvé jusque dans mon lit", rapporte Mme Amélie Coudrais. Les légions d'insectes gris-marron, avec des taches blanches sur les ailes ont cependant disparues au bout de quelques jours : pas assez de nourriture disponible pour toutes ces bouches.
Les scientifiques connaissent bien ce genre de pullulation, qui se produit quand les éclosions des oeufs et quand les larves sont remarquablement synchronisées par une météorologie très particulière, ou par une conjonction de facteurs favorables. Ceci dit, on ne sait pas pourquoi ce genre de manifestation ne se produit pas plus abondamment...
Le premier août dernier, un phénomène analogue s'était produit à Gy les Nonanis, près de Montargis (Loiret), mais cette fois c'étaient des petites araignées d'un centimètre qui recouvraient le sol et les murs d'un moelleux tapis. Leur cycle de vie très court en a débarrassé les habitants en quelques jours.
De ce point de vue, vivre à Venise n'a pas que des avantages. Dans la célèbre lagune particulièrement polluée et saturée de nitrates et de déchets organiques, des algues pullulent tous les étés. des végétaux qui nourrissent à leur tour des nuées de mouches capables de transformer la polychromie des palais vénitiens en une sombre tapisserie noire. Le fléau atteint de telles proportions que le train qui dessert la Cité des Doges, sur le continent ne peut parfois plus progresser : ses roues patinent sur une épaisse couche de moucherons écrasés.
Si l'homme est forcé de se battre contre de tels phénomènes ou l'irruption d'espèces dangereuses hors des régions ou elles connaissent des limitations naturelles, par la présence de prédateurs, il est aussi possible de lutter en en opposant un insecte à un autre.
C'est le principe de l'utilisation de coccinelles pour combattre le pucerons, ou la solution que propose la société Bio-Assistance-Forêt de Bugeat, en Corrèze, qui oppose au coléoptère agresseur des épicéas un autre coléoptère, qui s'en prend vigoureusement au premier.
"Le meilleur ennemi de l'insecte, c'est encore l'insecte", note à ce propos Claude Caussanel, directeur du laboratoire d'entomologie au Muséum d'Histoire Naturelle de Paris.
La nature nous livre de superbes exemple de telles rivalités parmi les 750.000 espèces répertoriées. Des insectes qui ne manquent d'ailleurs pas d'astuces pour s'en prendre à leurs ennemis intimes.
Parmi les plus énigmatiques, le biologiste Rémy Chauvin cite le hyménoptères paralysants. De toutes petites et bien étranges guêpes solitaires, qui pratiquent la chasse pour nourrir des petits qu'elles dissimulent dans des terriers. Pour leur fournir une proie en bon état, une sorte de garde-manger sur pattes, elles paralysent d'autres insectes et les enfouissent dans les terriers. Quand la larve éclôt au fond de son trou, elle se précipite sur la proie, et y pénètre par le trou de la piqûre paralysante infligée par une mère qu'elle ne connaîtra jamais.
C'est la localisation de cette pénétration qui permettra à la guêpe, devenue adulte, de trouver à son tour avec précision les ganglions nerveux de l'insecte qu'elle doit parasiter. Au millimètre près, c'est là qu'elle inoculera son venin. Mais le plus étrange, note Chauvin, c'est que cette précision chirurgicale, apprise dans une geste d'enfance, la guêpe devrait normalement l'oublier. Au moment de la métamorphose de la larve en insecte adulte, tout le corps se liquéfie, y compris le cerveau. Ou va donc se cacher le savoir faire acquis au fond du terrier par une larve dévorant sa première proie ? Terrifiants ou fascinants, les insectes ont décidément bien des secrets à nous livrer encore...
Septembre 1990
Aux Etats-Unis, cela fait plusieurs années que tout le monde se prépare à la grande confrontation. Celle contre les "abeilles tueuses". Pistées depuis leur débarquement en Amérique du sud et les débuts de leur progression vers le nord, les redoutables immigrantes africaines font trembler les populations. Leur nom, à vrai dire, suffit. Pour des millions d'Américains, ce serait là l'immersion brutale dans un scénario de film d'horreur, du style "Les abeilles attaquent".
Qualifiée volontiers de "très agressive", Apis Mellifica scutella sévit depuis une trentaine d'années en Amérique du Sud et en Amérique centrale, depuis l'évasion en 1957 de 26 reines en observation dans une enceinte d'aclimatation brésilienne. Destinée à être simplement testée en laboratoire, pour renforcer les espèces européennes un peu paresseuses et peu productrices de miel sous les tropiques, cette africaine s'est répandue comme une trainée de poudre. Progressant de 300 à 500 km par an, elle a envahit tout le Brésil, colonisé la majeure partie de l'Amérique du Sud et de l'Amérique Centrale. Et aujourd'hui, elle n'est plus qu'à quelques 250 kms de la frontière du Texas.
Aux Etats-Unis, un véritable plan de lutte a été mis en place. Dès 1972, l'Académie des Sciences s'était intéressée au sujet et avait alarmé le public, qui doit se méfier de cette abeille très susceptible, mais aussi les apiculteurs, dont les ruches sont purement et simplement menacées de colonisation. Sur le front de la lutte, pour reconnaître une "tueuse" à plusieurs centaines de mètres de distance, les ingénieurs ont mis au point des systèmes informatiques de reconnaissance de battements des ailes, mais ils ont aussi demandé à l'armée de leur donner accès à des radars extrêmement précis développés dans le cadre de l'initiative de défense stratégique, la fameuse "Guerre des Etoiles", pour suivre l'évolution des essaims et pouvoir reconnaître ceux qui sont des "tueurs".
Mais au fait, ces abeilles sont-elles vraiment des tueuses ?
"Non, simplement, elles possèdent un comportement défensif très développé et réagissent plus vite, avec davantage d'énergie à tout ce qu'elles interprètent comme une agression", explique Bernard Vaissière, chargé de recherche à l'Institut National de la Recherche Agronomique. Pour ce spécialiste qui a passé huit années à étudier ces hyménoptères au Texas, elles ne méritent pas vraiment leur très médiatique qualificatif de "tueuses".
"Effectivement il y a un problème. Il y a eu un congrès en 1988 qui a réunit des scientifiques du monde entier sur le sujet, et chaque mois un bulletin donne aux Etats-Unis l'état de l'avancée géographique des abeilles", poursuit le chercheur.
Même si "scientifiquement " elle sont simplement considérées comme plus susceptibles et difficiles que les autres, les abeilles d'origine africaine provoquent une véritable panique aux Etats-Unis. Les diplômés qui sortent des universités ne sont pas très chauds pour aller s'établir au Texas, près du "front" de leur avancée. Et dès qu'un essaim de tueuses est découvert , après un transport de reine par avion ou par bateau en provenance du sud, l'alerte générale est déclenchée. En 1985, la découverte de la petite abeille au nord de Los Angeles a démarré une véritable guerre : une force spéciale a été crée, 1.2000 km carrés de terrain placés en quarantaine, toutes les ruches du district détruite, ainsi que la plupart des essaims sauvages dans un rayon de 80 km.
Pourquoi une telle panique ? Il faut dire que les histoires dramatiques, comme celle qui relate l'attaque de Robora, en Bolivie, où deux personnes sont mortes après des piqûres d'abeilles, précédent les essaims et énervent les foules.
Mais le véritable danger, pour le sud des Etats-Unis est surtout économique. Pour les apiculteurs, bien sûr, dont les ruches colonisées (par mariage génétique ou pure invasion) sont beaucoup plus difficiles à exploiter en raison de l'agressivité ambiante : on estime que les africaines réagissent trois plus vite à l'intervention humaine, et piquent dix fois plus, tout en se calmant très difficilement (elles peuvent rester excitées trente minutes, contre trois en moyenne pour une abeille tranquille).
Mais le véritable drame est celui qui guette l'agriculture. La plus grande part de la productions fruitière est au Texas pollenisée par l'abeille domestique. Une baisse de rendement de 1 % seulement, due à la prépondérance d'une abeille plus récalcitrante à ce genre de coopération , signifierait une perte sèche de 50 millions de dollars par an pour l'agriculture.
Autre fléau, ayant cette fois voyagé en sens contraire, la lucilie bouchère. Et le mot de "tueuse" parait cette fois plus approprié. Affamée de chair fraîche pour assurer sa reproduction la bouchère est une mouche répandue en Amérique, qui vient d'être détectée pour la première fois en Afrique. L'ennemie publique de tous les animaux à sang chaud des zones tropicales américaines, de l'Argentine au Texas, vient en effet de franchir l'Atlantique et de mettre le pied en Lybie. Une découverte faite par hasard, au début de 1988, et qui s'explique probablement par un passage clandestin, à la faveur d'une cargaison de viande ou de bétail sur pied entre les deux continents.
Placardé sur les murs de Tripoli, le portrait robot de " Cochliomyia hominivorax" est facile à reconstituer : un corps bleu-vert, des yeux rouges, un thorax barré de trois bandes sombres et une taille imposante de 1 à 2 cm en moyenne.
Son mode de reproduction est particulièrement efficace et meurtrier : la femelle fécondée, qui se nourrissait jusque-là de nectar de fleurs, part soudainement à la recherche d'un animal écorché, d'un nombril mal refermé, d'une plaie pour y pondre et déposer quelque milliers d'oeufs. Une fois ceux-ci éclos quelques heures plus tard, des armées de larves affamées dévorent l'animal sur pied, s'enfoncent dans ses chairs agrandissant les plaies. Un festin macabre qui attire d'autres pondeuses. Pour le boeuf, le chameau, le mouton, c'est l'horreur qui commence. Suivra l'infection, et à terme, la mort.
Atteinte la première, la Lybie a accusé cet été les Etats-Unis de lui avoir expédié l'horrible bestiole à dessein, afin que les hardes de parasites anéantissent son cheptel. Cette attaque de Kadhafi ne fait pas état de l'aide qu'avait déjà décidé Washington en expédiant à Tripoli ses meilleurs experts sur le sujet, rompant l'embargo décrété depuis 1984 à l'égard de la Lybie.
Il faut dire qu'il y a urgence pour le cheptel. Ce pays pourrait très vite devenir la tête de pont de la bouchère en Afrique. Elle pourrait ensuite s'attaquer à tout le bassin méditerranéen, y compris au sud de la France.
Déjà plusieurs milliers de têtes de bétail ont fait les frais de l'invasion. Le remède ? Le seul vraiment efficace passe par le largage dans le milieu naturel de myriades de mâles stérilisés par traitement radioactif. Largués d'avion, aidés par des insecticides, ces mouches "inutiles" peuvent très vite limiter les dégâts en saturant les femelles. A condition d'agir massivement, reconnait la FAO (organisation des Nations-Unies pour l'alimentation et l'agriculture). Tout le problème, c'est que cette solution est coûteuse, et que le monde a en ce moment d'autres préoccupations qu'une mouche carnivore.
Sur le front des invasions sahéliennes, tout ne va pourtant pas si mal. Par exemple les criquets, l'un des fléaux les plus redoutables d'Afrique et dont les ravages avaient été considérables ces dernières années, entre 1987 et 1989, ont été stoppés.
La prolifération a été enrayée cette année au prix d'une lutte internationale acharnée sur toute la zone, depuis le Golfe persique jusqu'aux rivages de l'Atlantique et de la Méditerranée. Mais les Africains connaissent bien les criquets. Il savent que dans quelques années, les nuages riches de quelques dizaines de millions d'insectes réapparaîtront. Des essaims fabuleux, qui se forment quand la densité des criquets présents sur un même territoire dépasse un certain seuil. Des nuées de solitaires se transforment alors en redoutables bandes de "pèlerins" pouvant atteindre trois mille mètres d'altitude en vol et, à la faveur de vents favorables, aller se poser aux Caraïbes
Coup de chance pour les îles : elles sont trop humides pour ces gloutons, capables de dévorer chaque jour l'équivalent de leur poids de végétaux. Quand on sait qu'un essaim peut "peser" 100 tonnes !
Plus près de nous, en France, l'hiver clément et l'été chaud ont été particulièrement propices à quelques spectaculaires pullulations. Une marée de milliards de punaises a ainsi déferlé sur Mernel, en Ile et Vilaine le 13 septembre dernier. "Il y en avait partout, cela grouillait dans toute la maison, ils s'infiltrent sous les portes, et j'en ai trouvé jusque dans mon lit", rapporte Mme Amélie Coudrais. Les légions d'insectes gris-marron, avec des taches blanches sur les ailes ont cependant disparues au bout de quelques jours : pas assez de nourriture disponible pour toutes ces bouches.
Les scientifiques connaissent bien ce genre de pullulation, qui se produit quand les éclosions des oeufs et quand les larves sont remarquablement synchronisées par une météorologie très particulière, ou par une conjonction de facteurs favorables. Ceci dit, on ne sait pas pourquoi ce genre de manifestation ne se produit pas plus abondamment...
Le premier août dernier, un phénomène analogue s'était produit à Gy les Nonanis, près de Montargis (Loiret), mais cette fois c'étaient des petites araignées d'un centimètre qui recouvraient le sol et les murs d'un moelleux tapis. Leur cycle de vie très court en a débarrassé les habitants en quelques jours.
De ce point de vue, vivre à Venise n'a pas que des avantages. Dans la célèbre lagune particulièrement polluée et saturée de nitrates et de déchets organiques, des algues pullulent tous les étés. des végétaux qui nourrissent à leur tour des nuées de mouches capables de transformer la polychromie des palais vénitiens en une sombre tapisserie noire. Le fléau atteint de telles proportions que le train qui dessert la Cité des Doges, sur le continent ne peut parfois plus progresser : ses roues patinent sur une épaisse couche de moucherons écrasés.
Si l'homme est forcé de se battre contre de tels phénomènes ou l'irruption d'espèces dangereuses hors des régions ou elles connaissent des limitations naturelles, par la présence de prédateurs, il est aussi possible de lutter en en opposant un insecte à un autre.
C'est le principe de l'utilisation de coccinelles pour combattre le pucerons, ou la solution que propose la société Bio-Assistance-Forêt de Bugeat, en Corrèze, qui oppose au coléoptère agresseur des épicéas un autre coléoptère, qui s'en prend vigoureusement au premier.
"Le meilleur ennemi de l'insecte, c'est encore l'insecte", note à ce propos Claude Caussanel, directeur du laboratoire d'entomologie au Muséum d'Histoire Naturelle de Paris.
La nature nous livre de superbes exemple de telles rivalités parmi les 750.000 espèces répertoriées. Des insectes qui ne manquent d'ailleurs pas d'astuces pour s'en prendre à leurs ennemis intimes.
Parmi les plus énigmatiques, le biologiste Rémy Chauvin cite le hyménoptères paralysants. De toutes petites et bien étranges guêpes solitaires, qui pratiquent la chasse pour nourrir des petits qu'elles dissimulent dans des terriers. Pour leur fournir une proie en bon état, une sorte de garde-manger sur pattes, elles paralysent d'autres insectes et les enfouissent dans les terriers. Quand la larve éclôt au fond de son trou, elle se précipite sur la proie, et y pénètre par le trou de la piqûre paralysante infligée par une mère qu'elle ne connaîtra jamais.
C'est la localisation de cette pénétration qui permettra à la guêpe, devenue adulte, de trouver à son tour avec précision les ganglions nerveux de l'insecte qu'elle doit parasiter. Au millimètre près, c'est là qu'elle inoculera son venin. Mais le plus étrange, note Chauvin, c'est que cette précision chirurgicale, apprise dans une geste d'enfance, la guêpe devrait normalement l'oublier. Au moment de la métamorphose de la larve en insecte adulte, tout le corps se liquéfie, y compris le cerveau. Ou va donc se cacher le savoir faire acquis au fond du terrier par une larve dévorant sa première proie ? Terrifiants ou fascinants, les insectes ont décidément bien des secrets à nous livrer encore...
Libellés :
biologie,
environnement,
génétique,
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science
Brèves octobre 1990
Les insectes sont sur table d'écoute : deux chercheurs de l'Institut National de la Recherche Agronomique (INRA) ont présenté lors d'un congrès qui s'est tenu à Bordeaux des enregistrements venus d'ailleurs. Ceux des bruits que font les insectes, les vers et autre grignoteurs de graines et de fruits.
Francis Fleurat-Lessard, directeur du labo des insectes des denrées à la station Inra de Bordeaux a travaillé avec l'acousticien André-Jacques Andrieu, de l'établissement de Jouy-en- Josas. Tous deux sont partis à l'assaut des vibrations émises par les mandibules, des craquements des pattes, afin d'identifier les principales "signatures" acoustiques des charançons et autres croqueurs de récoltes.
Pour y parvenir, ils ont mis au point un micro spécial, que l'on plonge dans les silos, afin de capter les vibrations transmises aux graines, plutôt que les sons transmis par l'air.
L'analyse de ces signaux permet de différencier les espèces au travail dans les silos, mais aussi les fruits ou le bois de construction. En tout, plus d'une vingtaine d'espèces sont aujourd'hui repérées de la sorte, du capucin des grains à la teigne des fruits, au ténébrion des poulaillers, voire la huche.
Les termites, actuellement en plein essor, sont parfaitement reconnus. On commence même à travailler sur leurs codes de transmission d'information, notamment leurs signaux d'alerte semblables au tapotements des pic-verts.
On sait aussi reconnaître une larve d'un adulte. Sa "voix" n'est pas la même, ni quand il mange ou quand il se déplace simplement.
Dans les céréales, on peut détecter un insecte au kilo de grains. Une technique qui paradoxalement, permettra de diminuer l'utilisation des insecticides dans les stockages : plus besoin de vaporiser là où il n'y a aucun bruit sur la ligne...
Les plantes aux feuilles bigarrées ou marbrées sont moins efficaces pour générer de l'énergie par photosynthèse, par rapport à celles qui sont plus abondamment recouvertes des pigments verts de la chlorophylle.
Elles ont en fait un autre avantage : leur meilleure "technique" de camouflage leur permet de compenser leur moins bonne performances énergétiques.
Selon Thomas Givnish, de l'Université de Wisconsin, ce genre de camouflage permet aux plantes de se faire moins souvent "brouter" que les autres par les herbivores. Pour ce chercheur la plupart des grands herbivores, dotés d'une vision monochromatique, les taches et les décolorations des feuilles leur permettent d'échapper à la "reconnaissance de formes" du cerveau de l'animal. A la condition que ces feuillage camouflés se trouvent sur un fond sombre, comme le sol...
Des oasis dans le désert. C'est possible, grâce à des limaces mangeuses de cailloux, comme Euchondrus albulus, E. desertorum ou E. ramonenis, qui fertilisent les déserts avec de l'azote, selon Clives Jones et Moshe Shachak, deux chercheurs américains qui ont travaillé dans le désert du Néguev.
Ce sont les rejets de ces petites limaces (à peine 1 cm de long) qui contiennent de l'azote. Elles se nourrissent la nuit de lichen, contenu dans les roches sédimentaires de la région. Les limaces utilisent leur langue particulièrement abrasive pour accéder au lichen, souvent protégé par un écran de 7 mm de roche. Pendant la journée, les limaces s'abritent sous les pierres et y déposent leurs excréments.
Selon les calculs des chercheurs, cette livraison d'azote représente 11 % de l'apport annuel au sol, ce qui est loin d'être négligeable dans un désert. Mais surtout, les limaces livrent l'engrais exactement au bon endroit pour les plantes, sous les pierres, là où le racines peuvent prendre. Un emplacement ou les petites doses d'azote sont également protégées de l'action de l'érosion...
Le Q Sound envahira demain nos salons. Il s'agit d'un nouveau dispositif qui sépare les fréquences et les amplitudes sonores de façon subtile lors de la préparation de la matrice du disque, avant sa production. Capable de restituer un effet tridimensionnel particulièrement puissant et efficace, selon les inventeurs, ce procédé baptisé QSound intéresse Polygram, une filiale de Philips, qui vient de passer un accord pour l'utiliser. Principal avantage, en "fixant" certains instruments dans l'espace, lors de la reproduction sur une chaîne haute-fidélité classique, ce système pourrait libérer l'auditeur de la contrainte d'être assis bien au centre, entre ses haut-parleurs. Surtout ce procédé ne nécessitera aucun éléments complémentaire pour en profiter : tout le secret est dans l'enregistrement, pas dans l'électronique.
Un neurobiologiste de l'Université du Texas a réussi un tour de force : fusionner des cellules nerveuses de ver de terre. Une première sur des faisceaux nerveux très simples, qui risque d'ouvrir à terme de fantastiques possibilités aux neurobiologistes, en leur offrant de réparer les nerfs détruits chez l'homme.
George Bittner a trouvé une substance chimique qui oblige les cellules nerveuses sectionnées à se ressouder, en reconstituant l'enveloppe de myéline, une substance grasse nécessaire à leur fonctionnement. Il teste actuellement le produit sur les rats, et si ces bons résultats se confirment, il envisage d'ici deux annèes de passer à des expériences sur l'homme.
Francis Fleurat-Lessard, directeur du labo des insectes des denrées à la station Inra de Bordeaux a travaillé avec l'acousticien André-Jacques Andrieu, de l'établissement de Jouy-en- Josas. Tous deux sont partis à l'assaut des vibrations émises par les mandibules, des craquements des pattes, afin d'identifier les principales "signatures" acoustiques des charançons et autres croqueurs de récoltes.
Pour y parvenir, ils ont mis au point un micro spécial, que l'on plonge dans les silos, afin de capter les vibrations transmises aux graines, plutôt que les sons transmis par l'air.
L'analyse de ces signaux permet de différencier les espèces au travail dans les silos, mais aussi les fruits ou le bois de construction. En tout, plus d'une vingtaine d'espèces sont aujourd'hui repérées de la sorte, du capucin des grains à la teigne des fruits, au ténébrion des poulaillers, voire la huche.
Les termites, actuellement en plein essor, sont parfaitement reconnus. On commence même à travailler sur leurs codes de transmission d'information, notamment leurs signaux d'alerte semblables au tapotements des pic-verts.
On sait aussi reconnaître une larve d'un adulte. Sa "voix" n'est pas la même, ni quand il mange ou quand il se déplace simplement.
Dans les céréales, on peut détecter un insecte au kilo de grains. Une technique qui paradoxalement, permettra de diminuer l'utilisation des insecticides dans les stockages : plus besoin de vaporiser là où il n'y a aucun bruit sur la ligne...
Les plantes aux feuilles bigarrées ou marbrées sont moins efficaces pour générer de l'énergie par photosynthèse, par rapport à celles qui sont plus abondamment recouvertes des pigments verts de la chlorophylle.
Elles ont en fait un autre avantage : leur meilleure "technique" de camouflage leur permet de compenser leur moins bonne performances énergétiques.
Selon Thomas Givnish, de l'Université de Wisconsin, ce genre de camouflage permet aux plantes de se faire moins souvent "brouter" que les autres par les herbivores. Pour ce chercheur la plupart des grands herbivores, dotés d'une vision monochromatique, les taches et les décolorations des feuilles leur permettent d'échapper à la "reconnaissance de formes" du cerveau de l'animal. A la condition que ces feuillage camouflés se trouvent sur un fond sombre, comme le sol...
Des oasis dans le désert. C'est possible, grâce à des limaces mangeuses de cailloux, comme Euchondrus albulus, E. desertorum ou E. ramonenis, qui fertilisent les déserts avec de l'azote, selon Clives Jones et Moshe Shachak, deux chercheurs américains qui ont travaillé dans le désert du Néguev.
Ce sont les rejets de ces petites limaces (à peine 1 cm de long) qui contiennent de l'azote. Elles se nourrissent la nuit de lichen, contenu dans les roches sédimentaires de la région. Les limaces utilisent leur langue particulièrement abrasive pour accéder au lichen, souvent protégé par un écran de 7 mm de roche. Pendant la journée, les limaces s'abritent sous les pierres et y déposent leurs excréments.
Selon les calculs des chercheurs, cette livraison d'azote représente 11 % de l'apport annuel au sol, ce qui est loin d'être négligeable dans un désert. Mais surtout, les limaces livrent l'engrais exactement au bon endroit pour les plantes, sous les pierres, là où le racines peuvent prendre. Un emplacement ou les petites doses d'azote sont également protégées de l'action de l'érosion...
Le Q Sound envahira demain nos salons. Il s'agit d'un nouveau dispositif qui sépare les fréquences et les amplitudes sonores de façon subtile lors de la préparation de la matrice du disque, avant sa production. Capable de restituer un effet tridimensionnel particulièrement puissant et efficace, selon les inventeurs, ce procédé baptisé QSound intéresse Polygram, une filiale de Philips, qui vient de passer un accord pour l'utiliser. Principal avantage, en "fixant" certains instruments dans l'espace, lors de la reproduction sur une chaîne haute-fidélité classique, ce système pourrait libérer l'auditeur de la contrainte d'être assis bien au centre, entre ses haut-parleurs. Surtout ce procédé ne nécessitera aucun éléments complémentaire pour en profiter : tout le secret est dans l'enregistrement, pas dans l'électronique.
Un neurobiologiste de l'Université du Texas a réussi un tour de force : fusionner des cellules nerveuses de ver de terre. Une première sur des faisceaux nerveux très simples, qui risque d'ouvrir à terme de fantastiques possibilités aux neurobiologistes, en leur offrant de réparer les nerfs détruits chez l'homme.
George Bittner a trouvé une substance chimique qui oblige les cellules nerveuses sectionnées à se ressouder, en reconstituant l'enveloppe de myéline, une substance grasse nécessaire à leur fonctionnement. Il teste actuellement le produit sur les rats, et si ces bons résultats se confirment, il envisage d'ici deux annèes de passer à des expériences sur l'homme.
Brèves novembre 1990
Les lignes à haute tension ne sont pas si innocentes que cela. Les champs électromagnétiques qu'elles produisent seraient cancérigènes. C'est du moins la conclusion de deux années d'études menées par l'agence américaine de la protection de l'environnement, sur la base de données épidémiologiques. Dans son rapport, l'agence propose de classer provisoirement, en attendant des résultats de confirmation, les champs électromagnétiques associés aux lignes à haute tension comme cancérigènes, de la même manière que le sont des substances chimiques comme le DDT (insecticide) ou les PCB (liquide de refroidissement).
Certains insectes ont l'habitude de voir éclore des mâles quand les oeufs ne sont pas fécondés et des femelles quand ils le sont.. Chez les trichogrammes, petits hyménoptères parasites, les oeufs nons fécondés se transforment en femelles, sauf si les mères se nourissent d'antibiotiques.
Pourquoi ?
Des biologistes de l'université de Rochester (USA) pensent que c'est grâce à la complicité de bactéries hébergées dans le cytoplasme des cellules sexuelles que les femelles isolées pondent des femelles. Quand les antibiotiques sont là, ou quand la température dépasse trente degrés, les bactéries meurent, et les oeufs deviennent des mâles.
Dans un autre cas, entre deux espèces de guèpes Nasonia (vitripennis et giraulti), des chercheurs ont montré que ce sont encore des bactéries qui séparent les deux espèces et ne laissent apparaitre que des enfants mâles en cas de croisements. En présence d'antibiotiques, cette barrière disparait. Une piste nouvelle pour expliquer les règles parfois étranges de la différenciation des espèces au cours de l'évolution : des bactéries interviendraient directement sur les gènes des espèces vivantes pour les diversifier et les maintenir séparées.
Pourquoi la population d'albatros diminue-t-elle dramatiquement à travers le monde ? Nigel Brothers, un biologiste australien de Tasmanie pense avoir trouvé la clef du mystère. Pour lui, ce sont les hameçons des lignes de fond qui sont en cause, puisque les albatros qui suivent les navire de pêche ont le temps de les attraper et de les gober avant que les lignes ne plongent vers le grand bleu. Une mort atroce, avec des heures de souffrances pour les grands voiliers pris au piège.
Selon ses observations à bord d'un navire de pêche japonais et ses calculs, 44.000 albatros périraient de cette façon chaque année.
L'espèce la plus atteinte est le "wandering albatros", qui est aussi celle qui attrape le plus volontiers les appâts. De nouveaux types de lignes ont été essayées à bord de navires nippons, munies de banderolles afin de dissuader les albatros de s'en approcher. Ce simple système semble parfaitement fonctionner et pourrait mettre un terme à l'hécatombe.
Mythique, le rayon vert ? Pas du tout. Il s'agit là d'un phénomène tout à fait normal, visible par ceux qui veulent bien s'en donner la peine, ou qui se trouvent par hasard au bon endroit. Quel spectacle ! Les détails sont dans la revue Ciel et Espace du mois d'octobre. Mais dans les grandes lignes il suffit de se procurer un bel horizon dégagé, du style bord de mer, ou montagne bien découpée, au moment du coucher de l'astre. Déjà quand le disque de feu commence à disparaitre derrière l'horizon, ce n'est plus lui que l'on voit, mais son image, formée par réfraction dans l'atmosphère terrestre. Géométriquement l'astre est déjà couché depuis deux bonne minutes !
Il faut alors guetter le sommet du Soleil. C'est là, quand la boule rouge-orangée s'enfonce dans le paysage que le rayon vert devient visible; la lumière solaire étant découpée en franges de couleurs différentes par le prisme que forme à cet instant l'atmosphère de la Terre.
Remodeler la planète. Après Ferdinand de Lesseps, ce sont les ingénieurs japonais qui s'attaquent au projet de dompter la planète. Pour doubler le canal de Panama, ils veulent créer une autoroute à travers l'isthme de l'Amérique centrale, de Colombie au Panama. Aux deux extrémité, on trouvera des ports de chargement et de déchargement rapide des navires porte-conteneurs.
Parmi 11 autres projet de taille planètaire, il s'agirait de construire un pont sur le détroit de Gibraltar, mais aussi de mettre les déserts en culture, de contrôler les crues des fleuves asiatiques au moyen de digues, de réaliser une autoroute Europe-Asie (sur le tracé de la Route de la soie) et de produire massivement de l'électricité dans l'Himalaya.
Une association chargée de promouvoir 11 projets géants, la Global Infrastructure Fund Research Foundation of Japan a été créée par les principaux goupes industriels japonais. Pour concilier business et aménagement "productif" de la planète.
Les cordes cosmiques, que les astrophysiciens trouvaient au fond de leurs équations pour expliquer la formation de l'univers viennent d'être rencontrées. Il s'agit de ficelles plus minces qu'un atome, mais très denses et énergétiques, dont le fil peut s'étendre à travers tout l'univers. C'est en observant des images de galaxies lointaines déformées par de tels fils que Esther Hu, de l'observatoire d'Hawaii pense avoir mis en évidence cette structure étrange de notre monde.
Le poisson-éléphant est un détecteur de pollution-né, (alpty, elephant-nosed mormyrid, en anglais). Ce poisson d'eau douce tropicale est en effet pratiquement aveugle, puisqu'il réside en eaux troubles. Mais il a développé un système de navigation par ondes électriques émises près de sa queue et captés derrière sa tête. Et quand l'eau est polluée, ce signal change complètement de "signature" . Selon John Lewis, de l'Université de Londres, on pourra ainsi détecter en amont de stations de captage d'eau du mercure, du cuivre, mais aussi de l'arsenic et du phénol. L'avantage par rapport à la truite, autre poisson utilisé pour détecter les pollutions, est que l'éléphant demeure moins sensible aux variations d'oxygène. La truite demandant pour sa part de l'eau "vive". Par contre, pour ne pas déstabiliser l'éléphant tropical, l'eau doit être chauffée à 27 degrés...
Les "Hermit crabs" (Pagurus granosimanus) peuvent apprendre très rapidement à reconnaitre une nourriture toxique ou avariée. Une compétence indispensable à la survie d'une espèce qui se nourrit de tout et n'importe quoi, principalement de charognes et de déchets, en des temps ou le fond des océns se peuple de pièges toxiques rejettés par les navires et les habitants des côtes.
Ces crabes d'Amérique du nord (côte ouest) ont été surveillés par une équipe du Bates College, dans le Maine, qui a montré que le fait d'être "indisposé" était clairement associé par les crabes à la nourriture, car ils refusaient d'en reconsommer s'il s'agissait d'un met nouveau. Par contre, s'ils étaient malades après avoir consommé un produit très courant dans leur environnement (empoisonné par les chercheurs), ils n'hésitaient pas à en continuer à s'en nourrir par la suite . Comme quoi on peut être crabe et attribuer une intoxication à un accident ponctuel (comme l'intervention de l'homme ?).
10 % : c'est la quantité d'énergie nationale que la Danemark veut produire à partir du vent d'ici l'an 2000. Dans six mois une ferme de 11 éoliennes offshore sera installée par 5 mètres de fond, à plusieurs kilomètres de la côte. Un bon moyen pour avoir davantage de vent, mais aussi pour épargner aux oreilles des Danois le sifflement ravageur des éoliennes au travail...
Certains insectes ont l'habitude de voir éclore des mâles quand les oeufs ne sont pas fécondés et des femelles quand ils le sont.. Chez les trichogrammes, petits hyménoptères parasites, les oeufs nons fécondés se transforment en femelles, sauf si les mères se nourissent d'antibiotiques.
Pourquoi ?
Des biologistes de l'université de Rochester (USA) pensent que c'est grâce à la complicité de bactéries hébergées dans le cytoplasme des cellules sexuelles que les femelles isolées pondent des femelles. Quand les antibiotiques sont là, ou quand la température dépasse trente degrés, les bactéries meurent, et les oeufs deviennent des mâles.
Dans un autre cas, entre deux espèces de guèpes Nasonia (vitripennis et giraulti), des chercheurs ont montré que ce sont encore des bactéries qui séparent les deux espèces et ne laissent apparaitre que des enfants mâles en cas de croisements. En présence d'antibiotiques, cette barrière disparait. Une piste nouvelle pour expliquer les règles parfois étranges de la différenciation des espèces au cours de l'évolution : des bactéries interviendraient directement sur les gènes des espèces vivantes pour les diversifier et les maintenir séparées.
Pourquoi la population d'albatros diminue-t-elle dramatiquement à travers le monde ? Nigel Brothers, un biologiste australien de Tasmanie pense avoir trouvé la clef du mystère. Pour lui, ce sont les hameçons des lignes de fond qui sont en cause, puisque les albatros qui suivent les navire de pêche ont le temps de les attraper et de les gober avant que les lignes ne plongent vers le grand bleu. Une mort atroce, avec des heures de souffrances pour les grands voiliers pris au piège.
Selon ses observations à bord d'un navire de pêche japonais et ses calculs, 44.000 albatros périraient de cette façon chaque année.
L'espèce la plus atteinte est le "wandering albatros", qui est aussi celle qui attrape le plus volontiers les appâts. De nouveaux types de lignes ont été essayées à bord de navires nippons, munies de banderolles afin de dissuader les albatros de s'en approcher. Ce simple système semble parfaitement fonctionner et pourrait mettre un terme à l'hécatombe.
Mythique, le rayon vert ? Pas du tout. Il s'agit là d'un phénomène tout à fait normal, visible par ceux qui veulent bien s'en donner la peine, ou qui se trouvent par hasard au bon endroit. Quel spectacle ! Les détails sont dans la revue Ciel et Espace du mois d'octobre. Mais dans les grandes lignes il suffit de se procurer un bel horizon dégagé, du style bord de mer, ou montagne bien découpée, au moment du coucher de l'astre. Déjà quand le disque de feu commence à disparaitre derrière l'horizon, ce n'est plus lui que l'on voit, mais son image, formée par réfraction dans l'atmosphère terrestre. Géométriquement l'astre est déjà couché depuis deux bonne minutes !
Il faut alors guetter le sommet du Soleil. C'est là, quand la boule rouge-orangée s'enfonce dans le paysage que le rayon vert devient visible; la lumière solaire étant découpée en franges de couleurs différentes par le prisme que forme à cet instant l'atmosphère de la Terre.
Remodeler la planète. Après Ferdinand de Lesseps, ce sont les ingénieurs japonais qui s'attaquent au projet de dompter la planète. Pour doubler le canal de Panama, ils veulent créer une autoroute à travers l'isthme de l'Amérique centrale, de Colombie au Panama. Aux deux extrémité, on trouvera des ports de chargement et de déchargement rapide des navires porte-conteneurs.
Parmi 11 autres projet de taille planètaire, il s'agirait de construire un pont sur le détroit de Gibraltar, mais aussi de mettre les déserts en culture, de contrôler les crues des fleuves asiatiques au moyen de digues, de réaliser une autoroute Europe-Asie (sur le tracé de la Route de la soie) et de produire massivement de l'électricité dans l'Himalaya.
Une association chargée de promouvoir 11 projets géants, la Global Infrastructure Fund Research Foundation of Japan a été créée par les principaux goupes industriels japonais. Pour concilier business et aménagement "productif" de la planète.
Les cordes cosmiques, que les astrophysiciens trouvaient au fond de leurs équations pour expliquer la formation de l'univers viennent d'être rencontrées. Il s'agit de ficelles plus minces qu'un atome, mais très denses et énergétiques, dont le fil peut s'étendre à travers tout l'univers. C'est en observant des images de galaxies lointaines déformées par de tels fils que Esther Hu, de l'observatoire d'Hawaii pense avoir mis en évidence cette structure étrange de notre monde.
Le poisson-éléphant est un détecteur de pollution-né, (alpty, elephant-nosed mormyrid, en anglais). Ce poisson d'eau douce tropicale est en effet pratiquement aveugle, puisqu'il réside en eaux troubles. Mais il a développé un système de navigation par ondes électriques émises près de sa queue et captés derrière sa tête. Et quand l'eau est polluée, ce signal change complètement de "signature" . Selon John Lewis, de l'Université de Londres, on pourra ainsi détecter en amont de stations de captage d'eau du mercure, du cuivre, mais aussi de l'arsenic et du phénol. L'avantage par rapport à la truite, autre poisson utilisé pour détecter les pollutions, est que l'éléphant demeure moins sensible aux variations d'oxygène. La truite demandant pour sa part de l'eau "vive". Par contre, pour ne pas déstabiliser l'éléphant tropical, l'eau doit être chauffée à 27 degrés...
Les "Hermit crabs" (Pagurus granosimanus) peuvent apprendre très rapidement à reconnaitre une nourriture toxique ou avariée. Une compétence indispensable à la survie d'une espèce qui se nourrit de tout et n'importe quoi, principalement de charognes et de déchets, en des temps ou le fond des océns se peuple de pièges toxiques rejettés par les navires et les habitants des côtes.
Ces crabes d'Amérique du nord (côte ouest) ont été surveillés par une équipe du Bates College, dans le Maine, qui a montré que le fait d'être "indisposé" était clairement associé par les crabes à la nourriture, car ils refusaient d'en reconsommer s'il s'agissait d'un met nouveau. Par contre, s'ils étaient malades après avoir consommé un produit très courant dans leur environnement (empoisonné par les chercheurs), ils n'hésitaient pas à en continuer à s'en nourrir par la suite . Comme quoi on peut être crabe et attribuer une intoxication à un accident ponctuel (comme l'intervention de l'homme ?).
10 % : c'est la quantité d'énergie nationale que la Danemark veut produire à partir du vent d'ici l'an 2000. Dans six mois une ferme de 11 éoliennes offshore sera installée par 5 mètres de fond, à plusieurs kilomètres de la côte. Un bon moyen pour avoir davantage de vent, mais aussi pour épargner aux oreilles des Danois le sifflement ravageur des éoliennes au travail...
Brèves Décembre 1990
Superbe, le papillon monarque se protège aussi de ses prédateurs potentiels en étant vénéneux. Danaus plexippus est tellement toxique que ceux qui le consomment ont toutes les chances de mourir en quelques minutes, dans des souffrances atroces...
Tous, sauf Peromyscus melanotis. Cette souris de la région mexicaine migre en hiver vers des montagnes ou viennent se reposer des hordes de monarques. John Glendinning et Licoln Browner de l'université de Floride ont étudié cela de plus près, pour s'appercevoir que les souris font un véritable festin de papillons. Très nutritif, ce plat hivernal, riche en lipides. Entre novembre et avril, ce sont des 10 million de papillons par hectare que l'on trouve dans cette région centrale du Mexique, et qui constituent des proies faciles pour les souris, en raison de leur engourdissement hivernal, par des températures inférieures à 6 degrés C.
Grâce à cet appétit protégé, la souris est capable de se reproduire même en hiver, alors que les autres espèces, pourtant très proches de cette souris, s'abstiennent. Elles ont raison, car pour elles, les papillons seraient mortels. Se nourrissant de milkweed (Asclepias), le monarque en extrait des cardenolides et des alkaloides toxiques, attaquant à la fois le système nerveux, le foie et les poumons des autres prédateurs.
Comment fait cette souris ? On l'ignore encore, mais elle évite déjà la plus forte dose de poison en ne consommant que les parties internes du papillon (moins de 10 % du corps), plus pauvres en toxiques.
Les lézards mâles, ainsi que les serpents ont deux pénis. Lequel utiliser ?
Chacun de ses pénis est relié à un testicule, l'un à droite, l'autre à gauche...
Richard Torkaz et Joseph Slowinski de l'université de Miami ont étudié le comportement du lézard Anolis carolinensis, pour découvrir que le choix du pénis à utiliser dépendait de celui dont il s'étaient servi la dernière fois, et de combien de temps s'était écoulé depuis l'accouplement précédent.
Un comportement que les chercheurs expliquent par la compétition des spermatozoïdes. Pour eux, si une femelle s'accouple avec plusieurs mâles, c'est celui qui aura délivré le plus de sperme qui aura davantage de chances de procréer. Pour être sur de délivrer une quantité importante, les mâles alternent donc les pénis s'ils copulent plusieurs fois en 24 heures. Si les accouplements sont plus espacés (72 heures dans les tests), ils se servent de préférence d'un pénis, probablement celui avec lequel ils se sentent le plus à l'aise. Effectivement, les mesures ont montré que la quantité de sperme disponible retrouvait un niveau "normal" qu'après 24 heures de repos du pénis.
Lobocraspis griseifuda se nourrit du malheur des autres? C'est banal, mais dans ce cas, c'est une image : ce papillon de nuit du sud-est asiatique boit les larmes de grands mammifères, comme des buffles d'eau (water buffle). Posé au bord des yeux, ils se nourrissent à plusieurs, comme s'ils étaient installés au bord d'un point d'eau.. Plusieurs dizaines d'espèces procèdent d'ailleurs de la même manière dans l'ensemble des pays tropicaux, avec plus ou moins de délicatesse dans l'approche de leurs hôtes. Leurs victimes ? Le bétail, les chevaux, les porcs, les tapirs, les cerfs et les éléphants, et même à l'occasion, les humains. Des préférences liées à la composition chimique des larmes de chaque espèce, mais aussi à sa réponse comportementale, acceptant ou non la présence de tels buveurs, estime Hans Bänziger, entomologue à l'université Chiang Mai de Thailande.
Le papillon introduit généralement sa trompe dans l'oeil pour l'irriter, afin de provoquer une lacrimation importante. Il est même capable d'introduire son proboscis entre les paupières closes, pendant le sommeil de la bête.
En buvant de larmes, le papillon recherche le sel, l'eau, mais aussi les protéines (albumine et globuline), voire des cellules comme les globules blancs chez des animaux malades. D'ailleurs cette stratégie est largement soupçonnée d'être à l'origine de la transmission de conjonctivites
, ainsi que d'autres maladies bactériennes et virales.
Son appétit pour les noix de cocos est inépuisable. Oryctes rhinoceros, un beau scarabée de 10 cm de long, bardé d'une trompe est un redoutable parasite pour les pays producteur de cocos. En se reproduisant 4 à 5 fois par mois, il est capable de dévaster une plantation en quelques semaines, en consommant les jeunes boutons, et la couronne des palmes. Une parade proportionnel à l'assaut pourrait venir d'un champignon, Metharrizium anisopliae (Green Muscardine Fungus). Pour protéger les plantations précieuses à la balance commerciale de leurs pays, les chercheurs philippins du centre de recherches de Davao espèrent enrayer les proliférations de l'efficace insecte. Le champignon s'attaque aux larves d'oryctes et à rien d'autre, et les décime en une douzaine de jours. Le traitement, qui consiste à épandre le champignon mêlé à de la pulpe de coco, revient deux fois moins cher que la technique des pesticides (20 francs par hectare, contre 45), tout en évitant la mise à mal de tout l'environnement local.
Les serpents de mer du Pacifique, une espèce redoutable à la morsure mortelle, préoccupe actuellement les sujets britanniques. Certains chercheurs imaginent qu'en cas de réchauffement des mers, les serpents pourraient envahir l'Atlantique et s'en prendre aux plagistes du Royaume-Uni. My Lord !
Le cosmos, c'est le chaos. Du moins jusqu'à ce que des astronomes trouvent en 1989 des regroupements, des amas de milliers de galaxies formant des "murs" géants, rangés par strates les uns derrières les autres. Pourquoi une telle organisation de concentrations galactiques dans l'univers, alors que les théories annoncent une répartition homogène de la matière dans tout l'espace ?
Pour s'y retrouver, le chercheur néerlandais Rien Van de Weygaert, de Leiden a utilisé le support mathématique du soviétique Voronoi, en découpant ce ciel en petites cellules contenant chacune une galaxie. En passant à un tel système, et en simulant son évolution à travers l'histoire de l'univers, l'astronome a pratiquement retrouvé artificiellement le paysage de notre cosmos actuel. Les meilleurs ordinateurs qui avaient jusque là fait chou blanc dans ce genre de calcul ont été ridiculisés par cette simple application de modèles mathématiques originaux, qui permettent de prévoir l'actuel rassemblement en grappes d'une matière qui était répartie de manière homogène, il y a dix milliards d'années.
Tous, sauf Peromyscus melanotis. Cette souris de la région mexicaine migre en hiver vers des montagnes ou viennent se reposer des hordes de monarques. John Glendinning et Licoln Browner de l'université de Floride ont étudié cela de plus près, pour s'appercevoir que les souris font un véritable festin de papillons. Très nutritif, ce plat hivernal, riche en lipides. Entre novembre et avril, ce sont des 10 million de papillons par hectare que l'on trouve dans cette région centrale du Mexique, et qui constituent des proies faciles pour les souris, en raison de leur engourdissement hivernal, par des températures inférieures à 6 degrés C.
Grâce à cet appétit protégé, la souris est capable de se reproduire même en hiver, alors que les autres espèces, pourtant très proches de cette souris, s'abstiennent. Elles ont raison, car pour elles, les papillons seraient mortels. Se nourrissant de milkweed (Asclepias), le monarque en extrait des cardenolides et des alkaloides toxiques, attaquant à la fois le système nerveux, le foie et les poumons des autres prédateurs.
Comment fait cette souris ? On l'ignore encore, mais elle évite déjà la plus forte dose de poison en ne consommant que les parties internes du papillon (moins de 10 % du corps), plus pauvres en toxiques.
Les lézards mâles, ainsi que les serpents ont deux pénis. Lequel utiliser ?
Chacun de ses pénis est relié à un testicule, l'un à droite, l'autre à gauche...
Richard Torkaz et Joseph Slowinski de l'université de Miami ont étudié le comportement du lézard Anolis carolinensis, pour découvrir que le choix du pénis à utiliser dépendait de celui dont il s'étaient servi la dernière fois, et de combien de temps s'était écoulé depuis l'accouplement précédent.
Un comportement que les chercheurs expliquent par la compétition des spermatozoïdes. Pour eux, si une femelle s'accouple avec plusieurs mâles, c'est celui qui aura délivré le plus de sperme qui aura davantage de chances de procréer. Pour être sur de délivrer une quantité importante, les mâles alternent donc les pénis s'ils copulent plusieurs fois en 24 heures. Si les accouplements sont plus espacés (72 heures dans les tests), ils se servent de préférence d'un pénis, probablement celui avec lequel ils se sentent le plus à l'aise. Effectivement, les mesures ont montré que la quantité de sperme disponible retrouvait un niveau "normal" qu'après 24 heures de repos du pénis.
Lobocraspis griseifuda se nourrit du malheur des autres? C'est banal, mais dans ce cas, c'est une image : ce papillon de nuit du sud-est asiatique boit les larmes de grands mammifères, comme des buffles d'eau (water buffle). Posé au bord des yeux, ils se nourrissent à plusieurs, comme s'ils étaient installés au bord d'un point d'eau.. Plusieurs dizaines d'espèces procèdent d'ailleurs de la même manière dans l'ensemble des pays tropicaux, avec plus ou moins de délicatesse dans l'approche de leurs hôtes. Leurs victimes ? Le bétail, les chevaux, les porcs, les tapirs, les cerfs et les éléphants, et même à l'occasion, les humains. Des préférences liées à la composition chimique des larmes de chaque espèce, mais aussi à sa réponse comportementale, acceptant ou non la présence de tels buveurs, estime Hans Bänziger, entomologue à l'université Chiang Mai de Thailande.
Le papillon introduit généralement sa trompe dans l'oeil pour l'irriter, afin de provoquer une lacrimation importante. Il est même capable d'introduire son proboscis entre les paupières closes, pendant le sommeil de la bête.
En buvant de larmes, le papillon recherche le sel, l'eau, mais aussi les protéines (albumine et globuline), voire des cellules comme les globules blancs chez des animaux malades. D'ailleurs cette stratégie est largement soupçonnée d'être à l'origine de la transmission de conjonctivites
, ainsi que d'autres maladies bactériennes et virales.
Son appétit pour les noix de cocos est inépuisable. Oryctes rhinoceros, un beau scarabée de 10 cm de long, bardé d'une trompe est un redoutable parasite pour les pays producteur de cocos. En se reproduisant 4 à 5 fois par mois, il est capable de dévaster une plantation en quelques semaines, en consommant les jeunes boutons, et la couronne des palmes. Une parade proportionnel à l'assaut pourrait venir d'un champignon, Metharrizium anisopliae (Green Muscardine Fungus). Pour protéger les plantations précieuses à la balance commerciale de leurs pays, les chercheurs philippins du centre de recherches de Davao espèrent enrayer les proliférations de l'efficace insecte. Le champignon s'attaque aux larves d'oryctes et à rien d'autre, et les décime en une douzaine de jours. Le traitement, qui consiste à épandre le champignon mêlé à de la pulpe de coco, revient deux fois moins cher que la technique des pesticides (20 francs par hectare, contre 45), tout en évitant la mise à mal de tout l'environnement local.
Les serpents de mer du Pacifique, une espèce redoutable à la morsure mortelle, préoccupe actuellement les sujets britanniques. Certains chercheurs imaginent qu'en cas de réchauffement des mers, les serpents pourraient envahir l'Atlantique et s'en prendre aux plagistes du Royaume-Uni. My Lord !
Le cosmos, c'est le chaos. Du moins jusqu'à ce que des astronomes trouvent en 1989 des regroupements, des amas de milliers de galaxies formant des "murs" géants, rangés par strates les uns derrières les autres. Pourquoi une telle organisation de concentrations galactiques dans l'univers, alors que les théories annoncent une répartition homogène de la matière dans tout l'espace ?
Pour s'y retrouver, le chercheur néerlandais Rien Van de Weygaert, de Leiden a utilisé le support mathématique du soviétique Voronoi, en découpant ce ciel en petites cellules contenant chacune une galaxie. En passant à un tel système, et en simulant son évolution à travers l'histoire de l'univers, l'astronome a pratiquement retrouvé artificiellement le paysage de notre cosmos actuel. Les meilleurs ordinateurs qui avaient jusque là fait chou blanc dans ce genre de calcul ont été ridiculisés par cette simple application de modèles mathématiques originaux, qui permettent de prévoir l'actuel rassemblement en grappes d'une matière qui était répartie de manière homogène, il y a dix milliards d'années.
Alliages
Les promesses des alliages contre nature
Vévrier 1991
Les matériaux sont plus qu'à la mode, ils traversent une authentique révolution. Insidieusement, les objets les plus ordinaires de notre environnement changent. Avec des enjeux industriels qui s'expriment en milliards de francs d'économies ou de plus-value. Qui s'aperçoit aujourd'hui que dans un radiateur automobile l'épaisseur des feuillards de cuivre a été divisée par deux en dix ans ? Que l'emploi d'aluminiums plus élaborés pour nos chères voitures a permis de réduire l'épaisseur de ce métal de 12 à 8 mm en moins de dix ans ?
Dans cet étrange devenir des matériaux, "la révolution technologique la plus importante de cette décennie", souligne Gérard Beck, responsable du pôle matériaux du CNRS, les alliages métalliques sont peut-être les plus étonnants. Voilà nos traditionnels métaux, que la main de l'homme travaille au corps depuis des millénaires, qui se retrouvent depuis quelques années à la pointe de l'actualité scientifique et industrielle.
On croyait jusqu'ici que les métaux étaient sages. Entendez par là que leur sructure, de type cristalline était immuable, du moins prévisible. Pensez-vous ! En les soumettant à des variations de températures très brutales, on réussit à en figer les atomes dans un désordre qui s'apparente à celui des liquides ! Et du coup, dans ces "verres métalliques", les propriétés des alliages sont transformées, ils acquièrent des capacités magnétiques meilleures, sont plus résistants, et plus souples. Des performances délicates à atteindre, puisqu'il s'agit tout de même de mettre en oeuvre des vitesses de refroidissement de l'ordre du million de degrés à la seconde, pour que la structure demeure désorganisée ! Saint-Gobain fabrique de cette manière des petites fibres de fonte amorphe, ultra-résistantes, que l'on injecte avec du béton dans les tuyauteries d'installations industrielles ou d'immeubles, pour les rénover.
Les alliages métalliques de nouvelle génération, il y en a de toutes sortes. D'abord les extrèmes, ceux que l'on tente de réaliser contre nature, par exemple dans les laboratoires des stations orbitales, dans l'espace, en se débarrassant des contraintes de la pesanteur. Comme lorsqu'il s'agit d'associer le zinc et le plomb, de densités différentes. Mais aujourd'hui, un alliage c'est aussi l'association d'un métal avec une couche de surface, souvent très mince, qui va modifier ses propriétés. Un "traitement de surface" qui peut être obtenu au moyen d'un bombardement par d'autres atomes. Une technique qui consiste à utiliser la violence, à implanter de force dans la structure du métal un élément étranger.
Une recette qui parait simple. On fabrique des ions, des atomes dont la charge électrique est modifiée, et on les accélère jusqu'à atteindre des milliers de kilomètres par seconde. Transformés en "micro-bombes" les ions sont projetés, injectés entre les atomes du métal récepteur. L'alliage nouveau est réalisé par implantation ionique.
Ce "viol" de la structure du métal ne se pratique toutefois que sur des épaisseurs limitées, de l'ordre de quelques dixièmes de microns (millionième de mètre). Mais les sorciers des matériaux en dégagent déjà de beaux atouts. "Sur des aciers utilisés dans des engrenages, des pignons de boîtes de vitesse, on peut gagner en longévité, multiplier par deux ou par trois la vie d'une pièce", explique Jean-Claude Desoyer, directeur du laboratoire de métallurgie physique de l'université de Poitiers.
En intensifiant suffisamment les bombardements, les chercheurs parviennent même à désorganiser suffisamment le métal récepteur pour lui imposer une mince couche de structure amorphe, aux propriétés étonnantes.
"Par l'implantation, on bouscule et on brise l'organisation des atomes. On peut ainsi arriver à l'état amorphe, qui confère des propriétés de résistances à l'usure, à la corrosion. On pourra aussi mieux plier ces alliages, ce qui permet de réaliser industriellement des cannes à pêches métalliques", précise Jacques Delafond, le responsable des recherches sur l'implantation ionique à Poitiers. Des aciers "implantés" avec de l'azote voient aussi leur durée de vie augmenter considérablement. Un exemple : les lames de rasoir. Avec un peu d'azote en surface, le tranchant est garanti dix fois plus longtemps.
Une autre direction séduisante est celle de la métallurgie des poudres. L'alliage est formé à partir de poudres métalliques diverses, que l'on comprime fortement à chaud. Une démarche qui conduit à des propriétés inconnues, en permettant, là encore la réalisation d'alliages contre nature, mais cette fois dans toute la masse d'une pièce. On peut associer des métaux avec des céramiques, chercher à combiner des métaux divers en fonctions des propriétés finales que l'on recherche. Un exemple : la réalisation de contacts électriques très résistants à l'usure, au moyen d'un alliage Cuivre-Aluminium-Oxygène, qui possède à la fois une bonne résistance mécanique et une bonne conductivité électrique. Une invention du laboratoire de Poitiers, protégée par un brevet international. A la SOCHATA-SNECMA de Chatellerault, ce sont les réacteurs que l'on régénère, en projetant à chaud des poudres métalliques sur les aubes abîmées des réacteurs.
A propos de moteurs : le réacteur M88 qui équipera le futur chasseur Rafale de Dassault pèsera 500 kg au lieu des 1.500 du moteur M53 du Mirage 2 000 (1). A performances égales, le secret de cette cure d'amaigrissement est bijou de métallurgie, un "superalliage" à base de Nickel et d'Aluminium, dont la texture même a été orientée à travers diverses opérations, de manière à être la plus efficace et la plus résistante possible. Huit équipes de recherche ont collaboré pour parvenir à ce superbe résultat. On entre ici dans le domaine des alliages conçus et "tramés" au niveau atomique en fonction de leur projet d'utilisation. Non seulement les ingénieurs ont ainsi gagné 60 degrés de température de fonctionnement du moteur, ce qui est gage d'efficacité, mais ils ont du même coup réduit le poids ! Mentionnons encore à l'occasion de cette incursion aéronautique les alliages d'aluminium et de lithium, de plus en plus utilisés pour les structures des avions, et qui tiennent tête aux matériaux composites.
Pouvant apparaître a priori comme plus traditionnelle, la technique de l'évaporation de métaux pour former des couches successives, sorte de sandwich, est elle aussi en pleine évolution. Au laboratoire de Métallurgie physique de l'Université Nancy 1 (CNRS), les associations d'un métal et d'un semi-conducteur, d'un métal et d'une terre rare, ou tout simplement de plusieurs métaux sont obtenues en chauffant, dans une enceinte sous vide, deux creusets. Dans chacun d'eux est déposé un produit à évaporer, qui va aller se déposer sur un substrat quand on l'évaporera. Chauffées par bombardement d'électrons, ces creusets façonnent par exemple de futures têtes magnétiques de magnétoscopes, plus efficaces (alliages Fer-Chromes, université d'Orsay), ou des miroirs capables de dévier des rayons X. "Le principe est simple, on tente de marier les métaux en cherchant à concilier les avantages de chacun d'entre eux avec ceux des autres, en empilant de très fines couches alternatives", explique Maurice Gerl, le vice-président de l'Université Nancy 1.
Secret de ces nouveaux alliages : la valeur ajoutée. A tel point que chaque fois qu'une nouvelle méthode d'alliage "intelligent" entre dans l'industrie, les tonnages de matière nécessaire à la fabrication d'un produit diminuent.
(1) Dossier matériaux de "Science et Technologie", numéro 15.
Vévrier 1991
Les matériaux sont plus qu'à la mode, ils traversent une authentique révolution. Insidieusement, les objets les plus ordinaires de notre environnement changent. Avec des enjeux industriels qui s'expriment en milliards de francs d'économies ou de plus-value. Qui s'aperçoit aujourd'hui que dans un radiateur automobile l'épaisseur des feuillards de cuivre a été divisée par deux en dix ans ? Que l'emploi d'aluminiums plus élaborés pour nos chères voitures a permis de réduire l'épaisseur de ce métal de 12 à 8 mm en moins de dix ans ?
Dans cet étrange devenir des matériaux, "la révolution technologique la plus importante de cette décennie", souligne Gérard Beck, responsable du pôle matériaux du CNRS, les alliages métalliques sont peut-être les plus étonnants. Voilà nos traditionnels métaux, que la main de l'homme travaille au corps depuis des millénaires, qui se retrouvent depuis quelques années à la pointe de l'actualité scientifique et industrielle.
On croyait jusqu'ici que les métaux étaient sages. Entendez par là que leur sructure, de type cristalline était immuable, du moins prévisible. Pensez-vous ! En les soumettant à des variations de températures très brutales, on réussit à en figer les atomes dans un désordre qui s'apparente à celui des liquides ! Et du coup, dans ces "verres métalliques", les propriétés des alliages sont transformées, ils acquièrent des capacités magnétiques meilleures, sont plus résistants, et plus souples. Des performances délicates à atteindre, puisqu'il s'agit tout de même de mettre en oeuvre des vitesses de refroidissement de l'ordre du million de degrés à la seconde, pour que la structure demeure désorganisée ! Saint-Gobain fabrique de cette manière des petites fibres de fonte amorphe, ultra-résistantes, que l'on injecte avec du béton dans les tuyauteries d'installations industrielles ou d'immeubles, pour les rénover.
Les alliages métalliques de nouvelle génération, il y en a de toutes sortes. D'abord les extrèmes, ceux que l'on tente de réaliser contre nature, par exemple dans les laboratoires des stations orbitales, dans l'espace, en se débarrassant des contraintes de la pesanteur. Comme lorsqu'il s'agit d'associer le zinc et le plomb, de densités différentes. Mais aujourd'hui, un alliage c'est aussi l'association d'un métal avec une couche de surface, souvent très mince, qui va modifier ses propriétés. Un "traitement de surface" qui peut être obtenu au moyen d'un bombardement par d'autres atomes. Une technique qui consiste à utiliser la violence, à implanter de force dans la structure du métal un élément étranger.
Une recette qui parait simple. On fabrique des ions, des atomes dont la charge électrique est modifiée, et on les accélère jusqu'à atteindre des milliers de kilomètres par seconde. Transformés en "micro-bombes" les ions sont projetés, injectés entre les atomes du métal récepteur. L'alliage nouveau est réalisé par implantation ionique.
Ce "viol" de la structure du métal ne se pratique toutefois que sur des épaisseurs limitées, de l'ordre de quelques dixièmes de microns (millionième de mètre). Mais les sorciers des matériaux en dégagent déjà de beaux atouts. "Sur des aciers utilisés dans des engrenages, des pignons de boîtes de vitesse, on peut gagner en longévité, multiplier par deux ou par trois la vie d'une pièce", explique Jean-Claude Desoyer, directeur du laboratoire de métallurgie physique de l'université de Poitiers.
En intensifiant suffisamment les bombardements, les chercheurs parviennent même à désorganiser suffisamment le métal récepteur pour lui imposer une mince couche de structure amorphe, aux propriétés étonnantes.
"Par l'implantation, on bouscule et on brise l'organisation des atomes. On peut ainsi arriver à l'état amorphe, qui confère des propriétés de résistances à l'usure, à la corrosion. On pourra aussi mieux plier ces alliages, ce qui permet de réaliser industriellement des cannes à pêches métalliques", précise Jacques Delafond, le responsable des recherches sur l'implantation ionique à Poitiers. Des aciers "implantés" avec de l'azote voient aussi leur durée de vie augmenter considérablement. Un exemple : les lames de rasoir. Avec un peu d'azote en surface, le tranchant est garanti dix fois plus longtemps.
Une autre direction séduisante est celle de la métallurgie des poudres. L'alliage est formé à partir de poudres métalliques diverses, que l'on comprime fortement à chaud. Une démarche qui conduit à des propriétés inconnues, en permettant, là encore la réalisation d'alliages contre nature, mais cette fois dans toute la masse d'une pièce. On peut associer des métaux avec des céramiques, chercher à combiner des métaux divers en fonctions des propriétés finales que l'on recherche. Un exemple : la réalisation de contacts électriques très résistants à l'usure, au moyen d'un alliage Cuivre-Aluminium-Oxygène, qui possède à la fois une bonne résistance mécanique et une bonne conductivité électrique. Une invention du laboratoire de Poitiers, protégée par un brevet international. A la SOCHATA-SNECMA de Chatellerault, ce sont les réacteurs que l'on régénère, en projetant à chaud des poudres métalliques sur les aubes abîmées des réacteurs.
A propos de moteurs : le réacteur M88 qui équipera le futur chasseur Rafale de Dassault pèsera 500 kg au lieu des 1.500 du moteur M53 du Mirage 2 000 (1). A performances égales, le secret de cette cure d'amaigrissement est bijou de métallurgie, un "superalliage" à base de Nickel et d'Aluminium, dont la texture même a été orientée à travers diverses opérations, de manière à être la plus efficace et la plus résistante possible. Huit équipes de recherche ont collaboré pour parvenir à ce superbe résultat. On entre ici dans le domaine des alliages conçus et "tramés" au niveau atomique en fonction de leur projet d'utilisation. Non seulement les ingénieurs ont ainsi gagné 60 degrés de température de fonctionnement du moteur, ce qui est gage d'efficacité, mais ils ont du même coup réduit le poids ! Mentionnons encore à l'occasion de cette incursion aéronautique les alliages d'aluminium et de lithium, de plus en plus utilisés pour les structures des avions, et qui tiennent tête aux matériaux composites.
Pouvant apparaître a priori comme plus traditionnelle, la technique de l'évaporation de métaux pour former des couches successives, sorte de sandwich, est elle aussi en pleine évolution. Au laboratoire de Métallurgie physique de l'Université Nancy 1 (CNRS), les associations d'un métal et d'un semi-conducteur, d'un métal et d'une terre rare, ou tout simplement de plusieurs métaux sont obtenues en chauffant, dans une enceinte sous vide, deux creusets. Dans chacun d'eux est déposé un produit à évaporer, qui va aller se déposer sur un substrat quand on l'évaporera. Chauffées par bombardement d'électrons, ces creusets façonnent par exemple de futures têtes magnétiques de magnétoscopes, plus efficaces (alliages Fer-Chromes, université d'Orsay), ou des miroirs capables de dévier des rayons X. "Le principe est simple, on tente de marier les métaux en cherchant à concilier les avantages de chacun d'entre eux avec ceux des autres, en empilant de très fines couches alternatives", explique Maurice Gerl, le vice-président de l'Université Nancy 1.
Secret de ces nouveaux alliages : la valeur ajoutée. A tel point que chaque fois qu'une nouvelle méthode d'alliage "intelligent" entre dans l'industrie, les tonnages de matière nécessaire à la fabrication d'un produit diminuent.
(1) Dossier matériaux de "Science et Technologie", numéro 15.
Brèves février 1991
Le Soleil est en panne. Le sommet de la crise annoncée, le paroxysme d'activité du cycle solaire de 11 ans, qui devait se produire en 1991 n'a pas eu lieu. C'est d'autant plus étrange après les colères de 1989, des spasmes qui avaient plongé neuf millions de personnes dans le noir au Québec en faisant "sauter les plombs" de la distribution électrique, provoqué des dizaines d'aurores boréales, et fait chuter plusieurs satellites qui se trouvaient en orbite. Munis de leurs archives, calculs à l'appui, les astronomes s'attendaient à ce que 1990 soit pire encore. L'année de tous les dangers solaires, le sommet du cycle le plus actif depuis que les colères du Soleil sont enregistrées. Attention, disaient-ils à l'adresse des cosmonautes qui séjournent dans l'espace, mais aussi des utilisateurs des fréquences radio...
Hélas, la crise annoncée, le paroxysme n'a pas eu lieu. Et sans que l'on sache pourquoi, l'astre a brutalement décidé que cela suffisait comme cela, que le cycle de 11 ans serait cette fois plus court d'une année, et qu'en guise de sommet d'activité, on se contenterait des orages magnétiques du mois de mars 1989. Ce furent tout de même les plus forts jamais provoqués par le Soleil, pour Pierre Lantos, responsable des prévisions solaires à l'observatoire de Paris-Meudon. Pour lui, c'est une leçon : "les prévisions solaires, ce n'est pas encore la météo".
Météosensibles, nous le sommes tous. Même si nos cheveux ne se dressent pas toujours sur notre tête lors des orages. L'Environmental Health Center de Dallas a étudié les mécanismes qui relient les plaintes des rhumatisants et l'humidité, l'état nerveux des hardes et la direction du vent.
Les conclusions les plus intéressantes sont celles sur les orages. L'état d'excitation qu'ils provoquent serait lié au fait que les ions positifs s'amoncellent dans l'air, lorsque des couches d'air de température différentes se rencontrent. Ces ions positifs ont des effets néfastes sur la santé et contribuent à la "tension" ambiante, s'ajoutant à celle produite par les champs électriques présents. Enfin, la pluie et les éclairs nettoient l'air de ces ions, et c'est pourquoi on se sentirait soulagé lorsque l'orage éclate.
Une variation de température brutale, elle, provoque une vasoconstriction, un reserrement des vaisseaux sanguins quand elle est la baisse, et une vasodilation à la hausse. Ce qui est synonyme de risques cardiaques et d'angoisse quand il fait brutalement froid, et de paresse du coeur et de lassitude quand le thermomètre s'emballe à la hausse .
Les termites changent le visage de l'Afrique. Tom Wood et Peter Brinn, du National Resources Institute britannique , travaillant dans une ferme du Bostwana, ont constaté que le maïs et le sorgo qu'ils testaient poussait anormalement vite. Se penchant sur le problème, ils sont découvert que les responsables étaient les termites. Les colonies du genre Odontermes du petit insecte modifient complètement le terrain, sur des kilomètres, en creusant des fossés et en érigeant des crètes. Modifiant ainsi la texture et l'irrigation des sols, ils avantagent la végétation. Les fossés, en forme de dépressions, peuvent atteindre deux mètres de profondeur, sur des kilomètres de long, et font ressembler le paysage à une vaste tôle ondulée, à une houle océanique. Le but de ces vallonnements étant probablement de maintenir les colonies au sec, sur les parties les plus élevées.
Les colonies de termites qui construisent de telles bandes de terre sont connues depuis la fin des années 70. Mais c'est la première fois qu'il est montré qu'elles sont capables de multiplier par un facteur 5 les récoltes, en favorisant l'irrigation.
Les chercheurs vont maintenant tenter d'utiliser les bonnes dispositions naturelles de ces termites pour améliorer le rendement des cultures dans la région de Kgaphamadi.
Arrachez donc une feuille à un Bursera, cet arbre d'Amérique centrale. Votre main sera immédiatement aspergée d'un jet d'aérosol, capable en tous cas de décourager les ruminants de s'attaquer à l'arbre, estime Judith Becerra, de l'Université d'Arizona.
Le cocktail chimique du Bursera contient des terpènes, des agents chimiques très désagréables, que la cassure de la feuille permet de projeter pendant 2 à 3 secondes à 15 centimètres de distance.
Pour les chenilles qui s'attaquent à ses feuilles, l'arbre a une autre défense. Dès qu'une feuille est entamée, par la blessure s'écoule un fluide, recouvrant la feuille et contenant lui aussi des terpènes.
Une seule chenille, non identifiée, semble avoir trouvé la solution. Elle bloque le système de défense, en attaquant la feuille à sa base, là où elle est rattachée à la branche. Ce qui lui permet de déconnecter le mécanisme de défense de l'arbre pour la feuille qui l'intéresse.
20 milliards de Dernière estimation en date de la population du cosmos : 20 milliards . L'univers est remplit de galaxies, bien davantage que l'on pensait jusqu'ici. A chaque fois que l'on améliore les capteurs électroniques des télescopes, ces "yeux" des astronomes que sont devenus les détecteurs électroniques, on recense de nouvelles galaxies par millions.
Hélas, la crise annoncée, le paroxysme n'a pas eu lieu. Et sans que l'on sache pourquoi, l'astre a brutalement décidé que cela suffisait comme cela, que le cycle de 11 ans serait cette fois plus court d'une année, et qu'en guise de sommet d'activité, on se contenterait des orages magnétiques du mois de mars 1989. Ce furent tout de même les plus forts jamais provoqués par le Soleil, pour Pierre Lantos, responsable des prévisions solaires à l'observatoire de Paris-Meudon. Pour lui, c'est une leçon : "les prévisions solaires, ce n'est pas encore la météo".
Météosensibles, nous le sommes tous. Même si nos cheveux ne se dressent pas toujours sur notre tête lors des orages. L'Environmental Health Center de Dallas a étudié les mécanismes qui relient les plaintes des rhumatisants et l'humidité, l'état nerveux des hardes et la direction du vent.
Les conclusions les plus intéressantes sont celles sur les orages. L'état d'excitation qu'ils provoquent serait lié au fait que les ions positifs s'amoncellent dans l'air, lorsque des couches d'air de température différentes se rencontrent. Ces ions positifs ont des effets néfastes sur la santé et contribuent à la "tension" ambiante, s'ajoutant à celle produite par les champs électriques présents. Enfin, la pluie et les éclairs nettoient l'air de ces ions, et c'est pourquoi on se sentirait soulagé lorsque l'orage éclate.
Une variation de température brutale, elle, provoque une vasoconstriction, un reserrement des vaisseaux sanguins quand elle est la baisse, et une vasodilation à la hausse. Ce qui est synonyme de risques cardiaques et d'angoisse quand il fait brutalement froid, et de paresse du coeur et de lassitude quand le thermomètre s'emballe à la hausse .
Les termites changent le visage de l'Afrique. Tom Wood et Peter Brinn, du National Resources Institute britannique , travaillant dans une ferme du Bostwana, ont constaté que le maïs et le sorgo qu'ils testaient poussait anormalement vite. Se penchant sur le problème, ils sont découvert que les responsables étaient les termites. Les colonies du genre Odontermes du petit insecte modifient complètement le terrain, sur des kilomètres, en creusant des fossés et en érigeant des crètes. Modifiant ainsi la texture et l'irrigation des sols, ils avantagent la végétation. Les fossés, en forme de dépressions, peuvent atteindre deux mètres de profondeur, sur des kilomètres de long, et font ressembler le paysage à une vaste tôle ondulée, à une houle océanique. Le but de ces vallonnements étant probablement de maintenir les colonies au sec, sur les parties les plus élevées.
Les colonies de termites qui construisent de telles bandes de terre sont connues depuis la fin des années 70. Mais c'est la première fois qu'il est montré qu'elles sont capables de multiplier par un facteur 5 les récoltes, en favorisant l'irrigation.
Les chercheurs vont maintenant tenter d'utiliser les bonnes dispositions naturelles de ces termites pour améliorer le rendement des cultures dans la région de Kgaphamadi.
Arrachez donc une feuille à un Bursera, cet arbre d'Amérique centrale. Votre main sera immédiatement aspergée d'un jet d'aérosol, capable en tous cas de décourager les ruminants de s'attaquer à l'arbre, estime Judith Becerra, de l'Université d'Arizona.
Le cocktail chimique du Bursera contient des terpènes, des agents chimiques très désagréables, que la cassure de la feuille permet de projeter pendant 2 à 3 secondes à 15 centimètres de distance.
Pour les chenilles qui s'attaquent à ses feuilles, l'arbre a une autre défense. Dès qu'une feuille est entamée, par la blessure s'écoule un fluide, recouvrant la feuille et contenant lui aussi des terpènes.
Une seule chenille, non identifiée, semble avoir trouvé la solution. Elle bloque le système de défense, en attaquant la feuille à sa base, là où elle est rattachée à la branche. Ce qui lui permet de déconnecter le mécanisme de défense de l'arbre pour la feuille qui l'intéresse.
20 milliards de Dernière estimation en date de la population du cosmos : 20 milliards . L'univers est remplit de galaxies, bien davantage que l'on pensait jusqu'ici. A chaque fois que l'on améliore les capteurs électroniques des télescopes, ces "yeux" des astronomes que sont devenus les détecteurs électroniques, on recense de nouvelles galaxies par millions.
Brèves mars 1991
Coup de vieux pour la théorie de la matière noire. L'hypothèse selon laquelle les galaxies se formeraient dans l'univers à partir de particules sombres et froides éparpillées dans le cosmos est en pleine implosion. Surtout, cette matière noire expliquait que l'ensemble de étoiles observables sont trop légères pour rendre compte de la masse théorique de l'Univers. Les astronomes avaient alors imaginé depuis des décennies que de colossales quantités de matière sombre et invisible (car non productrice de lumière, comme les étoiles), tapissait le cosmos.
C'est cette idée qui est en train de s'effriter. Sur les dernières images prises du cosmos par des satellites spécialistes de l'infra-rouge, les astronomes se sont en fait aperçus qu'ils avaient sous-estimé le nombre d'étoiles, de galaxies, mais aussi la densité de la matière brillante. Aux oubliettes, donc, le charbon sombre de l'univers. Il se pourrait bien que cette première brèche dans la vision du cosmos ouvre la voie à quelques révoltions plus importantes encore dans les concepts cosmologiques. C'est toute le vie de l'Univers qui est en train d'être reconsidérée, sous les coups de projecteurs des nouveaux moyens d'observation.
L'élévation du plateau du Tibet et des Montagnes Rocheuses dans l'Ouest américain, il y a 40 millions d'années, aurait causé une modification radicale de la circulation atmosphérique. Et aurait permis l'apparition du climat tel que nous le connaissons aujourd'hui. Auparavant, pas de steppes, ni de toundra, ni de déserts. Sans reliefs très élevés, la Terre était soumise à un climat plus global, avec moins de constrastes, selon une publication de géologues américains.
Flottons-nous sur un océan de pétrole ? Selon l'américain Thomas Gold les entrailles de la Terre, à plus de 8.000 mètres sous le sol, sont remplies d'hydrocarbures qui ont été enfermées là lors de la formation de la planète.
Un forage suédois semble lui donner raison.
Pour éviter que les baleines ne continuent à s'échouer sur les plages, en Nouvelle-Angleterre, les techniciens locaux proposent de mouiller des bouées émettrices de signaux, ou encore de gros ballons sous-marins au large des plages en pente douce. Des obstacles qui alerteraient les baleines de la présence de la côte, en pente très douce dan cette zone.
Les poissons sont de bons vivants. Ils supportent même de se voir congelés avant de retrouver toute leur vigueur. Il est connu depuis 1912 (études menées en mer Caspienne par Bachmetief) que les poissons peuvent supporter d'être gelés pendant des laps de temps assez long, car ils sont capables de réduire doucement leur métabolisme lors d'une chute de température, pour se mettre en état de quasi-hibernation. Ils sont même dotés d'une enzyme particulière, qui leur permet cette adaptation. Ceux qui supportent le mieux l'opération sont les poissons plats, avec une grande surface de peau, ce qui leur permet de respirer, en se passant d'eau pendant quelques heures...
Les chercheurs de la Japan Airlines s sont souvenus de cette caractéristique pour leurs transports de marée entre les ports japonais et Tokyo, qui se pratique aujourd'hui dans des avions-cargos-aquariums véhiculant davantage d'eau que de poisson. Les Japonais voulant voir arriver les poissons vivants, Japan Airlines va donc tenter de généraliser l'hibernation forcée, testée avec succès sur des soles, pour réduire l'encombrement à bord des avions.
C'est la pléthore de cratères sur Vénus. Depuis que le regard de la sonde Magellan s'est posé sur la belle planète, les scientifiques ne savent plus où donner du nom. Car il faut les baptiser, tous ces nouveaux cratères. Pour rendre hommage au caractère mythique féminin de Vénus, une centaine de femmes célèbres vont voir leur nom immortalisé. De la reine ostrogoth Amalasuntha à la photographe Georgette Chapelle, tuée au Vietnam. On en cherche d'autres...
Quand deux chercheurs japonais se rencontrent, ils échangent leurs cartes de visite. Quand ils étudient les primates, ils font de même : ils recherchent le titre et le rang des individus au sen d'un groupe, estime Pamela Asquith, anthropologue à la canadienne université de Calgary. ce qui a frappé cette chercheuse, c'est que les scientifiques occidentaux, quand ils étudient le comportement des primates, y cherchent des origines génétiques ou les résultats de la sélection sexuelle.
Les Japonais, eux, privilégient les explication antropomorphique, tiennent compte des atmosphères au sein d'un groupe, et de la pression sociale. Une manière de voir qui permet aux nippons de distinguer des éléments qui échappent aux occidentaux. Ils accordent ainsi une grande importance au respect de la famille chez les singes, et l'évitement de l'inceste.
Cela tient également de la culture japonaise, et des tendances spirituelles de ce peuple, qui place les animaux à l'égal de l'homme face aux Dieux. le plus frappant, selon Asquith, c'est que les Japonais retirent des textes des publications internationales qu'ils font des interprétations et des observations qu'ils savent par avance choquante pour les chercheurs occidentaux. ces éléments sont par contre présents dans les versions japonaises des textes.
Chiron n'a pas finit de nous réserver des surprises. Les astronomes de l'Université d'Arizona pensent aujourd'hui que cet objet de type cométaire qui traîne entre les orbites de Saturne et d'Uranus est deux fois plus gros que ce que l'on pensait (372 km de diamètre au lieu de 180), mais réfléchit très peu de lumière.
Elles s'appellent Paepalanthus, Velloziaceae, Gomphera. Elles ont superbes et quasiment exclusives, pour bon nombre, de la savane brésilienne en altitude. Elles sont menacées de disparition par l'exploitation intensive de leur beauté à des fins commerciales; Elles font de très beau bouquets, soi-disant immortels...
Primula vulgaris, la primevère commune, a un souci. Si elle constitue un bel exemple de pollinisation croisée entre des fleurs mâles et femelles, en comptant sur les insectes pour sa production, il en existe une variété auto-fécondable, (fleurs mixtes) mais qui se reproduit difficilement et demeure rare. Comment cela peut-il être, mon cher Watson,, alors que normalement cette primevère-là devrait avoir envahit nos prés ?
En fait, des biologistes britanniques pensent avoir trouvé la solution. Paradoxalement, cette plante n'a pas de succès car elle est trop fertile, estime le biologiste Mark Boyd (Open University).
Une capacité à fabriquer des graines qui en fait, épuise la plante et condamne les semences à être de petite taille. Hors les autres primevères, sexuées, si elles produisent moins de graines, fabriquent des semences de plus grand taille. Et c'est là que se fait la différence. Les grosses graines ont une efficacité de croissance et de transformation en plantes beaucoup plus importante que les petites. CQFD, mo n cher Georges.
On a enfin trouvé la plus brillantes des étoiles du moins dans notre galaxie. VI Cygni N° 12 se trouve dans la constellation du Cygne, et émet un million de fois plus de lumière que notre Soleil. Si elle était proche comme Alpha du Centaure, l'étoile la plus voisine de notre système solaire, on la verrait grosse comme la Lune dans notre ciel.
Les racines cherchent la chaleur. C'est une expérience de Marie-Claude Fortin, de la station de recherche canadienne d'Harrow, dans l'Ontario. Normalement, dans un milieu homogène, les racines poussent droit, en suivant les lignes imposées par la gravitation. mais si l'on place une source de chaleur dans le sol, on s'aperçoit que la croissance se fait en direction de celle-ci.Les racines peuvent ainsi détecter des écarts de 0,05 degrés, ce qui n'est pas mal. Mas la plus grande sensibilité des racines s'exerce vers 15°C. A partir de 32 degrés ambiant, les racines ne répondent plus aux écarts de température.
Ce mécanisme semble être destiné à maintenir les racines dans une zone proche de la surface, où sont présents les nutriments. Si la plante descendait trop bas, elle sortirait souvent des régions du sol riches en éléments nutritifs.
Comment des écarts de température aussi faibles sont-ils repérés par les cellules vivantes ? C'est la question. La réponse, elle, n'est pas connue, mais les chercheurs pensent à des mécanismes de détection du degré de mobilité des graisses dans les membranes cellulaires, qui indiquerait de quel côté se trouve la chaleur.
C'est bien connu, que les chenilles Riodinidae et Lycanidae entrent souvent en coopération avec de nombreuses espèce de fourmis. les chenilles secrètent un cocktail de protéines et de sucres pour les fourmis, qui en échangent protègent les chenilles contre les guèpes.
Philip DeVries, entomologiste à l'Université du Texas, a découvert que les chenilles hurlent pour prévenir les fourmis quand les guèpes arrivent. Un cri d'alarme qui a été enregistré en posant des micros ultra-sensibles sous les pieds des chenilles, dans le chemin qu'elles empruntaient. Il semble que le signal sonore, qui une fois amplifié évoque un roulement de tambour, provoque des vibrations dans les feuilles et les branches, ce qui alerte les fourmis.
C'est cette idée qui est en train de s'effriter. Sur les dernières images prises du cosmos par des satellites spécialistes de l'infra-rouge, les astronomes se sont en fait aperçus qu'ils avaient sous-estimé le nombre d'étoiles, de galaxies, mais aussi la densité de la matière brillante. Aux oubliettes, donc, le charbon sombre de l'univers. Il se pourrait bien que cette première brèche dans la vision du cosmos ouvre la voie à quelques révoltions plus importantes encore dans les concepts cosmologiques. C'est toute le vie de l'Univers qui est en train d'être reconsidérée, sous les coups de projecteurs des nouveaux moyens d'observation.
L'élévation du plateau du Tibet et des Montagnes Rocheuses dans l'Ouest américain, il y a 40 millions d'années, aurait causé une modification radicale de la circulation atmosphérique. Et aurait permis l'apparition du climat tel que nous le connaissons aujourd'hui. Auparavant, pas de steppes, ni de toundra, ni de déserts. Sans reliefs très élevés, la Terre était soumise à un climat plus global, avec moins de constrastes, selon une publication de géologues américains.
Flottons-nous sur un océan de pétrole ? Selon l'américain Thomas Gold les entrailles de la Terre, à plus de 8.000 mètres sous le sol, sont remplies d'hydrocarbures qui ont été enfermées là lors de la formation de la planète.
Un forage suédois semble lui donner raison.
Pour éviter que les baleines ne continuent à s'échouer sur les plages, en Nouvelle-Angleterre, les techniciens locaux proposent de mouiller des bouées émettrices de signaux, ou encore de gros ballons sous-marins au large des plages en pente douce. Des obstacles qui alerteraient les baleines de la présence de la côte, en pente très douce dan cette zone.
Les poissons sont de bons vivants. Ils supportent même de se voir congelés avant de retrouver toute leur vigueur. Il est connu depuis 1912 (études menées en mer Caspienne par Bachmetief) que les poissons peuvent supporter d'être gelés pendant des laps de temps assez long, car ils sont capables de réduire doucement leur métabolisme lors d'une chute de température, pour se mettre en état de quasi-hibernation. Ils sont même dotés d'une enzyme particulière, qui leur permet cette adaptation. Ceux qui supportent le mieux l'opération sont les poissons plats, avec une grande surface de peau, ce qui leur permet de respirer, en se passant d'eau pendant quelques heures...
Les chercheurs de la Japan Airlines s sont souvenus de cette caractéristique pour leurs transports de marée entre les ports japonais et Tokyo, qui se pratique aujourd'hui dans des avions-cargos-aquariums véhiculant davantage d'eau que de poisson. Les Japonais voulant voir arriver les poissons vivants, Japan Airlines va donc tenter de généraliser l'hibernation forcée, testée avec succès sur des soles, pour réduire l'encombrement à bord des avions.
C'est la pléthore de cratères sur Vénus. Depuis que le regard de la sonde Magellan s'est posé sur la belle planète, les scientifiques ne savent plus où donner du nom. Car il faut les baptiser, tous ces nouveaux cratères. Pour rendre hommage au caractère mythique féminin de Vénus, une centaine de femmes célèbres vont voir leur nom immortalisé. De la reine ostrogoth Amalasuntha à la photographe Georgette Chapelle, tuée au Vietnam. On en cherche d'autres...
Quand deux chercheurs japonais se rencontrent, ils échangent leurs cartes de visite. Quand ils étudient les primates, ils font de même : ils recherchent le titre et le rang des individus au sen d'un groupe, estime Pamela Asquith, anthropologue à la canadienne université de Calgary. ce qui a frappé cette chercheuse, c'est que les scientifiques occidentaux, quand ils étudient le comportement des primates, y cherchent des origines génétiques ou les résultats de la sélection sexuelle.
Les Japonais, eux, privilégient les explication antropomorphique, tiennent compte des atmosphères au sein d'un groupe, et de la pression sociale. Une manière de voir qui permet aux nippons de distinguer des éléments qui échappent aux occidentaux. Ils accordent ainsi une grande importance au respect de la famille chez les singes, et l'évitement de l'inceste.
Cela tient également de la culture japonaise, et des tendances spirituelles de ce peuple, qui place les animaux à l'égal de l'homme face aux Dieux. le plus frappant, selon Asquith, c'est que les Japonais retirent des textes des publications internationales qu'ils font des interprétations et des observations qu'ils savent par avance choquante pour les chercheurs occidentaux. ces éléments sont par contre présents dans les versions japonaises des textes.
Chiron n'a pas finit de nous réserver des surprises. Les astronomes de l'Université d'Arizona pensent aujourd'hui que cet objet de type cométaire qui traîne entre les orbites de Saturne et d'Uranus est deux fois plus gros que ce que l'on pensait (372 km de diamètre au lieu de 180), mais réfléchit très peu de lumière.
Elles s'appellent Paepalanthus, Velloziaceae, Gomphera. Elles ont superbes et quasiment exclusives, pour bon nombre, de la savane brésilienne en altitude. Elles sont menacées de disparition par l'exploitation intensive de leur beauté à des fins commerciales; Elles font de très beau bouquets, soi-disant immortels...
Primula vulgaris, la primevère commune, a un souci. Si elle constitue un bel exemple de pollinisation croisée entre des fleurs mâles et femelles, en comptant sur les insectes pour sa production, il en existe une variété auto-fécondable, (fleurs mixtes) mais qui se reproduit difficilement et demeure rare. Comment cela peut-il être, mon cher Watson,, alors que normalement cette primevère-là devrait avoir envahit nos prés ?
En fait, des biologistes britanniques pensent avoir trouvé la solution. Paradoxalement, cette plante n'a pas de succès car elle est trop fertile, estime le biologiste Mark Boyd (Open University).
Une capacité à fabriquer des graines qui en fait, épuise la plante et condamne les semences à être de petite taille. Hors les autres primevères, sexuées, si elles produisent moins de graines, fabriquent des semences de plus grand taille. Et c'est là que se fait la différence. Les grosses graines ont une efficacité de croissance et de transformation en plantes beaucoup plus importante que les petites. CQFD, mo n cher Georges.
On a enfin trouvé la plus brillantes des étoiles du moins dans notre galaxie. VI Cygni N° 12 se trouve dans la constellation du Cygne, et émet un million de fois plus de lumière que notre Soleil. Si elle était proche comme Alpha du Centaure, l'étoile la plus voisine de notre système solaire, on la verrait grosse comme la Lune dans notre ciel.
Les racines cherchent la chaleur. C'est une expérience de Marie-Claude Fortin, de la station de recherche canadienne d'Harrow, dans l'Ontario. Normalement, dans un milieu homogène, les racines poussent droit, en suivant les lignes imposées par la gravitation. mais si l'on place une source de chaleur dans le sol, on s'aperçoit que la croissance se fait en direction de celle-ci.Les racines peuvent ainsi détecter des écarts de 0,05 degrés, ce qui n'est pas mal. Mas la plus grande sensibilité des racines s'exerce vers 15°C. A partir de 32 degrés ambiant, les racines ne répondent plus aux écarts de température.
Ce mécanisme semble être destiné à maintenir les racines dans une zone proche de la surface, où sont présents les nutriments. Si la plante descendait trop bas, elle sortirait souvent des régions du sol riches en éléments nutritifs.
Comment des écarts de température aussi faibles sont-ils repérés par les cellules vivantes ? C'est la question. La réponse, elle, n'est pas connue, mais les chercheurs pensent à des mécanismes de détection du degré de mobilité des graisses dans les membranes cellulaires, qui indiquerait de quel côté se trouve la chaleur.
C'est bien connu, que les chenilles Riodinidae et Lycanidae entrent souvent en coopération avec de nombreuses espèce de fourmis. les chenilles secrètent un cocktail de protéines et de sucres pour les fourmis, qui en échangent protègent les chenilles contre les guèpes.
Philip DeVries, entomologiste à l'Université du Texas, a découvert que les chenilles hurlent pour prévenir les fourmis quand les guèpes arrivent. Un cri d'alarme qui a été enregistré en posant des micros ultra-sensibles sous les pieds des chenilles, dans le chemin qu'elles empruntaient. Il semble que le signal sonore, qui une fois amplifié évoque un roulement de tambour, provoque des vibrations dans les feuilles et les branches, ce qui alerte les fourmis.
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